Surprise, surprise. Alors que certains d'entre vous s'attendaient à me voir poursuivre Bang Bang ce week end, je me suis ravisé. Avant de poursuivre les aventures de l'univers Désillusions je veux faire un autre projet qui me tient à cœur : pas compris dans une quelconque série de nouvelles celui-ci. Toujours de la SF. Premier chapitre que voici, les autres suivront de manière quotidienne ou hebdomadaire pour arriver au terme de notre aventure commune début septembre ! Merci à tous ceux qui prendront la peine de lire et de commenter.
Chapitre 1
Il n'y a plus de voitures.
« Il n'y a plus de voitures. »
C'est la phrase que mon arrière-arrière-grand-père a prononcé avant de mourir. Cent vingt-six années pour en arriver à une telle conclusion : Il n'y a plus de voitures. Allongé dans son lit d'hôpital, encerclé de bouquets de fleurs fanées et de murs vierges, il m'avait jeté un regard vitreux, quelques minutes avant de s'en aller, et, alors que c'était moi qui étais censé le plaindre, j'avais l'impression qu'il était désolé pour moi. Sa main humide avait lâché la mienne, tremblante, et quelques secondes plus tard il ne restait de lui rien d'autre que son corps, déjà trop froid. Comme s'il s'était séparé de la dernière chose qui lui restait dans ce monde. J'avais regardé cet homme mort avec un soupçon de curiosité, que je jugeais déplaisant. Je n'avais jamais vu personne mourir – je n'avais d'ailleurs jamais vu de morts tout court – et en voyant cette carcasse immobile j'avais l'impression de découvrir quelque chose de nouveau. Et cette impression m'avait empli d'une fierté glaciale, que j'essayais de renier. Je ne cessais de me répéter : C'est ton arrière-arrière-grand-père bordel, sois-triste, pleure. Mais les larmes ne venaient pas, pas plus que la tristesse, et je n'avais alors que ce sentiment de curiosité adolescente, ainsi que l'impression que du sang nouveau coulait dans mes veines, moi fort, moi jeune, moi vivant. L'homme qui se tenait devant moi, ses yeux me fixant encore comme si depuis le royaume des morts il parvenait à me sonder, je ne l'avais jamais vraiment connu. J'étais à son chevet depuis des semaines, c'est vrai, et durant tout ce temps je m'étais convaincu que c'était parce qu'il comptait pour moi. Mais c'était faux, je crois que la seule chose que j'attendais était sa mort, pour avoir le rôle privilégié de celui qui le voit mourir. Aussi intrigué qu'un spectateur disposant entre ses mains des meilleures place à un match de basket. Sauf que ce n'étais pas un match de basket, c'était la mort cet homme. Homme que j'avais alors regardé avec défi, répondant à son regard désolé. Si je n'avais jamais su savoir qui il était vraiment, à présent, plus rien ne m'échappait : Il n'était rien d'autre qu'un homme mort. Les questions devenaient des réponses et les hésitations des certitudes. Moi, je savais ce que les autres ignoraient, moi, j'avais vu quelqu'un mourir, et moi, je n'avais même pas eu peur. Je n'avais pas eu peur, du moins pas jusqu'à ce que je ne sois sorti de la pièce ; une fois le seuil franchit, ce fût toute autre chose. Cela m'a toujours fait pensé que le souvenir d'un cadavre est pire qu'un cadavre, mais surtout, que les dernières paroles d'un cadavre sont pires que tout.
Il n'y a plus de voitures. Cette phrase m'avait hanté des jours et des nuits, me tenant éveillé, yeux grands ouverts. Oui, il avait raison, il n'y a plus de voitures, mais cela faisait trop longtemps qu'il n'y en avait plus pour que cette déclaration est encore un sens. J'avais toujours pensé que les derniers mots d'un homme étaient le reflet profond de son âme, qui révélait ce qu'aucune parole n'avait été en mesure de faire jusque là. J'avais attendu ces derniers mots comme on attend les derniers mots d'un livre, en sachant que la seule chose qui compte, ce sont ces mots là, tous les précédents n'étant que des futilités imprécises, qui attendent de trouver leur véritable place, celle qui est la leur une fois que ces mots là sont prononcés. Il n'y a plus de voitures était la dernière phrase du livre de cet homme ; tant de pages et d'encre pour cette déclaration incompréhensible. Ça m'avait fait l'effet d'une page arrachée, d'un morceau manquant, d'un vide à combler, et alors je n'en voulais pas à cet homme d'être mort, mais de ne pas avoir su satisfaire mes envies, de ne pas avoir su répondre à mes attentes – qu'attendais-je, déjà ? –. Cet homme avait vraiment dit qu'il n'y avait plus de voitures, et depuis, chaque fois que je me lève, chaque fois que je me couche, j'entends cette phrase résonner dans ma tête, se cognant d'une paroi à une autre comme une balle de ping pong. Parfois, quand je suis dans mon bureau ou chez moi et que je regarde à travers les écrans, je ne vois pas les décors, mais je vois les mots de cette phrase et le visage de cet homme, qui viennent me rappeler ce que j'ai toujours crains : que moi aussi je vais mourir, que moi aussi je vais mourir sans comprendre, et que moi aussi je vais mourir sans savoir qui je suis.
« Qui es-tu ? »
« Quoi ? »
« Je t'ai demandé : Qui es-tu ? » Dis-je avec calme.
Elle relève sa tête et me scrute d'un regard incertain. Après quoi elle retrousse légèrement ses lèves et sourit. Mais je reste impassible et elle comprend alors que je ne blague pas. Elle me jette un regard à présent furieux et se précipite pour aller ramasser ses affaires éparpillées un peu partout dans la chambre. Une fois qu'elle a enfilé ses sous-vêtements je tourne la tête pour attraper un briquet qui se trouve sur la table de chevet. Je l'agite quelques instants devant mes yeux et je m'amuse à faire briller la flamme où se trouve la silhouette de cette femme. Elle arrête alors de s'habiller et me fixe, et je n'arrive pas à savoir si il y a du mépris dans ses yeux ou de l'incompréhension. Mais, après que j'ai laissé s'éteindre la flamme et murmuré un «quoi» bâillant elle reprend ses gestes comme si de rien n'était. Je comprends alors que ce que je pensais être du mépris – ou de l'incompréhension – n'était en réalité qu'une profonde indifférence. À peine en suis-je arrivé à cette conclusion que la porte se referme. Il n'y a plus de vêtements en soie, plus d'odeur raffinée, plus de silhouette : La chambre est vide.
J'essaie donc de reprendre où j'en étais, ravi de pouvoir me concentrer à nouveau sans ressentir la désagréable sensation de cette bouche sur mon pénis. Mais j'ai déjà oublié ce à quoi je pensais et dans un élan de frustration j'envoie le briquet se cogner contre l'écran. Il provoque un léger désordre au niveau des images et c'est donc la tête de cette femme qui apparaît à la place du ciel étoilé. Elle dit alors, d'une voix trop dynamique :
« Il est sept heure trente-cinq. »
D'accord. Il est sept heure trente-cinq et moi, je t'emmerde. Son visage inexpressif disparaît et le ciel est à présent ensoleillé. Il est sept heure trente-cinq et il n'y a plus de voitures.
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Oui, si vous n'avez pas compris grand chose : c'est normal. Ça ira mieux avec les chapitres suivants, qui dévoilent le contexte, quand même.
Désolé pour les quelques fautes d'inattention : je suis profondément fatigué et légèrement alcoolisé (ou l'inverse).
J'ai jamais autant aimé écrire une nouvelle qu'en ce moment. Je vous propose à présent le chapitre 2, en espérant que les amateurs de SF trouvent leur bonheur.
Chapitre 2
" La cravate noire "
« Lou est née. » A annoncé fièrement une présentatrice télé. Je divaguais devant l'écran en train de me demander quelle cravate j'allais mettre quand elle a attiré mon attention. Je me suis d'abord demandé qui était Lou et qu'est-ce que ça pouvait bien nous foutre qu'elle soit née. Puis j'ai tourné la tête et j'ai compris. Elle était née. Elle, c'était la première personne a naître sur Mars. Elle, c'était la première personne a naître en dehors de la terre. Les médias n'avaient cessé de prédire son arrivée imminente, eux qui attendaient cette nouvelle depuis des mois, eux qui avaient tellement aborder le sujet, avec une excitation faussement modérée, qu'il ne semblait plus avoir de secrets pour personne. Parmi les rumeurs de fausse couche, d'avortement, d'imposture, le bébé qui n'était encore pas né était devenu un symbole. Autrefois le drapeau des États-Unis dressé sur la lune en était un, aujourd'hui c'était un bébé. Mais j'étais persuadé que les gens ne voyaient rien d'autre en cet enfant qu'un nouveau drapeau. Cette fois c'était un drapeau chinois, mais ça ne changeait rien. Et en découvrant son regard hébété qui fixait la caméra, semblant nous demander « qu'est-ce que je fais là ? » je n'ai pu penser qu'une chose : Pauvre Lou.
Au moment où j'avais détourné les yeux vers la télévision la présentatrice avait déjà cédé sa place à d'autres images. Une mère, visiblement épuisée, tenait le nouveau né entre ses bras. Elle brandissait cette petite boule de chair comme un trophée, l'agitant devant la caméra sans se soucier des hurlements qu'elle poussait, implorant sa mère d'arrêter de la secouer. Il y avait tant d'hommes et de femmes en blouse blanche, postés tout autour de la mère et de la fille, qu'il devenait impossible de situer l'endroit dans lequels ils se trouvaient. Je me suis surpris à essayer de scruter l'image pour trouver la tête du père mais je n'ai pas eu le temps de le faire que la présentatrice avait déjà repris sa place au cœur de l'écran. Feignant l'émotion, elle avait conclu en déclarant :
« Ce 15 octobre 2407 restera une date historique... »
Au mot historique j'avais éteins la télé, agacé sans trop savoir pourquoi.
Historique, symbolique, légendaire ; tels étaient les mots qui allaient occupés tous les titres de tous les journaux dans les jours à venir, trônant fièrement sur les premières pages, incrustés à jamais dans le papier, noir sur blanc, marquant cette vérité pour toujours. Il serait impossible de les éviter, impossible de ne pas revoir ces yeux innocents, cette incompréhension palpable. Il serait impossible de revenir en arrière. Ca y est, c'était fait, nous avions conquis l'espace. Et je n'y trouvais aucune fierté, juste un vague sentiment de peur mélangé à de la méfiance, à la manière d'un enfant qui ferait une bêtise avec ses amis, traînant les pieds derrière eux, n'osant pas leur dire d'arrêter, sachant cependant que c'est une mauvaise bêtise.
Une fois que je m'étais aperçu qu'il était inutile de rester immobile devant l'écran éteint je me suis dirigé vers les autres écrans, tous ceux qui entouraient mon appartemment. Aujourd'hui ils me proposaient un ciel ensoleillé, avec quelques nuages et quelques oiseaux. Aujourd'hui c'est ce qu'ils me proposaient, comme les trois cent-soixante quatre autres jours de l'année. Je ne savais pas si c'était le fait d'avoir appris la nouvelle qui me donnait soudain cette impression de lassitude mais je ne supportais plus une seule seconde la vue de ce faux ciel, de ces faux nuages, de ces faux oiseaux, et de toutes ces choses qui n'étaient rien d'autre que des images. Je m'étais alors précipité pour rabattre les écrans, qui s'abaissaient à présent pour laisser place à ce qui se trouvait réellement derrière les vitres. Des blocs de béton fuyant vers le ciel à perte de vue, allongés comme des immenses bras en métal, regroupés par centaines. Leur architecture était si parfaite, si millimétrée, que j'avais l'impression de faire partie d'un organisme vivant. Les immeubles et leurs embrachements paraissaient d'ailleurs tels des structures d'ADN, comme des échelles inarrêtables. Chaque bâtiment était à égale distance, partant du sol jusqu'à des hauteurs que je ne devinais même plus, trop hautes pour être mesurées. Et quand j'essayais d'imaginer la terre, je ne voyais plus qu'une boule parsemée d'épines pointues, qui renfermeraient en leur antre des centaines de milliers d'êtres vivants. Les plus pauvres étaient tout en bas, le ciel ayant été remplacé par des cités entières, paraissant comme des nuages menaçants qui planaient au-dessus de leurs têtes. Les plus riches eux étaient tout en haut, logeant dans leurs sphères, dans leurs tours d'ivoires, la symbolique de l'échelle sociale ayant trouvé son repère physique.
Plus je pensais à ces constructions extravagantes, à cette infinité structurelle, plus j'avais comme une sensation de vertige à l'idée que tout cela avait été fait de nos propres mains. Nous avions fait de la terre autre chose que ce qu'elle était censé être, nous étions partis du sol pour monter jusqu'aux nuages, comme si on pensait pouvoir atteindre Dieu à force de grimper toujours plus haut. Et aujourd'hui on jouait encore à Dieu, donnant la vie à une planète qui ne l'avait plus connue depuis des millénaires.
C'est ce qui me dérangeait ce matin, je crois, la raison de ma frustration en voyant Lou apparaître sur l'écran, la raison de mon envie de détruire les autres écrans, celle qui me tracassait depuis toujours : Nous ne sommes plus des hommes, nous sommes autre chose. Plus rien de ce qui nous entoure n'est vrai, et plus rien de ce qui nous entoure nous semble vivant. En regardant Lou, j'avais ressenti le même sentiment qu'en regardant mon arrière-arrière-grand-père dans son lit de mort : Je ne voyais pas un être humain, je voyais une chose. Est-ce que les gens qui me regardaient voyaient eux aussi une chose ? Est-ce que les gens se regardaient comme ils regardaient les écrans, en ne sachant plus distinguer ce qui est vrai ou faux, ce qui est vivant ou mort ? À partir de quand la frontière entre la réalité et la fiction était devenu si étroite qu'il était impossible d'en déterminer la place exacte ?
Je m'étais posé ces questions des centaines de fois, et la réponse avait toujours été la même: Je ne peux pas savoir. Et quand, dès mon plus jeune âge, j'avais fait part de mes troubles à mes parents, avec la maladresse propre aux enfants qui découvrent un monde qu'ils ne comprennent pas, mon père m'avait répondu la même chose que son père lui avait dit quand lui aussi était jeune : Tu ne connais que ça donc tu ne peux pas comprendre. On ne peut pas comprendre ce qu'on a jamais connu. C'était finalement la réponse qui m'avait semblé la plus difficile à accepter, celle qui signifiait que quoique je fasse, je n'avais aucun moyen de comprendre. Et quand on ne peut pas savoir les choses, nous avons deux solutions : Soit on reste hanté par les questions sans réponses, soit on invente les réponses nous-mêmes. En installant les écrans dans mon appartemment, en menant la vie que tout le monde menait, j'avais choisis. Mais ce choix n'en restait pas moins un mensonge. Un mensonge collectif qu'on s'était donné tant de mal à rendre crédible au fil des générations qu'il avait supplanté la réalité.
« Je mens. » Ai-je alors murmuré à l'attention de l'immeuble qui se trouvait en face du mien.
« Je mens, et je te le dis à toi, bloc de béton. »
Le soleil n'était encore qu'une vulgaire tâche qui essayait de se frayer un chemin dans les minces couloirs d'air libre, créant finalement plus d'ombre que de lumière. Pourtant, une légère teinte orangée semblait avaler les immeubles, comme si une énergie invisible flottait dans l'atmosphère, permettant à la lumière de scintiller sur les parois. J'avais alors remarqué une silhouette, quelques étages plus bas. Surpris j'avais levé la main pour la saluer. J'avais sursauté quand la silhouette avait elle aussi tendue son bras en même temps que moi. Puis un rire nerveux m'avait secoué. Ce n'était qu'un reflet. Mon propre reflet. Plus personne ne regardait à travers les vitres, et derrière le reflet de la silhouette devait se trouver une autre personne en train de contempler le même ciel que je contemplais il y a encore quelques minutes. Plus personne ne regardait à travers les vitres, mis à part moi.
« Bienvenue dans ce monde Lou. Dans notre monde. »
Ai-je dit avant de me retourner. Aujourd'hui j'avais une séance de thérapie conjugale, comme c'était le cas trois fois par semaine. Aujourd'hui j'avais une séance de thérapie conjugale, donc j'allais mettre la cravate noire.
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OK. Je suis pleinement satisfait de mon chapitre : Introduction du contexte, du personnage et préparation douce de l'intrigue.
Par contre je suis déçu pour vous parce que pas mal de mots sont en italiques et ça donne une vraie puissance au texte qui se perd un peu sans l'italisme.
Mais bon, j'espère que ça vous plaît, la suite viendra en début de semaine.
Ca me désole de voir que personne ne te lit ... Je vais faire un effort. Je ne te promets pas une date précise, mais je te lirais
...
ps : je sais que je n'ai pas fini l'autre texte, mais je m'y atèle
.
J'ai lu les deux premiers textes et j'aime =)
Je suis à la plage donc je te dirai mes impression ce soir ou demain
Je comprends que les gens ne lisent pas forcément tout de suite ; moi-même j'ai du mal à lire tous les forumeurs que j'aimerais lire par manque de temps !
J'espère juste que des âmes perdues trouveront leur chemin ici un jour ou l'autre.
Bref, cool dex, j'attends ton avis plus détaillé, car je pense avec ces trois premiers chapitres avoir fait quelque chose au-dessus de "Désillusions" et "Bang Bang".
J'ai dévoré les trois premiers chapitres. Des thématiques à la hauteur de ton style, un futur crédible et pas trop tape à l'oeil... Le premier chapitre surréaliste m'a intrigué donc j'aime. Tu es vraiment talentueux, je lirais la suite et ça me fait penser que moi aussi je devrais poster quelque chose...
j'ai tout lu et effectivement, il y a un net progrès entre cette fiction et désillusion
mais tant que je n'aurai pas lu celle ci dans son intégralité je ne pourrai pas te dire laquelle je préfère.
j'essayerai de te faire un com plus complet plus tard mais là je viens de me lever et je suis trop crever. ![]()
Merci à vous pour vos retours, ça fait plaisir.
Le quatrième chapitre viendra dans la nuit.
Sinon, oui, ce serait sympa de te lire Psyclo.
Et toi aussi, Dex, j'attends la suite (je vais lire le prologue aussi). ![]()
Chapitre 4
Bug
Que ma femme ait décidé de me quitter à deux jours de mon anniversaire n'était pas la chose la plus surprenante qui soit. Parmi toutes les heures passées avec moi, le portrait qu'elle avait dressé, bien qu'il n'était pas tout à fait exact, n'était pas vraiment inexact non plus. De ce fait, la seule chose qui soit surprenante est qu'elle ne m'ait pas quitté plus tôt. Cela nous aurait évité de perdre du temps dans le bureau de Mme Peyr. Cela nous aurait évité de perdre du temps tout court.
Ce que j'aurais pu lui dire, c'est qu'elle n'avait vu que mon mauvais profil, que toute une partie de moi restait encore à déterminer, comme la face cachée d'une lune qui pourrait encore se dévoiler, si on l'y poussait un peu. Et je suis persuadé que si j'avais agis ainsi, que je lui avais donné l'occasion d'espérer, elle aurait replongé les mains dans la peinture, prête à me laisser occuper le centre de sa toile encore de nombreuses années ; parce que Susan, si ce n'était pas une femme naïve, c'était une femme qui faisait confiance facilement. J'aurais eu juste à choisir mes mots, à guider mon regard, à toucher ses épaules et ses joues avec réconfort, et elle aurait fini par sécher ses larmes, prête à croire en à peu près tout et n'importe quoi pour retrouver un sourire perdu, prête à rêver éveillée encore un peu en son fantasme qui s'appelait David.
Mais David n'était pas un fantasme, il n'était rien d'autre qu'un fantôme. Un fantôme qui savait que sa femme était trop jolie et trop bonne pour se perdre avec lui. Un fantôme qui ne voulait pas l'entraîner par la main dans le royaume des morts où tout n'était que déchéance, pour lui laisser une chance du côté des vivants. Le fantôme lui avait pris la main sans la toucher pour lui indiquer une autre direction, un autre chemin où derrière des contours ombrageux se cachait peut-être une légère éclaircie ; un peu de paix, enfin. Et si cela devait déchirer le cœur du fantôme ça n'avait pas d'importance ; car il n'en avait pas. Le seul qui comptait était celui qui battait encore, et qui à défaut de battre dans le vide devait battre pour quelqu'un d'autre. Le fantôme lui était trop fatigué pour dévoiler sa face cachée, et sa femme perdrait trop de temps à dessiner cette nouvelle face sur sa toile. Tant de temps que les couleurs auraient disparues, que la toile serait déchirée, et qu'il ne resterait rien d'autre que l'illusion d'un dessin qui n'avait en réalité jamais été peint.
C'est dans la peau du fantôme que je me dirigeais jusqu'à mon bureau. À présent, j'en étais sûr : Cette peau n'était qu'une image et les gens ne voyaient en moi rien d'autre qu'un écran. À l'intérieur, c'était simple, il n'y avait qu'un fantôme.
Il était une heure de l'après-midi quand je franchis le seuil de mon département. S'y s'alignaient des rangées de bureau à perte de vue, des employés au téléphone formant un chœur orchestral des plus détestables, des cadres qui ne faisaient que passer avec des dossiers précieux entre les mains, et des robots qui s'agitaient en silence pour supprimer la moindre poussière sur le sol, la moindre défaillance de l'image, aussi discrets que de légers coups de gommes sur du papier blanc.
S'il était une heure de l'après-midi et que je commençais tout juste ma journée de travail ce n'était pas grâce à quelques horaires avantageuses. Non, je me levais aux aurores, comme tout le monde, et je me couchais bien après que le soleil ne le fasse, comme tout le monde. La seule différence étant que d'avoir son meilleur ami comme patron permettait ce genre d'exceptions à la règle. Marc, qui me connaissait depuis mon tout jeune âge et qui dirigeait mon département était au courant de la situation de crise dans laquelle se trouvait mon mariage. Depuis quelques semaines il me laissait donc trois matinées de libres sur sept, et même s'il ne le spécifiait pas de manière explicite, ces incartades commençaient à le rendre mal à l'aise, partagé entre un statut qu'il n'arrivait pas à assumer complètement (celui de patron) et un autre qu'il n'était pas sûr de pouvoir assumer jusqu'au bout (celui d'ami). Cette rupture soudaine servirait au moins à quelque chose : Soulager le conflit moral qui rongeait l'esprit de Marc.
Il m'attendait d'ailleurs devant mon bureau (qui faisait face au sien ; sorte d'habitude prise dès l'école primaire lorsqu'on partageait la même table) avec un grand sourire qui n'en paraissait pas moins nerveux.
« Alors ? » Avait-il demandé.
« Ça va, on recolle les morceaux. » Avais-je rétorqué, trop épuisé pour dire la vérité.
« Elle va revenir ? »
« Ça se pourrait bien, oui. C'est même très probable. » Avais-je dit avant qu'il ne me laisse entrer dans mon bureau, sans me suivre, apparemment soulagé, pour une raison qui aurait pu être tout autre que le simple plaisir de me voir remonter la pente, mais que je préférais imaginer comme cela, parce que cette journée était trop sombre pour que je me mette à imaginer autre chose.
Mon métier consistait en ce que je jugeais être rien d'autre qu'une attente interminable. La seule chose que j'avais à faire était de m'installer derrière un bureau, de regarder des écrans dévoiler les infrastructures des immeubles, où chaque secteur était représenté par un carré vert (signe d'état normal). Dès qu'un carré virait au rouge je n'avais qu'à procéder à quelques manipulations pour que les robots en place dans le secteur concerné remédient au problème. Je n'étais qu'un cerveau qui dictait aux membres quoi faire lorsqu'un autre cerveau lui disait qu'il y avait une anomalie. Un des deux cerveaux était humain et l'autre artificiel mais les deux faisaient finalement la même chose toute la journée. C'est pourquoi je ne voyais en mon métier qu'une tâche robotique aussi insignifiante que celle des machines qui s'activaient à nettoyer les moindres recoins de mon bureau. Être « responsable de la sécurité » ne ressemblait en fin de compte qu'à jouer à un jeu vidéo beaucoup trop facile et beaucoup trop ennuyeux. Et comme tous les métiers trop faciles et trop ennuyeux, ce qui était censé être une période de transition, un moyen de gagner sa vie avant de trouver « mieux », était devenu un quotidien trop vite banalisé, qui durait maintenant depuis des années. C'est en faisant une énième manipulation que je compris le sentiment qu'avait pu ressentir ma femme en vivant à mes côtés. L'impression de se lever chaque matin et de se coucher chaque nuit avec la sensation que la journée qui s'était écoulée n'avait pas existé ; et après tant de journées qui n'existaient pas, on se réveillait un jour et on se rendait compte qu'en additionnant toutes ces journées qui n'existaient pas nous avions des années qui elles existaient bel et bien.
Et tandis qu'une nouvelle journée qui n'existait pas était en train de se terminer le jeu se compliqua, comme si un bug avait soudainement décidé de faire son apparition pour rendre la partie un peu plus difficile. Un des carrés avait viré au rouge, c'était une zone inhabitée où passaient autrefois des lignes de T.I. désormais désaffectées. Les robots ne répondaient pas eux non plus, ce qui me fit immédiatement froncer les sourcils parce que c'était bien la première fois que ça m'arrivait. Il ne me restait donc comme solution qu'à me rendre sur place pour essayer de comprendre ce qui avait engendré cette paralysie soudaine. Équipé de ma caisse à outils je sortis de mon bureau, ce qui poussa Marc à en faire autant.
« Où tu vas ? » Demanda-t-il en passant sa tête par l'entrebâillement de la porte.
« Zone C, secteur 16. » Répondis-je machinalement.
Il haussa les sourcils et insista tandis que je continuais de m'éloigner :
« Pourquoi tu n'envoies pas les robots ? »
« Ils sont tous HS. »
Il ne dit rien de plus. Je pouvais sentir son hésitation à me croire mais je ne m'en souciais pas. Je continuais de marcher en faisant toujours de plus grandes enjambées, impatient de quitter cet endroit, motivé par ce qui était – au moins – une variante à la banalité.
Le secteur 16 se situait sous un nouveau centre commercial. C'était la raison pour laquelle les lignes y étaient devenues inutilisées, le centre commercial, qui était un de ces endroits si peuplé et si grand qu'il semblait être une ville à lui tout seul, ayant absorbé le réseau de T.I. La mince jonction que représentait le secteur 16 étant donc tombée dans l'oubli. À mesure que je descendais les marches qui séparait ce plateau de vie, bouillonnant d'agitation, du secteur abandonné, je commençais à ressentir la fraîcheur du lieu déserté, où plus personne ne mettait les pieds ; la chaleur environnante, presque suante, s'étant rapidement transformée en vagues glaciales.
Quand j'eus poussé la porte sur laquelle le chiffre 16 peint en lettres noires semblait s'être desséché je me retrouvai plongé dans la pénombre. La porte se referma derrière moi et j'allumai alors ma lampe, me guidant parmi les vestiges métalliques. En projetant le faisceau lumineux je pouvais distinguer les deux extrémités de la ligne principale, aux issues condamnées. Les cabines siégeaient avec désordre le long de ces lignes, et ce qui étaient autrefois des aires d'attentes étaient à présent des endroits jonchés de barreaux et de plaques en tous genres, si bien que je concentrais bientôt le faisceau uniquement sur mes pieds, incapable de trouver mon chemin autrement.
Rapidement j'arrivais aux robots de réparation, qui, s'ils n'étaient pas en train de fonctionner la veille, m'auraient parus être inutilisables depuis des décennies. C'était de vieux modèles, que je pensais n'avoir encore jamais vu, et tout ce que je pouvais essayer de faire pour les relancer n'aboutissait à rien. Ces robots là, ils étaient finis, et ça ne datait pas d'aujourd'hui. Le secteur 16 dans son entièreté me donnait l'impression d'avoir toujours été comme ça, et je me demandais bien qui pouvait encore se soucier de son état. Ce que je ne comprenais pas c'était pourquoi l'ordinateur m'avait signalé un problème. Je commençais à soupçonner un véritable bug lorsque j'entendis un bruit sourd provenir du bout de la ligne. C'était quelque chose qui semblait s'être écrasé contre le sol, dans l'une des cabines du fond. Je commençais à m'approcher avec prudence lorsque je pris la décision que je n'avais rien à faire là-bas. Rattrapé par la raison – et un soupçon de peur – je préférais me diriger jusqu'aux escaliers. C'est alors qu'une voix se fit entendre, quelque part derrière moi. Une voix timide, de fillette, qui avait hurlé :
« Attendez ! »
Après m'être retourné j'avais vu sa tête dépasser d'une cabine. C'était celle qui était la plus éloignée, la seule a être encore solidement posée sur les rails. Aveuglée par la lumière que je projetais sur son visage elle tenait ses bras devant ses yeux. Une fois que j'étais arrivé à sa hauteur je lui avais demandé :
« Qu'est-ce que tu fais là ? »
C'était une enfant à laquelle je ne donnais pas plus de dix ans, aux origines asiatiques et à la mine épuisée, qui me regardait avec des yeux qui semblaient implorer la pitié.
« Qu'est-ce que tu fais là ? » Répétais-je en m'accroupissant devant elle.
Elle hésita puis murmura :
« Ils viennent me chercher. »
« Qui ça ? Tes parents ? Ils t'ont laissé ici ? »
« Non, pas mes parents. Eux, ils viennent me chercher. »
Sa voix était fatiguée, je pouvais sentir qu'elle faisait un effort intense pour prononcer la moindre syllabe. Et c'est sur cette fatigue que je remettais l'incohérence de ses paroles.
« D'accord, donc tes parents vont venir te chercher, mais tu sais où ils sont allés ? »
« Mes parents sont morts. »
Je me tus un instant, je ne comprenais pas ce que cette gamine pouvait faire ici, et le fait qu'elle me déclare que ses parents étaient morts avec une telle maturité dans la voix me fit froid dans le dos.
« Bon, écoute... commençais-je incertain, Je vais t'emmener à un poste de police, ils pourront t'aider. »
« Non je ne peux pas y aller. » Dit-elle en dégageant son bras que j'avais déjà attrapé pour l'aider à descendre.
« Pourquoi ? Tu ne veux pas rester ici quand même ? »
« Je ne peux pas, répéta-t-elle, ils viennent me chercher. »
« Qui ça ? »
« Eux. Ils viennent me tuer. »
Après qu'elle ait dit cela j'entendis des bruits de pas lointains, un vacarme qui s'approchait de nous, et secoué par le sérieux de sa voix je me jetais dans la cabine à ses côtés. À peine m'étais-je redressé que la porte par laquelle j'étais entré dans le secteur 16 fut pulvérisée. Je l'entendis voler sur plusieurs mètres et s'écraser violemment contre le sol. Ce qui semblait être des hommes en combinaison pénétrèrent par l'embrasure. Du moins ce que mes oreilles jugeaient être des hommes en combinaison.
« Qu'est-ce qu'ils foutent bordel ? » Demandais-je alarmé, incapable de comprendre comment j'avais pu me retrouver dans cette situation.
La fillette ne fit rien d'autre que mettre un doigt sur sa bouche pour me faire signe de me taire. Mais la panique ne cessait de croître, les hommes approchaient et nous étions piégés. Si la petite avait raison, nous étions morts, si elle délirait, alors comment je pourrais expliquer ma présence ici, avec elle ? Les deux issues étaient déprimantes mais l'une d'entre elles l'était toujours moins que l'autre. J'envisageais alors de sortir, de lever les mains et de dire :
« Tout va bien, tout va bien. »
Mais je n'en avais pas le courage, je préférais encore rester dans l'ombre, même si ça ne changeait que quelques secondes à ce qui était semble-t-il devenu inévitable : Ils allaient nous trouver ici et je n'aurais rien à dire pour justifier cela. Je travaillais, je ne faisais que travailler, c'est vrai. Mais si le carré rouge était redevenu vert ? Si le carré vert n'était jamais devenu rouge ? Qui pourrait me croire ? Même moi j'avais du mal à me croire.
La petite fille me regardait avec espoir, attendant probablement que je la sorte de là par un quelconque miracle. Non petite, comme je l'ai toujours fait, je vais te décevoir, je n'ai rien, absolument rien. Les hommes n'étaient à présent plus qu'à quelques mètres de nous, si bien que j'avais l'impression de sentir leur souffle. Je tournai la tête vers ma gauche, m'apprêtant à me retrouver face-à-face avec... avec qui déjà ? Avec quelqu'un qui va te creuser une balle dans la poitrine, ou pire, répondit une petite voix dans ma tête.
À moins que... pensais-je soudainement. Sans réfléchir je plongeai sur le tableau de bord et j'appuyai sur le bouton pour démarrer la cabine. Durant des centièmes qui me parurent être une éternité je me dis qu'il faudrait un miracle pour qu'elle soit encore en état de fonctionner. Mais les miracles interviennent souvent au moment où l'on s'y attend le moins, et alors que les pas étaient juste là, à un mètre, peut-être deux, les portes se refermèrent brutalement, la cabine se souleva du sol et fila en avant. Elle enfonça des barrières de protection qui lui infligèrent de violentes secousses, nous propulsant contre la portière de droite. Elle remonta à toute vitesse jusqu'à la ligne du centre commercial, arrivant comme un boulet de canon. Mais son état déjà incertain s'était détériorée avec le choc, sa vitesse chuta soudainement et la cabine perdit toute sa puissance, retombant sur le sol dans un grand fracas. Après avoir été ballotés dans tous les sens nous étions écorchés, en sang, mais nous étions sains et sauf, et c'est tout ce qui comptait. La fillette ne disait rien, elle s'accrochait à moi en me serrant de toutes ses forces tandis que je bondissais hors de la cabine, sous l'œil horrifié des passants. Quelques secondes plus tard j'entendis un nouveau bruit, de nouveaux hurlements, une autre cabine s'était cogné contre la notre, immobile sur les rails. Mais je ne regardais pas en arrière, je courrais aussi vite que je pouvais, la petite dans les bras, fuyant en bousculant des hommes et des femmes ébahis.
Ce n'est que lorsque que l'on s'engouffra dans une nouvelle cabine et qu'on se dirigea vers chez moi que j'osai reprendre mon souffle. Entre les gouttes de sang, la nervosité et la peur je ne réfléchissais plus et lorsque mon pouls retomba à un niveau à peu près normal je ne trouvai rien d'autre à dire que :
« C'était quoi, ça ? »
Avec la même précipitation on finissait par se retrouver chez moi, muets et essoufflés. J'étais toujours sous le choc et je crois que j'étais encore plus terrorisé que la petite fille, qui attendait sagement que je lui dise quoi faire. Elle se tenait devant moi pendant que je m'appuyais le dos contre le mur, suffoquant bruyamment, regardant vers le plafond comme s'il allait m'apportait des réponses. Puis je reposai les yeux sur son visage en attente et je lui demandai :
« Comment tu t'appelles ? »
« J'ai pas de nom. » Répondit-elle après avoir réfléchie en fronçant les sourcils.
« Comment ça tu n'as pas de nom ? Tout le monde a un nom. » Dis-je en osant esquissé un léger sourire, conquis par l'innocence de la gamine, malgré ce que je classais définitivement comme étant la pire journée de ma vie.
« Pas moi. » Affirma-t-elle avec sévérité, apparemment vexée.
« Bon. On va t'appeler Bug alors, ça te dérange pas ? »
Elle haussa les épaules et continua d'attendre.
« Qui es-tu, Bug ? » Pensais-je en la regardant fixement.
Bug la petite asiatique. Bug la petite asiatique qui m'avait mis dans la merde. Bug la petite asiatique qui m'avait mis dans la merde mais qui était fascinante.
Bonjour,
Je vais m'atteler à ton texte dès aujourd'hui ![]()
Mon modeste commentaire devrait suivre dans la soirée ![]()
OK. Bonne lecture, alors. ![]()
Hop, une petite liste non-exhaustive des remarques que je me fais tout au long de la lecture, complétée au fur et à mesure. Des remarques, mais aussi quelques signalisations de fautes ou d'oublis au cas où
- "Si je n'avais jamais su savoir (qui il était vraiment)" est-ce volontaire ? Si oui, cela porte à réflexion, je me suis creusé la tête pendant pas mal de minutes ! Su savoir... Vraiment pas mal
- "qui viennent me rappeler ce que j'ai toujours crains" => ce que j'ai toujours craint*
- "elle retrousse légèrement ses lèves" lèvres*
- "eux qui avaient tellement aborder le sujet" abordé*
- "Feignant l'émotion" j'aime beaucoup
- "les mots qui allaient occupés" occuper*
- "tous ceux qui entouraient mon appartemment" appartement*
- "que ce qu'elle était censé être" censée*
- "Tu ne connais que ça donc tu ne peux pas comprendre. On ne peut pas comprendre ce qu'on a jamais connu" Maladroit ! Ce paradoxe est-il voulu ? En effet, si on comprend seulement ce qu'on connaît, le narrateur devrait comprendre l'unique chose qu'il connaisse, non ? Bref je me comprends, oublie c'est pas grave
- Excellent, la boucle bouclée du chapitre 2, avec la cravate, j'adore ! De même bravo pour la métaphore du spectateur de tennis du chapitre 3
- "je m'étais accommodé de ce qui semblait être" à ce qui semblait*
- "tous mes espoirs se dissipaient toujours" Enlève le "tous", ce sera plus léger
- "qui finissait de me faire craindre" => qui acheva de*
- "elle aurait replongé les mains dans la peinture, prête à me laisser occuper le centre de sa toile encore de nombreuses années" C'est beau
- "S'y s'alignaient des rangées de bureau" Bug
=> S'y alignaient !
- "quelques horaires avantageuses" avantageux*
- "Mon métier consistait en ce que je jugeais être rien d'autre qu'une" Un peu pâteux, il faudrait simplifier !
- "Je me tus un instant, je ne comprenais pas [...]" Un point serait ici préférable à une virgule, afin de savourer pleinement le silence suivant le verbe "se taire"
- "Les deux issues étaient déprimantes" est-ce vraiment le terme qui convient le mieux ?
- "Avec quelqu'un qui va te creuser une balle dans la poitrine" => verbe mal choisi, on ne creuse pas de balle !
- "son état déjà incertain s'était détériorée" détérioré*
- "après avoir réfléchie" réfléchi*
- "Avec la même précipitation on finissait par se retrouver chez moi, muets et essoufflés" cette phrase résonne bizarrement dans ma tête après l'avoir lue plusieurs fois, je ne sais vraiment pas pourquoi !
- "en osant esquissé" esquisser*
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Je viens d'achever la lecture des quatre chapitres. D'un point de vue plus général que la liste précédente, si j'englobe ton texte, il en ressort une appréciation réellement positive. Si j'ai été si précis et parfois mono-maniaque dans ma lecture, c'est parce que tu as beaucoup de talents, et j'ai pu alors rentrer dans les détails. Tu as une bonne plume et une bonne imagination. Ton style est très plaisant, un mélange subtil d'ironie, de lassitude et de désillusion. Vraiment un bon début de nouvelle. Si je peux me permettre un conseil : fais plus de descriptions afin que nous, lecteurs, puissions réellement visionner l'environnement de David et plus aisément se glisser dans sa peau.
Du reste j'attends avec impatience les chapitres suivants, et j'espère t'avoir fait avancer dans le bon sens avec ces petites corrections et remarques ![]()
Déjà merci pour les corrections minutieuses.
Sinon j'ai remplacé "déprimantes" par "terrifiantes" ; "creuser" par "foutre" ; "Mon métier consistait en ce que je jugeais être rien d'autre qu'une attente interminable" par "Mon métier consistait en ce que je jugeais être une attente interminable." ; "Avec la même précipitation on finissait par se retrouver chez moi, muets et essoufflés" par "Sur le même rythme effréné on finissait par se retrouver chez moi, muets et essoufflés." (je pense que c'est le "avec" qui sonnait trop bizarre.)
Content que ça t'ai plu ; je ne suis pas un fan des descriptions donc j'avoue que je laisse beaucoup de points vides concernant l'univers, mais ça va se développer petit à petit. Le cinquième chapitre suivra demain. ![]()
Ah, bonnes corrections
Je lirai le cinquième chapitre demain alors ! Mon p'tit commentaire suivra. Cette nouvelle m'a donné envie de lire Désillusions tiens, je m'y mets.
Chapitre 5
?
Ce n'est qu'après m'être douché et habillé que je me rendis compte de ce que j'étais en train de faire. Une fillette se trouvait chez moi, assise à ma table, mangeant ma nourriture, et je n'avais pas la moindre idée de la façon dont tout ça était arrivé. Ma journée n'était plus qu'un vaste brouillard qui s'épaississait à mesure que j'essayais de l'éclaircir. J'avais des souvenirs d'images mais pas de faits, comme si je me réveillais d'un rêve auquel il manquait trop d'éléments pour être cohérent. Les seules choses que je gardais en mémoire étaient des détails insignifiants : Un bébé prénommé Lou, une cravate noire, une mouche, une poussière sur le sol, des carrés verts et rouges, et du sang sur mes joues qui semblait refuser de s'effacer. Rien d'autre. Mes pensées constituaient un immense puzzle qui me paraissait interminable, et dès que je pensais qu'une pièce coïncidait avec une forme c'est comme si la forme changeait d'elle-même pour me faire repartir à zéro, me narguant et me laissant m'enliser dans mon incompréhension. La seule chose qui était sûre était qu'une petite fille que j'avais surnommé Bug était en train de manger en face de moi, les yeux rivés sur la télévision du salon, vautrée dans le silence depuis de longues minutes.
« Qu'est-qui s'est passé là-bas ? » Avais-je insisté pour la troisième fois.
Mais Bug ne répondait plus. Elle était resté muette depuis qu'elle m'avait avoué ne pas avoir de nom. Elle avait pénétré au sein de l'appartement en le regardant avec des yeux écarquillés, palpant chaque objet avec une curiosité qui ressemblait à de l'angoisse. Après quoi elle avait passé une dizaine de minutes les mains appliquées contre un des écrans. Je crois qu'elle essayait de voir quelque chose à travers le ciel artificiel, mais il n'y avait rien à voir hormis quelques constellations d'étoiles et d'énormes trous noirs. En entrant dans la salle de bain elle avait poussé un cri aigu ; et quand je m'étais précipité à l'intérieur pour voir ce qui la terrifiait je l'avais trouvé agenouillé devant l'écran-miroir, grelottante, cognant de toutes ses forces contre l'image. Elle mettait une telle détermination dans ses coups que dans un premier temps je n'avais pas osé l'approcher. Puis je m'étais baissé vers elle et je l'avais emmené dans le salon. Emmener n'étant pas le mot qui convient, puisque j'avais littéralement du la soulever et l'entraîner de force pendant qu'elle se tortillait dans tous les sens en hurlant et en lançant des coups de pieds dans le vide. Je l'avais posé sur le canapé et j'avais attendu qu'elle se calme. Pendant encore plusieurs minutes elle s'était débattue, j'avais du faire des efforts pour la maintenir en place, interloqué devant son attitude qui ressemblait à une crise d'hystérie incontrôlable (qui m'avait rappelé ma femme le matin même ; ravivant en moi le souvenir de ce rendez-vous que mon cerveau avait déjà éclipsé).
Et puis plus rien. Elle s'était arrêté de bouger, si brutalement que j'avais craint un instant qu'elle ne se soit évanouie. Mais elle avait gardé les yeux bien ouverts, son corps cependant ne semblait plus réagir. C'était donc une petite fille amorphe qui avait soudain remplacé la petite fille convulsive, de manière si instantanée que j'avais l'impression qu'une deuxième personne venait de remplacer la première. Je lui avais demandé si elle allait bien, elle avait hoché la tête, je lui avais demandé si elle avait faim, elle avait hoché la tête. C'était cette série d'évènements incohérents, auxquels je ne donnais plus d'ordre précis, qui avaient ponctué ma journée entière, m'amenant vers la seule vérité à laquelle je pouvais me raccrocher : Une petite fille que j'avais surnommé Bug était en train de manger en face de moi.
Qu'est-ce que j'étais censé faire de ça ? Une partie de moi regrettait d'avoir posé les pieds dans le secteur 16, de s'être retourné à la place d'avoir ignoré le cri. Cette partie de moi aurait pu remonter les escaliers, retourner travailler et prétendre que rien n'était jamais arrivé. Cette partie de moi serait ensuite rentré chez elle et elle aurait passé la nuit à se morfondre dans l'alcool en pensant à sa femme, ou bien elle se serait simplement couché en attendant qu'on lui annonce qu'il était sept heure trente-cinq, concédant que cette nouvelle journée ne pouvait pas être pire que la précédente. Mais une autre partie de moi détestait cette partie là, celle qui ne se contentait que de la médiocrité, celle qui arborait de faux sourires, celle qui ne voyait rien d'autre que ce que les écrans voulaient bien lui montrer. C'est pourquoi cette autre partie de moi qui détestait cette partie là s'était retourné. Parce que, d'une manière ou d'une autre, en se retournant elle avait gagné le combat. L'autre partie avait disparue et il ne restait à présent plus qu'elle. Et si cette autre partie de moi n'était pas parfaite, elle avait au moins des oreilles pour entendre et des yeux pour voir, de ce fait, cette autre partie de moi était au moins un peu humaine.
C'était cette autre partie de moi qui regardait la petite Bug manger. La petite Bug elle regardait les informations. Le sujet n'avait pas changé depuis ce matin. Lou était né. Lou avait plusieurs heures à présent et ce qui était l'information capitale de la matinée, celle de sa naissance, paraissait à présent être devenue une information démodée dans les propos des journalistes. On ne parlait plus du bébé, mais on parlait de ce que le bébé symbolisait. Elle était le symbole de la conquête d'un monde et le journal télévisé s'enthousiasmait sur ce qui serait la première ville Martienne : Denka. Denka était un complexe d'une dizaines de tours, toutes capables de contenir jusqu'à plus de cent mille personnes. C'était donc plus d'un million d'humains qu'un avenir Martien attendait. Les robots en avaient achevé la construction depuis plusieurs semaines ; mais les premières images avaient attendu que Lou soit né pour se dévoiler. Pour que tout concorde, pour que tout arrive en même temps, et la vie allait donc se jeter sur Mars comme les spermatozoïdes se précipitent sur les ovules, motivés par le désir d'un monde nouveau. La journaliste – toujours la même blonde insignifiante – nous donnait des chiffres colossaux : Deux cent milles billets avaient déjà été vendu, en moins de vingt-quatre heures. Elle tenait ses fiches entre ses mains, hurlant presque les informations qu'elle recevait et qui évoluait de minute en minute, excitée par ce qui était devenu ce qu'elle qualifiait de l'une des périodes les plus capitales de l'histoire de l'humanité. En découvrant tout cet engouement, en découvrant des images de célébration partout à travers le monde, je ne pouvais qu'avouer que j'avais tort : La naissance de Lou ne changeait pas rien, elle changeait tout.
Une femme était interviewé aux côtés de son mari, en larmes, tenant un billet entre ses mains comme elle aurait tenu une place pour un paradis vivant. Elle nous disait en sanglotant à la fin de chaque mot qu'elle allait pouvoir être maman. Que toutes les restrictions qui s'appliquaient sur Terre n'allaient plus gâcher sa vie. Et elle concluait en disant qu'en ayant la possibilité de donner la vie, elle avait elle-même l'impression de naître une seconde fois. Je m'étais définitivement trompé, ces billets, c'étaient de nouvelles vies, pour tous ceux qui les avaient entre les mains.
« Ils ont tort. » Avait murmuré Bug après que la journaliste ait repris la parole.
La petite Bug se décidait à parler à nouveau. Mais son visage était toujours aussi inexpressif. Elle ne croquait plus dans la nourriture, à présent elle ne faisait que regarder les images.
« Pourquoi tu dis ça ? »
Elle avait détourné ses yeux de l'écran pour la première fois depuis qu'elle s'était assise à table et elle m'avait fixé de son regard pénétrant. Le même qu'elle m'avait jeté lorsqu'elle m'avait dit que ses parents étaient morts. Ce regard qui me donnait l'impression qu'elle savait quelque chose, que ce n'était qu'en regardant ce regard et en écoutant cette voix que je pouvais comprendre ce quelque chose.
« Il n'y a rien à trouver là-bas. » Avait-elle répondue.
« Sur Mars ? »
Sa tête s'était balancé de haut en bas pour acquiescer.
« Pour qu'il y ait quelque chose à trouver il faudrait déjà que les gens cherchent quelque chose, tu ne crois pas ? » Lui avais-je alors indiqué.
« Tous ceux qui fuient vers l'inconnu cherchent quelque chose. » Avait-elle rétorqué d'une voix assurée.
Son affirmation était si définitive que je n'avais pu que hausser les sourcils et répondre :
« Vraiment ? »
« Oui. D'ailleurs je crois que tout le monde cherche quelque chose. »
« Et qu'est-ce que je cherche, moi, alors ? »
Elle m'avait considéré un instant puis avait déclaré :
« La vérité. »
Je n'avais pas l'impression de parler à une fillette, j'avais l'impression de parler à quelqu'un d'autre. C'était comme si un cerveau de femme habitait un corps d'enfant. Bug portait bien son nom ; Bug était incompréhensible.
« Qui es-tu à la fin ? » Avais-je demandé, sidéré par tant de pertinence.
Elle n'avait pas répondue, elle avait seulement étiré ses bras en murmurant :
« Je suis fatiguée. »
J'avais d'abord cru qu'elle étirait ses bras car elle s'apprêtait à bâiller. Mais elle attendait simplement que je la prenne dans les miens pour l'emmener jusqu'à sa chambre. J'étais circonspect devant ce qui était un mélange entre des attitudes purement enfantines et des réflexions bien trop matures pour une fille de son âge. Toujours abasourdis par cette brève discussion je la portais jusqu'à la chambre d'ami et je la déposais ensuite délicatement dans le lit avant de la recouvrir des couvertures. Elle m'observait quitter la pièce et j'osais alors un «bonne nuit» auquel elle répondit par un léger sourire. Pris au dépourvu les mots qui sortirent ensuite de ma bouche me donnèrent l'impression de sortir de la bouche de quelqu'un d'autre :
« Tu veux que je te raconte une histoire ? »
Son regard était redevenu froid et inexpressif et je m'étais alors précipité pour sortir de la pièce. Une fois la porte refermée je m'étais adossé dessus et je m'étais dit à voix haute :
« Qu'est-ce que je fous bordel ? »
Je m'étais ensuite convaincu que j'y verrais plus clair après une nuit de sommeil. Tout était encore trop fais pour être décrypté, et je tentais de me convaincre que oui, même si je ne le croyais pas pour l'instant, tout était décryptable.
M'étant installé devant l'ordinateur j'essayais de réfléchir à une excuse que je pourrais trouver pour justifier de ne pas être retourné travailler. J'imaginais déjà le regard suspicieux de Marc, son image apparaissant dans mon esprit, et j'avais envie de lui dire de me lâcher. Ce qui était sûr, c'était que le « j'ai sauvé une fillette qui allait se faire tuer par des types armés jusqu'aux dents » ne marcherait pas.
L'image de Marc restait incrusté dans ma tête et quand je vis un message s'afficher sur l'écran de l'ordinateur je me mis à penser que c'était lui. Mais ce n'était pas lui, c'était un correspondant anonyme.
« Je sais qu'elle est avec toi. » Avait-il écrit.
En lisant cela je sentis une vague de chaleur remonter le long de mon corps, pris d'une angoisse soudaine ; de celles qui vous secouent quand vous vous y attendez le moins. Les mains tremblantes je n'avais rien à répondre en retour. J'envoyai alors un simple point d'interrogation qui était immédiatement suivi d'un icône m'indiquant que mon correspondant était en train d'écrire.
« Je suis de ton côté. »
C'était son deuxième message. S'il me rassurait quelque peu, je restais méfiant. Je me sentais pris au piège, comme si quelqu'un était en train de me surveiller. C'était le sentiment que j'avais ressentis toute la journée, celui d'être la cible de quelque chose, sans savoir de quoi, et j'avais l'impression que cet échange allait m'apporter les réponses, que je veuille les connaître ou non. Je tapais alors fébrilement sur les touches de mon clavier :
« Qui es-tu ? »
« C'est moi qui l'ai envoyée. »
Il parlait de Bug. Je savais qu'il parlait de Bug. Il savait qu'elle était ici et ça me faisait peur. J'avais envie d'éteindre l'ordinateur et de prétendre que cette conversation n'avait jamais eu lieu. Mais il était déjà en train d'envoyer un nouveau message et mes yeux ne pouvaient s'empêchaient de le lire. Je ne voulais pas savoir, mais il fallait que je sache.
« Il faut que tu la protèges. »
« Pourquoi ? » Avais-je répondu aussitôt.
« Je n'ai pas le temps de tout te raconter. Assure-toi simplement qu'elle reste en sécurité et que personne d'autre ne la voit. Surtout, que personne ne la voit, c'est primordial. Je te contacterai pour te dire quoi faire dès que j'en saurai plus. »
En savoir plus sur quoi ? Mes doigts glissèrent alors sur le clavier d'eux-mêmes, pour poser la question qui me démangeait depuis qu'il était entré en contact avec moi :
« Qui est-elle ? »
Plusieurs secondes passèrent, le vide laissé dans la discussion me donnait l'impression d'un malaise entre nous, comme s'il hésitait à répondre à cette question. Puis l'icône réapparu et la réponse s'afficha sous mes yeux :
« C'est Lou. »
Je ne pouvais pas y croire. Je ne pouvais pas y croire parce que c'était impossible. J'envoyai alors un nouveau point d'interrogation en me demandant si toute cette histoire n'était pas finalement qu'un grand malentendu. J'aurais préféré que ce soit un malentendu. Mais je ne pouvais pas ignorer les images qui suivirent, celles qui me dévoilaient Lou telle que je l'avais vu ce matin, avec quelques mois de plus, puis quelques années de plus, jusqu'à arriver à ce qui était une image exacte de la fillette que j'avais trouvé dans la cabine. Il n'y avait pas de doutes, c'était la même personne. Lou était Bug. Ou plutôt Bug était Lou. Bug était Lou et c'était impossible car Lou était né ce matin.
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Bonne lecture et merci d'avance pour vos retours.
La suite viendra demain ou après-demain ; nous entrons dans le vif du sujet.
Woah, qu'est-ce que c'est bien écrit ! Franchement tu me bluffes. HA j'avais pressenti dès le début que c'était Lou, mais je ne comprenais pas comment c'était possible. Heureux de voir que tout ça va s'éclaircir ! Continue, je te lirai jusqu'au bout personnellement. Bon chapitre
Remarques et corrections :
- "je l'avais trouvé agenouillé devant l'écran-miroir" agenouillée*
- "j'avais littéralement du la soulever" dû*
- "je l'avais posé sur le canapé" posée*
- "Je lui avais demandé si elle allait bien, elle avait hoché la tête, je lui avais demandé si elle avait faim, elle avait hoché la tête. C'était cette série d'évènements incohérents, auxquels je ne donnais plus d'ordre précis [...]" Vraiment un excellent passage. La première phrase est superbement trouvée, la seconde parvient à retranscrire parfaitement la lassitude de David. J'aime beaucoup
- "Une petite fille que j'avais surnommé Bug" surnommée*
- "Une partie de moi regrettait d'avoir posé les pieds dans le secteur 16, de s'être retourné" Soit tu mets un 'e' à la fin de 'retourné' pour accorder au féminin de "une partie", soit tu remplaces s' par m' !
- "à la place d'avoir ignoré le cri" 'au lieu' sonne beaucoup plus juste que 'à la place'
- "serait ensuite rentré" rentrée*
- "elle se serait simplement couché" couchée*
- "s'était retourné" retournée*
- Très sympa ce paragraphe de dédoublement de personnalité ! On assiste à une auto-critique du narrateur, vraiment très intéressante
- "La petite Bug elle regardait les informations" As-tu voulu dire "La petite Bug, elle, regardait les informations" ou "La petite Bug, elle regardait les informations" ?
- "Lou était né" née*
- "les premières images avaient attendu que Lou soit né" née*
- "avaient déjà été vendu" vendus*
- "Une femme était interviewé" interviewée*
- "elle concluait en disant qu'en ayant" un tout petit peu répétitif, les deux participes présents
- "Avait-elle répondue" répondu*
- "Toujours abasourdis" abasourdi*
- "Tout était encore trop fais" frais*
- "L'image de Marc restait incrusté" incrustée*
- "C'était le sentiment que j'avais ressentis" ressenti*
- "l'icône réapparu" réapparut*
- "telle que je l'avais vu ce matin" vue*
- "car Lou était né ce matin" née*
Fais juste gaffe à un truc : pas de majuscule après ':' ![]()
Oui, c'était bien : "La petite Bug, elle, regardait les informations".
Franchement encore un grand merci pour les corrections orthographiques ; et promis, pour la suite, je vais essayer de me relire avec plus d'attention.
Je suis content que ça te plaise toujours autant et que ça te donnes envie de lire les chapitres suivants.
Sinon oui le fait que Bug soit Lou n'est je pense pas une "énorme" surprise puisque je ne décris jamais les personnages (ou presque) et j'avais bien insisté sur ses origines asiatiques. J'avais hésité à le faire mais j'avoue que si je n'avais rien dit sur elle et que d'un coup la surprise tombait, ça arrivait un peu trop comme un cheveux sur la soupe ; c'est pourquoi, même si le doute était sûrement présent depuis sa rencontre avec elle, je préfère encore cette configuration.
Bref, la suite dans la nuit normalement, si je suis chez moi.