En 2025, Poco amorce un véritable tournant dans sa stratégie. Jusqu’ici la marque de Xiaomi se cantonnait à un rôle bien précis. S’adresser à un public de jeunes gamers soucieux de ne pas dépenser des sommes folles. Sa série X se contentant de le faire sous la barre des 500 euros et sa série F un peu au-dessus. Cette année, Poco s’embourgeoise et présente pour la première fois, aux côtés de son modèle F Pro, un smartphone encore plus ambitieux, le F7 Ultra.
Sommaire
- Poco F7 Ultra : la fiche technique
- Prix et disponibilité
- Design, il monte en gamme sans trop s’assagir
- Écran, un poil de luminosité en plus aurait parfait
- Performances, un smartphone qui exploite à la perfection la Snapdragon 8 Elite
- Interface, des outils IA qui manquent de liant entre eux
- Photo, est-il à la hauteur de son nouveau rang ?
- Autonomie, la VisionBoost D7, encore un choix payant
Rechercher le maximum de puissance et de confort de vision, principalement pour du gaming mobile, sans pour autant se ruiner. Tel est depuis quelques années le crédo de Poco. Une ligne bien définie qui permet à cette marque de ne pas venir cannibaliser le catalogue de sa maison-mère.
En effet, là où les Redmi de Xiaomi s’adressent à monsieur Tout-le-Monde, de par leur polyvalence, les Poco tentent de séduire un public plus jeune et à la recherche d’un smartphone capable d’assumer leurs besoins de divertissements. Alors que la série comptait jusqu’ici un modèle classique et un modèle Pro, Poco muscle son jeu en 2025 en associant au second, un modèle Ultra.

Fort logiquement la facture augmente, mais pas autant que nous nous y attendions. Dans le sens où ce F7 Ultra est doté de composants que l’on retrouve actuellement sur du premium, soit des smartphones au-dessus 1 000 euros. Pourtant, son prix reste contenu au vu de sa fiche technique ébouriffante. De quoi en faire le nouvel empereur du rapport performances-prix sur Android ? La réponse dans notre test complet.
Poco F7 Ultra : la fiche technique
| Taille d'écran | 6,67 pouces |
| Type d'écran | AMOLED |
| Définition d'écran | QHD+ 3200 x 1440 pixels |
| Taux de rafraichissement | 60 ou 120 Hz |
| SoC | Snapdragon 8 Elite |
| Mémoire vive | 12/16 Go |
| Stockage | 256/512 Go |
| Batterie | 5300 mAh |
| Charge rapide | 120W en filaire, 50W sans-fil |
| Connectivité | 5G / BT 6, Wifi 7 |
| Capteurs photo principaux | 50 Mpx + 50 Mpx + 32 Mpx |
| Capteur photo avant | 32 Mpx |
| Étanchéité | IP68 |
| Dimensions | 160,26 x 74,95 x 8,39 mm |
| Poids | 212 grammes |
| Prix de lancement | à partir de 750€ |
Prix et disponibilité
Disponible depuis fin 2025 en coloris noir et jaune, le Poco F7 Ultra se décline en deux configurations.
La première avec 12 Go de mémoire vive et 256 Go de stockage à 750 euros
La seconde, qui fut notre version de test, avec 16 Go de mémoire vive et 512 Go de stockage à 800 euros.
Design, il monte en gamme sans trop s’assagir
Au-delà de l’emblématique couleur jaune, les smartphones Poco ont toujours eu tendance à assumer une allure très moderne. Sans pour autant se renier, Poco arrive avec ce F7 Ultra à monter d’un cran sur l’échelle de la sophistication. Le module photo en est l’exemple le plus flagrant. Moins tape à l'œil qu’à l’accoutumée, il s’habille d’une élégante couronne en métal surplombé d’un liseré doré. C’est plutôt réussi et plaisant à regarder. D’autant que Poco a la bonne idée d’enfin ostraciser le flash de cet îlot.

Autre choix appréciable, le dos en verre joue sur une forme d’ambivalence avec une partie basse mate et une partie haute à la finition plus brillante. Dommage que le constructeur ternisse à nouveau ce tableau par un proéminent logo rappelant le nom de la marque sur le bas.
Globalement, le F7 Ultra jouit d’une qualité de fabrication sans accroc. En main, il est rassurant, notamment grâce à son châssis en métal. Il est également relativement imposant : 160,26 x 74,95 x 8,39 mm pour 212 grammes. Si la répartition du poids est réussie, tout le monde ne pourra pas l’utiliser aisément à une main.

En matière de durabilité, Poco fait une première concession. Le F7 Ultra n’est pas habillé de Gorilla Glass 7i, mais d’un verre maison, le « POCO Shield Glass ». Une protection censée être tout aussi résistante. En revanche, le smartphone est certifié IP68, là où l’ancien fleuron de Poco, le F6 Pro, plafonnait à de l’IP54. Les plus maladroits d’entre nous apprécieront cette évolution notable.
Écran, un poil de luminosité en plus aurait parfait
Avec sa dalle OLED de 6,67 pouces, le Poco F7 Ultra décide de nous en mettre plein les mirettes avec une possibilité d’affichage QHD+, soit 3200 x 1440 pixels. Bien qu’en sortie d’usine le smartphone soit réglé sur du Full HD, nous vous conseillons de ne pas hésiter à zapper de résolution en fonction de vos activités.

De même pour la colorimétrie. Comme souvent dans l’écurie de Xiaomi, les tonalités paraissent de base un peu froides. Pour une meilleure expérience, n’hésitez pas à passer en mode « Vif », d’activer l’option « Couleurs adaptatives » et de rehausser très légèrement la roue chromatique vers le rouge. Dès lors, la calibration ne souffrira d’aucune dérive.

Malgré sa luminosité maximale de 1800 nits et son pic à 3200 nits, le Poco F7 Ultra n’est pas sur le papier le plus lumineux des smartphones. La clarté de son écran ne nous a jamais posé de réel problèmes, dans le sens où nul besoin de plisser les yeux en extérieur, mais un peu plus de peps à ce niveau n'aurait pas été de trop.
Choix étonnant pour ce prix, Poco fait l’impasse sur la technologie LPTO. Le F7 Ultra se contente de deux paliers (60 Hz et 120 Hz), alors que la dynmaique de cette donnée pourrait parâitre pour certains gamers comme un impondérable.



Pour comparaison, les smartphones qui sont totalement pensés pour le gaming poussent ce potard au maximum. C’est le cas des Asus ROG Phone 9 Pro et Redmagic 10 Pro qui en plus de monter jusqu’à 144 Hz, le font évidemment de manière agile.
Performances, un smartphone qui exploite à la perfection la Snapdragon 8 Elite
Xiaomi 15, Honor Magic7 Pro, OnePlus 13 ou encore la famille des S25… Jusqu’à présent sur Android, pour accéder au cercle fermé des smartphones embarquant la Snapdragon 8 Elite, il fallait dépenser au bas mot au moins 900 euros. Le Poco F7 Ultra est le premier modèle de 2025 à faire baisser ce prix de 100 à 200 euros.
Et pour y parvenir, Poco ne vient pas rogner sur la mémoire vive. En effet, pour rappel, le F7 Ultra est proposé à 750 euros dans sa configuration 12 et 256 Go et à 800 euros avec 16 Go et 512 Go de stockage. Actuellement, ce positionnement tarifaire de la Snapdragon 8 Elite, hors promotions occasionnelles, est unique.

Et ce n’est pas tout. Pour venir prêter main forte à l’Adreno 830, le GPU intégré de la Snapdragon 8 Elite, Poco lui a adjoint un chipset graphique supplémentaire, la VisionBoost D7. Ce dernier serait capable, via l’interface du mode jeu, de quelques coquetteries sur des jeux compatibles comme Genshin Impact. Par exemple, l’amélioration de netteté de l’image ou encore de la fréquence d’affichage maximale.
Des « upscalling » dont nous ne sommes pas toujours friands pour la simple et bonne raison qu’il est difficile de les mesurer réellement. Et surtout, nous aurions préféré un écran LPTO capable de monter dans les tours sur n’importe quel type d’activité. Quoi qu’il en soit, laissons le bénéfice du doute à Poco, car l’expérience gaming du F7 Ultra est tout bonnement ébouriffante.

Les jeux les plus gourmands tournent à 120 images par seconde sans faire broncher le smartphone. Et pour les graphismes, nul besoin de faire la fine bouche, on pousse le curseur au maximum.D’autant que les chutes de framerate sont quasiment inexistantes, même sur de longues sessions.
Et c’est certainement sur ce point que l’apport de la VisionBoost D7 est le plus visible. L’expérience de jeu n’est jamais l’esclave de throttling. Certes, au bout d’une grosse demi-heure de jeu intensif, le smartphone tiédit très légèrement. C’est mécanique avec une telle puissance sous le capot. Cependant, l’Adreno 830 et la VisionBoost D7 semblent se répartir correctement le travail afin que l’expérience de jeu n’en pâtisse pas.
Interface, des outils IA qui manquent de liant entre eux
Le Xiaomi 15 tourne sous Android 15, avec HyperOS 2.0. Une surcouche qui se révèle plutôt plaisante à l’usage. Les animations sont fluides, les menus possèdent de nombreuses options de personnalisation et quelques petits plus viennent enrichir l’expérience au quotidien une fois qu’on a pris le temps de les adopter. C’est notamment le cas du dock latéral, qui s’avèrent bien pensé pour du multitâche, et des gestes tactiles.
Avant de profiter de tout cela, il faudra, à nouveau, se débarrasser de quelques applications préinstallées. Une mauvaise habitude dont Xiaomi, et donc Poco, ont bien du mal à se défaire. Pour le reste, le F7 Ultra s’assoit à la table du Xiaomi 15 et 15 Ultra, puisque le smartphone embarque HyperAI.

Des outils d’IA classiques (retouche photo, Entourer pour chercher, transcription audio…), mais toujours utiles pour ceux qui aimeraient s’acoquiner avec eux. Cependant, comme sur les modèles les plus huppés de Xiaomi, ces fonctionnalités peinent à être mises en avant au sein d’un écosystème accessible. Sur ce terrain, Galaxy AI de Samsung a encore pas mal d’avance. Enfin terminons par une note d’encouragement.
Le F7 Ultra bénéficie d’un suivi logiciel de quatre ans, soit théoriquement jusqu’à Android 19, ainsi que 6 années mises à jour de sécurité. Oui, c’est encore moins que Google, Samsung et Honor. Cependant, c’est déjà une année de plus que le F6 Pro de 2024. Et surtout, vu son prix plus réduit, le F7 Ultra est bien obligé à un moment donné de faire une ou deux légères concessions. Des choses qu’il ne fait ni sur la connectivité (WiFI 7 et Bluetooth 6 en Dual) et qu’il ne fait plus totalement en photo.
Photo, est-il à la hauteur de son nouveau rang ?
Pour arriver à proposer des rapports qualité-prix aussi attractifs, la marque de Xiaomi a toujours dû se résoudre à faire des concessions. Et comme le prouve notre récent test du Poco X7 Pro, ces concessions étaient majoritairement réalisées sur une des verticales les plus coûteuses d’un smartphone, la partie photo.

En s’embourgeoisant, le F7 Ultra n’a donc plus d’excuse. À ce prix, il est obligé de proposer le minimum syndical en termes de polyvalence photo. Et c’est ce qu’il semble vouloir faire au regard de sa proposition technique qui comporte :
- Un capteur grand-angle de 50 Mpx avec une ouverture à F/1.6, et une stabilisation optique
- Un capteur ultra grand-angle de 32 Mpx avec une ouverture à F/2.2
- Un téléobjectif de 50 Mpx avec un zoom optique x2,5 et numérique jusqu’à x60, une ouverture à F/2.0 et une stabilisation optique.
- Enfin, un capteur avant pour les selfies de 32 Mpx.
Première observation, contrairement au F6 Pro de 2024, le F7 Ultra dispose d’un téléobjectif. Deuxième observation, la stabilisation optique est présente à la fois sur le capteur principal et sur le téléobjectif. Dernier fait intéressant, cette montée en gamme s’est faite de manière raisonnable. Autrement dit, le F7 Ultra n’ambitionne pas d’être un meilleur photophone qu’un Xiaomi 15 Ultra ou qu’un S25 Ultra, mais plutôt de venir se mettre au niveau d’un OnePlus 13 ou d’un Magic7 Pro.
Et c’est ce qu’il parvient globalement à faire. Bien que classique dans son approche, le capteur principal parvient à produire des images détaillées et à la colorimétrie fidèle. C’est facile de s’en apercevoir au niveau des nuages et sur les remous aquatiques. De même, en début et fin de journée, notons que les contrastes sont également bien retranscrits.





En ce qui concerne le petit nouveau, le téléobjectif, il est aussi efficace que son ainé, le capteur principal. Les chromatiques ne sont pas exacerbées et le piqué est appréciable en zoom optique. Parfois, il se loupe légèrement sur sa gestion de la balance des blancs, ce qui peut parfois assombrir les bords du cadre. Cependant, pour une première, c’est une réussite… À condition d’éviter d’utiliser le zoom numérique au-delà de x10… Sinon, les aberrations chromatiques deviendront légions.





Sans être le meilleur portraitiste du marché, le F7 Ultra se débrouille également bien dans cet exercice. Nous vous conseillons pour cela d’utiliser le capteur principal qui semble plus apte à capter plus de lumière et ainsi mieux adapter ses effets de flous.


De même, sans réelles surprises, c’est également le capteur grand-angle qu’il faudra utiliser de nuit. C’est le seul qui réussira à s’en sortir sans trop accumuler de bruit numérique. Par contre, la gestion des flux lumineux pose parfois problème. Le rendu peut apparaitre parfois brumeux sur certains éléments. En situation nocturne urbaine, il faudra parfois s’armer de patience pour réaliser un cliché parfaitement exploitable.






Malgré ces efforts de polyvalence photo, le F7 Ultra n’arrive pas à proposer un ultra grand-angle digne de son nouveau rang tarifaire. Au-delà d’un un manque plus flagrant de détails, logique vue la plus faible définition, la gestion de l’exposition et de la dynamique peinent à nous convaincre.




Cela se traduit par des images plus ternes et qui ont tendance à virer parfois vers le rouge. Dommage, que les ingénieurs de Poco n'aient pas apporté autant de soin à ce capteur qu’aux autres.
Autonomie, la VisionBoost D7, encore un choix payant
Paradoxalement, le F7 Ultra se dote d’une batterie moins imposante que son petit frère le F7 Pro. Soit respectivement 5 300 mAh et 6 000 mAh. Or, le F7 Pro embarque le SoC Snapdragon 8 Gen 3, et non comme le F7 Ultra, la Snapdragon 8 Elite. Cette dernière étant beaucoup efficace en matière de déperdition énergétique.
Une décision maline, puisque sans besoin de s’alourdir outre mesure, le F7 Ultra se montre diablement endurant. Ici aussi, la VisionBoost D7 semble prêter main forte comme il se doit à la Snapdragon 8 Elite.

Même en jouant deux heures un samedi, en regardant une série de 45 minutes et en utilisant beaucoup l’appareil photo, le F7 Ultra a été capable de nous accompagner sans mal jusque dans les bras de Morphée. Et ce, avec une luminosité toujours entre 70 et 100%. Traduction, en usage intensif, il tiendra forcément une journée, et au moins une demie de plus en usage plus modérée. C’est impressionnant.
Pour la charge, quel plaisir de voir que Poco fournit encore cette année le bloc dans la boîte. D’une puissance de 120 watts, ce dernier permet au F7 Ultra de récupérer un tiers de sa batterie en 12 minutes et la totalité en moins de 40 minutes. Là aussi, c’est impressionnant.
Conclusion
Points forts
- Une excellente maîtrise de la Snapdragon 8 Elite
- Un écran confortable aux bordures fines
- Une allure reconnaissable et une construction sans accroc
- Une excellente autonomie et une charge vraiment rapide
- Une partie photo en amélioration, car plus polyvalente
Points faibles
- Un peu de luminosité en plus aurait été parfait
- Des fonctions d'IA bienvenues, mais insuffisament intégrées
- Pas de technologie LPTO
- Un ultra grand-angle trop en retrait par rapport aux autres capteurs
Note de la rédaction
Faire aussi bien dans de nombreux domaines que des smartphones à 1000 euros pour un prix démarrant à 750 euros. Avec ce F7 Ultra, Poco réussit à redonner ses lettres de noblesse à la dénomination « flagship killer ». Une montée en gamme réussit qui ne fait réellement l’impasse que sur deux choses : une technologie LPTO et la présence d’un ultra grand-angle vraiment peu folichon.
Pour le reste, le F7 Ultra remplit parfaitement son contrat de smartphone idéal pour les gamers. Une autonomie appréciable, une charge rapide vraiment rapide et un écran suffisamment spacieux et lumineux pour jouer confortablement. Surtout, sa configuration interne audacieuse, une Snapdragon 8 Elite épaulé par une puce graphique VisionBoost D7, lui permet de maîtriser sa chauffe, malgré sa puissance détonante. Et contrairement au
Realme GT7 Pro, qui sacrifie encore la polyvalence photo sur l’autel de la puissance, le Poco F7 Ultra réussit enfin à résoudre ce problème.
