Comme à chaque fois que Nothing investit un nouveau territoire, la marque londonienne refuse de se contenter du second rôle. Fidèle à son esthétique singulière et à son positionnement tarifaire offensif, Nothing s’associe à KEF pour que son expérience sonore soit capable de persuader les mélomanes nomades de changer de chapelle. Un pari audacieux, mais pas forcément insensé, notamment lorsque l’on passe un peu de temps avec ce Headphone (1).
Sommaire
- Nothing Headphone (1) : la fiche technique
- Prix et disponibilité
- Design, un vent de fraîcheur salvateur
- Confort, un excellent maintien malgré son poids
- Connectivité et ergonomie, que du bonheur !
- Une application claire et complète
- Qualité audio, de la singularité et de la précision
- Réduction de bruit active, une belle entrée en matière
- Mode transparent et qualité des appels, du bon et du moins bon
- Une autonomie étonnante
On le martèle déjà depuis quelques tests audio, mais le secteur des casques n’a jamais été autant en ébullition que depuis ces huit derniers mois. En ce laps de temps, les étalages se sont remplis d’un Marshall Monitor III ANC (349 €), d’un Bowers & Wilkins Px7 S3 (429 €), d’un JBL Tour One M3 (399 €) et, surtout, le mois dernier, de l’excellentissime Sony WH-1000XM6 (450 €).
C’est au beau milieu de cette bataille de titans que la marque londonienne Nothing débarque en ce début juillet avec son tout premier casque, le Headphone (1). Pour autant, ce n’est pas la première incursion de Nothing dans l’audio nomade. Dès 2021, la firme a lancé ses écouteurs Ear (1), en 2022 les Ear (Stick), en 2023 les Ear (2) pour finir l’an dernier avec les Ear (a). Pour chacun de ses produits, la marque britannique a répliqué la recette qu’elle utilisait déjà lors de son arrivée sur le secteur des smartphones. Autrement dit un design audacieux, une fiche technique sans compromis et le tout avec un prix remarquablement doux.
Une stratégie qui semble fonctionner puisque, selon l’institut GfK, les écouteurs Nothing représentaient 27% de part de marché en valeur sur le segment 50-100 euros en avril 2025. Fort de ces résultats, le Headphone (1) entend bien faire la même chose dans le secteur des casques.
Nothing Headphone (1) : la fiche technique
| Spécifications | |
|---|---|
| Compatibilité | Smartphones, tablettes, PS5, Xbox Series, Switch, PC Mac et Windows |
| Type microphone et transducteurs | Micros Omnidirectionnel et 40 mm |
| Atténuation bruit micro, mode attentif et réduction de bruit active | Oui. Mode attentif réglable sur l'application et mode réduction bruit active |
| Codecs audio | Codecs bluetooth : AAC, SBC, LDAC. Absence du Bluetooth LE Audio |
| Poids | 329 grammes sans câble |
| Connexions disponibles | Jack 3,5 mm, Bluetooth 5.3, Multipoint, audio via USC-C |
| Prix de lancement | 299€ |
Prix et disponibilité
Le Headphone (1) sera disponible à partir du 15 juillet en coloris noir ou blanc à un tarif unique de 299 €. Certes, c’est bien plus cher que les écouteurs de la marque, dont les prix n’ont jamais dépassé les 149 €. Pour autant, cela reste bien moins onéreux que toute la concurrence premium, comme nous l’indiquons en introduction.
Design, un vent de fraîcheur salvateur
Même si nous connaissons bien les produits Nothing et que nous nous y attendions, le Headphone (1) est une véritable petite claque stylistique. Les oreillettes adoptent une silhouette carrée aux angles subtilement arrondis, bien loin des standards ovoïdes du secteur.
Au centre de chacune, un élément circulaire transparent dévoile en partie la mécanique interne du casque : une vitrine sur les entrailles du produit, véritable marque de fabrique du constructeur. Cependant, pour les connaisseurs de Nothing, soyons précis. Le Headphone (1) n’embarque pas de LEDs Glyph et ne propose donc aucun effet lumineux comme sur les téléphones de la marque.

Ce clin d’œil néo-rétro aux anciennes cassettes audio est un choix audacieux, mais qui peut aussi diviser. Certains salueront l’originalité et la fraîcheur, d’autres pourront trouver que ce Headphone (1) manque de maturité avec ce look trop « jouet ». On est loin de la discrétion passe-partout d’un JBL Tour One M3, on vous l’accorde. Mais chez JVTech, cette esthétique brute et originale nous plaît particulièrement.

Côté matériaux, la structure mêle plastique robuste et aluminium, avec des finitions globalement soignées. On note tout de même quelques traces d’assemblage visibles, mais rien qui ne vienne gâcher l’impression de solidité générale. Ayant bien compris que c’est l’endroit le plus sujet à la casse, Nothing a fait le choix du métal pour ses jonctions entre l’arceau et les oreillettes. C’est une excellente idée : l’articulation est fluide et le matériau rassure.

Pour finir, notons que le casque n’est pas pliable. Cependant, lorsqu’on le pose à plat avec ses oreillettes pivotées à 90°, il ne prend pas énormément de place en hauteur. Ainsi, son étui reste relativement compact et peu encombrant. Et au pire des cas, on peut le glisser dans une poche de sac sans avoir d’effet boule.
Confort, un excellent maintien malgré son poids
Le Nothing Headphone (1) affiche un poids conséquent de 329 grammes, ce qui le place parmi les casques les plus lourds du segment premium. Seul le conséquent AirPods Max (387 g) lui vole la vedette sur ce sujet. En tout, on est bien loin du Sony WH-1000XM6 et de ses 250 g sur la balance. Pour autant, ce poids se fait étonnamment discret. Cela ne veut pas dire que le casque se fait totalement oublier, mais plutôt qu’il ne génère pas de points de pression marqués sur les tempes.

Composé d’aluminium et de plastique robuste, l’arceau est recouvert d’un rembourrage en mousse assez ferme. Si le maintien est bon, sans sensation désagréable, nous aurions aimé que ce rembourrage soit plus long et qu’il arrive jusqu’aux extrémités. Là, il englobe réellement le haut du crâne, mais après l’avoir prêté à différentes personnes, il pourrait ne pas s’adapter aux morphologies de crâne les plus « larges ».
Jamais avare d’originalité, le système d’ajustement du Nothing Headphone (1) est situé sur le dessus de l’arceau, et non à proximité de la jonction. Si ce mécanisme glisse facilement et sans jeu, la gestuelle est plus ample pour trouver le bon réglage. On est obligé de passer une main presque derrière la tête, ce qui rend plus imprécis, et donc plus long, le bon ajustement.

Au format carré et arrondi, les oreillettes sont particulièrement spacieuses. Les grandes esgourdes s’y trouveront à l’aise sans problème. Ferme sans être trop dure, la mousse épouse bien les contours des oreilles, tout en leur laissant de la place. Ainsi, l’espace intérieur évite tout effet d’écrasement.
Pour finir, sachez que le Nothing Headphone (1) bénéficie d’une certification IP52. Il résiste donc à la poussière, aux éclaboussures légères et à la transpiration lors d’un effort modéré. Un luxe rare que toute la concurrence précitée n’a pas.
Connectivité et ergonomie, que du bonheur !
Vous n’aviez tout de même pas pensé que Nothing se contenterait de copier-coller ce qui se fait généralement sur le secteur ? Bien évidemment que non, la marque londonienne fait encore ici des choix forts qui s’avèrent tous payants. Et là encore l’inspiration est des plus rétro.

Toutes disposées sur la coque droite, les commandes se caractérisent par un « nom » et un format original. Sorte de molette arrondie, le « Roller » est capable de contrôler la lecture, le volume, mais également les modes d’écoute. Une molette de réglage qui évoque les potentiomètres rotatifs des amplificateurs hi-fi vintage.
De son côté, le “Paddle” prend la forme d’un commutateur à glissière et s’occupe du changement de piste et de la gestion des appels. Un interrupteur physique que l’on trouvait beaucoup sur les anciens baladeurs audio Walkman de Sony ou sur certains lecteurs MP3 des années 2000.

Sur le dessus extérieur de la coque, un bouton circulaire plus classique est personnalisable selon les envies. Avec au choix, l’accès à l’audio spatial, à l’égaliseur enregistré, à l’assistant vocal ou encore la désactivation des micros lors d’un appel. Enfin, le bouton de mise en marche se loge discrètement sur le bas. Saluons à nouveau la prise de risque de Nothing. Les interactions sont bien pensées, novatrices et tombent sous les doigts et la sensation, presque analogique, du toucher est une vraie madeleine de Proust.
Côté connectivité, le Headphone (1) coche presque toutes les cases du premium moderne. Bluetooth 5.3, multipoint pour jongler entre deux appareils, prise en charge des codecs SBC, AAC et LDAC pour les amateurs de haute résolution. L’appairage est instantané grâce à Google Fast Pair et Microsoft Swift Pair, tandis que la connexion reste stable même dans les environnements saturés.

Et histoire de prouver aux cadors qu’on peut être plus royaliste que le roi, le Headphone (1) peut s’utiliser en filaire jack 3,5 mm, via de l’audio USB-C, et ces deux modes d’écoute sont possibles lorsque le casque charge. Impressionnant ! Au moment de faire les comptes, la seul chose qui manque est le Bluetooth LE Audio.
Une application claire et complète
Déjà bien connue des utilisateurs d’écouteurs de la marque, l’application Nothing X brille par sa clarté et son aération. Gestion de la réduction de bruit active, activation du mode transparence, du spatial audio, gestion des codecs ou de la latence… Tout est là et tout est accessible de manière limpide.

En plus de cette ergonomie aux petits oignons, le Headphone (1) dispose d’un égaliseur graphique à 8 bandes vraiment précis et d’une personnalisation des commandes partielle, mais parfaitement acceptable.
Contrairement à Sony ou JBL qui misent avant tout sur la profusion, quitte à proposer des fonctionnalités anecdotiques, Nothing préfère aller à l’essentiel sans jamais perdre l’utilisateur en route. Ce qui est des plus appréciables, car l’application devient un vrai compagnon, plutôt qu’une excroissance qu’on ouvre une fois pour ne plus jamais y revenir.
Qualité audio, de la singularité et de la précision
Le casque Headphone (1) s’appuie sur une architecture sonore ambitieuse avec un transducteur dynamique de 40 mm avec surcouche de nickel et une structure en dôme. Une association qui donne souvent beaucoup de puissance aux basses et plus de clarté dans les aigus. Pour magnifier au mieux cette architecture interne, Nothing s’est associé avec un compatriote, le constructeur de Hi-Fi britannique KEF. Ce dernier s’étant principalement attelé à superviser l’ensemble des réglages sonores.

Dès les premières écoutes, la patte de KEF se fait sentir, notamment sur l’équilibre tonal. Comme sur les enceintes hi-fi de la gamme LS, le Headphone (1) propose des basses profondes, mais bien maîtrisées. L’impact est bien présent, mais il n’est jamais trop incisif. Ainsi, sur des morceaux électro ou hip-hop, les grosses caisses sont puissantes, mais tout effet de bourdonnement est évité. Et ce, même lorsque l’on pousse un peu le volume.
Cette sensation d’immersion se poursuit dans les bas-médiums, qui sont légèrement mis en retrait. Un parti pris payant puisque les départs d’instruments bénéficient d’une belle clarté et de détails. Cela permet également aux médiums et aux hauts-médiums d’être mieux mis en avant. Résultat, la qualité de détail des timbres de voix et leur intelligibilité est tout bonnement excellente. Sur des morceaux presque symphoniques (« Nights in White Satin » des Moody Blues ou encore « Supper's Ready » de Genesis), les détails du second plan sonore ne sont jamais occultés.
Pour parvenir à ce résultat, Nothing ne pousse pas les haut-médiums aussi haut que la plupart des casques. Si cela a le mérite d’éviter toute forme d'artificialité, un léger recul du détail peut parfois se faire ressentir. C’est notamment le cas sur les guitares électriques, qui ne sont pas toujours tranchantes, et sur les caisses claires, qui manquent parfois de punch.

Surtout, c’est le comportement du Headphone (1) dans la dernière partie du spectre qui lui confère toute sa signature singulière. Les aigus sont d’une douceur étonnante. Jamais trop stridentes, les sonorités les plus haut-perchées sont totalement dénuées de sibilance. En plus d’apporter du détail sur les cymbales, ce choix garantit une écoute des plus confortables. Question de goût, certains pourraient reprocher au Headphone (1) un manque d’aération, ce qui peut être le cas.
Réduction de bruit active, une belle entrée en matière
Pour s’atteler à nous plonger dans une bulle de silence, le Headphone (1) s’appuie sur 6 microphones. Ces derniers sont tous répartis sur la face intérieure des coques. Face à certains concurrents, notamment le WH-1000XM6 de Sony et ses 12 haut-parleurs, ce chiffre peut paraître modeste. Cependant, n’oublions pas que la réduction de bruit active s’effectue autant par ces composants que par une calibration logicielle.
Concrètement, le casque de Nothing est plutôt bon sur les graves. Le vrombissement des bus ou les souffles sourds d’un ventilateur sont vidés principalement de leur substance. Cependant, il ne parvient pas à descendre aussi bas que le Bose QC Ultra ou le Sony WH-1000XM6, soit au-delà de -35 dB, pour les faire totalement disparaître. La bulle de silence est bien là dans le métro, mais elle n’est pas totalement imperméable.

Sur les médiums, le casque fait preuve d’une belle rigueur sur les voix en mouvement dans la rue et les annonces de métro. Par contre, sur les conversations statiques et à proximité de moins de 2 mètres, ces bruits deviennent murmures, mais ils ne disparaissent pas complètement.
Bien aidé par une isolation passive excellente, le Headphone (1) s’en sort également bien sur les bruits aigus comme les cliquetis de clavier. Or, sur des sonorités plus soudaines comme des cris d’enfants aux abords d’un parc, il est moins à l’aise.
Mode transparent et qualité des appels, du bon et du moins bon
Dans ce domaine aussi, Nothing n’a pas à rougir de ses performances. Ce mode permet globalement de tenir une conversation sans retirer le casque ou encore de rester alerte sur les bruits de circulation. Cependant, quelques composantes des voix, notamment les intonations et les fins de phrases, peuvent parfois être happées. Ce manque d’intelligibilité sur toute la ligne nous a poussés à faire répéter quelques fois notre interlocuteur.

Pour une utilisation en kit mains-libres, notre propre voix est restituée de manière claire et sans sensation d’écho dans un lieu calme en intérieur. Ainsi, pour une visioconférence ou un appel professionnel, nous avons pu l’utiliser sans problème.
En extérieur, les bruits de fond sont également bien filtrés, mais encore une fois pas totalement effacés. Mais c’est surtout en conditions extrêmes (carrefours très bruyants, centre commercial, hall de gare) que le Headphone (1) perd un petit peu les pédales. Notre voix baisse fortement en volume et se hache par endroits, tandis que quelques artefacts viennent ponctuer nos fins de phrases.
Une autonomie étonnante
En plus de son design et de son ergonomie, voici le troisième argument choc du Headphone (1). Sur le papier, Nothing annonce jusqu’à 80 heures d’écoute classique et 35 heures avec la réduction de bruit active. Ce qui est en soi une belle promesse. Et bien en plus d’être tenue, cette dernière est presque minimisée.
En effet, avec un volume à 60% et la réduction de bruit toujours active, nous avons tenu 10 jours en utilisant le casque 2 heures le matin et 2 heures le soir. Soit environ 40 heures en tout. Un résultat qui le place devant le WH-1000XM6 (35 heures), devant le Bose QuietComfort Ultra (28 heures), devant l’Apple AirPods Max (25 heures) et juste derrière le JBL Tour One M3 (45 heures).
Enfin, sachez qu’avec seulement 10 minutes de charge, il est possible de profiter du casque pendant environ 5 heures et que la charge complète s’effectue en moins de 2 heures.
Conclusion
Points forts
- Une identié visuelle forte
- Une bonne qualité de construction et un confort appréciable
- Des boutons originaux et bien pensés
- Une connectique complète
- Une vraie patte sonore chaleureuse et précise
- Une très bonne autonomie
- Une réduction de bruit globalement bonne
Points faibles
- Un certains poids et une structure non-pliable
- Une réduction de bruit trop timide sur les graves
- Un kit mains-libres mal à l'aise dans les lieux bruyants
- Un léger manque d'aération à l'écoute
Note de la rédaction
Il serait bien difficile de ne pas saluer l’audace de Nothing avec ce Headphone (1). Un design aux antipodes du secteur, une ergonomie novatrice, une belle endurance, une ergonomie complète et une véritable âme audio. À la fois équilibrée, immersive et précise, la signature sonore est à mille lieues de l’artificiel ou du clinquant. En contrepartie, cette douceur d’écoute ne plaira pas forcément aux amateurs de brillance et d’aération.
De manière globale, Nothing propose une réduction de bruit plutôt bonne, notamment pour un premier casque. En tout cas, elle est légèrement meilleure que celle de Marshall, Sennheiser et JBL, mais Sony, Bose et Apple gardent une longueur d’avance, ce qui, en soi, est déjà pas mal. De même, le mode transparent manque légèrement de naturel, tandis que les micros d’appel assurent l’essentiel, même si les environnements très bruyants les mettent parfois à rude épreuve.
Pour autant, dans un secteur parfois monotone, Nothing ose une vraie proposition, cohérente et assumée. Un casque qui n’essaie pas de faire l’unanimité coûte que coûte, mais qui pourrait bien trouver un large public. Surtout vu son prix de lancement.
