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best-07
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Niveau 7
25 août 2012 à 07:46:18

:d) Chapitre 6

Les inconnus.

Les draps et les couvertures recouvraient son corps jusqu'au bas de son menton, si bien que de sa peau il n'y avait pas de traces, juste des contours inévitables formés par les couvertures. Elle était tournée sur un côté, les genoux repliés sur son ventre, et j'imaginais ses petites mains en agripper les extrémités. C'était comme si en formant une boule uniforme, une sorte de petit bouclier humain, elle se protégeait des menaces de la nuit ; de toutes ces mains qui voudraient se poser sur elle, l'arracher à son sommeil, l'arracher à son lit, l'arracher à sa vie. Si elle avait pu attraper la pointe de ses orteils et coller sa tête contre, elle l'aurait fait, uniquement pour sentir que tout son corps était bien là, qu'aucune main extérieure ne pouvait s'en emparer ou détacher un de ses membres sans qu'elle ne s'en aperçoive.

À force de regarder la boule formée par son corps j'avais l'impression de faire un cauchemar éveillé : je distinguais des milliers de mains se précipiter sur elle, tirer férocement sur des couvertures qui s'évertuaient à rester en place. Ce bras de fer brutal finissait par tout déchirer, dans un crissement aigu qui résonnait comme des feuilles de papiers se déchirant en mille morceaux. Malgré leur démonstration de force les mains ne trouvaient pas ce qu'elles étaient venues chercher. Elles balayaient l'air à la recherche de la boule de chair mais la boule de chair s'était déjà envolée, ne laissant derrière elle que de simples plis et des gouttes de sueur.

La boule de chair était dans mes bras et les mains se précipitaient à présent sur moi. La boule de chair ouvrait les yeux en m'implorant de la sortir de là et j'ouvrais les miens lorsque les mains avaient tout recouvert sur leur passage. J'avais fini par m'assoupir, la fatigue avait gagné son bras de fer et ce que je pensais être un cauchemar éveillé n'était en fait qu'un véritable cauchemar. Honteux de ne pas avoir su résister aux bras de Morphée je me redressais sur la chaise précipitamment, essayant de me mentir à moi-même sur le fait que je ne m'étais en réalité jamais endormi.

De là où j'étais je ne voyais que des bouts de sa chevelure se frotter contre les plis des coussins. Ils se soulevaient et s'abaissaient délicatement au rythme de sa respiration. Et cette image de vagues soyeuses qui allaient et venaient était la seule image que j'avais eu sous les yeux durant toute la nuit. Du moins jusqu'à ce que je m'endorme. Mais non, je ne m'étais pas endormi, j'étais juste allé aux toilettes puis j'étais revenu : je ne pouvais pas m'être endormi puisque j'étais celui qui était censé veiller sur elle. Les messages du correspondant anonyme étaient encore ancrés dans mon esprit. Régulièrement j'avais l'impression de les revoir s'afficher. J'utilisais la gomme pour les effacer mais ils revenaient sans cesse. Les mots et les lettres finissaient par se mélanger et il ne restait plus qu'un seul message, qui grossissait et grossissait encore jusqu'à envahir tout mon champ de vision.

« Tu n'as pas le choix. » Disait-il.

Avais-je eu le choix un jour de toute façon ? J'avais l'impression que toute ma vie n'avait été faite que de futilités. Elles avaient jonché une existence floue et incertaine qui n'avait eu qu'une seule raison d'être : celle de me conduire à cet instant précis où je n'aurais pas le choix. Ce qui était devenue la pire journée de ma vie avait été suivie par la pire nuit de ma vie. Et ce qui était devenu ce moment où le verbe choisir ne faisait plus partie du vocabulaire n'était en réalité que la conséquence d'un plan minutieux qu'il était idiot de remettre en question après quatre décennies. Les pièces du puzzle trouvaient leurs places, tous les carrés rouges qui composaient mon corps viraient au vert pour faire de moi l'objet fini. Les pièces s'étaient assemblées elles-même pour former l'homme que j'étais. L'homme qui s'était retourné en entendant le cri. L'homme qui avait un rôle, celui de protéger Lou. Plus rien d'autre n'avait d'importance, ni la femme de l'homme, ni le métier de l'homme. Plus rien d'autre mis à part le rôle. Et le message avait beau dire le contraire, l'homme l'avait quand même un peu choisi. L'homme aurait pu laisser le rôle à quelqu'un d'autre. Il aurait pu regarder le masque flotter dans les airs et attendre qu'un autre décide de s'en saisir. Mais non, il avait attrapé le masque et l'avait enfilé. Il l'avait fait car d'une façon ou d'une autre il pensait que c'était en enfilant le masque qu'il parviendrait à savoir ce qui se cachait en dessous. Ce n'était qu'en faisant des choses que l'on comprenait qui on était. Lui, ce qu'il faisait, c'était de protéger Lou. Et jusqu'à présent il le faisait plutôt bien puisqu'elle était en sécurité, devant lui, son sauveur, l'homme qui n'avait pas fermé l'œil de la nuit.

Il était plus de neuf heures du matin et Lou dormait encore. L'écran propageait une lumière si aveuglante que je me demandais comment ses pupilles ne pouvaient pas être attirées malgré elles. Une telle lumière aurait du les faire vaciller et provoquer un réveil inévitable. Mais la petite continuait de respirer paisiblement, enfouie sous les couvertures. Je m'étais alors levé et j'avais contourné le lit sur la pointe des pieds pour me retrouver devant elle. Je la regardais comme on regarde un bijou, ébloui par ce qui semblait être la façade de quelque chose de plus beau encore, de plus précieux. Chaque fois que je distinguais ses traits j'avais le sentiment d'être devant une œuvre d'art, d'être un homme qui plongerait son regard dans un tableau si parfait, si profond, que même une âme âgée de milliers d'années ne pourrait en saisir toutes les facettes. Lou c'était un mélange de miracles et de mystères, et il suffisait de poser son regard dessus pour le comprendre. De ses yeux clos, les paupières voilant le reste, j'avais l'impression de voir un tissu qui cacherait le tableau, et j'avais envie que se tissu s'abaisse à nouveau pour dévoiler les traces de peinture. Mon vœu fut ainsi exaucé puisque Lou ouvrit les yeux, ces derniers s'arrêtant immédiatement sur les miens.

Je ne voulais pas la brusquer alors j'avais attendu qu'elle soit dans le salon, avalant un petit déjeuner en me remerciant d'une voix timide, pour poser la question que je me devais de poser. Car, s'il y avait bien une chose que l'homme n'avait pas prévu, c'était que la réalité puisse être irréelle. Pourtant, durant les dernières vingt-quatre heures, ce qu'il avait appris, c'était que la vérité pouvait parfois paraître comme un mensonge, et qu'un mensonge pouvait parfois paraître bien vrai. Et c'est en ne sachant plus dans lequel de ces deux mondes il se trouvait qu'il demanda :

« Quel âge as-tu ? »

Elle avait reposé le bol de lait dans lequel elle était en train de boire et elle avait redressé la tête. Elle avait compris. Elle disposait de ce même regard intelligent qui me rappelait celui de ma femme ; ce genre de regard qui laissait comprendre qu'il n'y avait pas besoin d'un long discours pour qu'elle sache où l'on voulait en venir. Le vide laissé par les secondes d'hésitations avait rapidement été comblé par sa réponse, qui prenait presque trop de place :

« Sept jours. »

J'avais écarquillé les yeux. Je ne pouvais pas y croire. Les images étaient une chose, mais l'entendre dire de sa propre bouche en était une autre. Non, la nuit dernière n'avait pas été un vaste rêve où tout s'était confondu dans mon esprit. Oui, le correspondant anonyme existait vraiment et ses messages avaient bien été écrits.

« Mais Lou est née hier matin... Enfin, tu es née hier matin ? » Avais-je hésité.

« Non. Je suis née la semaine dernière. »

« Mais les informations... » Avais-je commencé avant qu'elle ne me coupe la parole :
« Ils mentent. »

D'accord, ils mentaient. Ça ne changeait cependant pas grand chose. Un jour ou une semaine, ça n'expliquait pas pourquoi elle avait l'allure d'une petite fille, ni le fait qu'elle s'était retrouvée perdue dans Paris sans savoir comment elle avait atterri là.

« Que s'est-il passé ? » Lui avais-je alors demandé sans trop savoir les réponses que j'attendais ; ne parvenant plus à mettre de limites à ce qui n'était plus depuis longtemps dans mon champ de compréhension. Ce champ était déjà trop mince en temps normal, alors à présent il n'était plus réduit qu'en une seule ligne qui laissait tout passer.

Elle semblait réfléchir de toutes ses forces pour puiser dans ses souvenirs. Je sentais que repartir en arrière de la sorte l'épuisait, et à mesure qu'elle parlait j'avais la sensation que des flots d'énergie s'évaporaient de son corps, s'apprêtant à la laisser s'effondrer à tout instant. J'avais envie de lui dire de se taire, de ne rien raconter, que ce n'était pas grave, que ça n'avait plus d'importance, mais je ne pouvais pas : c'était comme si j'avais besoin de savoir, et comme si elle aussi avait besoin de raconter son histoire.

« Je me souviens pas vraiment des premiers jours, avait-elle commencé en baissant la tête vers la nappe. Je sais juste que j'étais allongé dans un lit d'hôpital et qu'ils me faisaient des tests, plein de tests. Ils étaient beaucoup autour de moi et je pouvais les sentir paniquer, même si je ne savais pas ce qui se passait. Chaque fois qu'ils finissaient un test j'avais l'impression de les décevoir, de leur apporter rien d'autre que des mauvaises nouvelles. »

« Quels genres de tests ? »

Elle avait ignoré ma question et avait continué son récit :
« Au bout de cinq jours c'était plus de la panique, c'était du désespoir. Mes parents étaient restés auprès de moi tout ce temps, je les entendais me parler, pleurer, hurler, mais je ne comprenais pas ce qu'ils voulaient dire ni pourquoi ils étaient tristes. J'arrivais à peine à voir leurs visages et aujourd'hui je me rappelle même plus à quoi ils ressemblaient. Le sixième jour ils ne sont pas revenus, il n'y a plus eu de tests, et c'est alors que j'ai compris : ils allaient me tuer, se débarrasser de moi parce que je devenais trop embarrassante. Puis alors que je m'étais préparé à mourir, abandonnant tout espoir, l'un d'eux m'a emmené avec lui, il m'a dit qu'il allait prendre soin de moi, qu'il fallait que je lui fasse confiance. La seule chose dont je me rappelle ensuite c'est... de t'avoir vu. » Avait-elle conclu en laissant s'échapper un immense soupir.

Quant à moi j'essayais de recoller les morceaux entre eux à mesure qu'elle parlait. J'étais terrifié par ce qu'elle disait mais je ne voulais pas laisser la peur me submerger. Je me raccrochais alors aux seules choses que je pouvais en déduire.

« L'homme qui t'a dit de lui faire confiance, tu crois que c'est celui qui t'a fait venir ici ? »

« Je sais pas. » Avait-elle répondu, trop épuisée pour y réfléchir.

Je m'étais approché d'elle et j'avais posé une main sur son épaule :
« Tu comprends ce qui se passe ? »

« Je comprends que je vieillis plus vite que tout le monde et que c'est à cause de cette planète.» Avait-elle rétorqué en tournant la tête vers moi, me faisant ressentir à nouveau le contraste entre la petite fille et la femme. Entre l'innocence enfantine et le savoir absolu.

« Mars ? »

« Oui, Mars. »

Je ne voulais pas lui montrer que j'étais terrorisé. La pire des choses aurait été qu'elle pense qu'elle me fasse peur – même si c'était un peu le cas – alors j'avais juste demandé :
« Et comment tu te sens ? »

Elle avait répondu par un haussement d'épaules avant de dire :
« J'ai pas l'impression d'être née. J'ai pas l'impression de vieillir non plus. C'est comme si j'ai toujours été là : je connais tout mais je ne comprends rien. Je connais votre monde, vos langues, vos émotions, vos vies, mais je ne les comprends pas. J'ai l'impression d'être plusieurs personnes à la fois et je n'en connais pas une seule. »

Son aveu me faisait froid dans le dos. Depuis le début j'avais raison, la petite fille était autre chose, une chose qui dépassait de loin tout ce que j'avais pu soupçonner. J'imaginais en elle une machine qui serait capable d'interpréter les émotions des êtres humains, de les retranscrire avec plus ou moins d'exactitude, mais qui ne pourrait jamais les ressentir. Et j'étais alors pris d'une vague de pitié pour cette fillette qui était né dans le rôle ingrat de cette machine.

Lou gardait ses yeux rivés sur les miens, et en constant mon malaise ses yeux commencèrent à se mouiller de larmes. Sa voix étranglée murmura :
« Je ne sais pas qui je suis. » Et des sanglots suivirent.

Je la serrai alors dans mes bras de toutes mes forces, et elle agrippait les siens autour de mon cou pour sentir la chaleur de ma peau, pour sentir un peu d'humanité près d'elle, juste un peu, afin de pouvoir se sentir exister. Juste un peu.

Je répondis ce qui n'était pas un mensonge pour la réconforter mais la plus stricte des vérités :
« Moi non plus Lou. Moi non plus je ne sais pas qui je suis. »

On continuait de se serrer fort l'un contre l'autre. Nous n'étions rien d'autre que deux inconnus. Deux inconnus qui essayaient de se connaître.

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Bonne lecture à vous et merci d'avance pour vos retours. :)

La suite viendra demain normalement. :)

-Light
-Light
Niveau 10
25 août 2012 à 10:22:51

Hop c'est parti, je lis :)

"Ce qui était devenue la pire journée de ma vie avait été suivie par la pire nuit de ma vie" Moi j'aurais mis quelque chose comme 'secondée' à la place de 'suivie', qui n'est pas idéal dans ce cas-là :o))

"Les pièces du puzzle trouvaient leurs places, tous les carrés rouges qui composaient mon corps viraient au vert pour faire de moi l'objet fini" J'aime beaucoup. Encore cette omniprésence des mystérieux carrés rouges et verts, comme une hantise, une obsession !

Le cinquième paragraphe est certainement le plus intéressant de tous : on y assiste à un énième dédoublement du personnage, accompagné d'une profonde remise en question. David s'observe à la troisième personne, et parvient à s'extirper de sa carapace humaine pour se juger lui-même. Une auto-psychanalyse en quelque sorte. On voit bien que toute sa vie il s'est cherché, il a enquêté sur lui-même. Lui qui n'avait pas de but réel à sa destinée, il semble qu'il l'ait finalement déniché en la personne mystérieuse de Lou/Bug :-d

Tu sembles d'ailleurs avoir définitivement adopté le nom de Lou pour désigner la petite fille. 'Bug' est enterré, alors ?

Le sixième paragraphe est magnifique. La musique aidant j'en ai eu la larme à l'oeil — je te jure.

"Je ne voulais pas la brusquer alors j'avais attendu qu'elle soit dans le salon, avalant un petit déjeuner" Là ça n'est pas clair : j'ai d'abord cru que c'était David qui avalait un petit déjeuner en attendant qu'elle soit dans le salon, jusqu'à ce que tu ajoutes "en me remerciant" :rire2:

"C'est comme si j'ai toujours été là" comme si j'avais*

"J'ai l'impression d'être plusieurs personnes à la fois et je n'en connais pas une seule" Magnifique. Absolument magnifique.

"cette fillette qui était né" née*

"et en constant mon malaise" constatant*

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Bon clairement, ce que tu es en train de nous pondre là, c'est un chef-d'oeuvre, une virtuosité de tournures de phrase à tomber par terre, de poésie, de suspense et d'humanité. L'emploi du plus-que-parfait, auquel j'ai eu le malheur de ne jamais penser pour mes propres écrits, est rudement bien choisi. Je n'ai jamais vu de la science-fiction amateur si bien écrite. Tout semble mené d'une main de maître. On sait où on va, on n'avance pas dans l'incertitude, ça nous (ça me !) rassure. Plus que jamais je veux lire la suite. Écris-tu au fur et à mesure ou tout est-il déjà rédigé ?
J'attends avec impatience le septième chapitre. Surprends-nous ! Et bien joué, on voit que tu as fait un net effort orthographique :-)

best-07
best-07
Niveau 7
25 août 2012 à 18:06:31

Toujours ravi que tu te plaises autant à suivre cette histoire.

J'écris au fur et à mesure, mais le plan est déjà très précis. La suite devrait être postée demain dans la soirée. :)

PS : Oui, en effet, j'ai essayé d'être plus attentif ; et encore merci pour le travail de correction, c'est une aubaine. :)

best-07
best-07
Niveau 7
26 août 2012 à 08:22:54

:d) Chapitre 7

Le billet qui ouvre toutes les portes

Le robot était arrivé à deux heures de l'après-midi. J'avais complètement oublié qu'il était censé venir et c'est pourquoi j'avais sursauté quand la sonnette s'était faite entendre. Lou s'était précipitée dans la chambre d'ami et j'avais craint le pire. Ils venaient la chercher avais-je pensé en me demandant comment j'allais pouvoir faire face. Mais en m'approchant prudemment de l'œilleton aucune arme n'avait jailli de nulle part pour enfoncer la porte. Moi qui m'attendais à la voir sauter comme avait sauté la porte du secteur 16 j'avais éclaté de rire quand j'avais compris qu'il n'y avait que le tronc du robot qui attendait sagement que je lui ouvre.

Soulagé par la vue de cette petite tige métallique j'avais tiré sur la poignée. À peine l'avais-je fait qu'il avait filé droit devant, dépliant ses dizaines de bras mécaniques, allongeant son tronc jusqu'à transformer la petite tige en véritable forteresse robotique. Il faisait près de deux mètres et ses bras s'agitaient dans tous les sens aussi vite qu'ils le pouvaient pour remplir la tâche qui lui avait été confiée. Habituellement il ne venait que le dimanche pour faire le ménage mais aujourd'hui nous étions jeudi et il venait pour autre chose. Il venait pour installer de nouvelles portes dans mon appartement.

Il n'hésitait pas à taper sur les anciennes, à les arracher de leurs gonds et à les compresser avec tant de puissance qu'elles finissaient par ne devenir rien d'autre que d'infimes poussières, qui allaient se loger aux côtés de toutes les autres. Il accomplissait cette tâche avec une telle détermination que je m'étais demandé un instant s'il ne vouait pas une haine incommensurable envers les portes. J'imaginais combien il en avait arraché, réduit en miettes, aspiré, et je voyais en lui un objet de destruction à la faim insatiable. La faim des portes en bois. Mais ce n'était qu'un robot, et il ne vouait aucune haine à personne et n'avait faim de rien, il faisait juste ce pourquoi il avait été programmé.

Cette entreprise – de remplacer les vieilles portes par des toutes nouvelles – avait été la conséquence d'une relation éphémère que j'avais entretenu avec une étudiante en fac au début de l'année. Son nom était Cléo mais je n'en étais pas sûr. Je n'avais de toute façon aucun moyen de le vérifier puisque cela faisait des semaines que nous avions arrêté de nous fréquenter, sur un commun accord qui n'avait jamais été formulé explicitement. Cléo était une jolie blonde de vingt et un an. Et comme toutes les jolies blondes de vingt et un ans elle était douce, raffinée, exigeante, et elle n'attendait qu'une seule chose de moi : que je la traite comme une princesse.

Notre relation s'était construite sur les vestiges de mon mariage ; à l'époque où il n'était plus vraiment question de mariage mais davantage de divorce et où Susan passait la plupart de son temps chez sa sœur plutôt qu'ici, avec moi. L'homme que j'étais avait besoin de compagnie, et il trouvait cela légitime de la chercher auprès d'une femme beaucoup plus jeune que lui ; parce que ce n'était qu'en ayant le goût de la peau délicate de la jeunesse qu'il pouvait se sentir encore respirer. À cette époque Cléo était la seule chose qui lui donnait la force de se lever le matin, la seule chose qui lui donnait la force de passer la journée dans tous ces bureaux, parce qu'il savait qu'en rentrant il aurait sa récompense : il aurait la peau de Cléo qui l'attendrait dans le lit, prête à se faire dévorer par ses crocs affamés. À cette époque Cléo était son appareil respiratoire. Cléo était son appareil respiratoire et elle avait donc tout le loisir de se comporter comme une petite conne, ça n'avait pas d'importance pour lui, tant que sa peau laissait glisser sur elle ses baisers.

Un jour elle lui avait clairement dit que s'il ne changeait pas de portes, elle le laisserait tomber pour un étudiant iranien. Et même s'il savait qu'elle couchait déjà avec cet iranien et peut-être avec un tas d'autres types (il n'était pas plus vieux pour rien), il avait tout fait pour la garder auprès de lui. Sa position avait été misérable, il avait gémi qu'il avait besoin d'elle, en pleine érection dans le lit, tandis qu'elle était déjà en train de se rhabiller, refusant de s'offrir à lui tant qu'il n'achèterait pas ces foutues portes. Elle l'ignorait et prenait plaisir à le voir l'implorer de la sorte (c'était sa façon à elle de prendre son pied).

M'implorer comme un gosse pour pouvoir partager son lit avec moi, avait-elle dû penser en savourant ce délice malsain dont elle usait et abusait. Celui de faire souffrir les hommes au point qu'elle créait en eux une rupture où ils étaient prêts à faire n'importe quoi pour la garder contre leur torse ; comme s'agenouiller en larmes, nu, les bras tendus vers elle, baisant ses chevilles. Et quand elle atteignait ce point de rupture elle pouvait enfin s'abandonner à eux, comme si elle devait d'abord les faire souffrir pour prendre du plaisir. Le jour où David l'avait imploré de la sorte ils avaient passé la nuit la plus torride de leur courte histoire. Sur le coup David n'en avait rien eu à faire que les nouvelles portes lui coûtent une fortune ; la compagnie de Cléo n'avait pas de prix.

Cette pensée de l'homme faible qu'il était à l'époque lui paraissait aujourd'hui bien trop stupide et il regrettait d'avoir lâché prise si facilement. Cléo n'était plus qu'un vague souvenir. Un vague souvenir à cinq mille euros, cela dit. Il se rappelait d'elle lui avouant, choquée :
« On est au 25ème siècle mon chou (un de ces surnoms qu'il détestait), comment tu peux vivre avec... ça ? ».

Cléo voulait vivre avec des portes ; des portes sur lesquelles on voyait des écrans, des portes que l'on avait même pas l'impression de toucher, des portes qui s'ouvraient et se fermaient en donnant la sensation qu'elles n'étaient pas là. Des portes à cinq mille euros. Et à présent Cléo devait être avec cet iranien en train de partager ce qu'elle avait autrefois partagé avec lui. Quand il y repensait, il se répétait ironiquement : Cléo et l'iranien se marièrent et eurent beaucoup de portes.

Heureusement il y repensait de moins en moins ; il avait même réussi à l'oublier jusqu'au point de douter de son propre nom. Cependant l'apparition soudaine du robot qui installait désormais ces portes détestables avait ravivé en lui ce passé lointain – du moins dans son esprit –. Celui où il ne connaissait rien d'autre que la peur de voir Cléo s'envoler. Cette peur qui le rongeait quotidiennement bien qu'il ne faisait aucun doute que ce moment arriverait tôt ou tard, comme on profite d'un gâteau d'anniversaire en sachant que viendra le moment où il n'y aura plus de part.

« Je ne te connais plus, Cléo. » Avais-je pensé fier de moi-même, fier d'avoir su surmonter ce que j'avais jugé insurmontable. Et à présent je me demandais comment j'avais pu juger la perte de Cléo plus douloureuse que la perte de ma femme. Perdre Susan ça avait été comme perdre un cœur ; tandis que perdre Cléo, ça n'avait finalement été que perdre un jouet. Elle avait raison sur un point Cléo : avec elle je n'étais qu'un gosse.

Le seul jouet qui restait à présent et qui semblait amuser Lou comme jamais était le robot qui finissait d'installer la dernière porte sous l'œil à la fois admiratif et béat de la petite (sortie de la chambre après avoir compris que c'était une fausse alerte ; ou plutôt après que le robot en eût défoncé la porte sans pitié).

C'est alors avec un grand sourire qu'elle l'avait regardé redevenir une petite tige et sortir sur cette même furtivité avec laquelle il était entré. Dix minutes et c'était déjà fait : j'avais de nouvelles portes. Mais l'atmosphère hilare qui régna subitement après le départ du robot ne dura pas longtemps. Le téléphone se mit à sonner et les rires cessèrent aussitôt. Je répondais à ce qui était un appel masqué et je n'avais pas besoin d'attendre que l'homme au bout du fil prenne la parole pour savoir de qui il s'agissait. Nos respirations rauques résonnèrent quelques instants, comme si on se testait, puis sa voix demanda :
« Tout se passe comme prévu ? »

Lou m'avait jeté un regard interrogateur et je lui avais fait signe que tout allait bien avant de me diriger dans ma chambre et de refermer la porte derrière moi.

« Qu'est-ce que je dois faire ? » Avais-je chuchoté.

« Pour l'instant gardez-la en sécurité, c'est tout ce qui compte. »

Je m'étais alors précipité pour poser les questions que je voulais poser :
« Vous savez ce qui lui arrive. Comment vous pouvez expliquer ça ? Qu'est-ce qu'il s'est passé là-bas ? »

« Écoutez, je ne peux rien vous dire au téléphone, c'est beaucoup trop risqué. Je n'appelle pas pour vous expliquer la situation ; le moment viendra où je vous dirai tout ce que vous voulez savoir. » Avait-il rétorqué, continuant de nourrir ma frustration.

« Qu'est-ce que vous voulez alors ? »

« Il faut que je sache ce que vous comptez faire pour ce soir ? »

« Comment ça ce que je compte faire ? »

« Pour votre fête d'anniversaire. »

« Quelle fête d'anniversaire ? » Avais-je demandé avant de me souvenir.

Ce soir avait lieu une soirée pour mes quarante-deux ans. Marc s'était occupé de tout organiser et les récents évènements m'en avaient fait oublier la date et même l'existence. Je ne me souvenais même plus que demain était le jour de mon anniversaire. Mais c'était bien le cas et ce soir des dizaines de personnes allaient se présenter sur le seuil de la porte pour me le rappeler. Et si je ne voulais plus, si j'avais envie d'annuler, toute prise d'initiative était vaine puisque ce n'était de toute façon pas moi qui m'occupais de l'organisation. Quoique je fasse les gens se retrouveraient quand même sur le seuil, parce que c'était prévu et une fois que quelque chose était prévue les gens ne s'arrêtaient pas. J'avais une boule dans le ventre à l'idée de devoir passer cette soirée en leur compagnie, à l'idée de devoir prétendre reconnaître ses gens et être leur ami un soir de plus. Mais plus important, je ne savais pas quoi faire de Lou, comment la cacher de tout ce monde et la garder à l'abri ; je ne pouvais prendre aucun risque.

« Alors ? » Avait-il insisté.

« Je ne sais pas. » Avais-je dit d'une voix franche, qui dévoilait toute ma panique.

« Vous n'avez qu'à vous servir de ces nouvelles portes. » Avait-il suggéré.

« Comment êtes vous au courant que... »

Mais je n'eus pas le temps de finir ma phrase puisqu'il m'avait soudain coupé la parole en hurlant :
« Elle arrive ! »

J'allais demander qui arrivait mais la ligne se coupa et j'entendis un cri. Ce cri ne provenait pas du téléphone mais bien du salon. Ce cri c'était celui de Lou. Je me précipitai alors hors de la chambre et j'en compris la raison. Susan se tenait dans l'entrée, effarée par Lou qui continuait de crier. Après m'avoir vu arriver la petite s'était réfugiée près de moi et se cachait à présent derrière mes jambes.

« Qu'est-ce que c'est que ça ? » S'était étonnée Susan, toujours sous le choc mais néanmoins rassurée (tout comme Lou).

« Euh... Je te présente... Cléo. »

Lou se dégagea un peu de mes jambes et fixa Susan avec méfiance, malgré tout tranquillisée par le calme dont je faisais preuve : elle n'était pas en danger, pas avec Susan.

« Bonjour Cléo. » Avait dit Susan en se penchant légèrement et en agitant la main pour la saluer avec cette tendresse dont elle faisait toujours preuve quand elle se trouvait en présence d'enfants.

« Alors, on ne dit pas bonjour Cléo ? Ce n'est pas poli tu sais. » Avais-je dis à l'égard de Lou qui avait alors fait un effort pour faire un petit signe de la tête.

« Qu'est-ce que tu fais là ? » Avais-je ensuite demandé à Susan, légèrement sur la défensive.

Elle était mal à l'aise, les yeux toujours rivés sur Lou, et elle répondit :
« Je suis venu récupérer des affaires. Je pensais pas que tu serais là... Tu n'es pas censé être au travail à cette heure-ci ? »

Je posai les mains sur les épaules de Lou et je me justifiai en gardant un ton toujours aussi naturel :
« Pas aujourd'hui. Aujourd'hui je dois m'occuper de Cléo. »

Susan alterna entre mes yeux et ceux de Lou et demanda la question qui semblait la plus légitime sur le moment :
« Et qui est Cléo ? »

Je sentis Lou se crisper sous mes doigts et je rétorquai alors précipitamment :
« Ma nièce. »

Une réponse que je regrettai presque aussitôt puisque Susan savait très bien que j'étais fils unique. C'est pourquoi elle haussa les sourcils avant que je ne me rattrape :
« Enfin, la fille d'une demi-sœur dont je n'avais plus de nouvelles depuis des années. Elle est de passage sur Paris alors, tu comprends... On rattrape le temps perdu. »

Pour la première fois je bafouillai un peu et je crois que Susan ne croyait pas en cette histoire de nièce ni de demi-sœur. Mais elle finit par hausser les épaules et s'enfonça dans l'appartement pour aller chercher les affaires qu'elle était venue récupérer. Quant à Lou et moi nous nous étions installés sur le canapé du salon en laissant retomber toute la tension de la discussion qui venait d'avoir lieu.

Quelques minutes plus tard Susan avait réapparu dans le salon, un sac plein d'affaires entre les mains. Elle avait ensuite demandé :
« C'est quoi toutes ces portes ? »

« Oh, une longue histoire. » Avais-je répondu.

Je savais bien qu'elle se fichait de ces portes, c'était juste une manière d'introduire un au revoir sans instaurer trop de malaise entre nous.

« Bon, et bien... Au revoir. » Avait-elle dit, et je croyais avoir deviné des larmes qui commençaient à prendre forme mais je faisais semblant de ne pas les voir, pour ne pas rendre la situation encore plus gênante.

Lou s'était recroquevillée sur le canapé, toute aussi mal à l'aise de participer en tant que spectatrice à cette discussion.

Je ne répondis pas. Je ne fis rien d'autre qu'un clin d'œil et j'attendis qu'elle tourne les talons et disparaisse derrière la porte avec la furtivité du robot ; sauf que ce n'était pas un robot, c'était ma femme. Merde.

« Elle est jolie. » Avait murmuré la voix de Lou.

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Niveau 7
26 août 2012 à 08:30:36

À peine avait-elle fini de déclarer ceci que je m'étais soudain précipité au dehors de l'appartement. Susan avait déjà traversé le long couloir parsemé de portes et avait franchi la baie coulissante qui donnait sur une passerelle située à l'air libre. Je l'avais appelé et l'avais rejoint sur la passerelle. J'étais arrivé essoufflé devant elle et elle s'était retourné en larmes.

« Je ne peux plus jouer à ça. » Avait-elle tout de suite dit en sanglotant.

« Je sais, je suis pas venu pour ça. »

« Qu'est-ce que tu veux ? »

Je sentais qu'elle devait faire un véritable effort pour garder de la contenance dans ses propos.

« Je veux te donner quelque chose, avais-je dit en fouillant dans mes poches. Le cadeau d'anniversaire que je t'ai jamais donné. »

J'en avais ensuite sorti un collier que je lui avais tendu fébrilement.

« Je sais que ça ne change rien. C'est qu'un putain de collier. Mais je veux que tu le prennes. »

Ses yeux gonflés par les larmes, le mascara se répandant sur ses joues, elle l'avait pris entre ses mains, toutes aussi fébriles que les miennes. Elle avait chuchoté un merci étranglé et avait regardé le collier. Elle avait ensuite froncé les sourcils et déclaré :
« Il y a 'Pour C' gravé dessus... »

J'avais fait mine d'être surpris et j'avais repris le collier pour regarder à mon tour. J'avais ensuite prétendu d'être indigné et j'avais annoncé :
« Le bijoutier va m'entendre, crois-moi. Je peux l'échanger si tu veux ? »

Elle avait souri et avait simplement répondu :
« Non, ça ira, je t'assure. »

« Je peux en avoir un autre dans une semaine, dans deux semaines au plus tard. » Avais-je insisté.

Susan m'avait alors jeté un regard plein de tendresse et avait dit :
« Ce n'est pas la peine. Celui-ci me va très bien. Et puis, je ne serai plus là dans deux semaines. »

« Comment ça ? » M'étais-je étonné.

« Je pars David. » Avait-elle avouée avant que des larmes ne se reforment à nouveau.

« C'est-à-dire. Tu pars où ? »

Je craignais la réponse. Je la devinais aussi, dans son regard, dans son hésitation à me le dire. Et comme toujours, les mots vinrent confirmer les soupçons créés par les yeux :
« Je pars pour Mars. »

Je m'étais tourné sur la gauche et m'étais appuyé sur la rambarde de la passerelle après qu'elle ait prononcé ces mots. Chancelant et incapable de tenir droit, perdant moi aussi toute ma contenance. Je regardais les centaines d'immeubles, les centaines de passerelles, toutes devenues grises sous le poids d'un ciel orageux ou bien des mots qui venaient d'être prononcés.

« Pourquoi ? »

Elle était venue à côté de moi, appuyant elle aussi ses mains sur la rambarde. Plongeant son regard vers l'immensité qui nous entourait et qui semblait à ce moment là nous englober de tous nos êtres.

« Je n'ai plus rien ici. Je ne peux plus rester là à attendre un miracle. Il faut que je parte. » Avait-elle répondu en marquant une pause entre chaque phrase, comme si elle voulait justifier par plusieurs fois sa décision.

J'aurais voulu me tourner vers elle, lui prendre la main, la serrer contre la mienne et lui dire qu'elle ne pouvait pas partir. Je ne fis rien de tout cela, c'est même elle qui dû prendre la mienne, moite de transpiration. Elle m'appliqua ensuite un baiser tendre et furtif sur la bouche et chuchota à mon oreille :
« Bon anniversaire David. Tu sais, tu resteras toujours l'amour de ma vie. »

Je la regardai dans les yeux, nos visages étaient si proches l'un de l'autre. Je la regardai dans les yeux comme je ne l'avais jamais regardé auparavant et j'avais envie de la regarder encore de cette façon pour le restant de mes jours ; comme si chaque fois que j'apercevais la lueur délicate de sa pupille je reprenais des bouffées d'air frais par centaines.

« C'est un adieu alors ? » Lui demandais-je incertain.

Elle hocha la tête en signe d'approbation avant de se détourner, laissant les larmes s'écouler à nouveau sur ses joues, se mélangeant aux traces de mascara devenues sèches. Alors qu'elle était déjà à quelques mètres de moi je lui avouai :
« C'est la première fois depuis des mois qu'on a une discussion sans que l'un de nous finisse par hurler. »

Elle se retourna en souriant. Un sourire sincère cette fois, pas le sourire vide que je lui avais vu tant de fois m'adresser. Ce sourire là c'était la définition de l'amour. J'avais mis trop de temps à le comprendre et ce sourire là s'envolait donc, sans moi. Ce sourire là c'était la dernière image que j'aurai de ma femme. Parce que ma femme avait le billet. Le billet qui permettait d'ouvrir toutes les portes. Le billet qui permettait d'ouvrir toutes les portes qui se refermeraient ensuite devant moi, me laissant seul dans le couloir comme j'étais à présent seul sur la passerelle.

-Light
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Niveau 10
26 août 2012 à 10:29:33

"Il accomplissait cette tâche avec une telle détermination que je m'étais demandé un instant s'il ne vouait pas une haine incommensurable envers les portes" :rire:

"d'une relation éphémère que j'avais entretenu" entretenue*

"Un vague souvenir à cinq mille euros" Attention ! Y a-t-il encore des euros au XXVème siècle ?

"et sortir sur cette même furtivité avec laquelle il était entré" Je dirais plus tôt : 'et sortir aussi furtivement qu'il était entré' :-)

"continuant de nourrir ma frustration" => ou mieux : 'nourrissant ma frustration de plus belle'

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Niveau 10
26 août 2012 à 10:38:14
  • suite après un envoi involontaire*

"et demanda la question qui semblait la plus légitime sur le moment" 'poser une question' est une formule plus heureuse :-)

"sauf que ce n'était pas un robot, c'était ma femme. Merde" Excellent :rire2:

---------

Une bonne fin de chapitre, en bonne et due forme. J'ai adoré le « Elle est jolie. » Avait murmuré la voix de Lou tout à l'heure. Le huitième, le huitième :bravo:

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Niveau 7
26 août 2012 à 10:49:04

Une fois n'est pas coutume merci pour ta promptitude à lire et à poster un commentaire. J'ai fait les modifications que tu as suggéré et qui en effet sonnent beaucoup mieux.

Concernant la monnaie : j'avoue avoir hésité. Mais le dilemme est assez difficile à résoudre puisque comme je ne me suis pas attelé à décrire le monde avec tous les détails qui le composent (politique, économique...) pour me concentrer que sur quelques détails architecturaux, j'avais peur que d'introduire une monnaie inédite ferait bizarre. Du coup j'ai mis l'Euro faute de mieux, même si je ne fais pas dans l'anticipation car je ne pense pas que dans le cas où notre civilisation aille jusqu'à cette époque là l'Euro soit encore de vigueur. Pas du tout. J'essaierai de réfléchir au problème à tête reposée. Pour le moment je ne vois pas de solution si ce n'est de laisser le prix vague et d'utiliser uniquement des adjectifs pour faire prendre conscience de l'investissement coûteux des portes (ce que je finirai par faire, je pense). :)

Sinon la suite viendra demain dans la soirée, normalement. :)

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Niveau 10
26 août 2012 à 10:56:28

Au pire tu ne prends pas de gros pari en inventant une nouvelle monnaie je pense, cela reste un détail ! Tu peux par exemple, sans chercher un nom compliqué comme "Tilithül", baptiser la monnaie néo-francs ou quelque chose comme ça :)

De toute façon un jour le FN sera au pouvoir et on reviendra tôt ou tard à une monnaie nationale :non2: :rire2:

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Niveau 7
26 août 2012 à 11:00:29

J'avais pensé au WD (pour World Dollar ; afin de sous-entendre à la fois la domination américaine qui est toujours d'actu et l'aspect commerce mondial, avec uniformité du langage monétaire). Bref, je verrai bien plus tard, pour l'instant ça reste dans un coin de ma tête. :)

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Niveau 10
26 août 2012 à 11:01:13

Ah oui OK pourquoi pas :o))

Psyclo
Psyclo
Niveau 10
26 août 2012 à 13:16:33

CHAP. 4

C'était la raison pour laquelle les lignes y étaient devenues inutilisées, le centre commercial, qui était un de ces endroits si peuplé et si grand qu'il semblait être une ville à lui tout seul, ayant absorbé le réseau de T.I

tu t'es un peu embrouillé sur cette phrase je crois.

Mais les miracles interviennent souvent au moment où l'on s'y attend le moins

un peu bateau cette tournure.

comme s'il allait m'apportait

  • m'apporter

j'ai trouvé ce chapitre sympathique et bien mené dans l'ensemble même si je trouve certain dialogue et situation un peu empruntée comme certain dialogue par exemple "comment ça tu n'as pas de nom ? tout le monde à un nom..." et ce genre de choses assez déjà vu mais bon on ne peut pas toujours faire autrement j'en suis conscient. Je poursuis tout à l'heure à toute

best-07
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Niveau 7
26 août 2012 à 21:05:24

Ah, merci pour ta lecture et ton retour ! :)

Concernant les quelques formules dans le récit qui peuvent paraître empruntées j'avoue que ça fait partie intégrante de mon style d'écriture. J'essaie d'ajouter aux réflexions matures quelques pointes plus légères, plus niaises, afin de donner une certaine douceur enfantine à mon récit ; pour ne pas donner trop de sérieux.

_dexter75_
_dexter75_
Niveau 10
26 août 2012 à 22:38:41

tout bonnement j'adore, là encore mon com est bref mais j'ai pu tout lire et je préfère te faire un vrai com demain à tête reposé :oui: et je voulais tout de même de prévenir que j'avais enfin pu tout lire :-)

Psyclo
Psyclo
Niveau 10
27 août 2012 à 01:22:10

CHAP 5
tu es assez doué pour les phases d'introspections à la première personne, ton style est reconnaissable à ces répétitions que tu utilises beaucoup, c'est appréciable, bien que redondant parfois. Je ne sais pas si tu vois ce que je veux dire, mais dans ce passage par exemple :

"Une partie de moi regrettait d'avoir posé les pieds dans le secteur 16, de s'être retourné à la place d'avoir ignoré le cri. Cette partie de moi aurait pu remonter les escaliers, retourner travailler et prétendre que rien n'était jamais arrivé. Cette partie de moi serait ensuite rentré chez elle et elle aurait passé la nuit à se morfondre dans l'alcool en pensant à sa femme, ou bien elle se serait simplement couché en attendant qu'on lui annonce qu'il était sept heure trente-cinq, concédant que cette nouvelle journée ne pouvait pas être pire que la précédente. Mais une autre partie de moi détestait cette partie là, celle qui ne se contentait que de la médiocrité, celle qui arborait de faux sourires, celle qui ne voyait rien d'autre que ce que les écrans voulaient bien lui montrer. C'est pourquoi cette autre partie de moi qui détestait cette partie là s'était retourné. Parce que, d'une manière ou d'une autre, en se retournant elle avait gagné le combat. L'autre partie avait disparue et il ne restait à présent plus qu'elle. Et si cette autre partie de moi n'était pas parfaite, elle avait au moins des oreilles pour entendre et des yeux pour voir, de ce fait, cette autre partie de moi était au moins un peu humaine. "

je veux dire, ça traduit parfaitement la torture mentale du personnage (j'espère que tu parleras de ces uclères à l'estomac, il a l'air assez stressé xD) mais ça donne un paragraphe qui peut s'avérer un peu lourd. Je parle objectivement hein, sinon ça ne me dérange pas trop :)

Sinon j'adore l'histoire de Lou, une puissante critique du système médiatique, ça fait basculer ton écrit du simple divertissement à une oeuvre quasi pamphlétaire, j'aime beaucoup cet aspect dans les romans en général ! Incohérence seulement, tu dis que l'info est quasiment démodée pour te rétracter ensuite en disant qu'on en parle encore plus.

Tu introduis dans ce chapitre une dimension plus philosophique avec le dialogue entre Bug et le narrateur, j'aime aussi.

sinon, ma petite hypothèse, pour la fin de ce chapitre : je pense que Bug est Lou, envoyé dans le passé pour fuir à son destin de symbole médiatique et recherché par des gens (les mecs en combinaisons du chapitre précédent)^^

je continue demain, a +

best-07
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Niveau 7
27 août 2012 à 03:11:19

Merci à toi pour ce long message, cohérent de surcroit. J'admets que le surplus d'introspection puisse en gêner certains. Cela dit, c'est vraiment ce que j'aime le plus faire et ce qui me soulage quand j'écris, alors je me fais plaisir. ^^

Oui effectivement il y a un peu de ça, de remise en question du pouvoir de l'information, de sa source à ses modifications. Après, je ne l'ai peut-être pas assez fait ressentir mais quand mon personnage dit que l'information est démodée il parle uniquement de la naissance de Lou, pas de tout l'enthousiasme autour de la planète Mars.

Ton hypothèse est intéressante. La lecture des chapitres 6 et 7 t'en dira plus. :)

PS : Le huitième sera posté demain soir.

-Light
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Niveau 10
27 août 2012 à 11:28:49

"PS : Le huitième sera posté demain soir."

:cute: :cute:

best-07
best-07
Niveau 7
27 août 2012 à 21:50:47

J'ai choppé une vieille intoxication alimentaire alors je crève un peu sur place là. Pas sûr que je puisse respecter ma promesse pour demain ; on verra, c'est assez hard. :)

-Light
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Niveau 10
27 août 2012 à 23:32:02

Oh :-(

Ben prends ton temps et remets-toi, on n'est pas aux pièces :rire2:

Ed_Wick
Ed_Wick
Niveau 11
28 août 2012 à 11:52:39

Bon, ça va mieux quand même...

Je pense être à même de poster la suite dans la soirée. :-)))

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