La série X de Poco, filiale de Xiaomi, se focalise depuis quelques années sur un but précis. Prouver aux gamers qu'il est possible de profiter d’une expérience de jeu sur mobile digne de son nom sans avoir à dépenser un SMIC. Ni même sa moitié. Est-ce que la promesse initiale de ce Poco X7 Pro est pleinement tenue ? La réponse dans notre test complet.
Sommaire
- Poco X7 Pro 5G : la fiche technique
- Prix et disponibilité
- Design, toujours aussi plaisant et original
- Écran, le X7 Pro prend du galon en luminosité
- Performances, impressionnant sur les tâches lourdes
- Logiciel, l’IA n’est pas exclusif aux smartphones premium
- Photo, un capteur principal qui sauve la maison
- Autonomie, une endurance monstrueuse
C’est devenu une habitude. Alors que Xiaomi dévoile en début d’année ses nouveaux Redmi, Poco s’insère discrètement dans cet agenda pour en faire de même. Au programme pour le premier, cinq nouveaux smartphones entre 199 et 499 euros, et pour le second, un renouvellement de sa gamme X Pro. En l'occurrence, cette année, un Poco X7 et notre larron du jour, le Poco X7 Pro.
Si les deux entités poursuivent avec ces gammes le même dessein, offrir un rapport qualité-prix imbattable sous la barre des 500 euros, elles ne visent pas pour autant les mêmes publics. Xiaomi ratisse large en proposant des smartphones équilibrés et au design sobre. Quant à Poco, il lorgne sur une catégorie plus spécifique, les jeunes gamers. Ainsi, le Poco X7 Pro se veut puissant, original dans son allure et endurant. Après trois semaines en sa compagnie, voyons si ces qualités revendiquées penchent plutôt du côté de la vanité ou de l’objectivité.
Poco X7 Pro 5G : la fiche technique
| Taille d'écran | 6,67 pouces |
| Type d'écran | AMOLED |
| Définition d'écran | 2712 x 1220 pixels |
| Taux de rafraichissement | 60, 120 Hz ou adaptatif |
| SoC | Dimensity 8400 Ultra |
| Mémoire vive | 8/12 Go |
| Stockage | 256/512 Go |
| Batterie | 6000 mAh |
| Charge rapide | 90W en filaire |
| Connectivité | 5G / BT 5.4, Wifi 6 |
| Capteurs photo principaux | 50 Mpx + 8 Mpx |
| Capteur photo avant | 20 Mpx |
| Étanchéité | IP68 |
| Dimensions | 160,8 x 75,2 x 8,3 mm |
| Poids | 195 grammes |
| Prix de lancement | à partir de 369€ |
Prix et disponibilité
Disponible depuis le 22 janvier 2025, le Poco X7 Pro se décline en trois configurations. Une version 8/256 Go à 369 euros, une autre de 12/256 Go à 399 euros et une dernière à 12/512 Go pour 429 euros.
Design, toujours aussi plaisant et original
Si le jaune et le noir sont les couleurs de prédilection de Poco, le constructeur avait l’an dernier opté pour une formule de coloris unique. Pour 2025, Poco revient donc à ses premiers amours, une esthétique bicolore. Ce n’est d’ailleurs pas la seule nouveauté de ce dos. Dorénavant les capteurs photo ne sont plus enclavés dans un bloc à effet marbré, mais ils sont positionnés à la verticale dans un élégant cerclage.

C’est plutôt une bonne décision, le dos est moins encombré visuellement que l’an dernier. Autre bonne idée, le nom de la marque n’est plus disposé sur le haut en gros, mais en bas, dans une police d’écriture plus discrète. Avec ses 160,8 x 75,2 x 8,3 mm pour 195 g, le Poco X7 Pro offre une bonne préhension, cette dernière étant renforcée par le revêtement en similicuir, lisse d’un côté et légèrement strié de l’autre.
En plus d’une bonne maniabilité, cela lui confère un aspect solide assez rassurant. Notons également que les tranches en plastique ont un léger effet rugueux qui renforce encore plus cette impression. Et cerise sur le gâteau, ces matières ne retiennent pas du tout les traces de doigts.

Vu l’épaisseur du smartphone, on aurait pu espérer le retour d'une prise jack, mais ce n’est malheureusement pas le cas. Pour se faire pardonner, Poco protège l’écran avant de son smartphone d’un Corning Gorilla Glass 7i et lui adjuge une certification IP68.

Si ce X7 Pro propose un capteur biométrique sous l’écran, assez réactif soit dit en passant, ainsi qu’une compatibilité Bluetooth 5.4, 5G et wifi 6, il fait par contre l’impasse sur l’eSIM et un port microSD. À ce prix, on ne peut pas tout avoir…
Écran, le X7 Pro prend du galon en luminosité
Même dalle, même définition, même taux de rafraîchissement. Techniquement, ce X7 Pro ressemble énormément au Poco X6 Pro de l'an dernier À savoir, un écran AMOLED de 6,67 pouces (1220 x 2712 pixels), soit 446 ppp, au ratio 20:9. Le smartphone propose également une fréquence d’affichage fixe à 60 Hz, à 120 Hz ou encore un mode adaptatif pour varier entre ces deux valeurs.

Dommage que Poco fasse de nouveau l’impasse sur la technologie LPTO qui aurait permis de faire varier le taux de franchissement avec plus de précision. D’un autre côté, le prix du X7 Pro n’a pas augmenté par rapport au X6 Pro. Par conséquent, difficile de blâmer totalement Poco sur ce point.

Grâce à une dalle qui occupe toujours 90% de la face avant, l’immersion est toujours optimale. En matière de colorimétrie, Poco s’en sort encore avec les honneurs. Le mode par défaut « Original Pro » n’affiche que peu de dérives. Éventuellement, les yeux de Lynx pourront remarquer une légère prédominance des chromatiques bleus, ce qui pourrait sur certains contenus donner un résultat parfois un peu froid. Pour apporter plus de naturel, le mode « Vif » peut être une bonne alternative. Il réchauffe l’ensemble des verts et des rouges afin d’équilibrer le tout.



Enfin, Poco n’est pas totalement venu les mains vides. La gestion de la luminosité s’améliore de façon notable. Le X7 Pro est capable de meilleurs pics, ce qui est appréciable en extérieur, tout en offrant une luminosité minimale adéquate pour ne pas être ébloui quand on l’utilise avant de se coucher.
Performances, impressionnant sur les tâches lourdes
C’est sur ce terrain qu’on l’attendait et autant le dire tout de suite, il ne déçoit pas. En plus d’une Dimensity 8400-Ultra, une puce toute neuve dévoilée fin 2024 et gravée en 4 nm, le Poco X7 Pro se pare pour la partie graphique d’une Mali-G720 MC7. L’association des deux, ainsi que des 12 Go de RAM de notre version de test, fait des prouesses.

En termes de fluidité du quotidien, le X7 Pro ne ralentit quasiment jamais. Multiples onglets web, nombreux réseaux sociaux ouverts en arrière-plan… Pas grand-chose ne le fait vaciller, hormis peut-être parfois l’ouverture rapide de l’appareil photo. Un infime temps de latence se fait, de temps en temps, ressentir.

Et pour le jeu alors ? Que ce soit en théorie, sur les benchmarks, ou en pratique, lors de plusieurs longues sessions, le X7 Pro s’est montré impressionnant. Tout comme des smartphones trois fois plus chers que lui, il peut faire tourner tous les jeux du Play Store en configuration maximale sans aucun problème. Ses résultats en test « multiscore » sont là pour l’attester, il a un vrai réservoir de puissance sur les tâches lourdes.



Cependant, utilisé à plein régime, il chauffe un peu. Cela reste amplement soutenable grâce au revêtement du dos qui n’est pas en plastique. Pour autant, pour un maximum de confort, il est préférable de parfois baisser d’un ton graphiquement. Histoire de lui éviter une insolation en plein hiver.
Logiciel, l’IA n’est pas exclusif aux smartphones premium
Basé sur Android 15, le Poco X7 Pro s'habille avec l'interface HyperOS 2 de Xiaomi. Plus légère et plus rapide que MIUI, cette surcouche propose de nombreuses options graphiques et des fonctionnalités bien utiles au quotidien. Mode écran partagé, fenêtres contextuelles, effets de notifications lumineux, configuration en Google Discover, fond d’écran carrousel… En passant un peu de temps au démarrage dans les méandres des menus, il vous sera possible de personnaliser avec plus beaucoup de liberté votre expérience.



Autre bonne nouvelle, les fonctionnalités d’IA ne sont plus réservées qu’aux smartphones hors de prix. Que ce soit l’accès à Gemini, les fonctions de retouche photo et vidéo intelligentes, la traduction en temps réel, le « Entourer pour chercher » ou encore le résumé de prise de note, le Poco X7 Pro fait aussi bien que ses concurrents plus huppés.
Par contre, au niveau de la politique de mise à jour, difficile pour lui de s’aligner. Avec trois ans de mises à jour d’Android et quatre de sécurité, il se défend tout de même comme il peut. D’autant que Poco est sur un rythme d’un X Pro par an. Il est donc tout à fait possible de le garder deux ans et de passer à la version suivante au moment venu.
Photo, un capteur principal qui sauve la maison
Alors que le X6 Pro gonfle les muscles avec ses quatre capteurs, le X7 Pro n’en affiche que deux. La raison est simple, le module macro est (enfin) passé à la trappe, et tant mieux vu son inutilité, tandis que le flash se fait désormais plus discret dans une encoche. Il nous reste alors à nous mettre sous la dent un capteur grand-angle de 50 Mpx (f/1,5) et un ultra grand-angle de 8 Mpx (f/2,2).
La journée, que ce soit par temps clair, le capteur principal se débrouille vraiment. Et surtout, un peu mieux que son prédécesseur. Le niveau de détails est rehaussé et la gestion des reliefs et de la végétation mieux maîtrisée. Sur des scènes complexes, avec une bonne luminosité, le piqué est satisfaisant.








Cependant, le lissage logiciel a parfois la main un peu lourde. Si la colorimétrie est dans la plupart des cas juste, on sent qu’elle a du mal à se dynamiser correctement lorsque la lumière fait défaut. Certains éléments du décor font un peu tristounet. Ce qui n’a rien de dramatique en soi, mais les plus pointilleux le remarqueront sans doute.
Au niveau du second capteur, comme nous nous y attendions, pas de miracle. En effet, l’ultra grand-angle se montre limité en matière de définition et de dynamique. Cet objectif peine à capturer la lumière, il en ressort alors des photos plus sombres que la réalité.



Dommage, car la colorimétrie est bien respectée, tandis que la distorsion ne fait pas sauter au plafond. Que Poco supprime un capteur macro que pratiquement personne n’utilise est une bonne décision, cependant, le constructeur aurait dû profiter de cette « économie » pour perfectionner légèrement son ultra grand-angle.
En ce qui concerne les portraits, le mode éponyme propose une expérience convenable, notamment en 35 mm. Par contre, pour en profiter, il faudra bien s’appliquer sur la mise au point. En effet, le bokeh manque parfois de cohérence dans sa texture d’ensemble, comme par exemple ci-dessous sur la crinière du koala.


Lors de clichés nocturnes, le bruit numérique fait logiquement son apparition avec le capteur principal, sans pour autant tomber dans le flou. Les zones les plus sombres sur les bords seront logiquement les moins détaillées, mais pour un smartphone de ce prix, ce n’est pas choquant. Ce qui l’est plus, c’est la gestion vraiment hasardeuse des lumières citadines. Pour l’ultra grand-angle de nuit, passez votre chemin, les résultats sont vraiment médiocres.





Terminons tout de même sur une bonne note avec le capteur avant de 20 Mpx (f/2,2). Les selfies sont plaisants, car le lissage est mesuré et aucun voile n'apparaît de manière ostentatoire.
Autonomie, une endurance monstrueuse
Avec son imposant accumulateur de 6 000 mAh, le X7 Pro gagne 1 000 mAh par rapport au modèle précédent. Qui rappelons-le, détonne déjà en matière d’endurance. Logiquement donc, notre larron du jour se trouve être un sacré marathonien.
En usage classique, il peut facilement tenir entre 15 et 17h. Soit selon votre temps d’écran quotidien deux jours ou un peu plus. En usage plus intensif, notamment avec heure bonne grosse heure de jeu 3D et du streaming vidéo, il redescend entre 10 et 11h30 d’autonomie. Ce qui reste un excellent résultat puisqu’il tiendra dans tous les cas la journée. Peut-on lui discerner pour autant la palme du smartphone le plus endurant sous la barre des 500 euros ? Hélas, non. Il arrive sur la deuxième place du podium, derrière l’increvable Honor Magic7 Lite.
Niveau charge, c’est une déception… Non pas en matière de performances, puisque la charge à 90 W est plus qu’honorable. En 50 minutes, le X7 Pro reprend totalement des forces. Ni même sur le fait que le bloc de charge ne soit plus inclus. Depuis décembre 2024, une réglementation est (en partie) responsable de cette absence. Non, ce qui est frustrant ici, c’est que sans ce chargeur, le prix du X7 Pro n’est pas légèrement revu à la baisse. Alors que pour acquérir un chargeur compatible, il faudra ajouter entre 20 euros et 50 euros, selon que l’accessoire soit officiel ou non.
Conclusion
Points forts
- Bonne conception et design soigné et original
- Un écran AMOLED lumineux et immersif
- Une puissance de feu, parfait pour les tâches lourdes et le gaming
- Une autonomie titanesque
- Des fonctions d’IA bienvenues
Points faibles
- Une tendance à chauffer sur les longues sessions
- Une proposition photographique inégale
- Une partie audio trop saturée
- Aucune baisse de prix, malgré l’absence du chargeur
Note de la rédaction
En plus de faire mieux que son prédécesseur, le Poco X7 Pro a un positionnement sur lequel aucun de ses concurrents tarifaires ne peut le prendre à revers. En matière d’expérience gaming (écran, performances, autonomie) sous la barre des 500 euros, le Sony Xperia 10 VI, le Honor Magic 7 Lite et le Samsung Galaxy A55 sont derrière. Plus équilibrés pour un usage grand public, ces smartphones ont des qualités, mais pas celles du Poco X7 Pro.
Évidemment, Poco a dû se résoudre à faire quelques compromis. On pense notamment, et surtout, à une partition photo inégale ou encore à une partie audio un brin décevante. Malgré cela, et comme l’année dernière, la série X Pro de Poco est le choix le plus pragmatique lorsque l’on souhaite jouer sur smartphone sans forcément se ruiner.
