Expeditions: Samurai veut révolutionner le RPG tactique avec une aventure entièrement jouable en coop
Lu.
Pareil que les autres, un peu moins drôle, mais histoire qui avance. Le genre de chapitre nécessaire, chiant à écrire, mais par lequel on doit passer. Mais bon, je trouve ça pas mal pour toi, ça t'incite à travailler là où tu n'es pas la plus forte.
Donc j'attends la suite.
Voici la suite des aventures du Docteur Mauppin
« C’est quoi ça ?
- C’est sans doute son œil, Docteur Mauppin.
- On dirait de la Mozzarella.»
Le Médecin généraliste n’avait rien d’un chirurgien. Pourtant, on l’avait propulsé dans un bloc opératoire, sans autre forme de procès. Léah bossait à la Brigade du Paranormal, elle possédait certaines connaissance en chirurgie plastique et esthétique, c’est pourquoi elle seule pouvait suppléer le Médecin infidèle dan cette périlleuse mission de sauvetage.
« Je vais devoir percer cette boule de pue qui gonfle sur son visage. Passez-moi le scalpel.
- Voilà, Docteur Mauppin »
Un liquide verdâtre et malodorant se répandit sur le patient. Rebuté, Léah recula d’un pas vif.
« C’est ignoble !
- Je ne vous le fait pas dire… Nettoyez son visage avec des lingettes désinfectantes ! »
Le bruit strident de l’électrocardiogramme l’énervait de plus en plus. Il devrait être chez sa maîtresse, à cette heure-ci. La politique de discrétion mise en place par Stéphane Colombani l’emmerdait fortement. Et il n’avait pas d’autre solution.
« Il semblerait que ce virus soit d’origine parasitaire. Dit-il, tout en stoppant une hémorragie externe qui salissait sa blouse bleuté.
- Vous pensez que ça vient d’une autre planète ? demanda Léah, après avoir arraché quelques lambeaux de peaux fondues au niveau de l’entrejambe.
- Je ne vois pas comment ça pourrait être possible autrement. Mais ma connaissance dans ce domaine se limite aux épisodes d’X-Files. »
Stéphane Colombani entra dans le bloc avec fracas. Il tenait dans ses mains le dossier médical du patient contaminé. La sueur perlait sur son front. Essoufflé, il ferma la porte et se mit à faire les cent pas.
« Le patient n’a pas d’antécédent qui conduirait à une telle mutation… Il se prénomme Anthony Edouard, et il travaillait au même endroit que Clery. Mes deux agents sont sur place actuellement, et ils n’ont aucun matériel de protection. J’ai peur, Docteur Mauppin. »
Mais ce dernier ne l’écoutait pas vraiment. Il tentait plutôt de canaliser son patient, secoué par de violentes convulsions. Cela dit il repensait à l’entretien, qui eut lieu une heure avant sa conduite à l’hôpital de la ville. Alors qu’il s’était absenté pour faire caca, le Chef de la Brigade débarquait tel un furibond dans le chiotte et le sortait du trône sans qu’il ait pu finir. Une galette d’excrément séché s’était donc formé entre ses fesses, ce qui lui procurait une sensation désagréable.
« C’est un espèce d’immense psoriasis qui se forme sur le torse du patient, mais son évolution est trop rapide, on ne peut rien faire !
- Que dois-je faire, Docteur ? questionna Léah, salies par diverses substances inconnues
- Mettez-donc du parfum dans toute la pièce, ça commence a être vraiment irrespirable, ici. Fit Mauppin, aux prises avec un pustule si dur qu’il semblait gonflé à l’hélium. Et vous, Colombani, appelez-donc un vrai chirurgien, je ne suis pas compétent pour ce genre de chose !
- Impossible, Dr. Mauppin ! Il faut que personne ne sache ! J’ai ordonné à tous le personnel de déguerpir de cet Hôpital !
- C’est parfaitement ridicule ! Si les contaminations se font de plus en plus fréquentes, TOUT le monde va savoir. Ce n’est pas un virus commun ! Ce n’est pas humain ! »
Des excroissances tumorales surgissaient de toutes part sur le pauvre Anthony Edouard, qui hurlait de plus en plus fort. Mauppin fut contraint d’attacher ses membres à la table d’opération avec du scotch double face, matériel inadapté mais utile lorsqu’il n’y a pas d’autres solutions . Et tout à coup, alors que le Virus devait atteindre sa forme ultime de monstruosité, un geyser de sang perfora le ventre du condamné. Il était si puissant qu’il propulsa Louise contre le mur.
« Oh Mon Dieu ! » s’écria Colombani
Le Docteur Mauppin resta sans voix. Il ne put que constater la mort du patient, défiguré à un tel point qu’il en devenait méconnaissable. Mais ça n’était pas le moment de se reposer sur ses lauriers, il y avait du pain sur la planche.
« Colombani, est-ce qu’il y a du monde, dans la S.A ?
- La quoi ?
- La salle d’attente… »
Tremblant, le Directeur de la Brigade ouvrit légèrement la porte, passa un œil terrifié, et la referma aussitôt. Son visage traduisait une horreur indicible. Il pleura. Mauppin n’eut pas besoin de plus de détail pour comprendre la situation à laquelle il devait faire face, sans possibilité de s’échapper. Il avait pensé un temps à sauter par la fenêtre, mais finalement non. Il essuya son visage avec une serviette fournie par l’hôpital, enfila un autre masque anti-contamination et mit une nouvelle paire de gant en latex. Puis il souffla un grand coup et déclara.
« Faîtes entrer le prochain monstre. »
Colombani fit oui de la tête, mais ne bougea pas. Il était comme crucifié à la porte. Le Médecin pouvait comprendre sa réaction, et cela le faisait jouir intérieurement. Après tout, c’est lui qui avait voulut cette situation…
« Croyez bien que, si ça ne tenait qu’à moi…commença Stéphane, qui avait du lire dans ses pensées. Si ça ne tenait qu’à moi, je ne vous aurez pas fais venir ici. Ce sont les ordres… C’est l’Etat qui commande la Brigade…
- Ecoutez, Colombani, je me contre-tape de vous états d’âmes, et j’imagine que vous savez pourquoi ! Alors épargnez-moi vos révélations, par pitié ! Faites donc entre le prochains candidat à l’élection du malade le plus moche du monde ! »
Le bloc opératoire se confondait à une vaste patinoire d’hémoglobine. C’est d’ailleurs le patient suivant, dont le visage avait une forme de citrouille juteuse, qui en fit les frais : A peine rentré dans la salle, il glissa et tomba lourdement sur le sol, emporté par le poids conséquent de sa tête. Lors du contact avec le sol, cette dernière explosa dans une bruyante déflagration.
« Aidez le prochain à rejoindre la table d’opération. Dit Mauppin. Mais avant, aidez-moi à déplacer les deux corps dans le fond de la pièce. »
Au passage, le Médecin généraliste prit le pouls de Léah. De la viande froide. Le client suivant souffrait de symptôme un peu différent : Les yeux boursouflés, Les lèvres gonflées et Les narines dilatées .Mais le réel problème se situait beaucoup plus bas, au niveau de l’entrejambe.
« Docteur ! Regardez ça !
- …Enlevez son pantalon, nous verrons mieux.
- C’est dégueulasse !
- Non. C’est juste un type qui en a dans le froc.
- C’est pas le moment de faire de l’esprit, Docteur Mauppin. Qu’est-ce qu’il a ? »
Avant de répondre, le Docteur mesura manuellement l’intriguant diamètre testiculaire du patient. Il en tira la conclusion suivante :
« A première vue, j’ai l’impression qu’il s’agit d’un cas d’hydrocèle foudroyant, mais il progresse à une vitesse qui n’est pas humaine… Désolé de vous dire ça, Mr. Colombani, mais je ne donne pas cher de sa peau…
- Je vous interdit d’être aussi pessimiste, Docteur Mauppin. »
Un liquide suintant et fumant déborda des bourses enflées du malade. Une détonation. Comme un pet dans la nuit. Du moins, les même saveurs. Les deux protagonistes, dépassés par tant d’immondices, bouchèrent leurs narines avec index et pouce.
« Nous ne pourrons rien faire de plus, Mr. Colombani. Fit Mauppin avec une vois pincée.
- Vous avez raison. Répondit l’intéressé sur le même ton. Et puis de toutes les façons, au vue du boucan dans la salle d’attente, j’imagine que les patients explosent tour à tour. Partons. »
Traversant une jungle de boyaux à l’air libre, les deux hommes s’échappèrent de l’hôpital, lieu devenu mortuaire et irrespirable. Le Médecin Mauppin avait peur d’être contaminé. Après tout, c’est par lui que tous les malades étaient passés. Pourtant, il ne ressentait aucune douleur, rien. Aucun symptôme, pour le moment. Sur la route du retour, il passa la moindre petite partie de son corps au peigne fin. C’était une certitude pour lui désormais, l’origine du virus demeurait bactériologique, et pas virale, comme il le croyait au début.
« Vous avez eus des nouvelles de vos hommes ? risqua-t-il
- Revel et D’Almeida ? Non, pas encore. Avoua Colombani. Mais j’ai un mauvais pressentiment… »
Installé sur le siège du passager, Mauppin contemplait la ville, qui défilait à vive allure. Il percevait l’agitation. Des sirènes d’ambulance, ça et là. La ville ne dormait pas. Elle ne dormait plus. Il allait se passer quelque chose de grave. Il n’avait eut qu’un avant-goût. Un extrait de ce que serait la situation, dès le prochain lever du soleil. Ses mains étaient déliées, pourtant il n’essayait pas de s’enfuir. Il se sentait en sécurité.
Un téléphone, posé sur la banquette arrière, vibra.
"« C’est quoi ça ?
- C’est sans doute son œil, Docteur Mauppin.
- On dirait de la Mozzarella.» "
Rien à dire, si ce n'est que ça m'a fait marre.
"Alors qu’il s’était absenté pour faire caca,"
Moche, j'aurais presque préférer "couler un bronze" que ça =x
"Il était si puissant qu’il propulsa Louise contre le mur. "
Qui est Louise?
Lu. Quelques pointes d'humour m'ont fait sourire, sans que ce soit à se pisser dessus, ce qui est parfait pour la situation. Y'a quelques erreurs ou trucs monstrueux, mais la flemme de les relever. Alors voila, j'attends la suite ![]()
"Il était si puissant qu’il propulsa Louise contre le mur. "
Qui est Louise?
C'est Léah en fait, mais j'imagine que tu l'avais compris.
truc monstrueux dis-tu ?
si y'a quelqu'un de plus motivé que cette feignasse pour mettre en lumière les monstruosités, qu'il se montre ![]()
Allez, pour toi, et parce qu'elle est pas loin:
"l’origine du virus demeurait bactériologique, et pas virale, "
Aoutch. On comprend l'idée, que c'est bien une bactérie qui est à l'origine de ce qu'on pensait être un virus, mais la phrase fait mal quand même ![]()
Lu.
Premier texte que je lis de toi et...
J'ai bien aimé
C'est quand même souvent inégal. Parfois tu entres dans le vulgaire et le facile, et même la narration se met à être ultra familière et ça, pour moi, ça passe pas trop. ça casse le récit.
Je préfère ton humour subtile et de situation. Le passage avec "allumez le feu", le coup de pied dans la caméra de la journaliste, les chansons de mylène... y'a pas mal de très très bonnes trouvailles dans ton texte ( un peu trop pour que je les énumère toutes ^^ ) et ça m'a vraiment fait marrer.
J'aime bien ton univers et ton humour.
J'ai pas lu tous les commentaires que tu as eu, et je sais pas si on te l'a déjà dit, mais tu te serais pas inspirés des films Grindhouse ( Tarantino / Rodriguez, surtout planète terreur ) ? Après pour le reste, on sent forcément un peu de Men in black.
Voilà. Sinon j'attends la suite que je lirais, je pense, avec beaucoup de plaisir. Tu as un lecteur fidèle. C'est super agréable de te lire.
et je rajouterai : ![]()
Ce que j'adore chez emy c'est l'humour. Mais ce ne sont pas de simples blagounettes grasses ou même recherchées... Le contenu en lui-même n'est pas toujours hilarant, seulement elle sait mettre les bonnes phrases au bon moment. Elles arrivent comme une goutte de ketchup dans un bol de mayonnaise.
Ex au début du chapitre 4 :
" Stephane Colombani. Trente-deux ans. Stretching, vélo et yoga trois fois par semaine. la Tchouka et le Privilège. Homosexuel. "
Je fus mort plié sur ma chaise. (J'ai le rire facile cela-dit.) Bref I want the sweet. ![]()
Toujours aussi bien, les pointes d'humour dispersées da
TAB
dispersées dans le récit me font sourire, parfois rire... C'est toujours aussi fluide et plaisant à lire...
Continue...
mais tu te serais pas inspirés des films Grindhouse ( Tarantino / Rodriguez, surtout planète terreur ) ?
tout pile, Apolo, tout pile. C'est après la vision de Planète Terreur que je me suis lancé dans Immonde Virus.
Men in Black, pour les deux agents, le blanc et le black, mais pas seulement. Y'a aussi un peu de Pulp Fiction pour la discussion dans la voiture, Reservoir Dogs pour la suite...
Et puis y'a plein d'autres choses... Mais effectivement tu as mis le doigt sur le plus gros,
Sinon je note tes remarques.
Je fus mort plié sur ma chaise. (J'ai le rire facile cela-dit.). Moi aussi, trés facile. Les trucs les plus cons me font toujours rire en général. Le mieux c'est quand c'est dans une salle de ciné, dans un film 1er degrès. Et moi qui prend tout au second... genre dans un film
"Elle est bonne, cette banane ?"
moi = ![]()
les gens = ![]()
héhé !
C'est surtout la scène d'intro qui m'y a fait penser. Le médecin et son stylo ( dans le film, un thermomètre si mes souvenirs sont bons ) qu'il mâchonne quand il est stressé. Et puis évidemment le truc gore des gens qui explosent joyeusement ( peut-on joyeusement exploser ? ) en morceaux dans tous les coins.
En tout cas, sympas tes références ^^
Je te suis à 100% !
![]()
Lu.
Très bon. J'ai eu l'impression de lire l'équivalent de ta première partie (ma préférée), en beaucoup plus approfondi et mieux écrit. Un exemple : j'apprécie beaucoup le langage médical, avec les maladies et les symptômes, qui fait très professionnel et ajoute de la crédibilité à ton texte.
C'est bien poilant, tes descriptions sont devenues des exemples dans le genre dégueulasse. Mention spéciale pour la galette de caca XD.
Par contre, y a un petit truc qui me chiffonne : les caractères de Colombani et Mauppin me semblent avoir changé trop brutalement par rapport au dernier chapitre. Le premier passe de sérieux et autoritaire à trouillard, et vice versa.
Bref, j'attends la suite.
Un être sérieux et autoritaire peut devenir trouillard dans les conditions présentées...Mais enfin c'est vrai qu'il est quand même le chef de la Brigade du Paranormal ^^ Je pense qu'il a de plus en plus conscience que le travail qu'il s'est employé à faire depuis plusieurs années, risque de tomber par terre si le virus touche de plus en plus de monde.
enfin bon, merci de ta lecture.
Sa main était si crispée sur le portable que les veines de son avant-bras formaient un léger relief sous sa peau.
« C’est Horrible, Monsieur le Directeur.
- Que se passe-t-il, Revel ? »
L’agent aux oreilles décollées mit un temps à répondre. Il assistait à la décomposition accélérée du bras gauche de son collègue.
« C’est l’agent D’Almeida… Il est…Il est infecté !
- Flûte ! Qu’est-ce qui c’est passé ?
- Nous nous sommes rendus sur les lieux de l’infection… Et il s’est passé quelques choses… Je n’avais jamais vu ça auparavant, même dans le musée interdit !
- Ou êtes-vous ?
- Nous sommes sur la route 33, en direction du QG, Monsieur le Directeur.
- Très bien, alors arrêtez-vous sur le bas-côté. Ordonna Colombani. Je suis avec le Docteur Mauppin, et nous arrivons d’ici une dizaine de minutes. Tenez bon, Agent Revel »
Facile à dire, pour un type qui songeait de plus en plus à se tirer en douce. Lorsqu’il éteignit le moteur de la Punto, l’envie lui agrippa la gorge. A côté de lui, Hakim serrait les dents pour ne pas crier. Il avait mal, comme jamais auparavant. Ses ongles se décollaient lentement. Il regardait ailleurs. Il ne supportait de voir sa propre peau envahit par une armée de furoncles. En très peu de temps, sa chair était devenu molle et filamenteuse. C’est cette vision furtive qui lui fit perdre tous ses moyens : Son cri, venu des entrailles, déchira l’apparente tranquillité de la nuit. Revel ouvrit la portière, et décampa du véhicule.
« Revel ? Où tu vas ? demanda d’Almeida, en proie à l’agonie.
- J’en peux plus, Hakim. Je ne suis plus capable. »
Et il se détourna de la voiture, marchand vers l’horizon. Seul le trois-quart lunaire illuminait l’ endroit. C’était une route déserte, cernée de toutes parts par de grands sol pleureurs, qui frémissaient au gré du vent. Personne ne pourrait le retrouver. Lui-même ne savait pas ou il se trouvait. Peu lui importait. Il marchait. De plus en plus vite. Il ne fallait pas se retourner. Et pourtant…
« REVEL !! ATTEND ! REVIENT”
La voix de son collègue sortait de l’ordinaire. Elle provenait de ses entrailles. Son instinct de survie. Revel en avait bel et bien conscience : L’homme devenait Lion face au danger. Il tourna la tête. La Punto paraissait déjà si loin. Une faible lueur s’en échappait. Empoignant son courage à deux mains, il décida de faire demi tour.
« Revel ? Tu es revenus ? s’étonna Hakim ,dont la voix se faisait de plus en plus faible.
- Oui…Affirma-t-il. Je peux faire quelque chose pour toi ? »
Sans crier gare, d’Almeida attrapa la cravate de son collègue avec fermeté. Celui-ci remarqua que la maladie, telle une gangrène purulente aiguë, s’était propagée et s’étendait aux deux bras. Les deux visages se rapprochèrent dangereusement. Bientôt, Revel put sentir le souffle fétide du nouveau contaminé. Lorsqu’ils furent nez à nez, le black brisa un silence pesant.
« T’es un lâche, Revel. Et t’es fier, en plus…
- Non, Hakim…contesta l’agent en bonne santé. J’ai peur. »
La tête du dégarni collait à celle du black. Si on avait pas été là avant, on aurait pu croire qu’ils allaient s’embrasser. Paradoxalement, si Hakim d’Almeida avait put envoyer son poing sur les gencives de son collègue, il l’aurait fait, sans aucun doute. Mais l’infection, qui pullulait sur ses bras et sur son torse, le vidait de ses dernières forces. Il dût lâcher prise, et Revel respira de nouveau.
« Tu te rappelles, Léonard, tout à l’heure j’ai dis que je te tuerais s’il le fallait…grogna-t-il, assaillit par la souffrance
- Oui, Hakim. Je me souviens. On écoutait du Renaud, à ce moment là…fit Revel, prit de nostalgie pour le début de la nuit.
- Je le pensais. Oh oui, je le pensais…
- Ecoute Hakim, je ne vois pas où tu veux en venir, mais tu devrais te reposer. Ton bras est collé au siège, surtout, ne fais pas de geste brusque.
- Je veux pas finir comme ce type dans le cabinet du Médecin… »
Il avait dit cela avec une telle insistance que Revel comprit. Les deux mecs se regardèrent dans le blanc des yeux. C’est Hakim qui cligna en premier, à cause d’un herpès qui se propageait sur sa figure. Le nouveau contaminé mit son arme de service en évidence. Revel fit non de la tête.
« Je suis incapable de tuer, Hakim. Et surtout pas toi.
- Ah, ouais ! Tu préfères me voir crever lentement, jusqu’à l’explosion finale ?
- C’est pas ça…murmura Revel.
- Si, c’est exactement ça ! T’as toujours été une lopette, mec. T’as jamais été capable de rien !
- Et ta femme ?
- On s’en fout, de ma Femme ! Je vais crever, tu comprends ? J’ai une bestiole dans le ventre ! »
Revel eut soudain envie de chialer. Ouais, chialer comme un marmot dans un magasin de jouets. Chialer parce que son collègue était marié à une bombe atomique, et que lui passait des nuits blanches à s’astiquer le poireau devant un écran. Chialer parce que buter son meilleur ami restait la meilleure chose à faire à l’heure actuelle. Une larme s’incrusta dans ses rides précoces.
« J’ai mal, Léonard ! J’ai si mal ! »
Il se tortillait sur son siège. Ses bras ne faisaient plus partie de son corps, et un liquide verdâtres coulait en cascade le long de son corps meurtri. Revel, écœuré, ne regardait la scène que d’un œil. Pour la première fois, son meilleur ami laissait transparaître une émotion, au moment de sa mort, effroyablement lente. Même pour lui, simple spectateur.
« T’es qu’un lâche ! Enfoiré ! T’as pas le droit de me faire ça ! Je pensais qu’on était pote, putain ! »
Oui, il était lâche. Nul doute qu’il s’en voudrait toute son existence, même si ça lui donnerait éventuellement un quelconque sens. La crosse du flingue manqua de glisser dans ses mains moites. Il tremblait.
Ce tsunami mental qui l’ébranlait.
Devait-il le faire ? Pourquoi ? Y-a-t-il une chance qu’il survive ? Peut-être. Qui sait ? Pas lui.
« Vas-y Revel, fais-le ! Appuie sur cette putain de gâchette avant que j’explose comme Tchernobyl ! »
L’avoué ferma les yeux. Et si maintenant quelque chose pouvait le sauver. Et si il obtenait un temps mort, juste un instant pour réfléchir, souffler, boire un peu d’eau. Comme au Hockey sur glace. C’est sympa le Hockey sur glace.
« TIRE ! »
Son index ne pesait pas 10 tonnes. Non, c’est le stimulus envoyé par son cerveau qui devait s’être égaré en route. La détonation résonna sur cette route déserte, à quelques kilomètre de la ville. Quelques volatiles, surpris, s’échappèrent des arbres touffus. Une espèce de gélatine dégoulinante s’était figée sur l’oreille de l’Agent Revel. Il ouvrit les yeux et vomit. Le cadavre calciné, arraché et broyé de son ancien collègue gisait ça et là. L’intérieur de la Punto était intégralement repeinte, mais ça, l’agent Revel s’en foutait. Il n’avait rien d’un matérialiste. Il pleurait juste la mort d’un ami.
Et alors qu’il s’apprêtait à faire un collier avec un morceau d’intestin grèle, en hommage à son ami défunt, les phares d’une bagnole l’aveugla.
« Agent Revel ? Vous êtes blessé ? »
Blessé ? Touché en plein cœur, ouais. Cela dit, il ne tarda pas à reconnaître la voix nasillarde de son patron, Mr. Colombani.
« Non, Chef. Mais l’Agent d’Almeida y a laissé sa peau… »
Le docteur Mauppin, mesura manuellement la tension du chauve désemparé. Puis il analysa minutieusement la dépouille éventrée, étalée sur une trentaine de mètres.
« Comment a-t-il été contaminé ? »
Revel mit quelques temps à répondre. D’effroyables images se bousculaient dans son crâne. Et dans ces moments-là, se souvenir n’est pas chose aisée. Pourtant…
« Dans le chantier. Il faisait sombre, et je n’ai pas vu grand chose…C’était comme un gros mollusque qui a bondit de nul part. Je me rappelle juste de sa peau luisante, elle avait l’air visqueuse…
- Vous avez réussit à identifier la bête ?
- Pas vraiment non… Dans l’obscurité, on aurait vaguement dit une limace croisée avec une chauve-souris. Elle a poussé un cri déchirant, et Hakim est tombé. Elle a plongé dans sa gorge… Et maintenant… Il est mort »
Au fil de son histoire, Revel eut de plus en plus de mal à articuler, à cause de l’émotion. Affalé sur la chaussée, il prit sa tête dans ses mains et se mit sangloter encore. Plus fort.
« Et est-ce que vous avez été suivis ?
- Suivis ? Par qui ?
- Oh, je dis ça comme ça, on ne sait jamais. »
Toujours aussi bien, même si le passage est beaucoup moins comique... j'ai même pas ri à l'épisode du poireau tellement j'étais pris dans l'ambiance triste... L'hésitation de Revel sur la fin est très prenante, je trouve que tu l'as retranscrite à merveille...
A part ça, je pense que tu devrais te relire car, comme dit metatron "il y a pas mal de fautes d'ortho assez frappantes"... Donc je sais pas is tu relis vraiment ou pas...
J'achète le livre dès que tu le publies
![]()
Pas de fautes, en effet, même si le coup des "sol pleureurs" m'a fait sourire.
Ca prend une tournure alien par contre, avec cette histoire de bête qui rentre dans le corps.
Pas mal* de fautes, erf.
J'ai lu tout ça, c'est bien sympa, pas merveilleusement écrit, quelques coquilles par-ci par-là ( je crois me souvenir de sol au lieu de saules dans le dernier chapitre par exemple ) , mais j'ai ben senti l'ambiance Planet Terror. On se marre bien même si malheureusement c'est parfois mal réparti.
Bonne impression générale ![]()
Bien joué. T'as réussi à installer une certaine tension, avec l'hésitation de Revel, que j'ai vraiment sentie.
Et la dernière phrase est vraiment magique, je plussoie Meta.
Suite
!
La Chaîne voulait du sensationnel. Le PDG aimait ça.
Et Claire, s’en donnait à cœur joie. Elle tenait le sujet de l’année. Non, le sujet du siècle. Elle l’avait capturé en live, grâce à l’infrarouge. Certes, l’image n’était pas très nette, ni très cadrée, mais on y voyait l’essentiel.
Ce qui la rendrait riche, et surtout célèbre.
En fermant les yeux, elle s’imaginait déjà au centre des soirées mondaines, une coupe de champagne à la main, avec une robe Dior ou Gucci sur-mesure, passant la nuit à jacter en même temps que le gratin du show-business dans une monstrueuse cacophonie sur des sons hypes et electro. Cathy Guetta. Elle adorait cette femme, elle mettait même son parfum.
Il s'agissait d'un homme, attaqué par une bestiole, un truc jamais vu. Tout cela n’était pas très cathodique. Une intensité poignante dans les yeux de la victime. Un homme de couleur noir.
« C’est bien, ça, pour les minorités. Ca fera de l’audimat. »
Saddam, son fidèle cameraman, hocha la tête. Lui-même issu d’une minorité ethnique, il savait à quel point le thème pouvait rassembler. Et après tout, il s’agissait bien de la politique employée par la Chaîne.
« Des couilles en or, qu’il se disait. En or massif, Inch’ Allah »
Dès lors qu’Hakim les avait bouté hors du cabinet médical, Haut Lieu du Commencement de cette sordide histoire, les deux journalistes décidèrent d’aller jusqu’au bout. Pourquoi pas, puisque la Chaîne leur fournissait le matériel adéquat et la prime de prise de risques, toujours plus alléchante. Une filature sous haute tension, où la moindre erreur aurait pu conduire à la perte du reportage, et par conséquent de la notoriété tant convoitée. Pourtant, la camionnette jaune fluo ne constituait pas un modèle de discrétion. A se demander si finalement les deux agents de la Brigade du Paranormal n’étaient pas de gros branleurs, incapable d’assurer leurs arrières ainsi que la confidentialité de leurs jobs. Il aurait suffit d’un coup d’œil dans le rétro.
Disons que nos deux journalistes ne manquaient pas d’audace, et que ça leur avait été bénéfique, pour cette fois. Une sorte de perche tendue par le destin, en somme. Pour Claire Strime, unique descendante d’une riche famille d’éleveur de chèvres Afghane, il s’agissait d’un plus, d’un petit bonus. Elle s’en sortirait toujours quoiqu’il arrive, grâce à la générosité de papa et maman. Pour Saddam, jeune Kurde d’obédience Jospiniste, s’était tout de même une autre paire de manche : Elevé à Trappe dans le Kebab familial, livré à lui-même dans une jungle urbaine sans fois ni loi, il s’était hissé au sommet de l’échelle sociale sans l’aide de personne. En parallèle de ses études en communication, il s’essaya à différent domaines : Rap, Breakdance et Deal de Coke, avant d’obtenir une place en or sur la Chaîne, dégoté par l’un de ses plus gros clients (patron de la Chaîne). La scène qu’il avait mis en boîte valait son pesant d’or, et il le savait pertinemment. Le plus beau jour de sa vie.
« Bon, on va tournée la partie explicative. Dit Claire. Tu vas me filmer en contre-plongée américaine et tourner tout autour de moi, pour donner au spectateur une sensation de danger permanent, okay ?
- Euh… Pourquoi on ferait pas un plan fixe, plutôt ? C’est pas pour un film d’horreur, c’est quand même pour le Vingt Heure de la Chaîne…
- Tu dois avoir raison, jeune Sarrasin. »
Claire, plutôt élégante dans son tailleur vert-pomme, se plaça face à la caméra, au lieu exact du crime. Il se trouvait dans un sous-sol en construction, et la température était glaciale.
« Il faudrait enlever la fumée qui sort de ma bouche par ordinateur. C’est pas très esthétique.
- D’accord. Tu es prêtes ? »
La journaliste se regarda une dernière fois dans son miroir de poche. Un peu de Blush sur les joues, un léger trait de gloss pour les lèvres pulpeuses, du mascara pour la force du regard et…
« Donnes-moi mon lisseur, Saddam. Il est dans ton sac à dos.
- Mais Claire, tu vois bien qu’il n’y a pas de prise, ici.
- Pas faux. Tu penseras à retoucher mes boucles sur l’ordinateur ?
- Claire, j’ai pas envie de m’éterniser ici, c’est peu flippant comme endroit. En plus l’infrarouge pompe toute la batterie de la caméra, on a plus beaucoup de temps. »
Claire inspira un grand coup.
« Vas-y, c’est bon.
- Ok, ça tourne, 4…3…2…1… ACTION !
- Attend.
- Quoi ?
- Quelle est cette puanteur ?
- … C’est moi, désolé. Je suis un peu perturbé dans les endroits glauques comme celui-ci. Tu devras faire avec. »
Claire considéra son acolyte avec dédain. Elle passa une dernière fois la main dans son épaisse chevelure, et plaça le micro sous son menton. Saddam fit un signe de la main.
« Bonjour à tous ! Comme vous devez déjà le savoir, un étrange virus aux effets dévastateurs semble s’être immiscé sur nos Terres. Et cette nuit, alors que moi-même, Claire Strime et mon jeune caméraman Saddam suivions deux Agents de la Brigade la plus secrète au monde, je parle de la mystérieuse Brigade du Paranormal, nous avons assistés à un fait tout à fat insoutenable : L’un des Deux Agents, de couleur NOIRE, a été sauvagement attaqué par la bestiole qui pourrait être à l’origine de ces infâmes déformations. Tout de suite, en exclusivité, rien que pour vous, les images !
- Coupez ! »
Elle avait débité ce discours improvisé sans reprendre une seule fois sa respiration. Tout un métier. Saddam, les yeux rivés dans la lunette ne manqua pas une miette du spectacle qui suivit :
Une bête à la peau luisante dansa un instant dans les airs, tout en poussant un cri, mélange de miaulement et d’hurlement. Saisie au cou par la panique, Claire tenta de s’échapper, mais son talon aiguille se figea dans une flaque verdâtre, une sorte de pâte radioactive et lumineuse. Résultat : Fracture Ouverte et douleur à la clef.
« Saddam ! gémit-elle, alors que la bestiole se frayait un chemin au plus profond de ses amygdales. Tu as tout filmé ?
- Oui, c’est dans la boîte !
- Alors casse toi maintenant ! Avant de te faire attaquer !
- Mais je peux pas te laisser comme ça !
- Si ! Pars ! Dégage !
- Bon, ben si t’insiste… »
Sans broncher, il tourna les talons et détala le plus vite possible, en serrant sa caméra très fort contre lui. Le truc qui le dérangeait vraiment, dans le fait d’abandonner sa collègue, c’était de se dire qu’il ne la baiserait jamais. Pourtant dans son esprit de jeune maghrébin dépravé les mensurations parfaites de sa collègue prenaient toute la place…Il humerait ce string en dentelle rose, volé a même son sac à main. Il se dirait :
« Dommage… »
Et il déchargerait sa semence gluante sur le bout de tissu. Comme chaque soirs. Qu’est-ce que la gloire et la richesse, comparé à ces purs moments de bonheur ?
« Pas grand chose » se disait-il, en démarrant la camionnette, d’un air nostalgique.
L’os affûté transperça le mollet de la jeune journaliste. Malgré tous ses efforts, elle ne parvenait pas à se remettre debout. Cette pate, dense et lumineuse, l’emprisonnait. Lorsqu’elle aperçut l’allure de sa blessure, elle ressentit réellement la douleur. Et c’était sans compter cette ignoble bestiole qui plongea dans son corps quelques secondes auparavant. La texture fétide ne cessait pas de se solidifier. Bientôt, le moindre mouvement lui fut impossible.
« SADDAM ! Ramène ton cul de berbère ici ! Je plaisantai ! Aide-moi ! »
Pauvre Claire, sa spontanéité et sa soif de gloire, posthume ou pas, l’avait conduit à cette effroyable situation. Tout était de sa faute.
Pauvre Claire.
Inatteignable, son portable aurait pu être d’une grand utilité. Elle sentit sa peau brûler. Le virus faisait déjà effet. Impuissante, elle assistait à sa propre mort, sans bouger le petit doigt. Elle luttait pour que son visage, dernière partie de son anatomie encore libre, ne s’embourbe pas à son tour.
« Pitié, que quelqu’un vienne m’aider !! » essaya-t-elle, en dernier recours.
En guise de réponse, des bestioles, tapis dans ce liquide puant, s’agitèrent. Cela chatouilla Claire en premier lieu. Puis sa voix fut enrouée par la peur. Elle s’époumonait à un tel point que ses yeux apparaissaient plus exorbité que jamais. Alors qu’elle livrait ses dernières forces dans la bataille, qu’elle tentait tant bien que mal de se dépêtrer, une seconde bestiole aux yeux de félins s’infiltra dans sa trachée, direction l’estomac.
Pauvre Claire.