Les aphasiques ne comprennent plus les signes linguistiques.
Ou, bizarrement, ils ne comprennent que ceux qui les intéressent.
"Un malade atteint d'aphasie totale à la suite de grosses lésions semblait incapable de lire un mot dans un journal. Un jour, une annonce nécrologique lui tombe sous les yeux. Il la lit d'un trait : c'était celle de son meilleur ami. Un autre malade atteint d'aphasie motrice est incapable de prononcer quoi que ce soit; mais, très religieux, il récite impeccablement ses prières. Il semble donc que des troubles que l'on considérait comme expliqués par des lésions doivent être attribués à une baisse considérable du seuil de l'intérêt.
Mounier, Traité du caractère, 1946, p. 58"