Trouver la chaise de bureau parfaite sans se ruiner dans du Herman Miller, c'est dur, très dur. Que l'on soit un joueur acharné ou un télétravailleur rivé à son écran huit heures par jour, même combat. Le marché est saturé, et, au milieu de cette jungle, une marque fait particulièrement parler d'elle sur les plateformes comme Amazon : Sihoo. Que vaut le dernier modèle premium du géant chinois ? J'ai testé la Doro C300 Pro pendant plus d'un mois, et voici mon avis final.
Avec sa Doro C300 Pro, la marque chinoise promet une version améliorée de son best-seller, la C300. On nous parle d'accoudoirs 6D, de support lombaire adaptatif, d'un mesh ultra-respirant... le tout pour un tarif qui, s'il n'est pas donné (on parle d'un prix de lancement autour de 600-700€, même si le siège se retrouve souvent en promo vers les 400€), reste bien en deçà des mastodontes du secteur. J'ai donc posé mon séant sur cette C300 Pro pendant un bon mois, avec un enthousiasme certain.
Sommaire
- La Sihoo Doro C300 Pro sur le papier
- Sihoo Doro C300 Pro : un montage laborieux pour un design... efficace
- Tous les réglages de cette chaise de bureau : il y a beaucoup à dire
- Confort : un vrai bon point pour la Sihoo Doro C300 Pro
- Conclusion : La Sihoo Doro C300 Pro, un pari ergonomique risqué
La Sihoo Doro C300 Pro sur le papier
Avant de disséquer la bête, regardons ce qu'elle a dans le ventre. Les spécifications techniques de cette Doro C300 Pro sont, sur le papier, plutôt alléchantes et témoignent d'une ambition certaine de jouer dans la cour des grands, notamment avec une plage de réglages très large.
| Spécifications | |
|---|---|
| Profondeur de l’assise | 42.7 cm à 45.1 cm |
| Largeur max de l'assise | 51.5 cm |
| Hauteur de l'assise | 46 cm à 56.7 cm |
| Finition assise et dos | Maille (Mesh) / Cadre plastique / PU |
| Accoudoirs | Oui, 6D |
| Support de tête | Oui, 3D |
| Support des lombaires | Oui, dynamique adaptatif |
| Bascule | Oui, 3 positions (105°, 120°, 135°) |
| Poids conseillé | Max 136 kg |
| Poids de la chaise | 14.3 kg |
| Prix de lancement | 649 € (presque toujours en promotion vers les 400€) |
Cette fiche technique promet une personnalisation poussée, des accoudoirs 6D (on y reviendra) à la profondeur d'assise. Le mesh est omniprésent, ce qui est une excellente nouvelle pour la respirabilité. La C300 Pro est clairement une chaise qui mise tout sur sa capacité d'adaptation. Bon, pourquoi pas.
Je me dois de rédiger un court encart pour me présenter. D'autant plus que, lorsqu'il s'agit de sièges, la morphologie est importante. Je suis une personne assez fine (72 kg pour 1m84), avec peu de masse graisseuse comme musculaire, notamment au niveau du postérieur. Étant également assez grand, avec un long buste, j'ai un dos qui a besoin d'être bien maintenu. J'ai aussi tendance à m'affaler lorsque je travaille ou joue, il me faut donc un bon anti sous-marinage. Je suis une personne assez exigeante quand il s'agit de choisir des sièges. Je n'aime pas les chaises gamer à l'assise trop rigide et trop large pour moi. J'ai besoin de matérieux qui respirent pour être confortable en été. Voilà, je crois que vous savez tout ! N'oubliez pas, quand il s'agit de confort, il est essentiel de prendre en compte les préférences subjectives de chaque personne.

Sihoo Doro C300 Pro : un montage laborieux pour un design... efficace
L'épreuve du montage : prévoyez des gants
Quand on reçoit un nouveau produit, l'étape du déballage et du montage est extrêmement importante, surtout lorsque le produit en question est une chaise. Sur ce point, Sihoo ne fait pas les choses de façon particulièrement élégante ou fluide. Dès l'ouverture du carton, on sent quer le constructeur asiatique a fait des économies sur la présentation. Puis, vient le moment de s'y mettre et... c'est un peu pénible.
Peut-être suis-je moins doué que la moyenne, mais j'ai trouvé ce moment d'assemblage franchement fastidieux. La notice est claire, les outils sont fournis (dont une clé Allen en T assez pratique), mais certaines étapes demandent de la force, voire de l'acharnement. Visser certains éléments, emboîter les roues ou fixer le mécanisme de bascule s'est avéré pénible. Nous avons dû nous y mettre à deux et nous nous sommes littéralement fait mal aux mains pour venir à bout de la bête en une bonne demie-heure. C'est un point à ne pas négliger si vous êtes seul ou peu bricoleur.
Un look sobre et des matériaux fonctionnels
Une fois montée, la chaise présente plutôt bien. J'ai reçu le modèle noir, et son design est sobre, fonctionnel, presque "passe-partout". On est loin des fauteuils gamer exubérants. Ce siège s'intègre parfaitement dans un bureau ou un setup de jeu sans jurer avec le décor. Certains de mes collègues ou confrères ont trouvé la Doro C300 Pro assez laide, mais personnellement, je la trouve plutôt élégante et moderne dans son approche "ergo-tech".
Lorsqu'on s'approche pour examiner le produit dans les détails, il est vrai qu'il y a quelques défauts à pointer du doigt. D'abord, il y a beaucoup de plastique. Le châssis, les accoudoirs, le dos... tout est en plastique. Du plastique épais et robuste, certes, mais les finitions hasardeuses et les petits grincements donnent au tout un effet assez cheap. Là encore, on sent les points sur lesquels Sihoo a décidé de faire des économies. Parce que oui, certains éléments du siège, beaucoup plus soignés, compensent les défauts que nous venons d'évoquer. Finalement, nous sommes sur un produit milieu de gamme, et ça se sent. On aurait apprécié qu'une chaise étiquetée "Pro" arbore une allure un brin plus premium.

Zoom sur les composants : du bon et du moins bon
Vous l'avez compris, il y a un bel écart entre les éléments les plus premium et les éléments plus délaissés de la chaise. Les roulettes sont correctes, elles roulent sans faire trop de bruit, mais on a vu plus fluide. Le vérin à gaz fait son travail sans broncher. Le cadre du dossier, bien que plastique, semble flexible et conçu pour accompagner les mouvements, ce que nous verrons plus tard.
Les points de contact me laissent perplexe. Les accoudoirs, par exemple, sont faits d'un PU (polyuréthane) assez dur. Le plastique de l'appui-tête fait aussi un peu bas de gamme. Bref, sur le plan de la construction, la C300 Pro ne m'a pas totalement convaincu. Elle est robuste, certes, mais la finition n'est pas à la hauteur des 649€ demandés au lancement.
Tous les réglages de cette chaise de bureau : il y a beaucoup à dire
C'est là que la Sihoo Doro C300 Pro abat ses cartes maîtresses. Son ergonomie passe par la personnalisation, et sur ce point, cette chaise est généreuse.
Le poste de pilotage : une seule manette pour les contrôler tous
Bon point : la plupart des réglages principaux sont centralisés sur une seule manette. En la manipulant, on peut gérer la hauteur du siège (via le vérin à gaz), la profondeur de l'assise (très important pour les grandes jambes) et le verrouillage de l'inclinaison du dossier. C'est intuitif et ça évite de chercher trois leviers différents sous le siège.
La hauteur du dossier lui-même est aussi réglable, avec quatre positions crantées, ce qui permet de l'adapter aux grands gabarits. Un bon point !


Le dossier et la bascule : un peu trop rigide
Si l'amplitude de l'inclinaison est bonne, la gestion de la bascule est décevante. On ne dispose que de trois positions de verrouillage (105°, 120°, 135°). Dans la pratique, il n'y en a qu'une qui permet d'être assis normalement. Il existe une position quasi allongée qu'on ne va jamais utiliser et une position intermédiaire que je trouve très inconfortable, mais bon, qui sait, peut-être que certaines personnes l'apprécieront (je n'en ai pas trouvé une seule dans toute la rédaction).
Personnellement, je préfère de loin un système qui permet de bloquer l'angle précisément là où on le souhaite, ou une bascule libre avec une tension réglable. Je ne comprends pas pourquoi Sihoo nous contraint avec trois angles fixes, c'est très frustrant. Impossible de régler la force de retour de la bascule, qui dépend visiblement du poids de l'utilisateur.
Le cas des accoudoirs 6D : l'enfer est pavé de bonnes intentions
Sur le papier, c'est un argument marketing majeur. Rendez-vous compte, des accoudoirs 6D ! En effet, ils bougent dans tous les sens : haut/bas, avant/arrière, gauche/droite (latéralement), intérieur/extérieur (largeur), ils pivotent et ils peuvent même s'incliner vers le haut. Une folie de personnalisation que certains de mes confrères américains ont même qualifiée de "fantastique".
Je ne suis pas aussi dithyrambique. Oui, ces accoudoirs sont réglables, mais ils sont surtout pénibles à l'usage.
- Premièrement, ils sont trop fins. Le coude peut bêtement glisser, c'est dommage.
- Deuxièmement, leur inclinaison la plus basse est étrange. Les accoudoirs seront toujours légèrement tournées vers le haut, ce qui réparti mal le poids des avants-bras.
- Troisièmement, et c'est le pire : la plupart de ces axes (pivot, latéral) n'ont pas de mécanisme de verrouillage ! Le simple fait de m'appuyer dessus pour me lever ou de bouger mon corps vers l'extérieur les fait pivoter ou glisser. C'est agaçant au possible. Lors de mon mois de test, je passais mon temps à les remettre en place. Pour moi, c'est un défaut de conception majeur.

L'appui-tête et le support lombaire : les points de rupture
Nous arrivons aux deux éléments qui ont scellé mon opinion.
Commençons par l'appui-tête. Il est dit "3D", réglable en hauteur, profondeur et inclinaison. Dans les faits, je l'ai trouvé pénible à régler et, surtout, placé beaucoup trop en arrière. En position de travail (dos droit), ma tête ne le touche jamais. Il n'est utile que lorsque je m'affale complètement en arrière pour regarder une vidéo. Quand bien même j'arriverai à l'atteindre, il tombe systématiquement au niveau de ma nuque à la place de ma tête. Je l'ai bien entendu réglé dans sa position la plus haute et la plus proche du dossier, mais rien n'y fait. Bref, pour mon gabarit, cet appui-tête est plus cosmétique que fonctionnel.
Ce problème d'appui-tête n'est pas bien grave. Après tout, lorsque le dos est bien tenu, la nuque n'a pas besoin de se reposer. Sauf qu'avec un tel support lombaire, mon dos n'a jamais été correctement tenu. Ce support particulier est un peu la signature de cette C300 Pro. Sihoo parle d'un système "dynamique adaptatif". En gros, il s'agit d'un élément séparé du dossier, monté sur ressort, qui est censé suivre vos mouvements et appliquer une pression constante sur les lombaires.
Là encore, de nombreux testeurs ont adoré. Que cela soit chez mes confrères d'autres médias ou mes collègues de JV. Pour moi, ce fut un calvaire. Étant fin, avec peu de "rembourrage" naturel, j'ai du subir : le support dynamique a exercercé une pression constante, agressive et douloureuse dans le bas de mon dos. Le pire ? Ce support n'est pas réglable en profondeur. Pour ma morphologie, c'est un "non" catégorique.


Confort : un vrai bon point pour la Sihoo Doro C300 Pro
Une assise large et bien pensée
Après avoir tant critiqué les détails, j'en viendrais presque à oublier l'essentiel : l'assise. Heureusement, là-dessus, le constructeur asiatique régale. Pour moi, c'est, de loin, le plus gros point fort de cette chaise.
La C300 Pro utilise un tissu en maille (mesh) sur l'assise et le dossier. Et quel mesh ! Il est souple, légèrement rebondissant, et incroyablement confortable. C'est l'opposé total des sièges baquets durs comme du bois. Pour mon profil (mince, peu de masse graisseuse), c'est un pur bonheur. Je n'ai jamais eu mal au postérieur, même après 8 heures de travail. Il est extrêmement rare qu'un siège ne me fasse pas mal aux fesses, alors je tiens vraiment à le souligner. Sachez que j'ai fait tester la bête à des personnes plus corpulentes, et, elles aussi, ont adoré cette assise. Très sincèrement, on a presque la sensation de flotter.
Cette matière respire très bien, et là encore, c'est point fort. Peu importe comment on s'habille, peu importe les températures extérieures, la Doro C300 Pro reste toujours agréable.
L'assise n'est pas seulement confortable, elle est aussi bien conçue. Elle est large, adaptée à presque tous les corps. Elle dispose d'un bord avant dit "en cascade" qui évite de couper la circulation sanguine sous les cuisses.
J'ai aussi trouvé l'anti-sous-marinage très efficace. Le fond de l'assise cale le postérieur pile là où faut pour l'empêcher de glisser et caler le bas du dos sur le dossier. Pour rester concentré et bien assis tout au long de la journée, c'est un vrai plus.

Conclusion : La Sihoo Doro C300 Pro, un pari ergonomique risqué
Vous l'aurez compris, mon bilan est en demi-teinte. J'adore être assis sur cette chaise, mais certains éléments ternissent l'expérience globale. L'assise en mesh est un 10/10 pour moi. C'est souple, respirant, dynamique. Mais le "maintien", c'est-à-dire l'interaction avec le dossier, les lombaires et les bras, est un échec en ce qui me concerne.
C'est compliqué !
Points forts
- L'assise : incroyablement confortable, souple et rebondie
- Un tissu qui respire, un vrai plaisir pour les longues sessions ou l'été
- Design sobre et "passe-partout" qui s'intègre bien
- On ne s'affale pas
Points faibles
- Le support lombaire dynamique, trop aggressif pour moi
- Accoudoirs 6D instables (pas de blocage) et peu confortables
- Appuie-tête pénible à régler et positionné trop en arrière
- Montage fastidieux et une finition plastique qui fait un peu "cheap"
Note de la rédaction
Nous ne jugeons pas le rapport qualité prix sur JVTECH, la note reflète donc la qualité de la chaise en elle-même. Vous l'avez compris, mon avis est forcément très mitigé. La Sihoo Doro C300 Pro est, à mes yeux, une chaise de contradictions. Elle possède l'une des meilleures assises que j'aie pu tester, un vrai bonheur pour mon profil. En parrallèle, la marque chinoise a fait quelques choix ergonomiques forts que certains vont adorer et d'autres, comme moi, détester.

