FOOTBALL/PSG - MONACO J - 1. Pauleta et Pierre-Fanfan haussent le ton
Avant la rencontre si importante face à Monaco demain, deux cadres de l´équipe parisienne réclament l´union sacrée afin de colmater les brèches d´une formation fortement secouée et en proie à la suspicion en interne.
«J´AIMERAIS que vous me disiez le nom du joueur qui vous a raconté le déroulement de notre réunion privée. » En quelques mots, Pedro Pauleta jette un froid dans la salle de presse du camp des Loges, hier matin, à l´occasion de la traditionnelle allocution d´avant-veille de match. Désignés pour venir répondre aux questions d´une vingtaine de journalistes, l´attaquant portugais, vice-capitaine du PSG, et José Pierre-Fanfan, le capitaine, semblent uniquement préoccupés par les informations qui ont filtré de la longue explication de texte entre joueurs, mercredi matin ( nos éditions de jeudi).
« Tous les facteurs sont réunis pour que ça explose »
« Si c´est bien un joueur qui a parlé, il est encore là et on ne peut pas le démasquer, regrette Pierre-Fanfan. Il n´est pas franc vis-à-vis du groupe et peut nous déstabiliser. L´ambiance n´est déjà pas très bonne à cause des résultats. Tous les facteurs sont réunis pour que ça explose. » Cette réunion de crise, au cours de laquelle tous les joueurs ont vidé leur sac en se regardant dans les yeux, devait permettre d´évacuer rancoeurs et frustrations, pour créer un électrochoc avant de recevoir Monaco en championnat, demain. Les fuites ont au contraire amené méfiance et suspicion.
« On s´est posé la question entre nous sans obtenir de réponse, ce climat laisse beaucoup de place au doute, déplore le capitaine parisien. Tôt ou tard, on saura d´où ça vient. » Face à l´urgence de la situation - aucune victoire en six matchs depuis le début de saison -, les deux cadres du PSG tentent de colmater les brèches.
« Un joueur a parlé, il ne cherchait pas forcément à mal faire, enchaîne Pauleta dans un style politiquement très correct. Maintenant, il faut que tout le groupe s´unisse pour se sortir de cette situation, dès dimanche contre Monaco. On a besoin d´une victoire le plus vite possible pour retrouver la confiance. On a montré pendant trente minutes contre Chelsea qu´on savait jouer au football. Le problème, c´est qu´après, on a commis trop d´erreurs. J´espère que dorénavant on jouera plus collectivement. »
Reste à savoir comment ces intentions louables vont se traduire dans les faits. « La saison dernière, à pareille époque, les relations au sein du groupe étaient encore pires, assure Pauleta. On s´en était sorti en réagissant en groupe. C´est la seule issue possible. » Pour Pierre-Fanfan, le comparatif avec la saison passée - 17 e après cinq journées - ne s´impose pas : « L´an dernier, on savait qu´on allait galérer. Cette année, on ne s´y attendait pas du tout. » Idéalement, l´ancien Lensois aimerait avoir le temps « d´organiser une soirée ou de passer l´après-midi au karting », pour resserrer les liens distendus entre ses équipiers. « Il faut du temps pour ça et, malheureusement, avec un match tous les trois jours, on n´en a pas. »
Réputé pour ses boutades dans l´intimité du vestiaire parisien, Pedro Pauleta a le masque. Interrogé sur sa mine des petits jours, il répond du tac au tac : « Vous voulez que je sourie alors qu´on ne gagne pas un match et qu´on reste sur une défaite 3-0 à domicile ? Promis, si on gagne contre Monaco, j´offre le champagne à tout le monde, qu´on rigole un peu. » Rendez-vous est donc pris.