Ecovacs revoit quelque peu sa formule pour son nouvel aspirateur robot Deebot T90 Pro Omni. Les ressemblances avec le T80 de l’an dernier se limitent à son look. Les évolutions sont ailleurs mais pas encore tout à fait abouties.
- Excellente puissance d'aspiration de 30 000 Pa
- Lavage performant avec le système OZMO Roller 3.0
- Franchissement efficace des seuils jusqu’à 2,4 cm
- Station OMNI avec recharge rapide PowerBoost
- Détection d’obstacles perfectibles
Sommaire
- Ecovacs Deebot T90 Pro Omni : la fiche technique
- Design : sobre et efficace
- Navigation : un robot pressé de rentrer
- Aspiration :il mérite d’aller au coin
- Lavage des sols :un nettoyage des bords à perfectionner
- Entretien : un appareil très facile à vivre
Le marché des aspirateurs robots est un monde merveilleux. Si, si, je vous assure ! C’est l’un des domaines où la concurrence est des plus féroces. Ce qui pousse les marques à innover pour trouver une façon de sortir du lot. Ici des bras robotiques pour saisir des objets, là des chenilles ou des jambes pour grimper les escaliers… autant d’idées qui en mettent plein la vue, mais ne sont pas toujours utiles au commun des utilisateurs. Ecovacs a choisi de son côté de se focaliser sur ce que l’on attend en premier lieu d’un aspirateur robot : de bonnes aptitudes dans le nettoyage des sols. C’est dans ce contexte que s’inscrit son Deebot T90 Pro Omni. Ce modèle de milieu de gamme (dans la tranche tarifaire haute tout de même) succède au T80 Omni. Il conserve le même look, mais améliore sa fiche technique en renforçant la capacité d’aspiration avec un moteur plus puissant et en peaufinant le dispositif de lavage au rouleau. Pour vérifier si le T90 Pro se montre très supérieur au T80 (qui au passage a vu son prix fondre de 400 euros depuis sa sortie), je l’ai mis à l’épreuve dans mon appartement pendant trois semaines. Et s’il m’a séduit par certains aspects, je déplore encore quelques manquements pénalisants.
Ecovacs Deebot T90 Pro Omni : la fiche technique
| Caractéristiques | Détails |
|---|---|
| Aspiration | 30 000 Pa |
| Lavage | Rouleau de 27 cm, 220 trs/mn, pression au sol de 15N |
| Station tout-en-un | Sac à poussière de 2,5 L, bac d’eau propre de 4 L, bac d’eau sale de 2,2 L, autonettoyage, lavage serpillère à 75°C, séchage à air chaud à 45°C |
| Navigation | LiDAR miniToF + Caméra RVB, capteur de proximité, IA anti-obstacle |
| Batterie | 4000 mAh – environ 200 m2 - recharge 140 mn |
| Dimensions robot | 35,3 x 35,1 x 9,5 cm |
| Dimensions station | 50 x 33, x 46 cm |
| Prix au lancement | 749 euros ou 799 euros pour le pack avec accessoires |
Design : sobre et efficace
On ne change pas une équipe qui gagne. Le T90 Pro ressemble à s’y méprendre à son aîné le T80. Il conserve son look tout plat (9,5 cm d’épaisseur) qui en fait un aspirateur suffisamment mince pour se glisser sans trop de difficultés sous les meubles bas. Il n’atteint pas le niveau de Roborock et sa gamme Saros (7,98 cm d’épaisseur) mais cela reste une belle performance, surtout pour un modèle doté d’un rouleau serpillière.

Pour y parvenir, Ecovacs a fait abstraction de l’habituelle tourelle qui héberge habituellement le télémètre laser (LiDAR) placé sur le capot. Ici, c’est un capteur miniToF qui se cache dans la large fente présente à l’avant du robot.

Le reste du gabarit demeure assez standard avec un diamètre de 35 cm. Sur le ventre de l’appareil, je remarque immédiatement le rouleau serpillière. Il présente une longueur de 27 cm contre 18 cm sur le précédent T80. De quoi couvrir plus de surface d’un seul coup donc. En revanche, je note aussi qu’aucun dispositif (clapet ou cache) n’est prévu pour isoler le rouleau. Ce qui signifie que, lorsque celui-ci est trempé après une séance de lavage, il est susceptible de goutter ou de tremper les tapis que le robot peut traverser. Ecovacs indique qu’il peut se relever jusqu’à 1,5 cm. Pas sûr que ce soit suffisant avec les tapis très épais.

Je suis également surpris par la brossette latérale retenue. Elle est fixe et non montée sur un bras extensible comme c’est de plus en plus souvent le cas, même sur les appareils de milieu de gamme. À voir à l’usage si Ecovacs a eu raison de s’en contenter.

Du côté de la station, pas grand-chose de nouveau à signaler à première vue. Elle conserve un format compact (50 x 33,8 x 46 cm) ce qui permet de lui trouver facilement une place. Son look reste lui aussi très sobre avec, sur le dessus les deux bacs d’eau propre et sale munis de poignée sans capot donc pour les masquer. Dommage. L’ensemble respire la solidité avec des finitions soignées. Ce que je regrette cependant, c’est le plastique utilisé. Tant sur la station que sur le robot, il accumule pas mal d’électricité statique et du même coup, collecte au fil des jours une belle quantité de poussière et de poils d’animaux. Il faut donc passer un coup de chiffon régulièrement pour que tout reste propre.
Navigation : un robot pressé de rentrer
Je me méfie toujours des robots qui sont dépourvus de LiDAR sur le capot. Ils « voient » généralement moins bien et peinent à s’orienter convenablement puisque le télémètre laser ne peut effectuer un balayage à 360°. Et pourtant, sur ce T90 Pro, l’absence d’un tel dispositif ne semble pas perturber la navigation. Il se repose donc sur un capteur miniToF en façade qui couvre un angle d’environ 170° mais aussi sur une caméra RVB épaulée par de l’intelligence artificielle. À charge pour elle d’analyser l’environnement, de détecter et d’identifier les obstacles qui peuvent se présenter. Enfin, un capteur latéral permet au T90 Pro de savoir s’il longe un mur, un meuble ou un pied de chaise ou de table suffisamment près.

Le résultat est plutôt satisfaisant. La cartographie se révèle bien plus précise et fiable que sur le T80. Il faut dire aussi que la marque a fait évoluer son logiciel vers une nouvelle version 4.0 bien plus efficace. Le robot a ainsi correctement dressé la carte de mon appartement. Les pièces sont bien délimitées. Si le T90 Pro ne parvient pas à identifier et nommer les différentes zones traversées (cuisine, salon, chambre, etc.) il réussit en revanche à déterminer la nature des sols (carrelage et parquet). Il éprouve plus de difficultés avec la moquette et les tapis. Mais ce bémol est gommé sitôt la première phase d’aspiration terminée. Le robot en profite pour établir la position des tapis dans la maison. L’IA embarquée permet de reconnaître des objets et d’identifier les obstacles pour mieux les éviter. Avec les câbles ou les chaussettes laissés au sol, ça fonctionne. Le robot s’en approche d’assez près mais adopte la bonne stratégie. Il replie sa brossette latérale et contourne précautionneusement l’obstacle. Il est en revanche moins farouche avec les petits objets (3 cm de haut) qu’il peut soit éviter soit pousser. C’est un peu la loterie.

En revanche, sitôt son travail terminé, le T90 Pro semble si pressé de revenir à sa station qu’il en oublie tous les obstacles qu’il a pu croiser quelques minutes auparavant. Il fonce droit devant lui. Mieux vaut donc ranger un petit peu. Ce que je regrette surtout, c’est qu’il ne signale pas sur la carte les pépins qu’il a rencontré en route. Il pourrait les prendre en photo et les épingler sur la carte mais il n’en fait rien. Dommage. Reste enfin le franchissement d’obstacles, épreuve dans laquelle le T90 Pro se montre relativement à l’aise avec plus ou moins d’élégance.

Il est passé facilement par-dessus mon passe-câbles (1,5 cm), plus difficilement au-dessus du pied de mon fauteuil traîneau (2 cm). Selon Ecovacs, son système mécanique peut lui permettre de franchir des seuils jusqu’à 4 cm de haut.
Aspiration :il mérite d’aller au coin
Ecovacs a mis le paquet sur l’aspiration. Le moteur embarqué dans le T90 Pro développe une puissance de 30 000 Pa ce qui le classe dans la fourchette haute des aspirateurs robots et même au niveau des modèles haut de gamme. Cependant, la puissance ne fait pas tout. Encore faut-il la maîtriser et surtout bien l’épauler. Et c’est là que le bât blesse sur le T90 Pro. Le principal pépin ne provient pas de la puissance d’aspiration ni de la brosse principale mais de la brossette latérale. D’une part, elle est fixe. Si bien que, sur sols durs, elle éjecte souvent au loin les petits débris. Et si le robot est déjà passé là où ils atterrissent, il n’ira pas les récupérer. Dommage.

Le T90 éprouve donc quelques difficultés à bien longer les murs. Deux passages croisés sont ainsi nécessaires pour obtenir un résultat correct. Sur tout le reste de la zone en revanche, c’est tout bon ! les petits débris, les amas de poussière, les grains de riz, de litière ou de semoule ne résiste pas à son aspiration. Idem sur tapis et moquettes plus ou moins épaisses. Là encore, deux passages sont recommandés pour retrouver un sol propre mais la manœuvre reste commune à de nombreux aspirateurs robots même plus haut de gamme. Ce que j’ai le plus apprécié, c’est sa discrétion. Quatre modes d’aspiration sont proposés, de silencieux à Max+. En mode Standard (par défaut), j’ai relevé un bruit de 58 dB(A). Avec le mode Max+ (à l’œuvre sur les tapis), j’ai mesuré un bruit de 68 dB(A) ce qui reste très raisonnable. Mes oreilles lui disent merci.
Lavage des sols :un nettoyage des bords à perfectionner
Je le sais et j’ai pu m’en apercevoir avec tous les modèles de la marque que j’ai pu tester jusque-là : Ecovacs maîtrise le lavage au rouleau. C’est même l’un des premiers à avoir adopté cette technique. Et le procédé s’améliore encore sur le T90 Pro. Le rouleau présente une longueur de 27 cm. C’est 9 cm de plus que sur le T80. Ce qui lui permet de couvrir plus de surface en un passage et de réduire le nombre d’aller-retours. Bonne idée.

Cependant le T90 Pro souffre de quelques bizarreries. D’abord, il est impossible depuis l’appli d’ordonner une phase de lavage seul. Celui-ci s’accompagne obligatoirement d’une aspiration (simultanée ou antérieure).

Ensuite, il faut songer à activer un réglage niché dans un sous-menu : la Détection IA des taches. Sans cela, en présence de liquide renversé au sol, le robot continue de faire tourner sa brossette latérale qui patauge dedans et se salit. Une fois l’option activée, le T90 Pro replie sa brossette, coupe l’aspiration et commence à nettoyer le liquide. Je note au passage que le mode intelligent, censé analyser l’état du sol et gérer seul les options de lavage, manque un peu de sérieux. La plupart du temps le nettoyage se montre bien trop rapide et trop imprécis.

Passés ces quelques petits défauts parfois gênants, le T90 Pro donne de très bons résultats. Sur sol peu sale, un seul passage suffit pour retrouver une surface propre. Avec un sol plus encrassé, deux passages se révèlent nécessaires pour éliminer les traces plus tenaces. Il n’y a encore une fois que dans les coins et le long des murs que le T90 Pro rencontre quelques difficultés. La pression exercée au sol lorsque le robot déploie son rouleau se fait moindre et les traces plus incrustées peinent à être rapidement éliminées. Dans les coins, le système de lavage au rouleau rivalise difficilement avec les dispositifs de patins rotatifs extensibles.

Enfin, et c’est ce que je craignais, l’absence de clapet pour masquer le rouleau lorsqu’il est trempé devient problématique avec les tapis épais. Lorsque le robot grimpe sur une telle surface, l’inclinaison qu’il prend le conduit à tremper les contours. Mieux vaut, si possible, lui demander d’éviter de traverser les tapis. Point appréciable toutefois : Ecovacs améliore l’autonomie pour augmenter la couverture par cycle. Chaque fois que le robot retourne à sa station pour rincer son rouleau serpillière, il en profite pour recharger sa batterie. Selon la marque, 3 minutes suffisent pour récupérer au passage 10 % de batterie. Ce qui évite d’avoir à patienter que l’appareil ne reprenne des forces après une longue session avant de repartir au boulot. Une technique déjà à l’œuvre chez Eufy (Anker) et dont devrait s’inspirer la concurrence.
Entretien : un appareil très facile à vivre
La station qui accompagne le robot s’occupe de tout et elle le fait bien. Elle se dote d’un bac d’eau propre d’une capacité de 4 L et d’un bac d’eau sale de 2,2 L seulement. La bonne surprise, c’est la présence à côté du sac à poussière de 2,5 L, d’un distributeur automatique de détergent. Une belle évolution par rapport au T80 qui évite d’avoir à doser au pif la quantité de détergent à ajouter dans le bac d’eau propre.


Lorsque le robot rentre à sa station, son collecteur de poussière est vidangé tout comme son collecteur d’eau sale rincé avec de l’eau sous pression. Vous n’aurez même pas besoin de le laver vous-même et, de toute façon, il n’est pas accessible contrairement à ce qui se pratique chez la concurrence. De son côté, le rouleau serpillière est lavé avec une eau chauffée à 75°C. puis séché à l’air chaud (45°C). Il n’y a que la planche de lavage qui nécessite un peu d’entretien. Et encore. Après 15 jours d’usage intensif, elle était vraiment peu encrassée. Un petit passage sous le robinet pour la rincer et c’est tout bon.


Reste l’entretien du robot lui-même. Celui-ci est extrêmement simple puisqu’il n’y a presque rien à faire. Le système anti-enchevêtrement se montre diablement efficace pour qu’aucun cheveu long ne s’entortille autour de la brosse principale. Un vrai plaisir.

Il faut simplement garder un œil sur l’état d’encrassement ou d’usure du rouleau serpillière. Petite subtilité d’ailleurs : celui-ci reste solidaire de son support cylindrique. Impossible de l’en détacher pour le passer à la machine à laver.
Conclusion
Points forts
- Bonne aspiration sur sols durs et tapis
- lavage au rouleau efficace
- Discrétion pendant l’aspiration
- Bonne autonomie
- Navigation appréciable
Points faibles
- Aspiration et lavage des bords et coins perfectibles
- Brossette latérale facétieuse
- Pas de clapet pour protéger le rouleau
- Des fonctions pratiques désactivées par défaut
Note de la rédaction
Ecovacs garde le cap. Ce nouveau Deebot T90 Pro Omni ne manque pas d’atouts pour séduire et améliore sérieusement la copie du T80. Je retiens surtout sa capacité à s’orienter convenablement malgré l’absence de LiDAR sur le capot (ce qui n’est pas donné à tout le monde) et ses performance en matière d’aspiration et de lavage. Le petit boost d’autonomie en cours de route n’est pas négligeable non plus pour ceux qui ont de grands espaces à nettoyer d’un seul coup. Mais Ecovacs aurait dû aussi se pencher plus sérieusement sur le nettoyage des bords et des coins. Une brossette latérale extensible est loin d’être un outil gadget pour augmenter l’efficacité dans ces zones. Son absence se fait ici ressentir. Côté lavage, le rouleau manque lui aussi d’efficacité pour les atteindre mais le phénomène demeure commun à tous les modèles utilisant cette technique. C’est là que j’attends la prochaine innovation. Celui qui parviendra à trouver la solution pour proposer un lavage au rouleau efficace même dans les coins remportera peut-être le jackpot.