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Expeditions: Samurai veut révolutionner le RPG tactique avec une aventure entièrement jouable en coop

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Grizzlyheart
Grizzlyheart
Niveau 7
28 août 2009 à 14:34:08

J'adore le personnage de Claire, profondément intéressé

Et j'ai Explosé de rire à "Ramène ton cul de berbère ici" :rire:
franchement j'aime bien ce que tu écris :-)

triplidio
triplidio
Niveau 11
28 août 2009 à 15:45:54

Retour sur les deux journalistes du début vraiment bien amené, on sent que tu as réfléchi à ton histoire.
J'ai tout de même moins rigolé qu'au précédent chapitre mais l'histoire progresse bien, c'est très agréable à lire, sauf les fautes qui piquent un peu les yeux mais bon.. ^^

Là j'ai explosé je dois dire : :d) SADDAM ! Je plaisantais ! :lol:

Bref, histoire bien délirante, j'adhère, c'est frais quoi ! :ok:

Mandoulis
Mandoulis
Niveau 27
29 août 2009 à 00:57:13

Toujours aussi bien, aussi drôle et facile à lire que les précédents chapitres... L'intrigue avance, on commence à avoir quelques infos sur ce virus... Et pis, je suis content qu'elle soit morte, elle avait pas l'air très gentille :rire:
continue... :bravo:

Titimathy
Titimathy
Niveau 44
29 août 2009 à 17:46:51

Bon je vais pas continuer avec mes commentaires inutiles. J'aime vraiment bien. Ca se lit très facilement, l'humour à la south park (chaud la référence) est toujours aussi plaisant. Franchement je pensais pas que tu allais en faire toute une histoire. ^^

emy_la_fumeuse
emy_la_fumeuse
Niveau 8
31 août 2009 à 14:32:44

merci pour ces coms et j'ai l'honneur de vous annoncer que cette histoire à une fin :ok:

demain ou ce soir prochain chapitre.

emy_la_fumeuse
emy_la_fumeuse
Niveau 8
01 septembre 2009 à 14:04:02

Voici la suite.

L’acier glacial serrait ses poignets. Très vite, des fourmis s’installèrent dans ses quatre membres. Son crâne et son cou étaient maintenu par un dispositif plutôt efficace : Il ne pouvait plus bouger du tout.

« Si ça ne tenait qu’à moi, Docteur Mauppin…lui avait soufflé Colombani. Je vous aurais invité à boire un verre et peut-être même à passer la nuit avec moi. Mais on ne fait pas toujours ce que l’on veut, Docteur Mauppin. »

Ces mots, il se les ressassait sans cesse. Il avait la désagréable impression que son crâne, compressé par deux tiges métalliques, allait être broyé. Privé de tout mouvement, il inspecta la pièce sous tous les angles imaginable. Il s’agissait d’une pièce ovale, à l’aspect sale. Un goût métallique dans la bouche. Le goût du sang. Quand il cracha au visage du directeur de la Brigade du Paranormal, ce dernier répondit avec une gifle.

« Vous m’en voyez navré, Docteur Mauppin. Franchement, vous êtes un type très attachant, mais vous n’êtes plus utile à la Brigade, à présent Vous êtes incapable de stopper ce virus, et vous en savez beaucoup trop. »

Il avait froid. Il était nu. Sa peau, mise en valeur par de puissants néon blanc, se montrait plus blanche qu’à l’accoutumé. Un plumeau lui chatouillait la raie du cul, et il ne cessait de gesticuler. Si seulement il avait foutu le camp lorsque l’occasion se présentait… Pourtant, ça ne lui correspondait pas, de faire confiance aux inconnus. A vrai dire, le Docteur ne faisait confiance qu’à son thermomètre. Et contrairement à Colombani, il préférait l’avoir dans la bouche que dans l’anus. Lui qui avait toujours détesté les pédés, il savait aujourd’hui qu’en plus d’être gay, ils étaient de vrais enfoirés.

« Cependant, nous n’allons pas vous tuer. Nous allons vous simplement vous lobotomiser, et vous relâcher tranquillement dans la nature.
- Quoi ? Mais on ne pratique plus la Lobotomie depuis plus de cinquante ans !
- C’est vrai, mais comme je vous l’ai déjà dit, nous ne sommes pas dans Men in Black. Il n’existe pas encore d’appareil magique pour effacer la mémoire…
- Mais c’est inhumain ! » avait protesté le Docteur, nu comme un ver dans ce froid décor.

L’Agent Revel, qui assistait lui aussi à l’opération, s’interposa à son tour.

« Sauf votre respect, Monsieur Colombani, je pense que la trépanation est plus appropriée…
- FAUX ! rétorqua le Directeur, furibond. On a tendance à faire l’amalgame, mais la trépanation est utilisée pour procéder à l'ablation de tumeurs ou dans le cas des hématomes, car si le sang n'est pas évacué, il peut y avoir une compression du cerveau qui provoque des lésions pouvant entraîner la mort.
- Ah, D’accord.
- Tandis que la Lobotomie permet d’opérer le cortex préfrontal, qui constitue -je vous le rappelle- la partie antérieure du lobe frontal du cerveau, située en avant des régions pré motrices. Cette région est le siège de différentes fonctions cognitives dites supérieures (notamment le langage, la mémoire de travail, le raisonnement, et plus généralement les fonctions exécutives). C'est aussi la région du goût et de l'odorat. C'est l'une des zones du cerveau qui a subi la plus forte expansion au cours de l'évolution des primates jusqu'aux hominidés.
- Putain, vous en savez des choses, Monsieur le directeur.
- Je sais, Revel. Je sais.»

Mauppin eut l’impression d’être dans un affreux cauchemar, un de ceux qu’il faisait les soirs de pleine lune. Impossible de se pincer pour vérifier : Les liens d’acier fixés à ses poignets lui interdisaient tout mouvements. Il remarqua que sa circulation sanguine altérée teintaient ses membres d’une couleur mauve peu esthétique.
« Et en plus, cette enflure de Colombani sait plus de chose que moi…pensa-t-il. »

Effectivement, le Dr. Mauppin avait tendance à se sentir plus intelligent que les autres d’une manière générale. Après toute ces années d’études en fac de médecine, après toutes ses gueules de bois et ses trous noirs, il trouvait cela légitime. Perdre un bout de cerveau. Oublier sa mémoire… Il ferma les yeux et visionna le feuilleton de sa vie : Son premier polo Ralph Lauren, son premier adultère, son premier whisky, son premier hémorroïde…Sa blessure au genou, qui l’avait éloigné des pistes, à Courchevelle. Tant de moments inoubliables… Colombani se racla la gorge, et notre bon médecin sortit de sa torpeur.

« N’ayant aucun talent en chirurgie, je ne puis vous faire le plaisir de vous opérer moi-même. Annonça-t-il. Et étant donné que l’Agent Revel a deux mains gauche, et qu’en plus il est hypersensible, il n’en est pas capable non plus. Alors j’ai confié cette mission périlleuse au Charcutier-Traiteur de la Brigade, j’ai nommé Pierre-Alain Deltoïde. »

Une silhouette rugueuse se profila dans la pièce. On ne voyait que ces petites dents blanches, perdues au milieu d’une barbe bien fournie. Il avait revêtu pour l’occasion la tenue sanitaire officielle. C’était donc une évidence : Malgré l’aura peu rassurante qu’il dégageait, Pierre-Alain Deltoïde s’impliquait à cent pour cent dans son nouveau job.

« C’est qui ce type ? Libérez-moi ! » s’égosilla Mauppin, en s’agitant comme possible.

Deltoïde s’avança lentement. Les semelles de ses bottes encrassées raisonnaient dans la pièce. Il tenait à deux mains une mallette noire et métallique.

Sans l’avertir, on injecta au Docteur terrorisé un anesthésiant local. L’aiguille acérée pénétra la chair de sa nuque, et une goutte de sang perla à l’extérieur et dans le reservoir de la seringue. Le liquide se répandit dans ses veines. En seulement quelques secondes, les traits de son visage se figèrent, totalement insensible. Seuls ses yeux répondaient.
Pire, encore.

Il assisterait donc à sa propre lobotomie, sans pouvoir réagir. Il misait tout sur sa vision troublée, qui pourrait éventuellement l’empêcher d’avoir des descriptions trop précises. Deltoïde le boucher s’installa. A présent, Mauppin ne distinguait plus qu’une masse large et noirâtre. Les dires de Colombani lui apparaissaient si lointain à présent. Comme s’il était sous l’eau, ou derrière un triple vitrage.

Un grincement criard. Celui de la perceuse. Deltoïde, qui agissait avec méthode et sang-froid, suivit le cercle qu’il avait préalablement tracé au marker, sur le front de son premier patient. La vue de Mauppin arbora une teinte rougeâtre, avant que Deltoïde n’applique une lingette désinfectantes prévue à la base pour l’hygiène anale.
Une fois la découpe terminé, le chirurgien-boucher plaça le disque crânien dans une bassine pasteurisée, et se munit de la pince à épiler qui trônait fièrement au centre de la mallette. A l’aide d’une loupe, et des schémas trouvés un peu plus tôt sur Wikipedia, il retira un petit bout de cervelle, et eut enfin accès à la substance blanche. Une fois extraite, cette partie interne du cerveau formant l’un des catégories de tissu du système nerveux rendrait le Dr. Mauppin apathique, et incapable de donner l’ordre logique des faits passés en cette nuit sanguinolente. Au mieux, on le prendrait pour un fou. Au pire, il ne retrouvait jamais le chemin de sa maison, et finirait dans un canal. Peu importait le directeur de la Brigade, qui devait à tout prix conserver le secret, et cela le plus longtemps possible.

Pour l’agent Revel, c’était une scène assez insoutenable.

« Sauf votre respect, Monsieur Colombani, vous allez beaucoup trop loin. Vous savez pertinemment que dans quelques heures, les gens seront au courant.
- Ecoutez, Revel : Si ça avait été possible, je vous aurais certainement prié de rentrer chez vous, et de chercher un autre job. Mais c’est impossible. Alors je vous prierez simplement d’aller vous faire mettre, si vous n’êtes pas content. »

Le chauve aux lobes bien développés regarda ses chaussures, pleines de terre. Il voulait dormir.

Une fois l’opération exécutée, Pierre-Alain Deltoïde nettoya son patient, puis recloua le disque crânien sur son front. Ceci fait, il lui appliqua un bandage autour du crâne. Mauppin voyait toujours à moitié. Mais il se sentit plus léger. Plus heureux.

« Vous voyez, Dr. Mauppin. Ce n’était pas si terrible. Dit Colombani
- Oui madame… »

Revel dévisagea le médecin avec beaucoup de pitié. Ses yeux étaient vide comme l’espace, sa bouche ouverte, et une tâche rouge s’imprégnait sur son bandage de fortune. Deltoïde quitta la salle comme il y était entré, c’est à dire en faisant beaucoup de bruits et en imposant le respect. Il bouscula même l’Agent de la Brigade, qui faillit finir par terre.

« Revel, arrêtez de vous comporter comme une bouche d’égout, allez me larguer ce médecin dans la forêt et collez-lui une balle dans la jambe pour qu’il se fasse bouffer par les loups, si le cœur vous en dit. Et ramenez des croissants, tout ce remue-ménage m’a creusé l’estomac.

Mandoulis
Mandoulis
Niveau 27
01 septembre 2009 à 16:23:20

:rire: Toujours plus génial à chaque fois... J'en ai pleuré de rire :rire: Et puis la fin est géniale: des croissants :rire:
Je suis un vrai fan... :-)

emy_la_fumeuse
emy_la_fumeuse
Niveau 8
01 septembre 2009 à 17:44:51

je suis content d'atteindre mon but, Titimathy, ça me fait plaisre que rigole ! :ok: encore quelques chapitre (environ 3 je crois) avant la fin

emy_la_fumeuse
emy_la_fumeuse
Niveau 8
01 septembre 2009 à 17:45:26

oulalala

ça me fait plaisir que tu rigoles.

SonOfKhaine
SonOfKhaine
Niveau 10
01 septembre 2009 à 21:49:01

Du joli humour noir qui se mêle très bien au récit : j'aime beaucoup. Grands dieux, j'aimerais bien être constructif, mais impossible... ah, peut-être un truc, vers la fin :

"Mauppin voyait toujours à moitié. Mais il se sentit plus léger. Plus heureux.

« Vous voyez, Dr. Mauppin."

Je sais pas si c'est volontaire, mais la répétition de Mauppin et du verbe voir me font un peu sourciller.

SoK, pinailleur.

Moicesmoi
Moicesmoi
Niveau 10
01 septembre 2009 à 22:02:03

J'ai pas trouvé ça extrêmement pliant, contrairement à d'autres. je crois que je m'habitue à ce type d'humour, faudrait diversifier tout ça je pense. Là, c'est léger, et ça cadre moyen avec le cadre censé être lourd et dur. Gniarf.

emy_la_fumeuse
emy_la_fumeuse
Niveau 8
02 septembre 2009 à 16:59:46

merci sonof et pour l'erreur et bien en fait ça n'en n'est pas une :-)

MCM : Message reçu :ok: j'essaierai de cadrer le cadre au prochain chapitre.

emy_la_fumeuse
emy_la_fumeuse
Niveau 8
02 septembre 2009 à 19:04:12

:lol: aprés la periode marketeux metatron enchaîne sans plus attendre avec le style désabusé ^^

where_is_joel
where_is_joel
Niveau 5
03 septembre 2009 à 22:10:52

l'opération du Dr. Mauppin est tordante :rire: !

j'en chiale encore du copier-coller wiki:

« Sauf votre respect, Monsieur Colombani, je pense que la trépanation est plus appropriée…
- FAUX ! rétorqua le Directeur, furibond. On a tendance à faire l’amalgame, mais la trépanation est utilisée pour procéder à l'ablation de tumeurs ou dans le cas des hématomes, car si le sang n'est pas évacué, il peut y avoir une compression du cerveau qui provoque des lésions pouvant entraîner la mort.
- Ah, D’accord.
- Tandis que la Lobotomie permet d’opérer le cortex préfrontal, qui constitue -je vous le rappelle- la partie antérieure du lobe frontal du cerveau, située en avant des régions pré motrices. Cette région est le siège de différentes fonctions cognitives dites supérieures (notamment le langage, la mémoire de travail, le raisonnement, et plus généralement les fonctions exécutives). C'est aussi la région du goût et de l'odorat. C'est l'une des zones du cerveau qui a subi la plus forte expansion au cours de l'évolution des primates jusqu'aux hominidés.
- Putain, vous en savez des choses, Monsieur le directeur.
- Je sais, Revel. Je sais.»

:rire2:

emy_la_fumeuse
emy_la_fumeuse
Niveau 8
04 septembre 2009 à 15:26:28

http://www.20min.ch/ro/neo/news/insolite/story/26477215

Voilà c'est dans l'esprit de mon Histoire donc je le poste.

emy_la_fumeuse
emy_la_fumeuse
Niveau 8
06 septembre 2009 à 11:53:31

avant avant dernier chapitre !!

« Absolument Fabuleux ! »

Telle fut la réaction d’Etienne M., directeur général de la Chaîne. Malgré sa lassitude légendaire, il ne parvenait pas à masquer son contentement. Un sourire carnassier, qu’il aurait peut-être voulu éviter, découvrit ses dents mal alignées. Comme un automate, il applaudissait le jeune caméraman de façon répétitive, et pendant un temps plutôt long, yeux dans le néant. Cela mit Saddam un peu mal à l’aise.

« Merci, Patron. Bafouilla-t-il. Je n’ai fait que mon modeste boulot de voleur d’images, vous savez.
- Oh, voyons ! fit Etienne M. avec un grand geste de la main. Ne jouez pas au modeste avec moi, vous êtes sur de gagner. »

Etienne M. avait toujours à sa disposition un serviteur cambodgien qui se pliait sans sourciller à ses exigences. En un claquement de doigts, il le fit apparaître dans son bureau de ministre. Au dernier étage de la tour tatouée « LA CHAINE. ». Le cambodgien, qui ne devait pas encore atteindre les dix-sept ans, n’avait pas fier allure : Il était vêtu d’un costume de soubrette avec des talons hauts, de bas-résilles et un tablier blanc. Saddam, tracassé par les récents évènements, ne se gêna pas pour lui faire subir quelques atrocités. Quand l’esclave se présenta face à lui, il cracha sur sa jupette noire.

« Servez donc deux coupes de champagne, et que ça saute. » Intima le directeur avec de grands gestes.

Etienne M. parlait beaucoup à renforts de gestes. Il aimait faire claquer sa grosse montre en argent contre les os de son poignet. A un moment, Saddam manqua de se faire crever l’œil gauche.

« Désolé Patron, mais je ne bois pas de champagne. » Assuma-t-il

Etienne M. fit une drôle de tête. Comme si il avait entendu la pire des aberrations.

« Vous ne buvez pas de Champagne ? répéta-t-il. Mais, c’est une grande occasion ! Je pense que vous ne vous rendez pas compte de l’importance de ces images.
- Ce n’est pas le problème. Assuma Saddam. Je suis musulman. Et Allah interdit formellement le Champagne, même pour les grandes occasions… »

A part faire des gestes, Etienne M. aimait à marquer des temps avant de parler. Cette façon si particulière de discuter lui procurait une prestance toute particulière.

« Mh. Je comprends. Ce n’est pas grave, c’est normal. Dit-il en se tournant vers le cambodgien. Mettez deux doigts de whisky à ce talentueux cameraman. »

Cette fois, Saddam n’osa trop rien dire. Il risquait de vexer ce bonhomme étrange, et ne souhaitait pas que sa prochaine richesse ne voit jamais le jour. Il leva son verre, et trinqua avec son patron aux dents éparpillées.

« Allah vôtre ! » plaisanta d’ailleurs ce dernier.

Saddam avala son verre en priant Dieu de le pardonner. Le liquide lui brûla la trachée, et il toussa au visage du cambodgien soumit. Dans son costume Pierre Cardin tiré à quatre épingles, Etienne M. appuya sur l’un des boutons de son pavé tactile et visionna les images encore une fois. Il pleura des larmes sucrées.

« C’est magnifique…C’est tout bonnement somptueux. »

Puis il se reprit, et essuya son nez humide avec le dos de sa manche, comme tout beau dégueulasse qui se respecte.

« C’est une exclu qui vaut de l’or, Saddam. Heureusement que vous ne m’avez pas réveillé à quatre heure du matin pour des broutilles.
- J’étais trop impatient.
- Et vous avez eu raison ! Aujourd’hui la patience ne paie plus. Elle se paie chère, au contraire. Et croyez bien que le chèque qui vous sera remit ira en conséquence.
- Merci. »

Après autant d’années passées à servir la Chaîne, Saddam rencontrait son boss pour la première fois. Dans les bureaux, on le disait Vénal, Traître, fourbe, mégalomane, grossier, impulsif, violent, menteur, tricheur, joueur et alcoolique. Il était étonné de la précision de ces descriptions, qui restaient tout de même informelles. C’est pourquoi il n’hésita pas à dire ce qu’il avait à dire.

« Monsieur M., j’aimerais quand même que vous avertissiez la famille de Claire. »

Etienne M. inclina légèrement la tête, comme un bouledogue anorexique devant une côte de porc bien saignante.

« Enfin, vous vous doutez qu’il faudrait apprendre la triste nouvelle à ses proches, avant qu’ils ne l’apprennent par la télévision. Enfin, vous voyez… »

Il y eut un long silence durant lequel Saddam ne sut plus où se foutre. Il aurait voulu s’enfoncer dans son tabouret. Etienne M. le considérait avec un mélange de pitié et de compassion. Puis d’un geste brusque, il décrocha son téléphone et joignit Sylvie, la secrétaire au décolleté plongeant qu’il s’envoyait entre deux Brainstormings.

« Envoyez un bouquet de fleurs et ma dédicace à la famille Strime… Oui… C’est ça, morte… douloureux…mmh…assez insoutenable, je ne vous le fait pas dire…enfin si, vous l’avez dit…Merci, oui, au revoir. »

Aucune compassion. Saddam eut envie de vomir, et pas pour rien. En réalité, il avait aimé Claire. Il aurait peut-être dû la sauver. Mais bon, dans l’incapacité totale de rembobiner le temps comme on le fait avec une VHS, il arrêta de se lamenter intérieurement. Et puis il ne ferait aucune réflexion déplacée au grand manitou de la Chaîne. Sans doute le renverrait-il chez lui en déchirant son chèque et en insultant sa religion. Autant se faire lécher les pieds par une chèvre.

« Je ne peux rien vous refuser, Saddam. On tient la plus grosse audience du siècle. Dit Etienne M. . Surtout, ne me remerciez pas. »

Il marqua un nouveau temps, et observa l’allure négligée de son cameraman vedette. Ses baskets étaient boueuses et son pantalon trop large. Sans oublier son polo Lacoste, une abominable contrefaçon cernée par deux grosses auréoles de sueur au niveau des aisselles. Il n’inspirait ni la confiance, ni la propreté. C’est alors qu’un sentiment d’infinie supériorité le submergea. Il posa ses lunettes sur son bureau, desserra sa cravate et toucha son nez avec sa langue. Puis à l’aide de son siège, il pivota vers la gauche, là ou se trouvait l’immense écran plasma. Depuis sa télécommande tactile, il fit défiler les images qui lui apporteraient une nouvelle notoriété.

Saddam, la soubrette Cambodgienne et le Directeur assistèrent religieusement à cette projection. On y voyait l’agent d’Almeida (paix à son âme) s’adresser à son collègue aux oreilles décollées.

« Revel, regarde par terre ! C’est quoi ce truc ? C’est tout visqueux, ça pue et j’ai mit mon pied dedans !
- C’est le pied gauche, j’espère ?
- Aide-moi à me retirer, j’ai pas envie que ce truc bousille ma chaussure. »

On discernait mal l’action, mais on y voyait l’essentiel tout de même. Revel se pencha et tira vivement sur le pantalon du grand Black.

« J’arrive pas ! dit-il après de nombreux efforts. Y’a un truc qui bouge là ! »

Puis tout à coup, une masse noire, luisante et ailée surgit du liquide fluorescent pour s’engouffrer dans la trachée de l’homme avec une rapidité de cycliste sous amphétamine. Saisit par la spontanéité, Revel plaqua son ami comme au rugby, l’immobilisa au sol et lui infligea une dizaine de coup de poings en pleine face.

« Ca sert à rien, ça ! se défendit d’Almeida. Fais moi vomir, idiot ! »

Paniqué, déboussolé, ne sachant plus que faire, Revel déboutonna la braguette de son pantalon, et, chibre en main, s’apprêtait à uriner sur le visage de son collègue.

« Pas comme ça, Revel, pas comme ça ! »

L’image se figea. Etienne M. Fit demi-tour, afin de faire face au Cameraman. Il avait le regard presque aussi vide qu’une boîte de nuit à quatorze heures. Il croisa ses mains à hauteur de son menton, et déclara :

« Le dégarni n’est pas vraiment télégénique. Je pense qu’il faudrait retourner la scène avec des acteurs. Vous voyez. Les 15-25 doivent s’y retrouver aussi… »

Cette fois, Saddam hocha la tête.

La loi du plus con resterait la meilleure, une fois de plus.

emy_la_fumeuse
emy_la_fumeuse
Niveau 8
14 septembre 2009 à 20:34:54

Merci Suga.

Voilà bon je poste cet avant dernier chapitre même si j'ai conscience que cette histoire n'intéresse plus grand monde.

Mais comme je suis assez fière de cette nouvelle, j'y vais :gni:

voilààààààààààààà

Affalé dans son siège, Stéphane Colombani avait arrêté d’écouter Mylène Farmer. Il n’était pas vraiment d’humeur pour ainsi dire, et avait déchiré rageusement toutes les places de concerts collées à son mur. Il se rongeait les ongles jusqu’au sang, de façon maladive.

« Cette journée est certainement la pire de mon existence…Songeait-il, tout en mangeant ses doigts. Et la dernière… »

De plus, son estomac noué l’empêcherait probablement d’avaler les croissants que Revel était partit acheté. De violentes remontées acides irritaient sa trachée et lui donnaient des renvois.

Personne à qui parler.

Les locaux de la brigade étaient vide et silencieuse, tel un stade de foot lors d’une rencontre Andorre – Ile Féroé sous la pluie à quatre heures du matin. Si, un ou deux de ces austères exo- biologistes insomniaque, qui tentaient nuit et jour d’établir un dialogue avec diverses races extraterrestre, et cela depuis des lustres.

« Mais bon. » se disait-il.

Ces types étaient aussi rustre qu’intelligent, et à l’heure actuelle, il avait grandement besoin de réconfort. Pas d’un cours sur les particularité physiologique et rétroactive des E.T. Il ne sentait vraiment pas bien, et pour cause : Peut-être que dans une poignée de minutes sa Brigade deviendrait tout simplement obsolète. Et dire qu’il la pilotait justement depuis toutes ces années. Toutes ses réunions secrètes organisée par le chef de l’état en personne, où les mêmes mots d’ordre revenaient sans cesse… Et « cacher », « dissimuler », « tromper » n’en sont qu’un vague florilège.

Voilà ce à quoi, pendant cette dernière décennie, Colombani se vouait corps et âme. Tout allait disparaître, ce n’était même plus une supposition à présent. Et cette funeste certitude l’empêchait d’agir ou de faire quoi que ce soit. Comme avec son ex, il était passif : Cet Immonde Virus allait évoluer, se répandre et peut-être n’était-ce qu’un début. Porté par le désespoir, il se leva et fit les cents pas. Une sueur légère mais intense perlait dans les plissures de son front. Son dos était si glacial qu’on aurait put y organiser les Jeux Olympiques d’hiver.

Alors que la ville se réveillait doucement, lui n’arrivait pas à s’endormir, tant son anxiété prenait le dessus. Sous ses grands airs de patron impassible se cachaient un tempérament sensible, presque à fleur de peau.

Du réconfort. Oui, pour l’instant, c’est tout ce dont il avait besoin. Xavier, son dernier ex en date, ne lui répondrait certainement pas. Il ne lui répondait plus depuis plusieurs semaine, et avait sans doute retrouvé l’âme sœur, un bel homme comme lui.

Fiévreux et livide, il colla son front contre la fenêtre humide, et regarda passer les premiers citoyens. Ceux qu’il protégeait sans en tirer aucune gloire, sans rien demander en échange. Il ne supportait pas l’échec. Ceux pour qui il bossait ardemment, encore moins. D’une main fébrile, il ouvrit la fenêtre et huma l’air frais, assaisonné par les premier crachats des pots d’échappements. Et si il avait eut la force de grimper sur le rebord pour se jeter à même le vide, il l’aurait fait. Il mollarda et calcula la distance qui le séparait du sol.

« Une chute sans retour »…estima-t-il, amusé.

Finalement, il ferma la fenêtre et fut surprit de trouver en face de lui, dans l’encadrement de la porte, le journaliste Nelson Monfort. Derrière lui les cris et les joies des supporters.

« Nelson ? C’est bien toi ?
- Yes ! It’s me, c’est moi ! How are you Mister Colombani comment allez-vous monsieur Colombani ?! »

Une pure hallucination, due au manque de sommeil. Le type avait en fait une dégaine patibulaire, une mâchoire carrée, de gros yeux sombres et une crinière composée de fins cheveux blonds. A vrai dire, il n’inspirait pas forcément la sympathie et le badge accroché à sa veste en disait long sur son appartenance. Le sang de Stéphane Colombani ne fit qu’un tour. Il vacilla et chercha son siège à tâton, pour s’y vautrer et voir venir son heure.

« Je ne vous attendez pas si tôt. » Dit-il avec une pointe de résignation

L’homme eut un sourire malsain qui découvrit ses dents. Nul doute qu’il n’était pas venu pour prendre le thé.

« Vous voulez du café ?
- Non merci.
- Un panini ?
- Non plus. »

La respiration de Colombani devint haletante. Sa tentative de négociation n’aboutirait pas.

« Frank Deboer, Représentant Officiel de l’Etat. » certifiait son badge.

Il sortit un petit écran de son attaché-case ainsi qu’un magnum munit d’un canon silencieux. Après avoir appuyé sur le bouton « power » situé à l’arrière du boîtier, il le tendit au chef de la Brigade.

« Nous n’avons pas trouvé de mots assez fort pour qualifier le tournant que va prendre l’humanité. Expliqua le Blond très svelte. Voyez par vous même. »

Les yeux de Colombani étaient boursouflés par la fatigue, et il dut se concentrer pour regarder les images. Les images d’un journal Mexicain, où peut-être Guatémaltèque. Et puis des gens. Des gens infectés par le virus.

Le même virus.

Il y eut un fondu qui déboucha sur un autre journal, Chinois ou Russe. Cette fois, des petites lumières clignotaient dans le ciel et complétaient une forme triangulaire. La forme d’un vaisseau spatial. Une journaliste parlait fort et sans prendre sa respiration, avec un affolement qui n’était pas sans énerver Colombani, qui n’entravait pas un traître mot de ce langage. Deboer devait savoir lui, puisqu’il s’était déplacé pour l’anéantir.

« Qu’est-ce qu’elle raconte ?
- Depuis le milieu de la nuit des millions de lumières telles que celles que pouvaient apercevoir sur nos images hantent le ciel ! C’est tout à fait incroyable ! Je m’adresse à vous citoyens Italiens, qui êtes tentés de céder à la panique devant un tel choc, c’est normal, mais surtout ne vous affolez pas ! Restez chez vous, ne sortez sous aucun prétexte, et surtout ne jetez pas des ustensiles de cuisines sur la carcasse des vaisseaux ,vous risqueriez d’être foudroyé par un rayon inconnu émettant une forte radioactivité. Littéralement. »

Il dit tout ça d’une traite, et ses joues rougissaient légèrement car il avait la peau très claire. Colombani regardait les images des Italo-Chinois désintégrés par une violente lueur. Et malgré son état de fatigue avancé et son incapacité à reconnaître les langues étrangères, il savait parfaitement ceux qu’il en advenait.

« Ca a commencé…Dit-il dans un souffle désespéré. Nous n’avons rien vu venir.
- C’est bien ce que l’on vous reproche. Expliqua DeBoer tout en astiquant son arme. Partout, c’est le même manège. Le Boutant est touché aussi.
- Le Boutant ? répéta Colombani, plutôt interloqué.
- Oh vous savez, nous avons pensé la même chose que vous au même moment : Tout le monde s’en tamponne du Boutant. Le problème et que les Visiteurs arrivent en masse, partout. Et ils nous veulent du mal. Leur virus n’était en fait qu’une alarme. »

Le Directeur aux lunettes fashion ne put rien dire. Sa gorge était comme noué, et Deboer n’entendit qu’un râle, comme une plainte, comme le gong annonçant le début du combat de Sumo. Avant le choc. Avant la détonation, pendant l’impact.

Pendant la collision de la chair et du métal, qui cèlerai le destin du Directeur de la Brigade.

« Vous avez fait de votre mieux, Colombani. Nous en sommes conscients. Mais vous saviez à quoi vous attendre quand vous avez acceptés le poste.
- Je savais que ça serait inévitable. Admit le Dirigeant homosexuel. Mais pas aussi tôt.
- Et pourtant…Et pourtant »

Franck Deboer leva son flingue qui brillait à la lueur des premiers rayons du soleil. Agrippé aux bras de son siège, Colombani suait à grosses gouttes et se demandait ce que foutait l’Agent Revel, absent depuis une demi-heure déjà. Ce n’était pas normal, surtout en sachant qu’il y avait une boulangerie en bas de la rue. Lui, il aurait pu le sortir de ce pétrin, quoi qu’un peu trouillard pour sauter sur l’armoire à glace et lui flanquer une fabuleuse correction.

« Alors c’est comme ça qu’on est remercié…Fit-il, amer. On sert l’Etat, et lorsqu’on devient une inutile, on ne nous laisse même pas une chance. »

Les lèvres du colosse formèrent un rictus malsain.

« C’est dit d’une façon un peu délicate, mais ça n’est pas loin de la réalité. Si on faisait ça avec vous, on devrait le faire avec tous. On finirait par se faire trahir. »

Deboer tirerait d’un moment à l’autre. Froidement. Mandaté par le Président de la République dans un état d’extrême urgence, il n’avait pas le droit de décevoir. Comprenant cela, Colombani perdit son calme : Sa peur de la mort gagnait du terrain.

« Qui sait. Peut-être qu’un jour je serais à votre place. » Déplora le blond massif.

Il n’y eut pas de bruit. La balle pénétra le front du gay et forma un cratère à l’arrière de son crâne. Sa cervelle se colla au mur et son cadavre fuma pendant de longues minutes. D’un geste vif, Franck dompta sa crinière et rangea soigneusement son matériel, tout en sifflotant. Son travail n’était pas totalement fini.

Il restait Revel.

Et Il l’avait vu partir.

Moicesmoi
Moicesmoi
Niveau 10
15 septembre 2009 à 21:41:35

Lu les suites, rien à redire.

Titimathy
Titimathy
Niveau 44
16 septembre 2009 à 16:41:26

J'ai lu rassure-toi, je te ferrai un commentaire à la fin. :ok: ^^

emy_la_fumeuse
emy_la_fumeuse
Niveau 8
28 septembre 2009 à 18:34:06

L’agent chauve bénissait les fast-food ouvert vingt-quatre heures sur vingt-quatre.

« Rien de tel qu’un bon big-mac devant le lever du soleil. » pensa-t-il en arrachant un morceau du sandwich.

Il avait retiré sa cravate et balancé son veston sur la banquette arrière de la Twingo. Le col de sa chemise était déboutonné et laissait apparaître une touffe de poils marginaux implantés dans son torse. Assoiffé, il but deux litres de café d’une seule traite.
Etant donné qu’il n’y avait pas un chat sur le parking, il s’offrait le luxe de siéger sur une place handicapé.

Quel bonheur.

Après qu’il ait eu raison du big-mac, il ouvrit les vitres embuées et craqua une marlboro. Puis il se souvint qu’il était non-fumeur et l’écrasa dans le cendrier. Toujours pas rassasié, il se chargea des croissants initialement prévus pour Mr. Colombani. Son pédé de boss. A vrai dire, l’idée de remettre les pieds à la Brigade ne lui effleurait plus l’esprit, et cela pour plusieurs raisons.

D’une part, il projetait sa désertion depuis un bon moment et savait que c’était le moment propice. Le virus allait en s’aggravant et mettrait un terme aux sombre agissements de la Brigade. Il le voyait gros comme une maison, et s’en réjouissait : Plus le temps s’écoulait, moins il se sentait en odeur de sainteté. C’est les ovnis qui le passionnait, pas les meurtres ou autres « nettoyages ». Il ne pourrait jamais tuer quelqu’un. Il avait pourtant essayé.

D’un autre côté, s’il avait tenu aussi longtemps le job, c’était en partie grâce à son collègue et ancien ami, feu Hakim D’Almeida, disparut quelques heures plus tôt dans de tragique circonstances. Maintes fois ce dernier le dissuada de tout plaquer et de révéler les secrets aux médias. C’était une sorte de chantage affectif qui ne laissait pas l’agent Revel indifférent, et pour cause : Celui qu’il considérait comme son meilleur ami l’orchestrait avec brio.

Il retint une larme qui rendit sa vue trouble. En dépit de sa tristesse, il se disait que l’atroce disparition l’avait fortifié. Peut-être même était-il courageux à présent, prêt à affronter des problèmes et les aléas de la vie des humains. Si l’occasion se représentait, il appuierait sur la gâchette avant que son ami explose comme un ballon gonflé à l’hélium (les effusions de sang en plus.)

Aussi passif qu’actif, il augmenta le volume de son autoradio et apprécia la nouvelle du jour sans aucune surprise.

« Un étrange virus dont on ne devrait pas tarder à connaître l’origine se répand un peu partout dans le monde et prend d’incroyable proportions. En effet, les victimes de virus venu de l’inconnu, se voient défigurés et ravagés de façon plutôt atroce. Mais tout cela est sans parler des images diffusées en exclusivité il y a quelques minutes par la Chaîne. On ne peut évidemment pas vous diffuser les images de cette ignoble contamination à la radio… »

Mélancolique, Revel alluma finalement l’une de ses « cancérettes », comme il se plaisait à appeler ces tubes de tabac roulé vendues pour la modique somme de cinq euros trente (et encore ça augmente tout les deux jours.)

Finalement, et pour une fois, c’est lui qui avait eut raison. Oui, il avait réellement vu juste. Et pourtant, il n’était pas du genre perspicace le gaillard, lui qui répondait toujours présent pour dire ou faire une connerie à n’importe quel moment. Sa gorge, agressée par le goudron, émit un toussotement. Il puait la sueur, ses mains étaient grasse et il ne s’était couché depuis la veille. Il songea d’abord à se trouver un hôtel de fortune au bord de la route, mais ça restait bien trop risqué. Peut-être qu’on le surveillait en ce moment même. Peut-être même que les hommes du gouvernement liquidaient les gens de la Brigade.

Non.

Il devait fuir et savait ou aller : Chez son père, qui résidait au village naturiste du Cap d’Agde depuis l’automne 1986. Il serait en sécurité là-bas, car personne ne soupçonnait l’existence du vieux nudiste. En effet, sur les documents officiels, Léonard Revel mentionnait toujours son paternel avec les mots « MORT » ou « DISPARU », tant il en avait honte. Au fond, on pouvait bien le comprendre.

Après avoir tiré trois lattes sur sa clope, il la balança par la vitre avec le paquet entier en se disant qu’il ne toucherait plus jamais à cette saloperie dégueulasse. Avant de redémarrer, il balaya les alentours en un regard, et fut soulager de ne voir que la grosse truie boutonneuse au guichet du Mcdo Midnight +.

Elle lisait une tragédie Shakespearienne en Suédois. Cela fit rire l’agent Revel.

Les mains agrippées à la moquette léopard de son volant, Franck Deboer filait à toute allure sur l’autoroute. Sa Mercedes banalisée défiait toutes les limitations possible mais il s’en foutait : En cas de pépin, il n’avait qu’à montrer sa plaque aux pions, comment on les appelle dans son métier. Le pied crispé sur l’accélérateur, il se dit que le fait d’avoir positionner des émetteurs sur les voitures de tous les fonctionnaires n’était pas anodin, bien au contraire. Un petit point rouge clignotant signalait les déplacements de l’agent Revel en temps réel.

Il l’avait vu se faire la malle, quand il pénétrait dans le building secret de la Brigade. Et il le connaissait. Son signalement était net et peu commun : « Un calvitieux avec des grandes oreilles » lui avait dit son patron durant le briefing d’avant mission. Il aurait pu l’abattre ; d’une balle vive et silencieuse, mais son expérience lui murmurait d’attendre le bon moment. Abattre quelqu’un dans la rue, même si celle-ci est déserte, ce n’est pas conseillé dans le milieu.

Revel était le dernier rempart du plus grand des Secrets. Sitôt sa mission effectué, Deboer recevrait sa prime et emmènerait les mômes à Astérix. Quand son téléphone vibra, il sursauta. Sa concentration était si extrême qu’il ne percevait plus que sa cible. Une voix tendue et indicative s’exprimait à l’autre bout de la ville. Le Patron des F.S.E (Force secrète de l’Etat)

« Le Président est inquiet, Deboer. Sa femme m’a appelé, elle se fait pilonner la rondelle depuis plus de trois heures. La Chaîne a diffusé des images d’une contamination par l’une de ses saloperies de bestiole en direct. On est dans la merde. J’ai envoyé le barbu poser une bombe au siège de la Chaîne. On accusera Al-Quaida ou les illuminatis. Ou en est votre mission ?
- A quatre-vingt pourcent. Avoua le tueur, gardant un œil sur son radar. Il me reste l’agent Revel.
- Revel, alias « Dumbo ». Vous l’avez laissé filé ?
- Non, je n’ai pas pu faire autrement. Vous m’en voyez navré, mais sachez bien que je n’ai pas l’intention de passer ma journée derrière ce trou du cul. J’ai prévu d’emmener les gosses au parc d’attraction.
- Je m’en fous, de votre vie personnelle, Deboer. Lança le patron. Vous avez intérêt à ne pas le perdre de vue. Nous sommes en grand danger, pratiquement au même titre que la Brigade du Paranormal. »

Il raccrocha. A cette heure le soleil rencontrait sa cousine nocturne au dessus de l’asphalte humide. Deboer posa ses Ray Ban sur son nez.

****

Les yeux turquoises de l’agent Revel se fermaient tout seul, et rester éveiller encore lui parut impossible. Obsédé par son état de fatigue plus qu’avancé, il ne fit même pas attention à la Mercedes qui le poursuivait à bonne distance, attendant un moment opportun. Sous ses yeux se formaient deux grosses valises avec lesquelles il ne pourrait certainement pas passer la douane.
Des camions défilaient sur la file de droite, et l’agent Revel n’aimait pas les camions. Il activa son clignotant quand il vit un panneau indiquant une aire de repos. Derrière lui, Franck Deboer, colt 45 posés sur les genoux, imita l’opération. Il jugea que le moment idéal était celui-ci, tant son plan demeurait simpliste : Il se faufilerait jusqu’à la portière du conducteur et viderait son chargeur, sans hésiter une seconde. Franck Deboer aimait la sensation d’adrénaline procuré par la mort. C’était comme une drogue, pour lui.

Cependant l’aire de repos était pourvu d’un chiotte pour le moins pittoresque, puisque ici les urinoirs représentaient des hommes politique. La perspective de pisser dans la bouche d’Olivier Besançenot réjouit notre héros déchevelu, qui s’apprêtait à décharger vingt litre de stress, peut-être même plus.

Deboer ferma doucement la portière de sa merco, et rampa jusqu’à la Twingo minable de son butin. Arrivé trop tard pour ne pas se faire repérer, il ignorait que Revel était sortit, mais surtout que dame nature l’avait doté d’une vessie dont la capacité de contenance dépassait l’entendement. Arme au Poing, il se plaça sous la portière et leva le canon de son arme.

Les détonations surprirent l’agent Revel, qui se jeta au sol les mains sur le crâne. Il tâcha ainsi ses vêtements de diverses sécrétions corporelle. A coup sur, on voulait l’abattre.

Et la douleur se manifesta. Son estomac se tordit, violemment, en proie à de violentes secousses. Son sphincter se crispa, et Revel étouffa un cri : Cela lui rappelait quand sa mère lui piquait l’anus avec une aiguille pour le punir. Il s’agrippa à une rambarde crasseuse, et rejoignit les cabines, pour expulser le surplus. Lessivé, il s’écroula sur la lunette et relâcha la pression, avec une joie non feinte. La sensation de déchirement qu’il éprouva au niveau du colon n’était pas normale. Oh non, elle ne pouvait pas être réelle. Du sang s’écoulait par son orifice endolori. Il pleurait.

La voix attira l’oreille de Deboer, qui tournait en rond devant la voiture. Rapidement, il rechargea son arme et s’aventura dans ces lugubres chiottes.

« Revel je sais que tu es la. Il y a plus douloureux tu sais. Tu ne sentiras rien, avec une balle dans la tête
- Ah ! Venez m’aider ! Je vous en supplie… Ah ! »

La voix était faible et désemparée, comme si on le torturait. Une odeur de merde écœura Deboer. Il s’approcha lentement vers la cabine concernée. Après tout Revel n’était pas armé, mais la méfiance l’emportait sur la fougue. Il tapa à la porte.

« Revel, sort d’ici ! Ca ne sera pas long ! Et Qu’est-ce que tu pues ! »

Impatient, il défonça la porte d’un coup sec.

« Oh Mon dieu »

Inanimé, Revel gisait dans son sang. Un énorme ver de terre ailé recouvert d’excréments fit face à Deboer. Il ouvrit sa gueule et poussa un hurlement aigu, laissant apparaître des dents acérées. Sa puanteur égalait largement sa laideur. Prit de panique, Il tira mais n’atteignit jamais la bestiole répugnante qui s’agitait devant lui, en témoignant une hostilité grandissante.

Dernier flash info entendu avant le Grand Bug :

« Il semblerait que les viandes de fast-food soit infecté par ce virus extraterrestre ! Les bêtes sortes quelques temps après l’ingestion de la nourriture ! Le ciel est maintenant voilé dans sa quasi totalité par les ombres de ces vaisseaux venu d’ailleurs ! On dirait que c’est la fin d’une ère, chers auditeurs ! La fin de l’H… »

FAIM.

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