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Liste des sujets

Qui

-Light
-Light
Niveau 10
28 août 2012 à 12:26:28

Sous secondaire ou avec ton principal ? :-)))

Ed_Wick
Ed_Wick
Niveau 11
28 août 2012 à 12:29:01

Sous secondaire devenu principal. :hap:

-Light
-Light
Niveau 10
28 août 2012 à 12:45:12

Ow I see :hap:
J'attends la suiiiiiiiiite :cute:

Psyclo
Psyclo
Niveau 10
28 août 2012 à 13:38:17

CHAP 6

ce n'est peut-être qu'une impression mais je trouve que tu utilises trop souvent le "si bien que" (??)
c'est dommage parce qu'elles sont bien écrite, mais je trouve qu'au final il y a un surplu de descriptions, parfois trop de phrases pour dire la même chose, même si ça sert la psychologie des personnages, c'est parfois un peu trop.

Sinon, comme d'habitude, ce chapitre est bien mené, même si quelque peu téléphoné depuis qu'on sait que lou est bug, en fait.
Là, on se doute que le mec qui l'a fait venir ici, c'est lui ^^ mais j'espère me tromper aha.

CHAP 7 :
pas mal le robot ménager !

"Susan passait la plupart de son temps chez sa sœur plutôt qu'ici" ouais, ouais, c'est ça, chez sa soeur :hap: "

on a un peu la même façon de décrire les femmes je trouve ^^

ahah le mec qui s'invente une demi-soeur

c'est drôle parce qu'en parcourant, je me rends compte qu'il y a certaine thématique qu'on utilise tout les deux comme la conquête martienne, on s'inscrit vraiment dans un contexte comme un vrai courant ^^ Aussi on considère tous les deux cette vie martienne comme un "nouveau départ", je sais pas si tu vois.

Maintenant j'attends de voir ce qui va se passer, son ex-femme, unique repère affectif, se fait la malle, ça va surement être le signe d'un nouveau départ pour lui aussi.

Ed_Wick
Ed_Wick
Niveau 11
28 août 2012 à 13:44:20

Ouais c'est ce que je me disais en lisant ton texte ; à propos de cette "nouvelle opportunité" avec les voyages dans l'espace. On l'aborde d'une manière similaire. (Même si toi tu te places du côté martien et moi terrien ; on est complémentaire en fait ^^).

Sinon tu as raison, j'utilise souvent "si bien que" et "comme si" ; peut-être un peu trop, je sais pas, je m'enflamme quand j'écris alors je me rends pas trop compte, mais ça ne me dérange pas vraiment quand je me relis.

J'avoue que je me suis bien marré sur certains points (le robot surexcité, les mensonges de David...) et tant mieux si ça fonctionne. ^^

Ed_Wick
Ed_Wick
Niveau 11
28 août 2012 à 19:14:19

Chose promise, chose due.

:d) Chapitre 8

La pilule rouge

Les portes. L'homme au téléphone avait dit quelque chose à propos des portes. Mais la rencontre avec Susan était venue tout bouleverser. Je n'en avais plus rien à faire des portes parce que ma femme venait d'ouvrir la seule de ces infâmes constructions que je ne pouvais pas ouvrir. Elle venait de disparaître au sein d'un écran blanc, se fondant au décor et devenant bientôt pareil à un énième point lumineux. Je ne l'en avais pas empêchée ; pire, c'est moi qui avais précipité sa fuite en avant.

Ce que je savais, c'est que comme toutes les fuites en avant, ce n'était qu'un acte désespéré. Lorsqu'on essaie de fuir une prison ce n'est que pour se précipiter vers une autre, plus sombre encore. Seuls la couleur des murs et la place des barreaux changent, ce qui vous fait penser qu'il ne s'agit plus d'une prison mais bien d'une maison. Votre regard vierge qui se pose dessus vous donne l'impression qu'elle vous accueille chaleureusement, qu'elle vous ouvre ses portes avec l'innocence la plus totale ; mais à peine l'euphorie de l'arrivée s'est-elle estompée que les portes se verrouillent et que l'architecture se décompose afin de reprendre sa forme originelle : celle d'une prison où les portes ne sont rien d'autre que des barreaux.

Ma femme pensait trouver la paix en empruntant ce chemin nouveau où encore aucun homme n'était venu fouler une pierre ; et ce qu'il y avait de plus triste là-dedans, ce n'était pas que je n'étais pas à ses côtés pour le faire, mais que ce chemin serait identique au précédent. Elle ne serait pas plus heureuse là-bas, il n'y aurait pas un meilleur David pour l'attendre sur la planète rouge. Le soleil qui illuminait les deux planètes était le même ; et ce soleil vous consumait à mesure qu'il desséchait votre peau. Si vous osiez arborer une peau faite de bonheurs, luisante et paisible, il vous l'arrachait aussitôt pour la remplacer par une peau triste, inerte, et indolente. Malgré cette fatalité que je semblais accepter, je n'étais pas triste parce qu'elle partait ; j'étais triste parce qu'elle partait sans moi. Elle avait raison, comme toujours : je n'étais qu'un égoïste de merde qui allait se lamenter sur lui-même et sur personne d'autre.

Pourtant je n'avais pas le temps de me lamenter. Il était sept heures du soir et les premiers invités commenceraient à arriver dans moins d'une demi-heure. L'idée de passer la soirée avec eux me rendait si nauséeux que je me demandais comment j'allais pouvoir tenir le coup. Je devais digérer l'annonce du départ de ma femme plus vite que je ne l'aurais voulu. J'aurais préféré passer la nuit seul dans ma chambre, à me ressasser notre histoire et à chercher à quel moment les choses avaient si mal tournées. Je n'en avais pas le droit ; je devais oublier son départ avant d'avoir pu le comprendre ; comme un veuf qui devrait oublier sa femme avant d'avoir pu en faire le deuil. Je devais le faire parce que je n'étais pas seul. Je devais le faire parce qu'il y en avait encore une, de personne, qui avait besoin de moi.

Lou était restée silencieuse depuis mon retour de la passerelle. Elle sentait bien que quelque chose n'allait pas et elle n'osait pas ouvrir la bouche, à la manière d'un enfant qui n'oserait pas poser les mains sur un château de cartes, de peur de le voir exploser en mille morceaux. C'était comme ça qu'elle me voyait, comme un monticule de pièces détachées qui pouvait s'effondrer à tout moment. Je ne voulais pas qu'elle me voie de la sorte, je voulais qu'elle puisse trouver un repère en ma personne, sur lequel elle pouvait compter, se reposer et se rassurer. Mais mon teint n'avait plus rien de rassurant, et c'était moi qui devais la regarder pour reprendre confiance plutôt que l'inverse.

Ces portes que je détestais tant allaient malgré tout être la cause de notre salut. Leur système de sécurité me permettrait de tenir Lou à l'écart, enfermée dans la chambre d'ami toute la nuit, sans craindre que quelqu'un puisse y pénétrer. Le procédé était simple, pour que la porte se déverrouille, il fallait que quelqu'un tape un code à quatre chiffres sur l'écran tactile et que Lou en retour tape elle aussi le code. Personne ne pouvait entrer dans la chambre à moins de connaître le code et que Lou l'y accepte. En définitive, personne ne pouvait entrer dans la chambre à part moi.

Une fois que l'on avait fait plusieurs tests pour vérifier que tout fonctionnait comme prévu elle s'était précipitée dans le lit, déjà dissimulée sous les couvertures. À peine avais-je verrouillé la porte que la sonnette avait retenti. Sept heures vingt : le ballet de faux sourires pouvait commencer. Marc était celui qui attendait derrière la porte, une bouteille d'alcool entre les mains.

« Bon anniversaire, vieux ! » Dit-il en entrant dans l'appartement, suivi de près par quatre robots.

Les robots allèrent se placer dans le salon, arborant déjà des plateaux composés de nourritures et de verres remplis à ras-bord. Ils s'entraînaient à déambuler les uns aux côtés des autres dans une sorte de répétition générale, et leurs mouvements vifs et précis me donnaient le tournis. Leurs structures étaient pareil à des corps humains à la différence qu'ils n'avaient pas de pieds mais de petites roues qui les faisaient glisser sur le parquet avec une souplesse exagérée. Je les regardais faire avec dégoût avant que Marc n'insiste en me souhaitant à nouveau un joyeux anniversaire.

« Merci. » Dis-je d'une voix peu enthousiaste en attrapant la bouteille qu'il me tendait avidement.

Si j'étais apathique, lui était au moins aussi vif que les robots. Il fila en direction du salon en attrapant un verre de champagne qui trônait sur un des plateaux. Il débitait toutes sortes de conneries que mes oreilles entendaient mais que mon cerveau ne parvenait pas à enregistrer. Je l'observais en hochant la tête de manière régulière dès qu'il finissait une phrase, tandis que lui portait son regard sur l'appartement comme s'il le découvrait pour la première fois. J'avais pensé à lui dire que j'étais désolé de ne pas être venu travailler aujourd'hui mais il ne m'avait rien demandé à ce sujet là, ce qui m'avait étonné et soulagé à la fois.

La seule chose dont il voulait parler était de l'organisation de cette fête, visiblement satisfait de son propre travail. Il se tenait trop droit et parlait trop fort, signe de cette confiance démesurée d'un homme trop fier de lui pour le cacher. Il avait adopté cette même attitude le jour où il s'était présenté en tant que nouveau chef du département, bien loin du jeune homme recroquevillé sur lui-même qui squattait les bancs de la fac. C'est en le voyant prendre à nouveau cette posture détestable que je me rendis compte d'une chose : c'était à partir du moment où Marc était devenu mon patron que je ne l'avais plus vraiment apprécié.

Je n'avais pas le temps de me rendre compte à quel point l'homme qui se tenait devant moi m'exaspérait que la sonnette vibra à nouveau. Marc me soulagea du supplice d'aller ouvrir. Si c'était mon anniversaire, c'était sa soirée, après tout. Je me permis donc le luxe d'aller m'asseoir sur le canapé avec un verre à la main, le descendant d'une traite : l'alcool serait mon seul ami ce soir, celui qui me permettrait de considérer les autres comme tels.

Des éclats de rire en provenance de l'entrée me firent sursauter. La foule se pressait déjà pour passer la porte. Tous étaient vêtus de ces habits que l'on arbore à de rares occasions, ceux qui donnent l'impression au dernier des crétins d'être plein d'élégance. Moi je n'avais même pas pris la peine de me changer depuis la veille. Ce qui me mis mal à l'aise le temps d'un instant.

La plupart des invités étaient des collègues de travail. Ils ne m'aimaient pas vraiment et c'était réciproque. Il me paraissait d'ailleurs évident que si ce n'était pas leur patron qui les avait convié à cette fête ils n'y auraient jamais mis les pieds. Je ne les aurais moi-même jamais invité. Mais ils étaient bien là, abusant de compliments envers l'appartement, congratulant Marc pour son accueil chaleureux, et accessoirement venant me saluer pour me souhaiter un bon anniversaire ; même si j'étais persuadé qu'aucun d'entre eux ne savait quel âge je fêtais aujourd'hui. Les autres étaient de vieilles connaissances avec qui l'on avait fait nos études. Autrefois complices comme des frères nous étions tous devenus des inconnus les uns pour les autres, trop vieux pour partager des anecdotes qui étaient devenues embarrassantes au fil des ans. Et une autre partie des invités (en fait, la plupart) étaient de vrais inconnus ; qui me saluaient avec le gêne caractéristique des intrus. La plupart de cette tranche d'inconnus étaient des jeunes femmes qui ne dépassaient pas la trentaine. Je me demandais ce que ce troupeau de jolies jeunes jambes pouvait faire ici et je m'apprêtais à le demander à Marc avant de me rétracter, le voyant en pleine discussion avec une poignée de personnes que je n'avais pas le courage de saluer.

Très vite l'ambiance pincée du début de soirée se transforma en ambiance plus festive, les corps raidit commençant à se balancer au rythme d'une musique que je n'avais pas choisi. Moi je devins invisible, le concert de félicitations ayant été épuisé, à mon plus grand soulagement. J'avais dit tant de fois « merci » sans le penser que le mot m'était presque devenu étranger. Je me faufilais donc dans la foule, en prenant soin d'avoir toujours un verre à la main et de donner à chaque passage l'impression que j'allais rejoindre un groupe de gens, pour décourager quiconque souhaiterait m'interpeller. Après une nouvelle heure écoulée je n'avais même plus à abuser de ce subterfuge tant il devenait clair que plus personne n'en avait rien à foutre de moi et de mon anniversaire ; la plupart ayant vraisemblablement oublié ce qu'ils étaient venus célébrer.

Je restais donc assis sur le canapé pendant que l'effusion d'alcool commençait à faire son effet, les silhouettes dansantes devenant sous mes yeux embourbés des lumières vacillantes. Quand un jeune couple me rejoignit, s'embrassant de manière dévergondée, je compris qu'en restant assis j'allais finir par être aplatis contre un coin du canapé tant les deux jeunes gens semblaient déterminés à prendre le plus de place possible. Je me levai alors et en voyant un homme foncer vers moi pour me saluer je partis dans l'autre sens, en espérant le semer parmi la foule toujours plus nombreuse et bruyante. Ce que je réussis à faire.

Il y avait bien une centaine de personnes réunis chez moi, si bien que le chez moi ne voulait plus dire grand chose. J'avais cette sensation d'être un étranger dans mon propre appartement et je me décidai alors de rejoindre le seul endroit où j'étais sûr de ne croiser personne. Cet endroit c'était la cave à laquelle on accédait par de petits escaliers discrètement dessinés. À ma grande surprise l'endroit n'était pas désert puisqu'un homme était de dos, en train de chercher quelque chose. Quand il m'entendit entrer il se retourna brusquement. Cet homme, c'était Marc.

« Qu'est-ce que tu fais ? » Lui demandais-je en haussant les sourcils.

« Il n'y a pas de bouteilles d'alcool ici ? » Dit-il en continuant de chercher parmi les étagères.

« Non, pourquoi ? »

Il prit une mine désolée :
« C'est juste qu'on est un peu à court, tu vois... »

Il ne me laissa pas le temps de répondre, repartant déjà vers les escaliers en murmurant quelque chose à propos des robots. Trop fatigué pour l'écouter j'attendis que la porte se soit refermée derrière lui pour m'allonger sur le sol. Il était froid, dur et désagréable, mais mes jambes s'étaient littéralement dérobées sous le poids de mon corps. Je n'avais plus la force de tenir debout et je restais donc étalé sur le dos, le regard plongé vers le plafond, incapable même de réfléchir. Tant de temps s'écoula sans que rien ne se passe, sans que rien ne vienne déranger cet état de pause dans lequel je me trouvais, qu'en me relevant j'eus l'espoir que la fête était peut-être finie.

Ed_Wick
Ed_Wick
Niveau 11
28 août 2012 à 19:18:45

Ce fût donc la mine déçue et agacée que je retrouvai l'atmosphère toujours aussi agitée de l'appartement. Il n'était même pas onze heures. Je m'étais avancé de quelques mètres dans le salon lorsque j'entendis une voix de femme appeler derrière moi :
« Bonsoir David ! »

Je me retournai et la découvris adossée contre le mur. C'était une jeune blonde dont le visage me rappelait vaguement celui de Cléo ; ce qui me la rendit tout de suite antipathique.

« Bonsoir. » Dis-je en m'approchant d'elle sans conviction.

« Vous ne vous souvenez pas de moi ? » Demanda-t-elle avec un sourire aux lèvres.

J'essayai de chercher dans ma mémoire où j'avais pu voir ce visage aux traits fins et à la forme allongé mais il n'y avait rien à faire : je ne me souvenais pas. Mes pensées étaient de toute façon trop mélangées pour que je fasse l'effort d'y chercher la moindre information.

« Je suis censé ? »

Elle fit semblant d'être contrariée, arborant cette mine propre aux jeunes femmes sûres de leur beauté, entre moue séduisante et regard coquet.

« Je suis l'assistante du Docteur Peyr. »

L'assistante de Mme Peyr, bien sûr. La blonde au joli sourire.
Mais qu'est-ce que la blonde au joli sourire foutait ici ?

« Qui vous a invité ? » Demandais-je sans me rendre compte du caractère maladroit de ma question ; et n'en ayant pas grand chose à foutre non plus.

Elle reprit son air contrariée, celui qui n'était qu'un prétexte pour agiter sa petite tête d'un côté et de l'autre en pinçant ses lèvres, sachant à quel point ce geste délicat était séduisant. Mais moi, je n'étais pas séduit, et sa façon de bouger la tête ne me donnait qu'une seule envie : celle de l'écraser contre le mur.

« C'est toi, David. »

« Pardon ? » Dis-je brusquement.

« C'est toi qui m'a invité, David. »

J'écarquillai les yeux. Je ne connaissais même pas cette conne, qu'est-ce qu'elle racontait.

« Je ne crois pas, non. » Dis-je d'un ton méfiant.

Elle fut alors prit d'un fou rire, sincère cette fois.

« Je n'arrive pas à croire que tu ne t'en souviennes pas. Hier, en sortant du rendez-vous avec ta femme, tu es venu m'inviter. »

Je ne croyais pas un mot de ce qu'elle disait mais je n'avais pas la force de la contredire alors je répondis seulement :

« Ah. D'accord. »

Ce qui la fit pouffer à nouveau et murmurer un « toi, alors ! » qui sonnait trop familier pour une personne que je ne connaissais pas. Je le regardai avec mépris en pensant : la blonde qui est l'assistance de la sorcière et qui est conne et que je ne connais pas.

Puis elle s'approcha de moi et me chuchota quelque chose à l'oreille que je n'entendis pas. Et avant que je ne m'en rende compte je lui avais déjà attrapé le bras et je l'entraînais avec moi. Je n'avais pas besoin d'avoir entendu pour avoir compris. J'avais compris dès l'instant où je m'étais retourné. J'allais baiser avec cette petite conne parce que j'étais bourré et parce que je ne baisais qu'avec les femmes que je détestais.

Quand on fut seuls dans ma chambre, déjà nus, déjà enlacés, je ne me contrôlais plus. Je parcourais sa peau avec brutalité ; toute la haine que j'éprouvais pour elle je l'insufflais à mes gestes, qui devenaient violents dans la passion, meurtriers dans l'amour. Je ne voulais pas la baiser, je voulais lui démolir la chatte. Elle criait si fort que je me demandais si elle n'allait pas finir par couvrir le son de la musique. Nous étions dans le noir, elle plaquée contre le mur, moi si profondément en elle que j'avais l'impression de l'enfoncer dans la paroi. J'étais en sueurs et elle me regardait faire en souriant, fière de provoquer en moi un désir si animal, fière de me faire perdre tout contrôle de mon propre corps, juste pour la démolir encore un peu plus ; pour la faire crier encore un peu plus fort.

Je n'étais plus moi-même, j'étais le David de Cléo. Ce n'était pas l'assistante. L'assistante n'avait jamais existé. C'était Cléo. C'était Cléo que j'étais en train de baiser comme je n'avais jamais baisé personne, parce que cette petite conne était capable de me transformer au moindre de ses mots, au moindre de ses coups de langue. C'était le David de Cléo qui avait englouti la pilule rouge qu'elle lui avait tendu après avoir avalé son sperme. C'était le David de Cléo qui l'avait regardé éclaté de rire pendant que du sang commençait à couler de ses narines. C'était le David de Cléo qui commença à s'effondrer sur lui-même, loin de la petite conne déjà revêtue. C'était le David de Cléo qui vit entrer dans la chambre les hommes en combinaison. C'était le David de Cléo qui n'aurait jamais du prendre la pilule rouge.

-Light
-Light
Niveau 10
29 août 2012 à 15:48:24

Hoho ! J'ai pas mal de choses à dire concernant cet intéressant chapitre :)

Tout d'abord, l'orthographe. Je n'ai pas eu envie de relever quoi que ce soit, mais elle se détériore nettement en fin de chapitre ! Une petite relecture s'impose :sournois:

Concernant l'anniversaire, je trouve fascinant la manière crue, froide et si réaliste de ce comportement en société, si typique de l'époque actuelle. C'était vraiment criant de vérité, cette attitude constante de façade, cette hypocrisie, ce décor en carton-pâte qu'arbore la société ! J'ai beaucoup aimé.

Concernant la fin de chapitre, déjà bravo pour la description. Mais malgré toute la rage que tu as voulu exprimer, le "je voulais lui démolir la chatte" est peut-être un peu abusé dans un roman (cela bien sûr si tu veux le montrer à d'autres personnes que nous, le faire éditer :-) ). Qu'est-ce que c'est que cette mystérieuse pilule rouge ? Qui est cette femme ? Est-elle envoyée par les méchants pour droguer David et récupérer la petite ? Je parie que son ex-femme, après avoir vu la petite, en a parlé à la conseillère conjugale, et c'est tombé dans l'oreille de la secrétaire qui travaille sûrement pour les mystérieuses personnes qui veulent récupérer Lou :content:
J'aime assez la tournure que prend la fin.
"C'était le David de Cléo qui avait englouti la pilule rouge qu'elle lui avait tendu après avoir avalé son sperme. C'était le David de Cléo qui l'avait regardé éclaté de rire pendant que du sang commençait à couler de ses narines. C'était le David de Cléo qui commença à s'effondrer sur lui-même, loin de la petite conne déjà revêtue. C'était le David de Cléo qui vit entrer dans la chambre les hommes en combinaison. C'était le David de Cléo qui n'aurait jamais du prendre la pilule rouge."

Genre le truc qui tout d'un coup vire au vinaigre :hap:

J'attends la suite mon cher :ange:

Ed_Wick
Ed_Wick
Niveau 11
29 août 2012 à 16:24:08

Merci à toi pour ce retour. :)

Au niveau du terme "démolir la chatte" j'avoue que c'est celui qui m'a semblé le plus honnête avec le personnage. Je ne veux pas être malhonnête avec lui. ^^

Comme je l'ai dit, je ne souhaite pas être édité et les personnes à qui je veux lire mes textes, je m'en cogne un peu de savoir s'ils trouvent cela déplacé : j'écris pour moi avant tout. :)

Bref, merci encore, la suite devrait être postée dans la soirée ; malgré ma grande fatigue actuelle.

Psyclo
Psyclo
Niveau 10
30 août 2012 à 00:28:25

CHAP 8 :

Bon chapitre, l'intrigue s'allonge et se complexifie et c'est très bien mené malgré quelques détails stylistique comme l'emploi du "si bien que" ou le coup du "Et avant même que je ne m'en rende compte" qui, à force de répétition, gêne ma lecture en rendant la narration mécanique

tiens, c'est marrant, une scène de sexe aussi, et quelle scène ^^

J'aime le fait qu'on navigue de plus en plus dans un univers poisseux, j'ai l'impression qu'une simple baisse d'attention peut tout faire chavirer.

Tu alternes entre des séquences purement narrative et des phases d'introspection qui, même si elles ralentissent parfois le rythme de lecture, ont le mérite d'être très bien écrite avec un vrai jeu sur la langue française.

continue :)

Ed_Wick
Ed_Wick
Niveau 11
30 août 2012 à 01:07:19

Merci à toi !

Oui, le chapitre 8 marque une transition dans le récit ; compte tenu de sa place médiane dans l'histoire : les choses vont se bousculer à présent. Fini l'insouciance du début.

Ed_Wick
Ed_Wick
Niveau 11
30 août 2012 à 03:33:55

:d) Chapitre 9

Les oiseaux bleus

Les rayons de soleil qui irradiaient mon corps me rappelaient l'habitude que j'avais pris de ne rien ressentir. Ma peau, douce et sensible, picotait sous la caresse de cet astre lumineux, prise de légers frissons. C'était l'un de ces picotements délicat et agréable qui m'avait sorti de mon sommeil. À peine mes sens s'étaient-ils éveillés que j'avais compris : je n'étais pas chez moi. Et je n'avais pas eu besoin d'ouvrir les yeux pour m'en rendre compte. Tout était trop différent, de l'odeur légèrement parfumée à ces fameux rayons qui vibraient sur mon corps. Ce dernier étant devenu trop opaque à mesure que les années passaient ; réveillé soudain par la chaleur vive de la vie, celle qui vous brûle la peau pour vous sortir de votre torpeur.

Les paupières closes, j'avais essayé de me souvenir des évènements de la nuit dernière, l'anxiété de les retrouver et la peur de les perdre me contraignant à garder les yeux fermés ; de crainte qu'en ne les ouvrant tout s'enfuie brusquement de mon esprit, comme un rêveur perd tous ses souvenirs une fois qu'il ouvre son âme à la réalité, embrassant la vérité et délaissant ses songes malgré lui. Pour moi c'était l'inverse, il ne fallait pas que j'ouvre les yeux pour préserver la vérité ; car les images avaient ce même aspect incertain que celui des rêves, qui vous faisait perdre toute vue sur le réel.

Mais ma mémoire se révélait aussi impuissante que le reste. J'étais incapable d'y puiser le moindre souvenir, comme s'ils avaient tous été percés par les balles impénétrables de l'oubli. Le souvenir vague d'un anniversaire – le mien – se voulait insistant ; mais je n'y décelais rien d'autre que des corps dansant, comme si j'étais en train de regarder un film aux images saccadées, indescriptibles. Le mal de crâne qui se réveillait en même temps que moi n'aidait pas à cette tâche devenue insurmontable que celle de me rappeler. Ce fut finalement en pensant à ce mal de crâne que les souvenirs reprirent forme, un à un. Ce que je pensais être une simple gueule de bois était autre chose. Quand j'en compris la nature, j'aurais préféré qu'il s'agisse d'une simple gueule de bois. Parce que la nature de cette autre chose m'apprenait que j'avais échoué à mon devoir, celui de veiller sur Lou.

C'est en ouvrant les yeux que je compris qui était la cause de cette autre chose.
« Cléo. » Fut le premier et seul mot que je prononçai.

La chambre dans laquelle je me trouvais, allongé dans un lit trop vaste dont je n'avais pas l'habitude, était vierge de tout mobilier. La vacuité ambiante me faisait penser au bureau de Mme Peyr. Il y avait d'ailleurs ce même côté immaculé dans le décor, où les murs étaient trop blancs pour être faits de peinture et le sol trop froid pour être faits pour des pieds. La pièce semblait avoir la même fonction que celle dans laquelle siégeait quotidiennement la sorcière. J'y étais entré plein comme un œuf, et je m'y réveillais vide comme une coquille. L'atmosphère même de la chambre paraissait attendre de moi que je devienne un autre homme ; c'était l'impression de renaissance contrainte qui suintait des chambres d'hôpital qui s'en dégageait. J'avais pourtant la conviction que ceci n'était en rien une chambre d'hôpital. Mais chambre d'hôpital ou non, je ne pouvais pas y rester, car il fallait que je retrouve Lou. C'est en jetant un dernier coup d'œil aux murs, striés par une lumière à la fois dure et douce, sombre et lumineuse, qui filtraient à travers les stores serrés, que je sortis de la pièce.

La première chose qui attira mon attention quand j'eus pénétré dans ce qui était un salon à l'envergure colossale, fut le plafond, bien plus haut que tous ceux que j'avais vu jusque là. Il devait culminer à près de vingt mètres de moi, et je le regardais avec curiosité, me demandant qui pouvait avoir besoin d'un tel espace, commençant même à ressentir les premiers effets d'un vertige légitime. Je préférai alors reposer les yeux sur le parquet, plus souple que celui de chez moi, recouvert par endroit d'aquariums rectangulaires au sein desquels circulaient quelques poissons de toutes les couleurs, verts, jaunes, et rouges, avec l'insouciance propre à l'animal captif qui ne le sait pas. J'avais la désagréable impression d'être moi aussi l'un de ces animaux en captivité alors j'en détachais mon regard, frustré.

Le salon, si c'était bien un salon, n'était pas loin d'être aussi vide que la chambre que je venais de quitter. Et seule la vitre imposante qui recouvrait toute la façade nord attirait mon attention, permettant au salon d'être teintée d'une couleur vanille uniforme. C'était un écran géant qui s'y dressait ; à la différence près que d'écran il n'y avait pas. Non, c'était bel et bien une vue sur le monde extérieur que la vitre me proposait. Je m'y glissai alors d'un pas léger et je remarquai seulement que je ne portais rien d'autre qu'une chemise de nuit qui ne m'appartenait pas.

Je n'étais jamais monté aussi haut ; c'est la première réflexion que je me fis quand j'eus plongé mon regard à travers la vitre. Le soleil me semblait si près et si monstrueux que je me protégeai machinalement le visage, de peur qu'il ne me rende aveugle, même si les vitres avaient la particularité de repousser les rayons aventureux. L'image qui s'étendait devant moi était d'une profondeur vertigineuse, les bâtiments aux alentours étaient tous à des dizaines de mètres sous mes pieds, et j'étais persuadé, bien que je ne puisse pas voir ce qui se trouvait au-dessus de ma tête, que rien ni personne ne dépassait la hauteur de cette pièce.

La grandiloquence du cadre, l'infinie grandeur du plafond, la force implacable des vitres, la prison des poissons, le vide environnant ; tout me faisait frisonner. Pas d'un frisson agréable comme celui des draps chauds qui m'avaient réveillé, mais un frisson frais et malveillant, synonyme d'une inquiétude impalpable. Me retrouver ici n'était pas bon signe, j'aurais encore préféré me réveiller dans une ruelle quelconque du bas monde. Et alors que je m'apprêtais à fuir la vue insupportable des immeubles s'agenouillant devant les vitres une voix résonna derrière moi. L'une de ces voix qui vous glace le sang, qui résonne contre les murs comme un sifflement venteux et qui vous attrape le cou comme une rafale glaciale. Cette voix, si terrifiante, si sinistre, avait pourtant prononcé les mots les plus innocents qui soient ; mais parfois, les mots les plus innocents prennent la forme des plus cruels :

« Belle vue, n'est-ce pas ? »

L'homme à la voix glaciale, qui semblait vous mordre les oreilles comme un vampire vous mord le cou, s'approcha lentement de moi, sans que je ne daigne détourner les yeux vers lui. Dès qu'il fut arrivé à ma hauteur, près de mon épaule droite, je demandai :
« Qu'est-ce que je fais ici ? »

« Vous n'avez pas l'impression, reprit-il en m'ignorant, en regardant tous ces immeubles, d'avoir un pouvoir suprême sur eux ? »

Je tournai ma tête vers la sienne : une petite boule si minuscule qu'elle semblait tenir par miracle sur ses épaules, son cou étant si fin qu'il donnait l'impression d'être un simple doigt. Son visage était tellement inexpressif qu'il semblait avoir été formé à partir d'argile ; seuls ses petits yeux ovales laissaient paraître l'empreinte de la vie. J'étais d'ailleurs persuadé que si cet homme fermait les yeux on ne verrait plus un visage mais une matière informe. Deviner son âge était encore plus compliqué que de deviner comment sa tête pouvait tenir sur son corps. Il était vieux, mais à quel point, c'était impossible à déterminer. Il me regardait sans rien dire, décelant en moi la surprise et l'horreur de le découvrir ; et, à la place d'être vexé, il semblait s'en amuser, certainement accoutumé du fait d'avoir cet effet là sur les gens.

« Moi, quand je regarde ces immeubles, j'ai l'impression qu'ils sont à ma merci, que dans leur insouciante médiocrité ils dépendent de ce que je fais. » Dit-il en replongeant son regard vers l'horizon.

Il y avait quelque chose chez lui, dans son regard, dans sa voix, dans ses paroles, qui transformait le petit vieil homme en démon imposant. Et je compris pourquoi cette gueule ridicule qu'il arborait ne le dérangeait pas : parce que ce qui se cachait en-dessous était bien pire encore.

J'avais envie de redemander ce que je faisais ici, de demander qui il était, ou bien de partir en courant ; mais c'était comme si sa présence auprès de moi paralysait mon corps et asphyxiait mes pensées : je ne pouvais rien faire d'autre que de l'écouter.

« Imaginez donc un Dieu, loin au-dessus des nos têtes. Imaginez comme la faiblesse et la médiocrité des hommes doit le divertir. » Continua-t-il sur le même ton.

« Vous croyez en Dieu ? » Fut la seule chose que je trouvai à répondre.

Il tourna sa tête souriante vers moi :
« Si je n'y croyais pas, je n'essaierais pas de le remplacer. »

Un long silence fit suite à sa déclaration avant que je n'ose poser la question qui me démangeait :
« Qui êtes-vous ? »

Il fut secoué d'un petit rire et rétorqua :
« Allons, chaque chose en son temps. Suivez-moi. »

Et il commença à s'engager vers l'autre bout du salon. J'emboîtais son pas comme envoûté par son aura néfaste et mauvaise. Très vite, l'homme ne devint dans mon esprit rien d'autre qu'un minuscule démon.

Le minuscule démon s'assit sur un fauteuil que je n'avais pas vu en passant la première fois, et qui faisait face à un autre fauteuil dans lequel il m'invitait à m'asseoir.

On se regarda pendant de longues minutes. Il semblait attendre quelque chose ou quelqu'un et ce quelque chose finit par arriver. Un robot de maison circula sur le parquet pour nous rejoindre. Il tendit un verre au démon que ce dernier attrapa avec enthousiasme, puis il se tourna vers moi et m'en tendit un aussi, que je déclinai nerveusement.

« Allons, vous devez être assoiffé ! » S'étonna le démon.

Il avait raison. Ma gorge était sèche et les glaçons qui trônaient à l'intérieur du verre me donnaient envie de les avaler en un seul bloc. Mais je ne prendrai rien, pas ici. Je ne prendrai rien ici parce que j'étais dans la cage du démon.

Le robot repartit donc d'où il était venu avec son verre toujours entre les mains, et, d'une façon ou d'une autre, j'avais l'impression de l'avoir vexé. Enfin, tout cela n'avait plus d'importance puisque le démon avait recommencé à parler.

« 4000 mètres de vie. Vous vous rendez compte ? 4000 mètres de vie et les seules qui comptent sont celles qui se trouvent tout en haut. N'est-ce pas curieux ? »

Il s'arrêta quelques instants, comme pour s'interroger lui-même, et reprit :
« Finalement, 4000 mètres c'est comme 4000 ans. Imaginez les immeubles comme des frises temporelles : qu'est-ce qui compte, après tout ? Les hommes qui vivent en dernier, quand tous les autres ont été oublié ; ceux qui sont là pour décider de qui on doit de souvenir, qui on doit honorer. »

Il s'enfonça dans son fauteuil en poursuivant ses réflexions, ignorant complètement ma présence. J'aurais d'ailleurs pensé qu'il parlait tout seul s'il ne s'adressait pas constamment à moi ; utilisant ce « vous » qui me débectait.

« Enfin, inutile d'en discuter, puisque nous sommes de ceux qui sont tout en haut, nous n'avons rien à craindre. » Conclut-t-il avant de goutter à la liqueur qui tournoyait dans son verre et qui attendait impatiemment que ses lèvres se posent dessus.

Il fit un signe d'excellence avec ses mains et annonça :
« Un régal. Je suis vraiment navré que vous n'ayez rien pris. »

« Je ne suis pas de ceux là. » Dis-je d'un ton détaché.

« Pardon ? » Demanda-t-il en se penchant vers moi, pas sûr de m'avoir bien entendu.

« Je ne suis pas de ceux qui vivent en haut. »

Il me contempla avec un sourire compréhensif mais ne répondit rien. Je repris alors la parole :
« Qu'est-ce que nous faisons ici ? »

« Nous dégustons un champagne succulent. » Avoua-t-il, avant d'émettre un rire pincé et de se rectifier :
« Enfin, pas vous, puisque vous n'avez pas soif. »

Il agitait son verre et me donnait envie de le lui arracher. C'est comme si j'avais de plus en plus chaud, de plus en plus soif. Des gouttes de sueurs ruisselaient sur mon corps et la nervosité s'était transformée en véritable panique ; le démon la dénotait sans problème et s'en réjouissait, et pour cela, je le haïssais.

« Répondez-moi. » Dis-je, incapable de contenir mon exaspération plus longtemps.

« Bon, bon, très bien. » Dit-il après avoir posé son verre sur la table basse (à partir de quand une table basse s'était-elle glissée entre nous ?).

Il s'éclaircit la gorge :
« Le Dieu dont je vous parlais tout à l'heure. Si vous aviez la possibilité de lui donner un coup de main ; de l'aider à gérer toutes ces vies errantes, que feriez-vous ? »

« Je ne crois pas en Dieu. » Répondis-je sèchement.

« Admettons que vous y croyez, que feriez-vous ? » Insista-t-il.

« Je pense que je l'aiderais mais... » Commençais-je, agacé, avant qu'il ne me coupe la parole.

« Nous y voilà ! » Il marqua un temps d'arrêt et reprit :
« Il se trouve que, comme notre Dieu, j'ai moi-même besoin d'un coup de main. Et (un nouveau sourire fendit la face du démon), il se trouve que vous êtes celui qui peut me le donner. Fantastique, n'est-ce pas ?! » Fanfaronna-t-il.

Il voulait Lou. Et je souris malgré moi. Il voulait Lou, ce qui voulait dire qu'il (qui ?) ne l'avait pas encore. Le minuscule démon n'avait pas encore dévoré la petite Lou. Et ça n'allait pas être le cas, car jamais je n'endosserai le rôle des crocs, livrant à cet être infâme la petite Lou.

« Qu'est-ce donc ? » Demandais-je innocemment, en ayant la sensation de reprendre le dessus sur mon interlocuteur.

Il se pencha encore vers moi, et sa petite tête était à présent si près de la mienne qu'il n'eut qu'à murmurer à mon oreille :
« Il se trouve qu'une jeune fille dangereuse (il agita les mains ), oh oui, extrêmement dangereuse, pourrait être en votre compagnie. Vous comprenez donc à quel point c'est important pour moi de la retrouver. »

« Vraiment, et où est-elle ? » Dis-je plein d'ironie.

Le sourire du démon devint moins gracieux.

« Mais c'est ce que je vous demande ! » S'enthousiasma-t-il.

Je m'approchai à mon tour de lui, chuchotant cette fois à la sienne, d'oreille :
« Je vais vous dire un secret. »

« Lequel ? » Demanda-t-il avidement.

Je me reculai sur mon fauteuil et annonçai, fièrement :
« Je vous montre Lou si vous me montrez votre Dieu ! »

Sa mine avide se transforma en grimace.
« Ainsi, vous vous payez ma tête. » Concéda-t-il déçu.

Je riais désormais aux éclats : j'avais vaincu le minuscule démon. Il pouvait faire ce qu'il voulait de moi, peu importe, je l'avais vaincu.

« Très bien, vous pouvez partir. » Avoua-t-il mécontent, sans haine toutefois.

Abasourdis, je le vis se lever et commençait à se diriger vers la vitre qu'on avait quitté un peu plus tôt.

« C'est tout ? » Demandais-je toujours sous le choc, comme si j'avais espéré au fond de moi subir d'atroces tortures pour pouvoir dire : je souffre mais j'ai vaincu.

« Qu'attendiez-vous ? » S'étonna le démon à présent posté contre la vitre.

« Je suis libre ? » Dis-je en me tournant vers lui, haussant les sourcils.

Ce fut à son tour de hausser les sourcils :
« À quel moment avez-vous pensé être un prisonnier ? Bien sûr que vous pouvez partir, Mr. Junkle se fera une joie de vous raccompagner jusqu'aux T.I. »

Ed_Wick
Ed_Wick
Niveau 11
30 août 2012 à 03:37:12

J'allais demander qui était Mr. Junkle mais la question devint obsolète quand je vis réapparaître le robot de maison, m'incitant à le suivre. Je me levai et m'engageai derrière lui, toujours incapable de comprendre à quoi avait rimé toute cette discussion. Je m'attendais à un démon, mais je ne m'attendais pas à ce genre de démon. Avant de disparaître dans le couloir il m'interpella :
« Cependant, n'oubliez pas une chose : le Dieu et les immeubles, David, le Dieu et les immeubles. »

Et l'intonation qu'il mit dans sa voix en disant cela me fit la même impression que lorsque je l'avais entendu parler pour la première fois : celle d'un coup de poignard dans le dos. Je me précipitai alors pour sortir de la pièce, pour quitter l'antre du démon, que j'avais vaincu, trop facilement pour y croire.

En rentrant jusqu'à chez moi je ne fis attention à rien, trop occupé à repenser à cet étrange réveil et à cette étrange demeure. Mais je laissai de côté toutes mes questions quand j'aperçus la porte de mon appartement. J'imaginais Lou recroquevillée près du lit, tremblante de tout son corps, et je n'avais donc qu'une envie : me précipiter sur elle et la rassurer.

Je ne trouvai pourtant rien d'autre chez moi que des pièces dévastées. Tout avait été renversé, détruit. Les portes étaient arrachées, et plus rien n'était à sa place. Pire que tout : Lou n'était plus là. Je m'agenouillais alors sur le sol, m'en prenant à moi-même, cognant contre le parquet avec désarroi. Je l'avais laissé filer, entre quelles mains ? Entre celles d'un démon, si ce n'en était pas un, c'en était un autre, j'en étais persuadé.

Après un énième coup je n'eus pas le temps de comprendre ce qui se passait que je ressentis une main se poser sur mon épaule. Je pensai follement que c'était la main de Lou mais cette main là était beaucoup trop ferme : c'était une main d'homme, qui m'agrippait violemment et me renversait sur le dos. Incapable de réagir je vis l'homme s'agenouiller près de moi. Ce que j'avais pris pour une main était en fait une piqûre et j'étais littéralement paralysé sur le dos, les muscles piégés par le produit qui s'était infiltré dans mon corps.

L'homme s'approchait de mon visage, ses mains gantées attrapèrent ma bouche et l'ouvrirent en grand sans que je ne puisse réagir. Il y inséra un tube métallique de la taille d'une aiguille que je sentis pénétrer dans ma gorge et glisser en moi. L'homme retira ensuite ses mains et se leva, sortant de l'appartement en me laissant immobile sur le sol. Les paupières lourdes, je me sentais perdre connaissance, et je m'abandonnais à ce sommeil inévitable, lassé de ne plus rien comprendre.

Le sommeil fut pourtant de courte durée et je me réveillai avec un mal de ventre qui semblait m'arracher les entrailles. J'avais une envie irrépressible de vomir et je commençai alors à cracher sur le sol. Après que quelques filets de baves aient coulé de ma bouche je vis la tige métallique que l'homme m'avait inséré ressortir et s'écraser contre le parquet. Sa couleur initialement noire avait viré au rouge. Le mal de ventre m'avait aussitôt quitté et je me levais alors, les membres endoloris, découvrant le message qui était accroché sur ma porte :
« Les oiseaux bleus t'indiqueront le chemin. »

Je relus plusieurs fois pour être sur d'avoir bien compris. Oui, j'avais bien compris et pourtant je ne comprenais plus rien. Je ne comprenais plus rien mais les oiseaux bleus m'indiqueront le chemin.

FandeDQ
FandeDQ
Niveau 10
31 août 2012 à 19:59:11

C'est assez dommage car l'idée du début est intéressante, c'est plutôt bien écrit malgré pas mal de fautes d'orthographe, et puis volontairement tu casses tout, ça enlève directement la "finesse" du début. :(

Ed_Wick
Ed_Wick
Niveau 11
31 août 2012 à 20:01:41

Tu parles du premier chapitre si je comprends bien.

Oui c'est volontaire de couper brutalement ses pensées.

FandeDQ
FandeDQ
Niveau 10
31 août 2012 à 20:05:23

Non je voulais dire : c'est volontaire d'être vulgaire ?

Ed_Wick
Ed_Wick
Niveau 11
31 août 2012 à 20:06:51

Vulgaire ? :(

Tu fais référence au "je t'emmerde" ?

On est loin d'une vulgarité sans pareil.

FandeDQ
FandeDQ
Niveau 10
31 août 2012 à 20:23:16

Oui ça et le "J'essaie donc de reprendre où j'en étais, ravi de pouvoir me concentrer à nouveau sans ressentir la désagréable sensation de cette bouche sur mon pénis".

Avec le début juste avant ça passe vraiment mal, j'ai trouvé ça affreux.

Ed_Wick
Ed_Wick
Niveau 11
31 août 2012 à 20:26:10

Je peux comprendre que ça te perturbe ; mais c'est justifié vis-à-vis de la personnalité du personnage. Il est capable de procéder à une introspection neutre et fine, mais une fois qu'il extériorise ses sentiments, ça se transforme en quelque chose de beaucoup plus violent, masculin, brutal.

Cela dit, je n'abuse pas de ces formes crues dans mon récit. J'ai trouvé ça important cependant d'en mettre dans le 1er chapitre, pour tout de suite poser les cartes sur la table et situer le personnage qui est très contrasté. :)

_dexter75_
_dexter75_
Niveau 10
01 septembre 2012 à 15:00:34

cette fois ci j'ai enfin tout lu et je commencerai par un grand bravo :bravo:

si je détaillai chacun de tes chapitres ça me prendrait trop de temps donc je vais essayer de te faire un commentaire complet et général.
cependant, je tiens à préciser que j'ai beaucoup aimé le premier chapitre. je trouve l'introduction vraiment intéressante et assez original. tu as réussi à donner un aspect presque mystique au fait " qu'il n'y ait plus de voiture ".

ton écriture, je trouve, c'est bien affirmer depuis désillusion. et pourtant ton style était déjà très bon. la narration, les description et la mise en scène sont toujours excellents et pourtant, tu fais toujours preuve d'une rapidité déconcertante ( pour moi) à écrire tes chapitres. si je pouvais écrire avec une tel aisance :coeur: ... enfin bref :rouge:

d'autre part, j'aime beaucoup le personnage principal très contrasté et qui est plutôt attachant malgré un petit coté antipathique. d'ailleurs tout les personnages sont assez bien présenté, ce qui donne un plus à ton histoire.

l'histoire en elle même est bien faite et pour ma part assez surprenante, car je ne m'attendait vraiment pas à cette évolution. mais ce n'est pas pour me déplaire.

en tout cas, j'attends vivement la suite et j'essayerai de te faire un com à chaque nouveau chapitre pour de donner mes impression de manière plus précise.

encore bravo

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