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~~~Les Chroniques de Seta Dorius~~~

Liquid59
Liquid59
Niveau 10
30 décembre 2005 à 12:45:33

on sait jamais :rire:

Kain
Kain
Niveau 10
30 décembre 2005 à 15:25:07

Anakor : Chapitre 0
Fiche en fin de chapitre

Un jeune homme errait dans la nuit noire sur les plaines sombres d’Hezerord, vastes terres de désolation régies par les pires crapules. Cet homme n’était ni grand, ni petit, dans la moyenne pour ainsi dire. Ses cheveux étaient argentés, et l’on pouvait y voir la lumière de la lune s’y reflétait, une lune pâle, sans éclat, morbide. Son visage était difficile à voir du fait de l’éclairage plus que faible qu’apportait l’astre blême. On distinguait néanmoins des yeux violets, et surtout, malgré son âge, des rides au niveau des joues. La bouche, bien que plongé dans l’ombre du nez aquilin de l’argenté, paraissait tout de même décharnée et gercée comme si… comme si cette personne souriait souvent, un peu trop souvent, au point de s’en ouvrir les lèvres. L’humain, le Dark Human probablement en vue de sa localisation, était paré d’une cape rouge ocre et d’un simple vêtement de tissu fin d’un noir d’ébène, assez fin pour laisser voir une cotte de maille en dessous. A ses mains des gants, des gants sûrement aussi sombre que cette nuit, mais qui était présentement couvert de sang. Un sang qui assurément n’était pas le sien puisqu’il ne portait aucune plaie. Dans l’un de ces derniers se trouvait une lance en fer, tenu mollement, elle était très simple : à une extrémité, un simple pic de petite taille couvert de terre, la lance servait probablement d’appui à son maître ; à l’opposé, trois pics dont un centrale plus proéminent et effilé que les deux autres. En somme, l’arme était d’une grande banalité, une banalité encore plus flagrante si on considérait les diverses taches de sang plus ou moins coagulés, tantôt brun, tantôt rouge vif : un véritable historique du crime pour son détenteur. L’hypothétique meurtrier portait un pantalon relativement sombre qui tirait légèrement sur le violet, là encore, un simple tissu. Et enfin, il avait à ses pieds, des bottes de cuirs, déjà bien usées, cet homme n’avait l’air décidément pas très aisé, ou alors se complaisait à garder cette allure négligée.

Il se posa sur un arbre mort, car de toutes façons, aucun n’avait l’air en vie à perte de vue et contempla le paysage morne, le regard embrumé. Il prit la parole, aussi seul qu’il soit :
« On est bien loin des contrées florissantes d’Ikahar, pas vrai ? »

Aussi étrange que cela puisse paraître, il se répondit à lui-même :
« A qui le dis-tu ! Mais laisse Ikahar ou elle est, là-bas, on s’ennuyait ferme, rien qu’à y repenser ça m’fout la gerbe ! »
Le garçon, esquissa un sourire puis se mit à repenser à son passé, il y a quinze printemps, bien que le mot printemps n’ait que peu de sens à Hezerord puisque le sol semblait souillé par la mort, le poison, et même le sel, comme si quelqu’un se complaisait dans ces landes stériles…

Une voix douce se fit entendre :
« Anakor ! Où penses-tu aller comme ça ?
- Je vais à la bibliothèque, maman, j’emmène Flora avec moi ! répondit rapidement le susnommé tout en se dirigeant à la hâte vers la sortie et avec pour seul bagage, sa sœur ballottée comme un paquet. »
- Reviens pour le dîner ! Lança brièvement la maman, pour changer, le gamin de dix ans n’entendit rien, les mots ayant été étouffés d’un claquement de porte. »

La mère se remit à frotter sa vaisselle en fredonnant un air assez gai. Cette femme était plutôt belle, une longue cascade de cheveux argentés lui tombait jusqu’en bas la moitié du dos. Elle respirait la féminité, elle était frêle mais disposait de belles formes bien mises en valeur par une robe qui lui sied à merveille. L’eau savonneuse reflétait le radieux visage de la nymphe.

De leur côté, Anakor et la petite Flora, qui désormais marchait le plus normalement du monde - c’est-à-dire sur ses deux jambes - , se dirigeaient tranquillement vers la bibliothèque, la gamine adorait son frère et son frère lui rendait bien : il s’occupait en effet beaucoup d’elle.
Les deux enfants étaient main dans la main à marcher dans les rues d’Ezurie, la ville était d’une diversité affolante, rien ne se ressemblait ! Pas un seul bâtiment n’avait ne serait-ce qu’une similitude avec son voisin ! Et la ville avait malgré tout une harmonie étrange, mystique, à travers ce tourbillon de couleurs, qui, au coucher de soleil, semblait coloré l’atmosphère de teinte tantôt rose, tantôt jaune, un luxe dont seul les Ezuriens jouissaient… Anakor emmenait souvent Flora sur les toits d’Ezurie pour regarder ce spectacle, les douces journées d’été. Ce dernier connaissait les toits d’Ezurie comme sa poche, lui et ses amis allaient souvent là-haut, pour la vue, et depuis les huit ans de Flora, il l’emmenait elle aussi : il disait qu’elle était « assez grande », remarque que sa petite sœur trouvait très valorisante de la part de son héros rien qu’à elle.

Flora regardait d’ailleurs son frère avec des yeux grands ouverts, Anakor s’arrêta et lui rendit son regard, comme il l’aurait fait avec n’importe laquelle des étreintes de sa « ptite sœur », sa petite Florette. La petite fille n’était pas très grande, environ un mètre et dix centimètres, avait les cheveux blancs de son père et la longueur de ceux de sa mère, son petit minois était plus qu’adorable, un véritable ange qui faisait de grands sourires, avec deux rangées de dents de laits ou parfois on pouvait trouver un manquement. Elle portait une robe ample avec négligence, son look, elle s’en foutait. Mais quoi qu’elle dise, l’enfant avait une certaine grâce, un côté mignon qui attendrirait un cœur de pierre. La gamine prit la parole :
« Pourquoi tu veux qu’on aille à la bibliothèque ? » dit la fille avec un ton naïf à souhait.

La question était justifiée, la bibliothèque d’Ezurie était un vrai puits de connaissance, on pouvait tout y trouver ! Un vieux savant d’Elastor avait dit de cette bibliothèque qu’elle était « Le phare qui illumine Seta Dorius de tout son savoir ». Son frère lui répondit donc :
« Mon professeur m’a demandé de préparer un exposé sur les 2 guerres qui ont ravagés le reste du monde, répondit l’aîné
- On se dépêche alors ! Y faut pas perdre de temps hein ! s’exclama sa sœur qui était déjà partie devant en courant du mieux qu’elle pouvait avec ses petites jambes.
- Eh ! Attends-moi, s’indigna le frère commençant lui aussi à courir »

Les enfants arrivèrent une dizaine de minutes plus tard devant la bibliothèque, Anakor reconnut les chevaliers bibliothécaires à son entrée, les ennemis de tout garnements, plusieurs fois, ces vieux grincheux étaient venus les enquiquiner lui et ses amis, sous prétexte qu’ils chahutaient trop près de la bibliothèque et en faisant trop de bruit ! Ironie du sort, le petit bonhomme rentrait docilement à l’intérieur du bâtiment, jetant tout de même un regard à un de ces empêcheurs de tourner en rond. Il avait la peau sombre, et une tête mille fois plus vilaine que celle des autres ! Une fronde pendait a sa taille, à coté d’une petite bourse qui semblait bien lourde, qu’Anakor la savait emplie de billes en acier puisqu’il en avait ouvert une il y avait un an de cela, « Vengeance ! » s’était-il exclamé en répandant le contenu du sac. De l’autre coté, toujours à la taille, était accroché un fourreau, et une épée de longueur assez conséquente. Anakor ne s’attarda pas plus sur le tas de ferraille, toutes ces pièces d’armures en argent étaient vraiment éblouissantes puisque le soleil ikaharien les percutaient de toutes ses forces : la touche du maître à sa caricature car il n’y a bien qu’un être supérieur, un dieu ou une muse, pour avoir pu inspirer des horreurs pareilles à un Ezurien !

Flora et son frère traversèrent la cour puis poussèrent les grandes portes de la bibliothèque : Flora décrocha un grand « WAH » en entrant ; la gamine n’avait jamais mis les pieds dans la bibliothèque. Son frère s’empressa d’étouffer son étonnement de sa main : ça serait dommage qu’il se fasse mettre à la porte avant même d’avoir commencé ses recherches !

La bibliothèque était plus que gigantesque et surtout magnifique, des milliers et peut être même des millions d’étagères fait d’un bois robuste - et probablement magique - pleines à craquer, les livres y étaient serrés et les parchemins entassés ! Ce palais du savoir ne pouvait être que l’œuvre d’elfes d’un talent inouï. Le sol était couvert d’un dallage au motif simple, un carreau noir entouré de carreaux blancs, lui-même placé entre des carreaux noirs, c’est cette simplicité qui donnait tant de beauté à ce lieu, tant d’humilité et de connaissances concentrés dans une seule bâtisse. La simplicité n’empêche pas pour autant le confort, de longues tables en bois étaient a proximité de toutes les étagères, on pouvait y voir des tas de bouquins entassés, vieux ou récent, magique ou non, roman ou documentaire, il y avait tout ! A une trentaine de centimètres au dessus des tables flottaient de nombreuses sphères qui diffusaient une douce lumière qui s’allumait et semblait pouvoir se moduler d’un simple contact de la main sur ces petites boules éthérées.

Anakor se dirigea vers un tableau en bois, magique également, ou s’affichaient diverses informations sur la classification au sein de la bibliothèque, il choisit successivement, l’histoire, puis l’histoire du monde extérieur, puis les deux grandes guerres des contrées Nord.
Flora regardait attentivement son frère qui cherchait toujours des renseignements, à tâtons, puisqu’il n’était pas un grand habitué de la bibliothèque : il n’y était venu qu’une fois ou deux, avec l’école, pour apprendre à justement mener des investigations au cœur du phare de savoir. Elle demanda :
« Il y a eu des guerres dans le monde extérieur ?
- Oui, à l’école, j’ai appris que les guerres ont été terribles et ont changé la vie de tous les habitants de Seta Dorius, expliqua lentement son frère comme pour s’assurer que sa sœur comprenne bien.
- Mais ma vie, elle a pas changé à moi ! »
Anakor esquissa un léger sourire avant de couper court à son explication d’un simple : « T’étais pas encore née, Florette ! »

Anakor s’avança vers les tables et toucha l’un des globes translucides, celui-ci s’illumina d’une lumière blanche/bleue avant de se diriger tout seul vers les étagères, suivi du jeune garçon et de la benjamine. La sphère s’arrêta devant les ouvrages sur les deux premières guerres mais le gamin lui s’était arrêté avant et regardait des ouvrages qui traitaient des pirates, il en prit un au hasard, la couverture représentait une pieuvre dont les tentacules étaient dotés d’épines. Il referma le livre avant de rejoindre Flora et l’objet magique. Anakor prit quelques ouvrages comme un malpropre et les lança à sa sœur qui commençait à crouler sous la charge. Il se retourna, puis allégea le fardeau de sa sœur avant de retourner aux tables, la lumière se remit bien en place, et l’argenté prit une feuille et une plume sur un établi et se mit à écrire…

Quelques heures plus tard, le soleil déclinait, et Anakor avait terminé ses recherches, il repartit avec Flora comme il était venu, il traversa la cour et y vit une scène peu banale :
Le chevalier à l’entrée tenait un homme, un couteau sous la gorge. Anakor pressa le pas et regagna rapidement les rues, accompagné de sa petite sœur.

Anakor décida d’emmener Flora sur les toits pour observer le soleil couchant : La vue était vraiment magnifique, l’astre déclinait tranquillement, et ses rayons donnaient des teintes dorées au nuages, le bleu du ciel se transformait presque en un violet assez clair. Au fur et à mesure que le soleil terminait sa course, les couleurs en changeaient et l’air semblait réellement se colorer de rose et de jaune. Les deux enfants étaient sur le rebord d’un toit à quelque 20 mètres au dessus du sol, après que les derniers rayons soient partis derrière l’horizon, le garnement se leva tranquillement et tendit une main à sa sœur pour l’aider à se relever. Elle attrapa alors la main de son frère avant de déraper : Anakor paniqua et laissa chuter Flora, la chute fut rapide et muette, une fraction de seconde plus tard, Flora était étendue par terre en contrebas.

Anakor descendit du toit le plus rapidement qu’il put et rejoignit sa sœur. Le temps qu’il descende, la pauvre gamine baignait dans une vaste mare de sang. Anakor avait bien compris que sa sœur était morte, et il savait pertinemment que c’était de sa faute, il ne s’était jamais senti ainsi, sa sœur n’était plus, elle était partie, mais bien qu’il la chérissait de tout son être, il… il ne pleurait pas, n’éprouvait aucune tristesse. Le lourd poids de la culpabilité ne s’était donc pas encore abattu sur les frêles épaules de l’argenté ? Rapidement, les derniers passants se regroupèrent autour du corps de la fillette, et les premiers sur place s’étaient empressés d’appeler des secours, bien que la gamine était déjà morte. Anakor était au milieu de tout ces gens qui s’agitaient autour de lui, les yeux dans le vide, fixant la mare de sang et le corps s’y trouvant.

Plus tard, le corps fut évacué et Anakor fut reconduit chez lui par un des rares soldats Ezurien chargé d’annoncer la nouvelle aux parents, le petit ne fut pas accusé, le pacifisme ikaharien était célèbre, il ne pouvait avoir tuer sa sœur, le gamin n’avait que dix ans ! Les paroles du soldat furent lentes et difficiles à prononcer, les parents comprirent rapidement ce qui se passait et la jeune maman se jeta dans les bras de son mari : les deux éclatèrent en sanglot. Anakor lui commençait tout juste à réaliser, il baissa la tête, et n’osait pas bouger. De son côté, le soldat se retira pour laisser la famille amputée à son chagrin, il ne pouvait rien faire de plus.
Lorsque le couple se rappela qu’il avait un deuxième enfant, ils lui demandèrent des explications, qu’il donna le plus calmement du monde. La réaction des parents ne fut pas immédiate et plutôt étrange, elle était réfléchi et calculé, les deux humains étaient tiraillés entre de la rancœur pour leur fils et le réconfort qu’il devait lui apporter en tant que parent. Ils optèrent pour le réconfort et se mirent à déculpabiliser l’enfant avec insistance. Cette nuit-là, Anakor ne dormit pas, il réfléchit, il réfléchit beaucoup. Il avait fait un acte moralement horrible, bien que c’était involontaire, il ne ressentait rien après cela, et ses parents lui répétaient avec insistance que ce n’était pas grave… « Est-ce que tuer, c’est mal ? Flora n’a pas eu l’air d’avoir eu mal quand elle était tombée, elle bougeait plus… » pensait-il.

Le lendemain, au petit déjeuner, la mine de ses parents… leur visage usé par des larmes qui ont coulés sans discontinuer pendant de longues heures : la nuit prochaine, Anakor s’en ira. La journée se déroula sans qu’aucun fait marquant ne vienne en troubler l’ordre monotone, le petit garçon alla regarder un dernier coucher de soleil, là où sa sœur avait chuté. Malheureusement, le ciel était anormalement sombre du fait que le soleil était occulté par une énorme masse nuageuse. Il rentra donc chez lui se disant qu’il ne reverrait donc plus le soleil ikaharien.

Kain
Kain
Niveau 10
30 décembre 2005 à 15:25:42

Voilà la nuit déjà bien entamée, le petit humain sortit de chez lui, avec pour seul bagage un petit baluchon, rempli de bonbons, il était encore bien inconscient du danger extérieur et n’avait comme idée que celle de partir, il ne savait ni où, ni comment, il partait c’est tout.

Sur le chemin, Anakor se mit à parler comme pour se motiver, rien de bien surprenant, il répétait comme pour se motiver des « Je m’en vais loin, je m’en vais très loin » tout en marchant à une cadence honorable pour ses petites jambes. Il lui fallut trois bonnes heures pour sortir de la grande Ezurie. Il était alors au pied de l’énorme chaîne de montagne le séparant du monde extérieur. « Au moins, là-bas, on viendra pas me chercher ! » dit-il pour lui-même. Il commença tout juste son ascension, quand il sentit que ses membres inférieurs ne pouvaient plus porter le reste de son corps. Il décida alors de s’arrêter, à un endroit un peu moins abrupt que les autres et… il mangea ses bonbons. Le petit Anakor, la bouche couverte de chocolat, s’endormit profondément.

Miraculeusement, le lendemain, le gamin était encore vivant ! Aucun loup, liche, mort-vivant, aigle géant, griffon, vampire, démon rocheux, ver de terre géant, dragon, montagne vivante, titan, dieu, chaussure géante – rayez les mentions inutiles – ne l’avait tué ! Anakor se leva, avec une horrible indigestion, sous le soleil de midi. Finalement, il l’a revu ce soleil, ce soleil d’Ikahar… Il entama donc son deuxième jour de marche aussi dur que cela puisse être avec un mal de ventre. Il avançait avec une extrême lenteur et pour cause, il n’avait jamais été un grand voyageur, il courait partout comme un excité avec ses amis, mais il ne marchait jamais sur des longues distances, son record est son trajet pour aller a l’école – soit dix minutes de marche… - . L’indigestion passa vers la fin de l’après-midi mais fut rapidement remplacé par une faim de loup. Le gamin s’assis donc et ouvrit son baluchon qui débordait de bonbons, ou plutôt de papier de bonbons, Anakor farfouilla dans l’amoncellement de détritus, et ne trouva rien de plus solide qu’un emballage : il avait bel et bien tout englouti la nuit dernière. Anakor se résigna et trouva un rocher plat et y plaça son morceau de tissu avant d’y mettre sa tête. Malgré sa faim, le petit fut rapidement enlacé par Morphée. Pour très peu de temps, un loup pointa le bout de son nez, il avançait à pas… de loup, il avait un pelage sombre en bataille, et ses yeux jaunes brillaient d’un éclat maléfique. Ses crocs prirent l’air dès que l’animal aperçut le fugueur, ça ne faisait aucun doute, il avait une faim… d’Anakor (et oui logique, Anakor a une faim de loup et le loup une faim d’Anakor XD). L’argenté dormait à point fermé et il aurait fallu un animal bien plus imposant qu’un loup pour éveiller le marmot. Demandez, vous êtes exaucés, l’endroit était assez dégagé et le loup reniflait tranquillement son repas, lorsque un dragon fendit l’air et faucha le loup avant de se poser sur le sol dans une secousse de tous les dieux. Anakor se réveilla en sursaut et aussi peu réveillé qu’il soit, il reconnut rapidement le dragon, ses connaissances sur les dragons se limitaient à des dessins de créatures imposantes et vils inspirant la peur : la réalité dépassait tout ce qu’il aurait pu imaginer. La créature était énorme et la clarté de la lune permettait de distinguer parfaitement les écailles qui couvraient le corps de la bête, épaisses, et d’un rouge sombre. Ses pattes étaient munies de longues griffes qui avaient complètement pilonnées le sol lors de l’atterrissage de la créature. Son énorme queue traînait sur plusieurs mètres et était droite, et surtout couvertes de pics. On aurait une énorme massue, même si la longueur était un peu plus proche de celle d’une lance. Pendant qu’Anakor alla se réfugier derrière une grosse pierre, il sentit une grande vague de chaleur dans son dos, une fois « à l’abri », il put constater que le monstre incinérait le loup, vu la chaleur des flammes, et la durée pendant laquelle le dragon avait déversé son enfer, le chien ne devait guère être différent d’un tas de cendre. Le prédateur se nourrit tout de même du tas de cendre, sous les petits yeux effrayés d’Anakor, totalement horrifié devant cette scène de nutrition, la chaîne alimentaire était vraisemblablement sans pitié dans ces montagnes.

Au moment où le dragon releva la tête, une personne arriva, elle portait une lance. C’était un elfe, il en avait beaucoup dans sa classe, et ne fut aucunement troublé par la longueur des oreilles, le racisme était bien la dernière chose qui pourrait exister à Ikahar. Le lancier était vêtu d’un équipement de combat, la lumière lunaire donnait un côté magique à l’armure, on eut dit que le guerrier était entouré d’un halo de lumière blanc. A s’extasier, Anakor ne se rendit compte que trop tard qu’un bout de roche était tombé lorsqu’il voulut regarder de plus près le mystérieux inconnu.
La réaction fut très rapide, le lancier et le dragon levèrent tous deux une oreille, la bête lança un violent coup de queue en direction du petit rocher comme si l’elfe, qui avait tout juste incliné la tête, lui avait sommé. La queue percuta le rocher et Anakor alla s’écraser violemment contre le mur, il était inanimé et perdait du sang. Quand l’être s’approcha, il jeta un œil au corps et poussa un cri de stupeur suivi de 2 simples mots : « Par Arcanis »

Anakor était dans un endroit très sombre quand il se réveilla, il était encore blessé, mais étrangement n’en souffrait pas, il se déplaçait malgré l’énorme quantité de flux vital qui fuyait de ses contusions. Puis le petit être, qu’on pouvait considéré comme mort, vit une lumière douce qui scintillait lentement. Il s’approcha de celle-ci d’un pas non assuré puis crut reconnaître une des sphères de la bibliothèque. Une fois proche de l’objet, il remarqua que c’était un miroir, un petit psyché, il regarda son visage balafré dedans, et ne montrait aucun étonnement, puis dans le miroir, la bouche d’Anakor s’actionna : « Coucou » Une parole d’une banalité extrême, si elle n’avait pas était dit avec une voix si effrayante, qui était pourtant bien la sienne. Les plaies du visage du reflet se mirent à saigner d’une façon étrange, elle formait des lignes, comme un dessin, des marques ou des runes, peut-être un sceau ? Quand le reflet avait fini de se « maquiller », il se mit à se décomposer à grande vitesse, puis alors qu’il ne restait plus que quelques tissus nécrosés sur le crâne d’Anakor bis, deux humérus sortirent du miroir et attrapèrent la tête du petit avec leur doigt crochus et l’entraînèrent dans le miroir. Lorsque le gamin fut dans le miroir jusqu’au cou, la glace vola seulement en éclat à ce moment. Le corps sans tête se redressa puis arrêta de bouger. Le cadre, lui, était suspendu dans le vide et recracha subitement la tête d’Anakor qui portait les marques du reflet et affichait un grand sourire tandis qu’elle roulait dans les ténèbres.

Le gamin regardait le plafond, cela faisait deux longues minutes qu’il regardait le plafond, il était littéralement momifié à l’aide de ce qui semblait être des draps. La tête avait néanmoins était épargné et n’avait que des cicatrices. Le petit avait renoncé à se lever, c’était impossible. Il n’avait aucune notion de temps ni d’espace, c’était le flou total. Il entendit une porte s’ouvrir, suivi de bruit de pas en sa direction et enfin une tête se pencha au dessus de la sienne :
« T’es qui ? lança instantanément Anakor qui n’a pas l’air d’apprécier ses habits pharaoniques du moment
- Je suis Kerz. »
L’enfant était troublé, jamais un adulte n’a été aussi…docile avec lui, il s’attendait à recevoir une réponse violente pour lui rappeler le respect qu’un petit doit à ses aînés. Il reprit son interrogatoire mais de façon plus hésitante :
« On…on est où ?
- Dans les montagnes, chez moi »
Kerz gardait toujours son ton calme et posé et n’avait aucune haine pour le marmot, de son côté, Anakor détaillait la pièce : l’habitation était grande et faite essentiellement de bois, des rondins, une faible chaleur arrivait à ses pieds, il devait probablement y avoir un feu mourrant non loin de ses extrêmités. Il était difficile d’en voir plus sans tourner la tête. Le regard d’Anakor se posa a nouveau sur le dénommé Kerz, il semblait plutôt grand et avait la peau très pâle. Il portait un couvre-chef rouge qui jetait une ombre sur son visage : Ses yeux étaient noirs, aussi sombre que les ténèbres, à cette idée, le petit eut comme une inquiétude. Il détourna ses yeux du visage de l’autre et s’intéressa à son torse, Kerz portait une belle armure, elle semblait faite d’écaille de dragons, vraiment magnifique… Soudain Anakor se rappela l’inconnu de l’autre nuit :
« C’était vous, l’homme à la lance, hier soir ! »
L’elfe marqua un temps d’arrêt, comme s’il réfléchissait à ce qu’il allait dire :
« Oui, c’était moi, mais cela fait un long mois que tu es dans le coma, je ne voulais pas te brusquer, mais tu as l’air de commencer à reprendre tes esprits. »

Un mois ! Une foule de question se posa dans sa tête, que s’était-il passé ? Et ses parents, n’avaient-ils rien fait pour le retrouver ? Pourquoi un elfe l’abritait chez lui, un inconnu !? Il n’avait pas de raison de faire tout ça, il aurait pu le laisser… le laisser où ? Anakor articula difficilement, comme si toutes ses questions s’entassaient dans sa mâchoire :
« Que s’est-il passé ?
- Je vais tout te raconter, il y a un mois de cela, tu étais dans la montagne, et tu as dû prendre peur en voyant le dragon rouge en plein repas, tu t’es alors réfugié derrière un rocher. Par la suite, je suis arrivé, tu as fait du bruit et le dragon t’a attaqué…sur mon ordre. Quand j’ai réalisé mon erreur, j’ai décidé de te garder jusqu’à ce que tu te sois rétabli. »

Le mouflet était pensif, cet homme se sentait coupable, tout comme lui, et il avait agi de manière à rattraper ses actes… tout comme lui, du moins, il le pensait.

Kerz semblait très attentif aux réflexions du petit bien qu’il ne lui en faisait part, et il prenait soin de ne jamais le déranger quand il avait les yeux dans le vague. L’elfe reprit :
« Mais que faisais-tu dans la montagne, seul, le soir ?
- Je viens d’Ezurie, je suis parti de chez moi car j’ai tué ma sœur, cela faisait une journée que je marchais dans la montagne quand le dragon m’a attaqué. »

Le lancier vivait en ermite, il ne savait bien évidemment pas ce qui se passait à Ezurie, ou même n’importe où dans Seta Dorius, il semblait néanmoins troubler par le récit du petit, tuer sa sœur alors qu’il était si jeune… Il ne pouvait toutefois que le croire, quelle autre raison aussi grave pouvait pousser un enfant à faire une telle fugue ? Pour ne rien arranger, cela fait désormais plus d’un mois qu’il était disparu.

« Tu as tué ta sœur accidentellement ? Questionna Kerz
- Oui, mais ça ne change rien, c’est quand même de ma faute, si j’avais su attraper sa main, elle serait encore en vie »
La voix d’Anakor se faisait pleine de regret, mais au fond de lui, il ne les ressentait, il trouvait ça seulement dommage.
« Je vois, je suis désolé, tes blessures ne sont pas encore guéries, comme dit, je t’offre l’hospitalité, mais puisque je suppose que tu n’es pas décidé à retourner chez toi, je pense que tu veux prolonger ton séjour ici ? »
Anakor ne savait que dire, alors il se contenta de baisser les yeux, manifestant une certaine gêne.
« Je prends ça pour un oui, je veillerai donc sur toi jusqu´à ton rétablissement, par la suite, on avisera. »

Kerz voyait là, plus qu’un moyen de payer sa dette, une occasion de renouer avec l’extérieur : ces montagnes ne sont fréquentées que par de rares voyageurs, et son chalet très haut perché ne facilitait pas les visites. Quelque part, il devait aussi trouver en cet humain, un fils qu’il n’avait pas.
Kerz partit laissant le momifié se rétablir, quand il franchit la sortie, il se mit à rire et s’arrêta. Anakor semblait intrigué puis l’elfe lança :
« Eh, je ne connais pas ton nom ! Comment t’appelles-tu petit ?
- Anakor, je m’appelle Anakor »
Le lancier sourit puis ferma la porte.

Anakor resta encore deux longs mois cloués au lit, le temps que tout son corps soit remis, il avait eu de la chance de ne pas finir mort ou tétraplégique, mais il avait toutefois des vertèbres touchés, et Kerz se refusait à utiliser la magie pour accélérer la guérison, il savait bien que les sorts de guérison n’était pas d’une grande efficacité pour de tels blessures. Quand l’humain put se lever, il dut faire encore deux de rééducation. Le lancier se montra particulièrement efficace pour cette tache, il lui fit pratiquer de nombreux exercices, qui n’étaient jamais très simple. Anakor fit rapidement confiance à Kerz aussi douloureux que ça soit. La confiance grandit rapidement entre les deux, et une fois parfaitement en possession de ses moyens, le gamin, qui avait prit un an de plus depuis sa fugue, continua de vivre en compagnie du lancier. Il s’occupait de tâche simple dans le logis de ce dernier. Deux ans plus tard, Anakor avait alors treize ans, il réaborda un sujet que Kerz préférait éviter, l’apprentissage du combat à la lance. En effet, Anakor se sentait inutile toutes ses longues journées, il se contentait de marcher dans la montagne, mais jamais seul, les créatures étaient trop dangereuses, l’adolescent était donc cloîtré « chez lui » :
« Allez Kerz, apprend-moi, imagine que tu te fasses prendre en traître par un loup et que tu sois blessé hein ! Tu serais bien content que je puisse venir te prêter main forte !
- Anakor, tu as treize ans, rétorqua l’elfe : la phrase se voulait simple et s’imposait telle une évidence.
- Et alooors ?
- Alors tu es trop jeune et la discussion s’arrête ici. »

La conclusion fut rapide, Kerz commencait à partir lorsque :
« Vas-y bas-toi ! Je vais te mettre une dérouillé ! »
Instantanément, Kerz fit volte-face et se mit en garde, comme pour n’importe quel adversaire. Il avait devant lui un nabot avec une tignasse argenté qui tenait férocement un balai dans la main, et après 2 ans à entretenir le sol du chalet, il l’avait acquis la maîtrise du balai ! Un combat féroce commença alors : Anakor fonça à toute vitesse sur le lancier son balai en avant, le résultat fut implacable, jamais un coup n’aurait pu être aussi raté que celui-là, le gamin avait été esquivé, avait passé la porte et était tombé dans l’escalier. D’un bond, l’elfe arriva au coté de l’humain qui n’avait heureusement rien si ce n’est des douleurs aux avant-bras et aux tibias qui avaient encaissés tous les chocs. Kerz lui demanda si il allait bien puis :
« Tu es d’une nullité absolue… »
Anakor rétorqua comme s’il avait parfaitement prévu son coup : « Tu me laisserais avec ma nullité, tu vois bien je pourrais me faire tuer par mon propre balai ! »
Kerz éclata de rire et lui souffla un simple d’accord avant de s’en retourner dans les montagnes, il avait encore à faire.

Kain
Kain
Niveau 10
30 décembre 2005 à 15:27:26

C’était l’évaluation finale, il était sensé être à armes égales avec son maître, enfin désormais il ne l’était plus. Les deux lanciers prirent position puis commencèrent à s’observer, chacun s’avait que prendre l’initiative était une mauvaise idée, mais finalement l’un des deux se décida, ce fut Kerz. Il tenta d’assener une rapide estoc à l’humain, ce dernier fit tournoyer vivement sa lance et l’elfe fut dévié, s’en suivit un coup de pied dans les reins qui déstabilisa le vieux. Quand le jeune tenta de lui lacérer le dos, le coup fut également dévié puis le maître se remis dans une position plus confortable avant d’envoyer une gerbe de mana au sol en l’air et dans l’air. Anakor connaissait cette attaque : la lance Gaïa, la lance était enchanté par la terre, le vent ainsi que la foudre. La terre était présentée sous forme de petits éclats de roche, augmentant les dégâts. Le vent protégeait la main de son utilisateur et la foudre connectait les roches à la lance. Une attaque redoutable et se mettant en place avec une rapidité remarquable. Anakor concentra simplement la foudre en sa lance. Les deux ne risquaient rien à utiliser leur lance comme paratonnerre, puis qu’ils avaient de robustes gants. Les deux lanciers s’échangèrent alors quelques coups et le jeune eut l’effet escompté, il avait brisé l’équilibre de la lance toute puissante en introduisant un surplus de courant. Les rochers volèrent dans toutes les directions et les deux combattants furent touchés.
Le duel se poursuivit sur de la magie pur, là, Kerz possédait un avantage certain mais son disciple était plein de ressources encore une fois. Kerz posa une main au sol et ferma les yeux plusieurs secondes. Anakor n’eut pas de scrupules à lancer une boule de feu sur l’elfe qui esquiva et se remit en position. L’humain prit alors une position défensive. Des failles dans le sol le poursuivaient, le sol s’ouvrait pour l’engloutir. Quand les failles cessèrent, c´est-à-dire juste devant son lui, le morveux ferma les yeux, ce n’était pas la gueule d’un dragon qui sortir du sol, mais un dragon tout entier qui venait de l’avaler. Kerz avait invoqué l’esprit d’un puissant dragon des montagnes. Le petit le savait, ce n’était qu’un esprit, à l’apogée de son vol, le dragon de terre explosa. Une pluie de roche s’abattit sur le terrain, la hauteur rendait les projectiles très dangereux mais l’autre se défendait plutôt bien, il bondissait vivement pour esquiver la pluie et se protégeait à l’aide de sa lance. Anakor pouvait être fier de son coup, il avait littéralement fait exploser le dragon de sa lance. Le dragon était monté dans les cieux, le domaine des vents, l’adolescent avait fait appel à ces derniers pour agiter le mouvement de sa lance. Anakor retomba sur le sol à une vitesse folle : le coup était prévisible, et Kerz le dévia, seulement, ce dernier n’avait pas prévu que l’humain prenne appuie sur sa lance pour lui envoyer un violent coup de pied. L’elfe encaissa tant qu’il pu, sa mâchoire semblait déboîtée et un mince filet de sang coulait de sa bouche.

« Joli Co…
- Ce n’est pas encore fini ! coupa Anakor »

Le gamin repartir à l’assaut appliquant la même stratégie que pour le dragon terreux, il fonça sur le maître-dragon en tapant fortement des pieds – les roches éclatés avaient générés pas mal de poussières, sables, et autres minéraux fins – le mouvement de l’hallebarde accéléra grâce au vent au point de former une sphère. En réalité, c’était là un esprit du vent qui tournoyait en suivant le mouvement de l’arme, entraînant avec lui de la poussière, à la vitesse qu’avait le vent, les grains de poussière devenait eux aussi des armes : c’était une véritable tempête de lames. Kerz dressa un mur aquatique devant lui en employant son mana pour recombiner les molécules d’air. Anakor fonça sans crainte dans la barrière aqueuse qui se dégageait à l’approche de la bourrasque sphéroïdale. L’elfe effondra la barrière sur l’argenté, ce dernier ne put rien faire : son attaque avait était mis en échec, les particules de poussières furent tout stopper, et le mouvement de la lance était beaucoup trop ralenti dans l’eau. Quand toute l’eau fut évacuée, Anakor dut parer l’enchaînement de son maître, il utilisait aussi les tranches que les estocs pour maître en déroute son disciple, ce qui arriva bien évidemment, l’eau alourdissait les vêtements de l’humain qui avec ses pièces d’armures créaient une charge que ce dernier n’avait pas l’habitude de supporter, Kerz frappa les mollets et les avant-bras. L’eau avait également ramolli la peau de l’humain et de ce fait, elle s’ouvrit avec une très grande facilité. Le seul avantage qu’il tirait de l’eau était que les plaies saignaient un peu moins…
Les deux lanciers décidèrent d’en finir, ils s’affrontèrent avec les dragons de mana, comme par le passé. C’est celui qui trouverait la meilleur façon de l’utiliser qui prendrait donc de le dessus ! Tous deux mirent toutes leurs énergies dans la conception de leur dragon, bien que l’elfe disposait de meilleurs réserves, ses arcanes lui avait fait consommé trop de mana : Anakor avait l’avantage de la puissance. Mais saura-t-il l’utiliser ? Les deux dragons montèrent haut dans le ciel, formant comme un tourbillon, un balai de ces créatures mythiques. L’instant décisif arriva, la conversion du mana, tout ce fit très rapidement : les dragons se rapprochèrent de leur utilisateur et prirent forme au même moment : Le feu pour Kerz et l’eau pour Anakor. Le gamin avait perdu en clair. L’humain assuma, il rattacha son dragon au sommet de sa lance et partir à l’assaut pour la dernière fois. Les coups de lances fusaient en tout sens, sans jamais toucher au but, le mana qui émanait des lances était puissant. Le dragon d’eau anéantissait à petit feu l’autre. L’affrontement s’arrêta quand le dragon infernal disparut au profit du liquide. Peu à peu, le dragon d’eau disparut, tombant comme une cascade sous les yeux d’Anakor Il avait un genou au sol. Il avait perdu… Ce dernier se voyait dans la chute très nettement : ses traits étaient fatigués, l’affrontement l’avait épuisé. Soudain, il le vit, cet éclat maléfique dans son œil, celui de ses dix ans, il était là !

Anakor prit sa lance d’un geste vif et coupa la tête de Kerz à travers le miroir sans qu’il puisse réagir, son corps était toujours debout devant la cascade tandis que la tête roulait. L’eau tombait, alors que le sang montait. La carotide tranchée expulsait du sang en cadence avec les derniers battements du cœur pourtant si vaillant du défunt Kerz. Huit ans d’hébergement, et voila les remerciements… Anakor ne dit que : « Je t’ai eu vieux croulant ! » Ces paroles furent dites d’une voix caricaturée assez proche de celle d’un héros de vieux western.

C’était le début d’une nouvelle vie pour Anakor, un Anakor à deux facettes : une facette bonne et l’une autre cruelle. Deux caractères fondamentalement opposés, mais pourquoi et comment est né cette seconde personnalité ? C’était sa faute, à elle, à Flora ! Elle avait réveillé en son frère, elle puis ses parents, une confusion en le petit garçon… D’un coté, l’Anakor qui se sent coupable, un enfant qui s’en veut d’avoir tuer sa sœur et qui est près à vivre avec ce fardeau… Et de l’autre, l’Anakor qui a inhibé ces sentiments, celui qui regardaient le corps de sa sœur, sans une once de tristesse, cet être obscur qui a grandi dans l’ombre du sage enfant, de l’apprenti assidu. L’esprit ne s’exprimait qu’inconsciemment chez l’enfant, ça n’avait que des avantages, il avait la hargne, il avait deux cerveaux pour réfléchir, un grand stratège ! La Fureur Du Dragon ? Balivernes ! Rien d’autres qu’une haine sans borne ! Les sept années qui suivirent furent horribles, Anakor était déchiré entre ses deux personnalités. Durant ces sept années, Anakor comprit tout… Ce vide qu’il ne connaissait pas, jamais un instant, ses géniteurs ne lui ont manqué ; jamais un instant, ses amis ne lui ont manqué. Aussi sinistre que cela puisse être, l’argenté ou plutôt les argentés ne ressentaient que les sentiments les plus forts et rien n’est plus fort que la haine…

Rien n’est plus fort que la haine, oui, c’est ainsi que le côté sombre de l’humain réussit à gagner, il l’avait conditionné, ne l’a pas laisser dormir, ne l’a pas laisser vivre ! Il ne prenait pas le pouvoir par la force, c’était trop barbare et trop peu inefficace, il a assiégé son esprit jusqu´à le briser complètement. Oui, Anakor était faible, son maître l’avait battu, puis ensuite ses ténèbres… Il ne valait rien et c’est plié a la volonté de son double, en s’enfonçant dans la haine, ils sont devenus amis. Et tous deux prirent beaucoup de plaisir à tuer, un vrai passe-temps, l’un pour la haine de l’être humain, et l’autre plutôt par sadisme pur. Anakor n’était plus un noble lancier. Il renia tout ce que Kerz lui apprit, et développa son propre style : rapide, puissant, cruel, et surtout très lâche.

Anakor avait trouvé un équilibre, une sombre balance où la haine faisait contrepoids à une autre haine. Il fallut huit années de vie avec l’elfe pour devenir un lancier et seulement sept lui ont suffit pour tout oublier, le nom de Kerz résonnait en lui comme le glas d’une nouvelle ère, Kerz ne rimait qu’avec première victime. C’est tout.

Anakor sortit finalement de ses pensées, il prit sa lance et se la mit sous la gorge, il allait en finir. La lame commença à s’enfoncer lentement dans la peau, lorsque le sang commença à couler, l’humain lança violemment la lance qui alla s’enficher dans les terres maudites d’Hezerord.

« Tu essayes encore de mettre fin à tes jours ! Je ne te laisserais pas faire, l’avenir n’attend que nous !
- Tu as fait de moi un monstre ! »

La phrase était pleine de sanglot, des sanglots irréguliers, puisque c’était encore une lutte intérieure qui avait lieu, l’un était énervé et l’autre triste. La faiblesse de l’ex-bon ressortait parfois, il craquait. Cela faisait très longtemps que ce n’était pas arrivé, les quatre dernières années, l’humain tout entier avait un masque d’impassibilité qui ne tombait que lors d’un meurtre, quand le plaisir de tuer illumine le visage d’Anakor, avant que le sang éclabousse son visage…

Anakor se ressaisit puis se remit en route, ce n’est pas comme si quelqu’un ou quelque chose l’attendait, mais les landes d’Hezerord ne font pas bonne couche, et la cruauté n’empêche ni le confort… ni le plaisir…

Bon après ce chapitre, j’espère que vous avez pu cerné le personnage ou du moins ce qu’il était, m’en veuillez pas si je me réserve le droit de garder quelques traits de caractères évident du psychopathe, tel la grande joie des scènes de meurtres pour plus tard ^^

Fiche :
(bon la j’abrège un peu)
- Nom : Anakor
- Race : Humain
- Caractère : Cruel, folie « maîtrisé »(on va dire des discours un peu dément avec lui-même…), aucune peur(les fous n’ont pas peur XD), charismatique, beau. Pour les détails physiques => cf. paragraphe 1 du chapitre
- Subvient à ses besoins grâce : aux meurtres (ça sera développer dans le chapitre 1)
- Sert : ses propres intérêts et son désir de tuer.
- Avec : Sa lance de fer
- Aspire à : rien, Anakor ne veut rien, il tue parce qu’il hait tout le monde, au point que ça n’est plus aucun sens.
- En quête de : rien encore une fois, s’il avait un but, sa vie serait sûrement différente, mais c’est pas le cas lol
- S’il croit en une chose : son double, son double qui aussi lâche soit-il ne fait que peu de coup bas à sa moitié. Si ce n’est lui, il ne croit en rien, et ne fait confiance à personne puisqu’il les hait tous.
Âge : 25 ans
Lieu de départ : Plaines d’Hezerord

Anakor est un lancier, ou plutôt en était un, désormais il est juste un guerrier qui se bat à la lance, avec vitesse, force et ruse

Kain
Kain
Niveau 10
30 décembre 2005 à 15:29:03

Piouf la galère pour poster

voila comme ca vous pouvez constater que je chomais pas :o))

Bon par contre si y´a encore des fautes qui trainent je m´excuse, je me suis épargné la relecture, je voulais profiter de la page 80 pour poster c´est plus facile à retenir(oui oui c´est technique mais j´aime bien lol)

Kain
Kain
Niveau 10
30 décembre 2005 à 17:57:18

ptite correction :
le dragon de feu est à Anakor et le dragon d´eau à Kerz pour le dernier combat et pas l´inverse, sinon c´est pas cohérent, toutes mes excuses :hap: et merci a Kirb de me l´avoir fait remarqué XD

Fervac_le_brave
Fervac_le_brave
Niveau 10
30 décembre 2005 à 18:02:03

.......... *reste sans voie 10 minutes...*

Alors la ! Pfyu indescriptible de dire à quel point j´ai trouvé ça bien !

Franchement bravo, bravo et encore bravo ! et aussi... Bravo !

Ma parole c´est absolument magnifique ! t´es vraiment super doué !

Je peux t´appeler Dieu ou Maitre ? :hap:

Nan sérieux la je te respect grave !

Mouarf je peux avoir ton adresse msn ? :hap:

En tout cas bravo j´ai vraiment adoré ! chuis juste dégouté que tu finisse comme ça par ce que j´aurai bien aimé faire un bout de chemin avec toi mais je ne coopère rarement avec les psychopathes... ^^

Bon en tous cas tu peux être sur qu´aussi longtemps que le topic continuera à marcher et que tu posteras je te lirai !

Avec une forte impatience pour la suite je te dit une derniere fois bravo et surtout bonne continuation ! :ok:

Kirby64
Kirby64
Niveau 10
30 décembre 2005 à 18:14:50

PTDR !

on reconnais bien là le style de daft ! absolument génaial par moment, puis d´un seul coup un délire qui viens casser tout le truc, jsuis plié :rire:

Kain
Kain
Niveau 10
30 décembre 2005 à 18:49:26

lol et bien ravi de voir que ca plait à certains :o)) bon au niveau de la longueur promis je le refais plus :ange: l´avenir d´Anakor est beaucoup plus sombre désolé Fervac ^^´

CiTy-Of-DaMNeD
CiTy-Of-DaMNeD
Niveau 10
30 décembre 2005 à 19:01:17

:ouch: J´aurais le courage de tout lire ...

A L´ATTAQUE !! !! :diable:

Fervac_le_brave
Fervac_le_brave
Niveau 10
30 décembre 2005 à 19:20:18

La longueur on la vois pas lorsque ce qu´on lit nous plait !

(tu m´as pas filé ton adresse msn !! ! ze la veeeeeeeeeeeeux !)

Kain
Kain
Niveau 10
30 décembre 2005 à 19:23:26

ouais enfin c´est comme je disais a Kirb, la longueur ca peut aller si c´est pas un chapitre mais en fait une succesion de plusieurs ptit chapitre, sous entendu l´histoire progresse tout du long sans s´attarder 500 ans sur des micro détails.

mais bon j´en prends pour preuve la réaction de City au premier coup d´oeil, ca déprime un peu de lire un truc aussi gros quoi XD

CiTy-Of-DaMNeD
CiTy-Of-DaMNeD
Niveau 10
30 décembre 2005 à 19:24:57

Kain :d) j´ai jamais dit que ça allait me déprimer de lire tout ça !! Au contraire !! :diable:

CiTy-Of-DaMNeD
CiTy-Of-DaMNeD
Niveau 10
30 décembre 2005 à 19:28:30

Quand on a lu le 5è tome d´Harry Potter en deux jours on peut tout lire !! ! :diable:

Wysiest
Wysiest
Niveau 17
30 décembre 2005 à 19:54:58

Lol je me pointe après une semaine sans forum et que vois-je XD toute l´art de Kain dévoilée au grand jour! Bon, va falloir que je lise ca, c´est le premier chapitre que je vois aussi long (non non, je n´ai pas pacouru toutes les fic du forum XD), ca a interet a me plair sinon je m´arrete a la moitiée :p)

Enfin! Je dis enfin car j´avais vraiment envie de voir comment Kain se débrouillait, je me doutait bien que ca allait etre grandiose (même si pour le moment je ne me fie qu´au com´ XD), mais est-ce que ca va etre comme espéré? :-p

PS: désole la j´ai pas trop le temps ^^´

angel_from-hell
angel_from-hell
Niveau 10
30 décembre 2005 à 19:59:52

Déjà 1600 messages :fete: Pas mal pas mal :fete:

Star-Angel
Star-Angel
Niveau 10
30 décembre 2005 à 20:04:40

bon voila mon chapitre 1!je vous le dit d´avance:C´EST NUL!
chapitre1:
Ma visite à Herminoras fut courte et malheuresement mouvementée:
Pendant toute la journée,j´ai errais dans les rues à la recherche d´équipemnts et comme toujours des renseignement sur Maolin.Un des vendeur m´a confiait que si je voulait des informations il fallait allait à l´auberge du coin la nuit!J´avais déja une piste,je me disais qu´avec de la chance le piaf serait encore à Herminoras.En attendant le soir je profitais de la beauté de la capitale pour faire une pause.la nuit enfin tombée je me déçidait de me rendre à l´auberge que le marchands m´avait indiqué.C´était une auberge comme les autres a part,une personne qui semblait différentes des autres.Il m´appostropha en me demandant si je connaisser un piaf nommé Maolin,je lui répondit que oui.Et l´indivdu me demanda si je savais si Aelyn était en vie,je posa la question comment pouvait il connaitre ma soeur!
il m´annonça que si je voulais avoir une réponse,je devrais le suivre dehors.L´auberge débouché sur un petite ruelle,l´étranger s´appelait Seirun,il me dit qu´il ne connaissait pas Aelyn.Seirun continua en disant que Maolin lui avait demandait de tuer une fille qui le pourchassait...je me mits à trembler pas de peur mais de rage!Comment osait il envoyait quel qu´un d´autre pour venir me défier!Mon adversaire sortit une fine épée argentée et il se précipita à l´attaque!J´esquivais son attaque en sautant à gauche!
"Tu l´aura voulu!Si tu meurs ne viens pas te plaindre!dis je en me moquant de lui.
-Abandone et tu ne souffrira pas longtemps!répondit mon agresseur
-Je n´abandonnerais pas contre quel qu´un comme toi!"
je sortit mon épée de mon fourreau,et elle se changea en un long baton.Seirun eu l´air mi-surpris mi-terrifié!
"Ah bon ce cher Maolin ne t´avais pas prévenu!"
Pendant qu´il restait sur place à fixer mon baton comme si il c´était la chose la plus rare du monde,mon arme se transforma à nouveau.Elle prit la forme d´une dague je me préparais à lui la planter dans le ventre.Mais il para mon attaque en se protégant avec ses bras, laissant une belle entaille dans son bras droit.Seriun repartit à la charge,il attaqua verticalement et je parais tant bien que ma avec mon arme qui avait repris la forme d´un batonl!J´essayais de contrer mais ce type avait une force incroyable!La seule idée que j´avais pour m´en sortir devait réussir sinon...je n´oseais pas penser a ce qui arriverais si ça ratait!
Je me baissa faisant basculer mon enemmi,et mon baton changea à nouveau de forme pour être maintenant une dague et une épée.Je me battais qu´avec la dague, l´épée restait par terre.L´ennemi se mit à rire car avec ma seule dague je n´avais aucune chance!Ce qui ne savait pas c´était qu´il n´avait maintenant aucune chance.Seirun se rua vers moi c´est à ce moment que j´utilisais la télékinesie,´épée s´anima et le transperça.Le cadvre me tomba dessus imbibent mes vetements de sang.
Sachant que je n´étais plus en sécuritée avec ces vetements couvert de sang,j´aurais eu vite des ennuis,je me mits à courrir.Je n´avais pas l´intention de faire de vieux os,aprés être sortie de la ville je continuais de fonçais!Combien de temps j´ai courru?Aucune idée!Tout ce que je sais c´est que je me suis arrétais à l´auberge "Au poney chatoyant" .
Maintenant je suis assise à l´une des tables et je me demande quoi faire.L´ambiance est normale pour une auberge,beaucoup de fumée,mais il y une fille qui ne colle pas avec le décor!Elle a de long cheveux turquoise...

Wysiest
Wysiest
Niveau 17
30 décembre 2005 à 20:04:46

Dites-moi, je suppose qu´en une semaine pas mal de chapitres ont été postés, si chacun pouvais refaire un petit résumé de sa situation, sa me permettrait de continuer sans trop d´incohérence :hap:

Merci a tous :-)

neo-itachi
neo-itachi
Niveau 10
30 décembre 2005 à 20:06:24

:salut: tlm.Je viens de rentrer chez moi,je repars,je reviens plus tard.J´espère que le chap de Kain est pas torp long à lire,sinon chui pas encore couché^^.
Wys :d) j´ai faut un résumé des histoires en page 70 je crois.Enfin par la quoi.

neo-itachi
neo-itachi
Niveau 10
30 décembre 2005 à 20:07:51

page 56*.
Bon,je dois y aller,je re plus tars.Je lirai le chapde kain et de star.
PS:star,dis pas que ton chapitre est nul,aucun chapitre n´est nul.Jte confirme ça dès que je reviens.