Trois ans après son dernier casque premium, l’excellent Tour One M2, JBL se décide enfin à lui donner un successeur. À cette occasion, le constructeur américain ne se contente pas de promettre « seulement » une meilleure autonomie, une qualité audio mieux définie et une réduction de bruit active plus performante. Non, en plus de cela, JBL accompagne son casque d’un boîtier intelligent qui démultiplie nos usages audio.
Sommaire
- JBL Tour One M3 : la fiche technique
- Prix et concurrence
- Design et confort, à boire et à manger
- Ergonomie et connectique, un casque ultra complet, mais un son spatial décevant
- Smart Tx, un boîtier qui révolutionne les usages audio
- Qualité audio, JBL reste fidèle à son ADN « live »
- Réduction de bruit active, à un poil de cheveux des meilleurs
- Autonomie, entre le bon et l’excellent
Bien que JBL soit plus prolixe sur l’entrée et le milieu de gamme, notamment avec sa gamme « Tune » et « Live », la firme s’autorise parfois des incursions sur le premium avec sa famille Tour One. Si les premiers secteurs lui permettent de faire du volume, le troisième est un peu un laboratoire d’expériences.
À l’instar de ses écouteurs Tour Pro 3 et Live Beam 3, qui disposent d’un étui avec un écran tactile, le nouveau Tour One M3 décline ce concept. Point d’écran sur les oreillettes ici, mais le casque s’accompagne d’un boîtier intelligent, le Smart Tx. Loin d’être un simple gadget, ce dernier se mue à la fois en dongle Bluetooth,, en télécommande du casque et en émetteur de flux audio Auracast. Un sacré programme !
Une excroissance séduisante sur le papier qui ne doit pas omettre les autres promesses de l’entreprise étasunienne. Qualité sonore, réduction de bruit, confort, qualité d’appel, autonomie…C’est bien simple, sur toutes ces verticales JBL promet de s’améliorer. Après un mois en compagnie du Tour One M3 et du Smart Tx, vérifions point par point, si c’est réellement le cas.
JBL Tour One M3 : la fiche technique
| Spécifications | |
|---|---|
| Compatibilité | Smartphones, tablettes, PS5, Xbox Series, Switch, PC Mac et Windows |
| Type microphone et transducteurs | Micros Omnidirectionnel et 40 mm |
| Atténuation bruit micro, mode attentif et réduction de bruit active | Oui. Mode attentif réglable sur l'application et mode « TalkThru » |
| Codecs audio | Codecs bluetooth : AAC, SBC, LDAC, LC3 |
| Poids | 278 grammes sans câble |
| Connexions disponibles | Jack 3,5 mm, Bluetooth 5.3, Google Fast Pair, Multipoint, Auracast |
| Prix de lancement | à partir de 349€ |
Prix et concurrence
Disponible depuis avril 2025, le JBL Tour One M3 est proposé en trois coloris : noir, bleu et beige. Son prix de lancement est fixé à 349 euros, soit 20 euros de plus que le modèle précédent sorti en 2022. Pour ceux qui souhaitent bénéficier de l’émetteur Smart Tx, il faudra compter 399 euros.
Avec ce positionnement premium, le Tour One M3 se retrouve en concurrence directe avec des références majeures du marché, telles que le tout récent Sony WH1000XM6, le Bowers & Wilkins Px7 S3 ou encore le Bose QuietComfort Ultra lancé en 2023.
Design et confort, à boire et à manger
Comme déjà évoqué dans notre test du Px7 S3, deux philosophies esthétiques s’affrontent dans le domaine des casques premium. Si la première joue la partition du raffinement (Sonos, Bowers & Wilkins, Apple), la seconde (Sony, Bose, Sennheiser) préfère dégainer la carte geek.
Clairement de cette seconde école, le Tour One M3 mise avant tout sur une allure sobre et sans fioriture. La robe à effet brillant du précédent modèle laisse place ici à une finition plus mat, et donc plus adulte et moins « bling-bling ».

Un choix plutôt judicieux, car, contrairement au Bose QuietComfort Ultra, le rejeton de JBL n’accroche que très peu les traces de doigts. De manière générale, la qualité de construction du Tour One M3 est sérieuse. Les tiges sont plutôt fines et pivotent sans trop de bruit, l’arceau arbore un similicuir de qualité sur l’extérieur et l’intérieur, tandis que les coques sont assez denses. Le tout se coulisse et se plie sans peur d’entendre un craquement fatidique. Point également appréciable, les coussinets se déchaussent avec une grande facilité, ce qui est appréciable si l’on doit un jour les remplacer.

Cependant, s’il semble paré pour affronter les affres du temps, le Tour One M3 laisse tout de même un petit goût d’inachevé. De nombreuses traces d’assemblage parsèment la structure, tandis qu’il lui manque une petite touche de gaieté. Que ce soit dans les matériaux, qui manquent de noblesse, ou encore sur les textures, il est beaucoup trop sage.
Heureusement pour lui, et pour nous, cet esthétisme primaire n'a pas d’incidence sur son confort. Avec ses 278 grammes sur la balance, il se fait plutôt discret, qu’il soit sur la tête ou autour du cou. D’autant que les coussinets ont la faculté d’englober généreusement les oreilles, sans pour autant les étouffer. Durant de longues sessions lors d’un trajet en train ou dans les transports en commun, le casque ne nous a jamais échaudé les esgourdes. Et ce, malgré parfois des températures pré-estivales.

Enfin, même si nous aurions aimé que le similicuir de l’arceau soit plus étendu, le casque est suffisamment souple pour ne pas exercer de pression désagréable. Que ce soit sur le haut du crâne, comme au niveau des tempes.


Contrairement à Sony, qui était parti sur un WH-1000XM5 non pliable avant de rétropédaler sur son WH-1000XM6, JBL a toujours opté pour cette souplesse. Ainsi, le Tour One M3 peut se transporter assez facilement et ses coques virevoltent à 90°. Cependant, vu sa qualité de fabrication principalement en plastique, nous vous conseillons d’utiliser son étui de transport. Discrète et dotée d’une sangle, cette housse a été particulièrement soignée par JBL.
Ergonomie et connectique, un casque ultra complet, mais un son spatial décevant
Si depuis le Tour One M2, trois longues années se sont écoulées, JBL n’a pas oublié pour autant de rattraper son retard. Ainsi, le Tour One M3 se pare d’une puce Bluetooth 5.3, du Bluetooth LE Audio et prend en charge le SBC et l’AAC. Bien qu’il fasse l’impasse sur la myriade de codecs AptX, il accepte en contrepartie le LDAC. Ce qui n’est clairement pas une perte au change, tant ce dernier est plus démocratisé que les codecs de Qualcomm.
Au niveau des coquetteries premium, tout est également là. Le multipoint, la connexion rapide sur Android, la détection de port, un test d’audition, un égaliseur 10 bandes, des aides vocales… Si la grande majorité de ces possibilités sont utiles pour le commun des mortels, de nombreuses autres, plus étonnantes, le sont moins.

Citons, entre autres, un mode pour « vidéo » qui promet de réduire la latence, des modes relaxations pour écouter le bruit des vagues ou encore un limiteur de volume. En soi avoir du choix, même si tout n’est pas utilisé au quotidien, n’est pas tant le problème. En revanche, cela nuit à la lisibilité de l’application « JBL Headphone ».
Comme tout bon casque premium, le Tour One M3 propose un son « spatial » avec mouvements de la tête. Hélas, le niveau de ce dernier est bien en dessous du niveau de l’Ace de Sonos ou de l’AirPod Max d’Apple. La faute à une réverbération trop agressive et une projection des médiums trop poussée. Certes, sur un film ou une série, l’impression d’immersion est palpable, mais au détriment de la clarté des dialogues. Conclusion, oui de temps en temps pour du divertissement, or pour de la musique, nous le déconseillons.

Un dernier mot sur l’ergonomie, la firme américaine fait à nouveau confiance à un combo de gestes tactiles et de touches mécaniques. Si l’ensemble se montre plutôt réactif et simple à utiliser, il est juste regrettable que le bouton de volume soit si sensible.
Smart Tx, un boîtier qui révolutionne les usages audio
Après avoir secoué le marché avec les écouteurs sans-fil, avec les étuis interactifs de ses Tour Pro 2 et ses Live Beam 3, JBL continue de jouer les trublions côté innovation. Pour le Tour One M3, la marque dégaine le Smart Tx, un boîtier qui crée trois nouvelles interactions entre le casque et l'utilisateur.
Premier terrain de jeu , le contrôle à distance, même sur des appareils qui ne prennent pas en charge l’application dédiée. Imaginons que vous connectez le casque à votre téléviseur. Depuis le boîtier, il sera possible de gérer le volume ou encore les modes d’écoutes directement depuis le Smart Tx.

Deuxième fonction, et pas des moindres, le Smart Tx est un émetteur universel. Comprenez par-là, qu’il est capable de se brancher sur n’importe quelle sortie audio afin d’écouter un contenu en Bluetooth. Là où certains produits ne le font qu’en USB-C, comme les écouteurs LG Tone Free T90S, le Smart Tx peut également le faire en jack 3,5 mm. Résultat, tous les appareils dépourvus de Bluetooth (platine vinyle, écran d’avion, ancienne chaîne hi-fi) sont susceptibles d’être utilisés avec le Tour One M3. Et cerise sur le boîtier, vous gardez la main sur les réglages et les commandes via l’interface tactile.
Pour le dernier usage, JBL est le premier constructeur a véritablement proposé dans le monde une solution clef en main de la technologie Auracast. Une fois branché en filaire, le Smart Tx peut envoyer un flux audio vers une ribambelle d’appareils compatibles Auracast. Ainsi, il est possible de brancher le Smart Tx sur une barre de son, puis d’envoyer le tout vers plusieurs casques compatibles.

Ainsi, un film peut se regarder à plusieurs, chacun étant immergé dans sa bulle sonore, et ce, sans déranger l’entourage. Bien que ce genre de situation ne soit pas des plus courantes, le Tour One M3 est innovant, puisqu'il s'adapte à des contextes d’écoute collective.
Qualité audio, JBL reste fidèle à son ADN « live »
Pour se démarquer de la concurrence, JBL a souvent façonné ses produits afin qu’ils puissent retranscrire un aspect « live » dans l’écoute. C'est-à-dire une restitution énergique, vivante et volontairement colorée. Pour autant, le risque est d’avoir la main trop lourde, et ainsi de déséquilibrer un registre par rapport à un autre.
Pour parvenir à cette impression d’assister à un concert, JBL apporte une attention toute particulière aux médiums. Globalement, ces derniers sont d’une régularité exemplaire. Seules deux légères oscillations, une bosse à la fin des bas-médiums et un haut-médiums succinctement saillant, viennent s’inviter à la fête. Volontaires, ces interventions offrent des timbres de voix ultra-réalistes, ainsi qu’un sentiment d’immédiateté sur les départs d’instruments.

Pour les aigus, JBL corrige le principal défaut du précédent modèle. La coloration de ce registre est beaucoup mieux maîtrisée. Cela s'entend sur les extrêmes aigus qui ne sont plus mis en retrait outre mesure. À nouveau cela a une incidence sur les voix qui ne deviennent jamais nasillardes. Bien qu’il existe une coloration, elle se discipline assez bien pour offrir une belle brillance et une aération.
À l’autre bout du spectre, les basses répondent d’une belle manière à ce parti pris acoustique. Contrairement à de nombreux constructeurs, JBL est plus doux sur la plupart des graves. Il n’y a guère que l'extrême grave qui manque de justesse. Certaines sonorités peuvent devenir entêtantes et s’installer trop sur la durée. Par conséquent, l’ensemble des graves manquent parfois d’un peu de précision. Enfin, pour ne pas rendre ces basses encore plus brouillonnes, nous conseillons une écoute avec la réduction de bruit active.
Réduction de bruit active, à un poil de cheveux des meilleurs
Par rapport au précédent modèle, le Tour One M3 voit son nombre de microphones passé de 4 à 8. De plus, modernité oblige, il s’accompagne de nouveaux algorithmes de traitement, sobrement baptisés, « True Adaptive Noise Cancelling 2.0 ».

Étant donné que le M2 est sorti en 2022, la progression de l'isolation saute aux oreilles assez facilement. Les fréquences les plus graves sont beaucoup mieux vidées de leurs substances, notamment les vrombissements de moteur et les crissements des métros. De même, grâce à son isolation passive excellente, le Tour One M3 est aussi particulièrement habile pour réduire les bruits aigus et plus soudains.
Il n'y a guère que sur les voix qu’il se montre très légèrement moins performant que les créations de Sony ou Bose. Cependant, la différence est vraiment minime. Utilisé dans un open-space, il saura vous isoler confortablement.
Également mieux loti, le mode « Transparent », que JBL nomme « Ambient Aware » permet la tenue d’une conversation à la volée. Quelques artefacts apparaissent en début et fin de phrases, mais pas de quoi nuire à la compréhension globale d’une discussion.

Un mode « TalkThru » propose de rendre l’écoute des sons environnants encore plus adaptés aux échanges. Pour cela, les graves sont atténués au profit des médiums. Le peu que l’on gagne intelligibilité se perd en naturel. En effet, les voix deviennent plus robotiques.
Dernier bond en avant, la qualité des appels. En environnement calme, comme à proximité d’un carrefour fréquenté, l’algorithme de réduction des bruits fait des merveilles en parvenant à occulter tous les sons parasites. En contrepartie, lors de bruits soudains, des phénomènes de sibilances peuvent apparaître sur les syllabes sifflantes.
Autonomie, entre le bon et l’excellent
Dans le secteur des casques premium, une moyenne haute en autonomie se situe généralement aux alentours de 30-35 heures. Un chiffre que Sony et Bowers & Wilkins atteignent, tandis que Bose et Apple flirtent plutôt avec les 20-25 heures. Tout en haut de cette pyramide, il existe deux produits d’exception. Le Monitor III ANC de Marshall et ses plus de 80 heures et le Sennheiser Momentum 4 Wireless avec ses 60 heures.
Avec son Tour One M3, JBL vient s'intercaler entre l’excellent et la moyenne haute. En effet, le dernier rejeton de la firme américaine est capable de tenir environ 45 heures avec la réduction de bruit active. Un casque qui n’aurait donc besoin de se charger que deux à trois fois dans le mois selon votre degré d’utilisation.
Conclusion
Points forts
- Un boîtier Smart Tx innovant et vraiment utile
- Un casque vraiment confortable
- Une signature sonore "live" asummée et réussie
- Une excellente autonomie
- Une réduction de bruit proche des meilleurs
- Une connectivité complète
Points faibles
- Un mode "son Spatial" décevant
- Quelques légères impressions sur les basses
- Un design pas aussi premium que ses concurents
- Une application complète, mais qui manque de lisibilité
Note de la rédaction
JBL fait un retour fracassant dans le domaine des casques premium avec son Tour One M3. Bien que toujours aussi atypique, la restitution sonore gagne en profondeur et en équilibre grâce à une excellente maîtrise des médiums et des aigus. En plus de cela, JBL remplit toutes ses autres promesses. Le confort est excellent, la réduction de bruit proche des meilleurs et la qualité d’appel fait un bond en avant. Il se paye même le luxe d’être sur le podium des casques premium les plus endurants.
En plus de pousser tous les potards de l’excellence, le Tour One M3 se paye même le luxe d’être unique grâce au Smart Tx. En plus d’être une dongle Bluetooth et une télécommande pour le casque, ce boîtier peut se targuer d’être le premier émetteur universel de la technologie Auracast. Nous ne pouvons que vous conseiller de ne pas faire l’impasse sur le Smart Tx, tant il démultiplie les interactions entre un casque et d' autres appareils audio. Presque parfait, le Tour One M3 ne trébuche que sur deux choses. Une application un peu confuse et une qualité de fabrication qui manque d’un peu de noblesse. Et ce, au de son prix, mais également au vu de ce que propose la concurrence.
