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Test high tech J'ai multiplié ma puissance solaire par neuf sur ma batterie Zendure 2400 Pro, la vraie surprise n'est pas celle que j'attendais
4.5
Profil de Xavier Jehl aka « Cthulhus » ,  Jeuxvideo.com
Passionné par tout ce qui touche à la tech. J'adore découvrir et partager les pépites que je trouve. J'aime plonger au cœur des choses, comprendre comment elles fonctionnent et en extraire le meilleur. Avec une véritable culture geek, je prends plaisir à explorer chaque innovation technologique.

Passer d'un panneau portable de 200W à quatre modèles de 450W, sur le papier c'est neuf fois plus de puissance solaire. Je me voyais déjà produire une mini centrale nucléaire et réduire ma facture EDF de façon significative. Sauf que, évidemment, les choses ne sont pas aussi simples et le fantasme de l'autoconsommation s'est révélé bien plus compliqué que prévu. Lieu d'implantation, ombre, surchauffe en été, tout ce qui allait casser le mythe et me forcer à vraiment comprendre. Et je dois dire que je trouve ça passionnant. Un mois de relevés en juin m'a montré ce que ce compromis coûte vraiment. Je vous raconte, chiffres bruts et sans maquillage.

Il y a quelques mois, j'ai testé la batterie Zendure SolarFlow 2400 Pro avec un simple panneau portable de 200W. Un tout petit apport solaire, presque un gadget, mais assez pour saisir la logique de l'autoconsommation et valider un truc dans ma tête. Le concept tient la route, même à mon échelle minuscule. Restait une question qui me démangeait. Qu'est-ce que ça donne pour de vrai avec une vraie surface de panneaux ? Zendure a répondu en m'envoyant quatre panneaux bifaciaux de 450W. De quoi passer du gadget à quelque chose de sérieux, et surtout de quoi confronter mes idées reçues au terrain.

J'ai multiplié ma puissance solaire par neuf sur ma batterie Zendure 2400 Pro, la vraie surprise n'est pas celle que j'attendais

Et Zendure, si le nom ne dit pas encore grand-chose au grand public français, la marque est loin d'être un nouveau venu. Née au début des années 2010, elle s'est d'abord fait connaître avec ses batteries nomades et ses stations d'énergie portables, avant de se tourner vers le stockage résidentiel avec sa gamme SolarFlow. C'est en Allemagne qu'elle est la plus visible, portée par un marché du solaire de balcon bien plus mûr qu'ailleurs en Europe. En France, elle avance sur un terrain plus jeune, avec une promesse simple, rendre l'autoconsommation accessible et modulaire sans imposer d'emblée une grosse installation.

Voir le Zendure SolarFlow 2400 Pro sur Amazon

Spécifications techniques

Les panneaux
ModèleRonma RM-450W-182R/96TB (fournis par Zendure)
TypePanneau solaire bifacial, verre-verre
Puissance crête (STC)450 W
Puissance nominale bifaciale497,2 W
Tension à vide / court-circuit35,03 V / 16,05 A
Dimensions / poids1762 x 1134 x 30 mm / 25,2 kg
Tension système max1500 V DC
CertificationTÜV Nord, classe feu C
La batterie
ModèleZendure SolarFlow 2400 Pro
TypeStockage solaire domestique, AC bidirectionnel
Puissance AC bidirectionnelle2400 W
Entrée solaire max3000 W DC, 4 MPPT (750 W max par entrée)
Couplage ACJusqu'à 1800 W
Prise de secours2400 W nominal, 3600 W en crête (200 ms)
Capacité2,4 à 16,8 kWh (modulaire)
PilotageApplication Zendure, gestion automatique
Un second test, cette fois avec de vrais panneaux

J'avais déjà testé la Zendure SolarFlow 2400 Pro seule, avec un simple panneau portable de 200W, pour éprouver son pilotage en heures creuses et heures pleines sur un contrat EDF Tempo. Ce nouveau test change d'échelle, j'y ajoute quatre panneaux bifaciaux de 450W pour voir ce que donne une vraie montée en puissance. Pour le fonctionnement de la batterie, son pilotage et mes premiers pas en autoconsommation, tout est détaillé dans mon précédent test : accessible ici

Qu'est-ce que la Zendure SolarFlow 2400 Pro ?

La Zendure SolarFlow 2400 Pro n'est pas une batterie nomade de plus. C'est un système de stockage domestique qui vit branché à la maison, arbitre entre heures creuses et heures pleines, dépanne un appareil en cas de coupure via sa prise de secours et accueille du solaire. Son intérêt tient dans sa modularité, on démarre avec 2,4 kWh et on empile jusqu'à 16,8 kWh, on ajoute des panneaux au fil du temps et on bâtit son installation brique par brique plutôt que de tout poser d'un coup.

J'ai multiplié ma puissance solaire par neuf sur ma batterie Zendure 2400 Pro, la vraie surprise n'est pas celle que j'attendais

Pour ce test, c'est cette dernière promesse qui m'intéresse. La 2400 Pro dispose de quatre entrées MPPT, quatre circuits d'entrée solaire indépendants, et c'est ce qui rend mon expérimentation possible. J'ai branché un panneau par entrée, et on verra plus loin que ce détail change beaucoup de choses quand une partie du jardin passe à l'ombre.

Reste un dernier élément, le Smart Meter 3CT. C'est le module qui donne au système une vraie vision de la maison, en lisant la consommation en temps réel pour ajuster la décharge à ce que le foyer utilise vraiment. Je l'avais installé et détaillé dans mon premier test, j'y renvoie ceux qui veulent le fonctionnement complet. Ici, il suffit de savoir qu'il est en place et qu'il pilote l'ensemble.

Au départ, qu'est-ce que je m'imaginais gagner ?

Dans mon premier test, je pilotais ma batterie avec un simple panneau portable de 200W. Un gadget, mais assez pour valider l'idée, charger en heures creuses, décharger en heures pleines, grignoter quelques euros sur les jours rouges Tempo. Ça marchait, à petite échelle. Alors forcément, je me suis pris à rêver plus grand.

J'ai multiplié ma puissance solaire par neuf sur ma batterie Zendure 2400 Pro, la vraie surprise n'est pas celle que j'attendais

Quatre panneaux de 450W, 1800 Wc au compteur, neuf fois la puissance de mon petit portable. Dans ma tête, l'équation était limpide. Plus de panneaux, plus de production, moins de réseau, une facture qui dégringole. Je m'imaginais déjà couvrir une bonne partie de ma consommation en journée, remplir la batterie avec le surplus et regarder mes soirées tourner sur du solaire stocké le matin même. Bref, faire un vrai pas vers l'autoconsommation, celle dont on parle partout, celle qui rend presque indépendant du réseau.

J'avais même commencé à faire des projections, des kWh théoriques, des économies annualisées, ce que 1800 Wc étaient censés cracher en Dordogne avec notre bon ensoleillement du sud-ouest. Sur le papier, tout collait. Les chiffres promettaient une belle histoire. Restait à confronter tout ça au terrain. Et le terrain, lui, n'avait pas lu mes projections.

Quatre panneaux dans un jardin pas optimal, pourquoi ce choix ?

Avant d'entrer dans le vif, il faut que je pose le décor de mon installation, parce qu'elle n'a rien d'optimal et autant le dire d'emblée. La SolarFlow 2400 Pro est une batterie à entrées MPPT, le genre de solution qui vise le solaire de jardin ou de balcon, pas l'équipement d'une toiture. J'ai un grand toit, j'aurais techniquement pu y grimper des panneaux, mais ce n'est ni la vocation de ce produit ni le sens d'une installation de test. Poser en toiture aurait demandé des techniciens et des perçages, tout un chantier pour du matériel qu'on éprouve. J'ai donc installé mes quatre panneaux au sol, dans mon jardin, une solution réversible et cohérente avec ce que la 2400 Pro sait faire.

J'ai multiplié ma puissance solaire par neuf sur ma batterie Zendure 2400 Pro, la vraie surprise n'est pas celle que j'attendais

Mes quatre panneaux sont posés au sol, orientés au sud-sud-ouest, inclinés à une trentaine de degrés. Cette orientation ne coûte presque rien face au plein sud, ce n'est pas là qu'est le problème. Le vrai handicap, ce sont les arbres. Une partie du jardin passe à l'ombre une bonne moitié de la matinée, et comme le soleil tourne, ce n'est jamais tout à fait le même panneau qui trinque selon l'heure. Le matin, plusieurs sont dans le noir. Ce n'est qu'en début d'après-midi que l'ensemble finit par prendre correctement la lumière.

C'est là qu'un détail technique change tout, et c'est le seul point sur lequel je me félicite de mon montage. La 2400 Pro possède quatre entrées MPPT indépendantes, et j'ai branché un panneau sur chacune. Pourquoi ça compte ? Sur une installation classique en série, où les panneaux sont chaînés les uns aux autres, le plus faible impose sa loi à tous les autres. Un panneau à l'ombre, et c'est toute la chaîne qui s'effondre à son niveau. Avec un panneau par MPPT, chacun travaille pour son compte. Celui qui est dans le noir produit peu, mais il ne tire pas les trois autres vers le bas. Dans un jardin ombragé par intermittence comme le mien, ce n'est pas un luxe, c'est ce qui sauve le rendement global.

J'ai multiplié ma puissance solaire par neuf sur ma batterie Zendure 2400 Pro, la vraie surprise n'est pas celle que j'attendais

Reste une contrariété que j'assume. Mes panneaux sont bifaciaux, censés capter aussi la lumière par l'arrière. Sur le papier, un vrai plus. Posés au ras du sol sur de l'herbe sombre, cette face arrière ne sert quasiment à rien. Il aurait fallu les surélever au-dessus d'une surface claire et réfléchissante pour en tirer quelque chose. Je ne les ai pas choisis, Zendure me les a envoyés, mais le conseil vaut pour vous, payer le surcoût du bifacial pour le poser sur de la pelouse n'a aucun sens. Dans une configuration au sol comme la mienne, du monofacial classique, moins cher, aurait fait le même travail.

1800 Wc annoncés, 80 kWh produits, y a comme un souci non ?

Faisons le calcul du café PMU, celui que j'ai fait moi-même au début. Quatre panneaux de 450 Wc, ça fait 1800 Wc. On se dit qu'en plein été, ça devrait cracher des kilowattheures à la pelle. Et puis je regarde mon relevé de juin, 80,7 kWh sur le mois. Les calculs sont pas bons Maurice ? Pas vraiment. Le calcul est bon, c'est mon raccourci qui était pourri.

J'ai multiplié ma puissance solaire par neuf sur ma batterie Zendure 2400 Pro, la vraie surprise n'est pas celle que j'attendais

Le piège est dans deux unités qu'on mélange tout le temps. Le Wc, le watt-crête, c'est une puissance de pointe, ce que le panneau sort dans des conditions de labo parfaites, soleil pile en face et cellule à 25 degrés. Le kWh, lui, c'est de l'énergie, une puissance multipliée par un temps. Comparer directement mes 1800 Wc de pointe à mes 80 kWh du mois n'a aucun sens, c'est comme comparer la vitesse maxi d'une voiture au nombre de kilomètres parcourus dans le mois. Ce qui compte pour la facture, ce n'est pas la pointe, c'est le cumul dans le temps. Et ce cumul dépend d'une chose, combien d'heures mes panneaux voient vraiment le soleil, et à quelle intensité.

C'est là que mon jardin fait mal. Sur mes 80,7 kWh produits, j'en ai autoconsommé la quasi-totalité, puisque selon l'application Zendure, je n'ai renvoyé au réseau que 4,38 kWh sur tout juin. Un chiffre à prendre avec des pincettes, l'app mesure côté batterie et peut lisser des micro-injections que seul le Linky verrait vraiment. Presque rien n'est gâché, ce que je produis, je le consomme ou je le stocke. Le problème n'est donc pas dans l'usage de l'énergie, il est en amont, dans la quantité produite. Et cette quantité est plombée par un truc simple à voir sur mes courbes, mes panneaux dorment toute la matinée.

J'ai multiplié ma puissance solaire par neuf sur ma batterie Zendure 2400 Pro, la vraie surprise n'est pas celle que j'attendais

Le détail heure par heure est net. Le matin, la production est au ras du sol, quelques dizaines de watts. Ça ne décolle vraiment qu'en début d'après-midi, une fois que le soleil a tourné et que l'ombre des arbres a fini de libérer les panneaux. J'ai donc une demi-journée solaire, pas une journée entière. Sur un mois de juin où le soleil se lève à six heures et se couche à vingt-deux, perdre toutes les matinées, ce n'est pas un détail, c'est la moitié du gisement qui s'évapore avant même que j'aie commencé à produire.

Et le panneau par MPPT, dont je vantais les mérites plus haut, montre ici sa limite. Il empêche le panneau à l'ombre de plomber les autres, heureusement. Mais il ne fait pas de miracle, un panneau à l'ombre reste un panneau à l'ombre. Quand je regarde mes quatre entrées séparément, l'écart est brutal, pendant qu'un panneau bien exposé sort ses watts, celui qui est sous l'arbre végète à un dixième de sa valeur. Le montage sauve les meubles, il ne remplace pas le soleil qui manque.

Voilà où sont passés mes watts. Pas dans une panne ni un défaut du matériel, mais dans l'ombre, tout simplement. Mes panneaux vont bien, ils font ce qu'ils peuvent avec la lumière qu'on leur laisse. Et ce qu'on leur laisse, dans mon jardin, c'est une demi-journée.

Ma production a bondi, mes gains ont-ils suivi ?

C'est la question à mille euros, et la réponse va décevoir ceux qui rêvent d'indépendance énergétique. Oui, j'ai produit. Non, ma facture n'a pas fondu dans les mêmes proportions. L'explication tient à un truc dont personne ne parle, le calendrier.

Commençons par le chiffre qui fait plaisir. En juin 2025, sans panneaux, j'ai payé 139,13 euros d'électricité. En juin 2026, avec mes quatre panneaux, 105,91 euros. Trente-trois euros de moins. Sur le papier, victoire. Sauf que si je m'arrête là, je vous mens par omission.

J'ai multiplié ma puissance solaire par neuf sur ma batterie Zendure 2400 Pro, la vraie surprise n'est pas celle que j'attendaisJ'ai multiplié ma puissance solaire par neuf sur ma batterie Zendure 2400 Pro, la vraie surprise n'est pas celle que j'attendaisJ'ai multiplié ma puissance solaire par neuf sur ma batterie Zendure 2400 Pro, la vraie surprise n'est pas celle que j'attendais

Sur la même période, ma consommation est passée de 879 à 624 kWh, soit 255 kWh de moins d'une année sur l'autre. Or mes panneaux n'ont produit que 80 kWh sur le mois. L'essentiel de la baisse de ma facture ne vient donc pas du solaire, mais du fait que j'ai moins consommé, pour des raisons étrangères aux panneaux, une météo différente, des usages qui varient. Attribuer ces trente-trois euros au solaire, ce serait tricher.

Juin 2025 (sans panneaux)879 kWh consommés, 139,13 €
Juin 2026 (avec 4 panneaux)624 kWh consommés, 105,91 €
Écart de facture- 33,22 €
Écart de consommation- 255 kWh
Production solaire réelle80,7 kWh, dont environ 76 autoconsommés
Part réellement due au solaireenviron 12 €, le reste vient d'une conso plus basse

Alors combien vaut le solaire, lui tout seul ? Sur mes 80,7 kWh produits en juin, je n'ai renvoyé au réseau que 4,38 kWh, donc j'ai autoconsommé presque toute ma production, environ 76 kWh. Comme mes panneaux produisent en pleine journée, cette énergie remplace de l'électricité que j'aurais achetée en heures pleines. En juin, mois intégralement en jours bleus Tempo, l'heure pleine bleue coûte 0,1612 euro le kWh. Résultat, 76 kWh évités à ce tarif, environ 12 euros économisés sur le mois grâce au solaire. Pas trente-trois. Douze.

Douze euros pour quatre panneaux, ça paraît maigre, et ça l'est. Mais c'est là que le calendrier entre en scène. Ces 76 kWh, tombés un jour rouge Tempo en heure pleine à 0,7060 euro, m'auraient fait économiser plus de 53 euros. Le même solaire, la même quantité, vaudrait quatre fois plus.

76 kWh solaire, jour bleu heure pleine (juin réel)0,1612 €/kWh, soit environ 12 €
Les mêmes 76 kWh, jour rouge heure pleine (hiver, à titre de comparaison)0,7060 €/kWh, soit environ 53 €

Mon kilowattheure solaire de juin ne vaut pas grand-chose, non parce qu'il est mauvais, mais parce qu'il tombe au pire moment tarifaire de l'année. Voilà le paradoxe que tout futur autoconsommateur sur Tempo devrait avoir en tête. Le solaire produit à fond en été, quand tous les jours sont bleus, donc au tarif le plus bas. La vraie valeur de Tempo se joue l'hiver, sur les jours rouges, quand le kWh en heure pleine devient hors de prix. Sauf qu'en hiver, mes panneaux ne produiront presque rien, jours courts et soleil bas. Le moment où le solaire vaudrait de l'or est justement celui où il se fait rare. Les deux ne se rencontrent quasiment jamais.

J'ai multiplié ma puissance solaire par neuf sur ma batterie Zendure 2400 Pro, la vraie surprise n'est pas celle que j'attendais

Quant à la batterie, son arbitrage pur, charger en heures creuses pour restituer en heures pleines, prend surtout son sens sur les jours rouges d'hiver, mais moins qu'on ne le croit. Les heures creuses d'un jour rouge Tempo ne sont pas données, environ 0,16 euro le kWh, presque le prix d'une heure pleine bleue d'été. On charge donc déjà cher, et une fois déduits les 15 à 20 % de pertes de la batterie à la conversion, l'écart avec l'heure pleine rouge se resserre. Le vrai jackpot, ce serait de remplir la batterie avec du solaire gratuit un jour rouge, sauf qu'en décembre, mes panneaux ne produiront presque rien. En juin, tout bleu, l'écart heure pleine heure creuse est si faible qu'après pertes, le gain est anecdotique. La batterie aide, l'hiver plus que l'été, mais elle ne fait pas de miracle sur Tempo.

Donc mes gains ont-ils suivi ma production ? Non. Ma production a bondi, ma facture solaire pèse une douzaine d'euros sur le mois, et j'assume ce chiffre modeste plutôt que de le maquiller. Le comprendre, c'est saisir toute la logique de l'autoconsommation sur Tempo. La question n'est pas combien tu produis, mais quand tu produis.

Combien ça coûte, à partir de quand ça se rentabilise ?

Mettez le tableau en face de mes gains et ça pique. Environ 2120 euros de matériel en promo, contre 12 euros économisés grâce au solaire en juin. La division est cruelle. Mais soyons honnête sur la cause, ce n'est pas le produit ni le solaire résidentiel qui sont en tort, c'est mon emplacement. Sur mon toit, plein soleil du matin au soir, juin ne m'aurait pas donné 80 kWh mais plutôt 220 à 250, mes gains auraient triplé et la rentabilité serait tombée dans une fourchette correcte, de l'ordre de six à huit ans. Blâmer le concept à cause d'un arbre dans mon jardin serait malhonnête. Dans mon cas précis, oui, le solaire seul mettrait des décennies à se rembourser. Dans une install optimisée, l'histoire est tout autre.

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4 panneaux bifaciaux 450 W600 € (promo) / 700 €
2 jeux de supports146 € (promo) / 236 €
Câbles d'extension DC (raccordement panneaux)25 € la paire
Smart Meter 3CT29 € avec code promo
Total matériel indicatifenviron 2120 € en promo

Je ne vais pas vous inventer un délai rassurant en extrapolant un mois d'été sur l'année, ce serait malhonnête. Un mois de juin ne dit rien de l'hiver, et l'hiver, en solaire, c'est le désert. Ce que je peux dire, c'est que la rentabilité de ce système ne viendra jamais du solaire seul dans mon cas. Elle repose sur l'arbitrage de la batterie pendant les jours rouges d'hiver, quand recharger la nuit à tarif creux pour restituer en journée à tarif rouge rapporte vraiment.

J'ai multiplié ma puissance solaire par neuf sur ma batterie Zendure 2400 Pro, la vraie surprise n'est pas celle que j'attendais

Cela dit, réduire ce système à son seul retour sur investissement serait passer à côté de l'essentiel. Son intérêt est ailleurs, et il est bien réel.

  • Alimentation de secours en cas de coupure, la prise hors réseau prend le relais et fait tourner des appareils sérieux, un vrai plus dans une maison de campagne sujette aux coupures
  • Autoconsommation de sa propre énergie solaire, avec la satisfaction de faire tourner une partie de la maison sur ce qu'on produit
  • Arbitrage Tempo toute l'année, la batterie efface les heures pleines chères en se chargeant aux heures creuses, indépendamment du solaire
  • Évolutivité, on démarre petit et on étend au fil du temps, panneaux et batteries, sans tout racheter
  • Reprise en main de sa consommation, on comprend enfin où part son électricité et quand

On achète du solaire en rêvant du soleil, et ce qui rentabilise, c'est la batterie qui joue avec les tarifs, la nuit, en hiver. Dans mon installation imparfaite, le panneau tient plus du plaisir de produire que du calcul financier. Celui qui cherche un retour rapide se trompe de produit, ou alors il lui faut une install optimale, plein soleil, grosse conso à effacer, idéalement un tarif dynamique. Moi, avec mon jardin ombragé, j'en suis loin. La vraie rentabilité, je la mesurerai sur une année entière, pas sur un mois de juin qui flatte la production et écrase les gains.

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Une belle porte d'entrée dans l'autoconsommation, à condition d'avoir le terrain qui va avec

Points forts

  • Un panneau par entrée MPPT, l'ombre sur un module ne pénalise pas les autres
  • Montée en puissance simple, on branche les panneaux et le système les intègre sans prise de tête
  • Écosystème cohérent et modulaire, batterie, panneaux et application parlent la même langue
  • L'application a beaucoup progressé avec la mise à jour HEMS 2.0, ZENKI fonctionne enfin correctement
  • Sur les jours rouges Tempo, l'arbitrage garde tout son sens
  • Autoconsommation solaire quasi intégrale, presque aucun surplus perdu

Points faibles

  • Sans un emplacement bien dégagé, la production plafonne vite et le potentiel reste largement sous-exploité
  • En plein été sur un contrat Tempo, le solaire tombe sur les jours bleus, les moins chers, donc rapporte peu
  • Le gain du bifacial reste théorique sur une pose au sol
  • Rentabilité difficile à établir sur un seul mois, il faut voir venir sur l'année

Note de la rédaction

La 2400 Pro reste un excellent point d'entrée dans l'autoconsommation, à condition d'avoir un espace bien exposé. Ce n'est pas mon cas, et ce test m'a surtout appris que le matériel ne fait que la moitié du travail. L'autre moitié, c'est le terrain. Quatre panneaux de 450 W ombragés une partie de la journée ne donnent pas ce qu'une pose dégagée sortirait, et ma production de juin le montre sans appel. Attention aussi à ne pas tout attendre de Tempo, le solaire d'été tombe sur les jours bleus, les moins chers, et l'arbitrage batterie d'hiver aide sans faire de miracle. Est-ce que je regrette ? Pas une seconde. Ce système remplit son rôle, poser une première brique et me laisser l'étendre à mon rythme, sans me ruiner ni transformer ma maison en chantier. Il me reste à trouver mon coin de plein soleil, et cette quête fait partie du plaisir.

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