Trois ans après un WH-1000XM5 bon, mais qui a polarisé les audiophiles, Sony revient avec son nouveau WH-1000XM6. Ce casque vise à corriger tous les défauts de son prédécesseur, tout en ambitionnant de laisser la concurrence loin derrière.
Sommaire
- Sony WH-1000XM6 : la fiche technique
- Prix et disponibilité
- Design : le retour attendu du format pliable
- Ergonomie et connectivité : une expérience encore plus complète
- Application : la meilleure du marché
- Qualité audio : un son polyvalent et détaillé
- Isolation active et passive : le nouveau roi du silence
- Qualité des appels : Sony presque sur la première marche
- Autonomie : sur le podium des casques les plus endurants
Dès notre première prise en main, en mai dernier lors de son officialisation, le WH-1000XM6 laissait transparaître une nouvelle maturité. Entre son socle technologique retravaillé et son design perfectionné, il semblait receler un riche potentiel.
Pour le tester au mieux, nous avons passé près d’un mois en sa compagnie. L’objectif était de vérifier, sur la durée, si toutes les promesses de Sony en matière de confort, de qualité audio, de réduction de bruit et de qualité d’appel étaient tenues. Car oui, le WH-1000XM6 promet des améliorations sur tous les fronts.

Et il le fallait, car la concurrence s’est sérieusement accrue depuis la sortie du modèle précédent. Marshall Monitor III ANC, AirPods Max (USB-C), Bowers & Wilkins PX7 S3, Sonos Ace, JBL Tour One M3, Bose QuietComfort Headphones… Autant de concurrents qui, chacun à leur manière, tentent de ravir la très prisée place de numéro un sur le marché des casques audio premium.
Sony WH-1000XM6 : la fiche technique
| Spécifications | |
|---|---|
| Compatibilité | Smartphones, tablettes, PS5, Xbox Series, Switch, PC Mac et Windows |
| Type microphone et transducteurs | Micros Omnidirectionnel de 30 mm |
| Atténuation bruit micro, mode attentif et réduction de bruit active | Oui. Mode attentif réglable sur l'application et mode |
| Codecs audio | Codecs bluetooth : AAC, SBC, LDAC, LC3 |
| Poids | 250 grammes sans câble |
| Connexions disponibles | Jack 3,5 mm, Bluetooth 5.3, Multipoint, Auracast |
| Prix de lancement | 450€ |
Prix et disponibilité
Disponible depuis début juin, le Sony WH-1000XM6 se décline en argent, noir et bleu nuit. Son prix officiel de lancement est de 450 euros, soit 30 euros de plus que le WH-1000XM5, son prédécesseur sorti en 2022.
Design : le retour attendu du format pliable
En 2022, Sony a tenté un pari en rendant le WH-1000XM5 non pliable, alors que les générations précédentes l’étaient. Ce choix n’a pas fait l’unanimité — et je m’inclus parmi les sceptiques — car la praticité du transport est essentielle pour un produit censé accompagner le quotidien. De plus, de nombreux utilisateurs pointaient du doigt la fragilité des charnières du WH-1000XM5, qui semblaient parfois trop fragiles pour résister à l’épreuve du temps.

Consciente de ces retours, la firme tokyoïte a corrigé ces deux aspects sur le nouveau WH-1000XM6. D’abord, le casque redevient pliable, pour notre plus grand plaisir. Ensuite, le mécanisme des charnières intègre désormais du métal. Durant notre mois de test, nous avons constaté que le WH-1000XM6 se plie et se déplie sans fragilité.
Aucun jeu n’est à signaler sur l’arceau, aucun grincement lors de la rotation des coques, et l’ensemble respire la robustesse. Il faut dire que lorsqu’on investit dans un tel casque, c’est généralement pour plusieurs années.

Autre point appréciable, le confort a été soigneusement étudié afin que toutes les morphologies de crâne puissent se sentir à l’aise. L’arceau et les oreillettes bénéficient d’un rembourrage plus épais, et l’arceau offre un réglage plus large. Par exemple, si vous aimez porter votre casque bien serré, c’est possible, et ce, sans aucune sensation de chauffe, même après une heure d’utilisation.

Malgré ce sérieux de fabrication et ce confort, deux petits points nous empêchent d’être totalement satisfaits. D’abord, le style : ce n’est pas que le WH-1000XM6 en manque, mais d’autres modèles en proposent davantage. On pense notamment au Bowers & Wilkins PX7 S3 ou à l’AirPods Max, deux produits qui jouent mieux sur les effets de matières et les détails.

Autre légère remontrance, le WH-1000XM6 attrape un peu trop les traces de doigts, voire la poussière. Glisser un petit chiffon dans son nouvel étui n’aurait pas été de trop. En parlant de ce dernier, il se montre encore plus compact et plus premium que son prédécesseur et, surtout, il se pare pour la première fois d’une fermeture magnétique.
Ergonomie et connectivité : une expérience encore plus complète
Fidèle à la philosophie de Sony, le WH-1000XM6 se pilote en tactile sur l’oreillette droite (volume, navigation, lecture…) et via deux boutons sur la même oreille. Petite nouveauté, le bouton d’alimentation n’est plus rectangulaire, mais rond. De plus, il est plus espacé de son compère, le bouton NC/AMB qui, lui, gère les modes d’écoute. Une légère amélioration qui permet aux commandes de tomber plus naturellement sous le pouce.
Bien que la personnalisation soit restreinte, il est difficile de s’en plaindre. Les commandes répondent au quart de tour et il est facile de prendre rapidement le pli de la gestuelle d’ensemble. La connectique se met à la page du Bluetooth LE Audio et de ses avantages, à savoir une compatibilité avec Auracast et le codec LC3.

Pour le reste, la firme japonaise reprend l’excellente base du casque précédent : détection de port, connexion multipoint, indications sonores multilingues et prise en charge des codecs AAC, SBC et LDAC.
L’absence des codecs AptX n’est pas une surprise, puisque depuis la sortie du WH-1000XM4 en 2020, Sony privilégie le LDAC, un codec haute résolution qui offre de meilleurs débits et qui est plus universel que l’AptX dans l’univers Android. Il ne manque au WH-1000XM6 qu’une possibilité d’écoute via l’USB-C pour être totalement complet. Hélas, Sony reste inflexible sur ce sujet.
Application : la meilleure du marché
Dans la plupart de nos tests de casques audio, c’est elle que l’on cite souvent en référence, tout en émettant toujours un regret. L’écosystème de Sony est si riche qu’il peut en devenir déroutant pour les néophytes, et un peu brouillon même pour les connaisseurs.
Grâce à une récente mise à jour, l’entreprise japonaise a en partie réglé ce problème. Désormais, l’onglet central de l’application est mieux agencé, hiérarchisant rapidement les informations essentielles tout en suggérant plus adroitement le reste. On trouve rapidement ce que l’on cherche, ce qui n’a pas toujours été le cas avec les modèles précédents.

Au-delà de cette évolution graphique, l’application propose trois nouveautés. D’abord, l’égaliseur passe de 5 à 10 bandes, ce qui ravira les amateurs de réglages fins. Ensuite, un nouveau pré-réglage « jeu » fait son apparition, destiné aux gamers, notamment aux amateurs de FPS. Selon Sony, ce mode met en avant les bruits de pas et les tirs, mais lors de nos quelques parties de Splitgate 2, la différence était vraiment anecdotique.
Dernière nouveauté, le « 360 Reality Audio Upmix » permet de transformer en temps réel n’importe quel contenu stéréo en son surround immersif. Là où le précédent modèle ne le faisait qu’avec des contenus nativement compatibles 360 Reality Audio, ce nouvel « upscaling » audio donne plus l’illusion que la création d’une véritable immersion.

Pour les séries riches en dialogues, cela peut être intéressant, car les voix semblent plus proches. En revanche, sur les films ou séries d’action, le rendu peut vite devenir brouillon. Contrairement à Apple et son AirPods Max, Sony ne maîtrise pas totalement le Bluetooth sous Android pour transmettre les métadonnées nécessaires à un rendu vertical et horizontal convaincant.
Qualité audio : un son polyvalent et détaillé
Avec ses transducteurs en fibre de carbone de 30 mm, le WH-1000XM6 part sur les mêmes bases que son prédécesseur, mais la ressemblance s’arrête là. Sony a apporté plusieurs optimisations à l’architecture acoustique. L’ajout d’une nouvelle puce audio V2, déjà vue sur les derniers écouteurs de la marque, une chambre acoustique plus grande et un support de bobine ventilée censé limiter la chaleur et la distorsion à fort volume, font toute la différence.
Aperçu partiel de la conception interne de chaque écouteur

Ces changements donnent au WH-1000XM6 une personnalité sonore affirmée. Les basses gagnent en précision et en nuance, sans déborder sur le reste du spectre. Les amateurs de pop, rap ou musique électronique profiteront de graves puissantes mais maîtrisés, même à fort volume.
Auparavant accidentés, les médiums sont désormais plus linéaires et donc plus transparents. Sur du jazz ou de l’acoustique, on distingue parfaitement les instruments de premier et de second plan, et les voix sont naturelles, avec des nuances bien respectées. Les aigus, quant à eux, gagnent en lisibilité. L’équilibre entre éclat et douceur évite tout excès métallique ou de brillance. Une subtile accentuation de l’extrême aigu apporte même une vraie dynamique rythmique aux instruments comme le charleston.

Avec des basses profondes, des médiums clairs et des aigus précis, le WH-1000XM6 est aussi un excellent compagnon pour le jeu vidéo. Lors de combats de boss, la distinction entre effets sonores, bruitages et musique est remarquable. Nous avons pu l’expérimenter avec plaisir sur Clair Obscur: Expedition 33.
Isolation active et passive : le nouveau roi du silence
Sony a toujours excellé dans ce domaine, sans toutefois détrôner Bose. Mais avec le WH-1000XM6, la donne change. Le passage de 8 à 12 microphones et l’ajout d’une puce QN3, sept fois plus efficace selon Sony, font la différence.
L’isolation passive est bluffante : même casque éteint, il est difficile de comprendre une conversation à deux mètres. Une fois la réduction de bruit activée, l’utilisateur est plongé dans une bulle. Sur les basses fréquences, l’atténuation atteint 35 dB, idéale pour les transports en commun ou l’avion.

Dans les médiums, le WH-1000XM6 continue de briller. Les voix et bruits de fond sont si bien atténués qu’ils deviennent incompréhensibles. Quelques bruits glissants, comme une fermeture éclair, peuvent subsister, mais l’ensemble reste très performant, notamment en open-space ou en terrasse.
Sur les aigus, la réduction de bruit active est légèrement moins performante que celle du dernier Bose, mais l’isolation passive du Sony compense largement ce petit retard technique. Le mode « Transparence » progresse aussi : les voix et bruits ambiants sont retranscrits sans effet de voile, permettant de suivre une conversation et de percevoir les sons extérieurs avec clarté. Toutefois, une légère coloration des voix empêche le WH-1000XM6 de détrôner l’AirPods Max sur ce point.
Qualité des appels : Sony presque sur la première marche
Le WH-1000XM6 se distingue sur la qualité des appels grâce à ses nouveaux algorithmes, ses micros et son système de captation « beamforming ». Ces technologies isolent la voix de l’utilisateur avec précision. Dans la rue, les transports ou les open-spaces, les conversations restent naturelles et intelligibles, même en présence de bruits ambiants.

Le casque filtre efficacement le vent, les moteurs ou la foule, garantissant une conversation fluide. Seules des situations extrêmes (sirène d’ambulance, chantier, centre commercial bondé) peuvent altérer la compréhension vocale, où le Bose QuietComfort Ultra garde un léger avantage.
Autonomie : sur le podium des casques les plus endurants
Le WH-1000XM6 surpasse ses concurrents directs en autonomie, atteignant 35 heures d’écoute avec réduction de bruit (volume entre 40 et 60 %) et plus de 45 heures sans. Le Bose QuietComfort Ultra se situe autour de 25-28 heures, et l’Apple AirPods Max plafonne à 25 heures. Cependant, certains modèles comme le Marshall Monitor III ANC (80 heures) et le JBL Tour One M3 (45 heures) font encore mieux.
Quoiqu'il en soit, il est possible d’utiliser le WH-1000XM6 près de 5 heures par jour pendant une semaine sans recharge. Une charge de 4 à 6 minutes suffit ensuite pour profiter de 3 heures d’écoute.
Conclusion
Points forts
- Un confort optimale et adapté à toutes les morphologies
- Une qualité de fabrication sans défaut majeur
- La meilleure réduction de bruit du marché
- Une signature sonore polyvalente, précise et détaillé
- Des améliorations notables en appel et en mode "Transparant"
- Une très bonne autonomie
- Une ergonomie facile à apprivoiser et une connectivité moderne
- L'application la plus complète du marché
Points faibles
- Un design qui manque d'un ou deux détails premium
- Pas d'audio en USB-C
- Un son 3D perfectible
- Une application complète, mais qui manque de lisibilité
Note de la rédaction
Après un XM5 qui avait divisé, Sony revient avec un modèle qui fait l’unanimité. La réduction de bruit atteint un niveau rarement égalé, surpassant même celle de Bose, et la recette acoustique est bonifiée. Détaillée, enveloppante et neutre, elle confère au WH-1000XM6 la plus grande polyvalence du marché, convenant à tous les styles de musique et au jeu vidéo.
Côté confort, fabrication et autonomie, le WH-1000XM6 coche toutes les cases. Il est agréable à porter sur de longues sessions, affiche une allure moderne et une endurance remarquable. Les rares points perfectibles — spatialisation 3D perfectible, matériaux plus premium, absence d’écoute directe en USB-C — relèvent du détail. Ce ne sont pas ces aspects qui empêcheront le WH-1000XM6 de s’imposer comme le casque Bluetooth premium le plus complet et équilibré du marché
