Philippe Lacoude – Quel est votre sentiment sur le chômage ?
Professeur Gary S. Becker – L’une de ses premières causes est la réglementation du travail. Par exemple, les entreprises renoncent à embaucher une personne qu’elles ne pourront pas licencier plus tard. Pour cette raison, le secteur privé européen n’a pas significativement accru le nombre de postes offerts. De fait, vous avez un chômage de longue durée presque cinq fois supérieur à celui des États-Unis.
J’ai bien peur que le gouvernement actuel n’augmente la réglementation plus qu’il ne la supprime.
Quel est le rôle spécifique du salaire minimum ?
En France, le salaire minimum est de 37 francs de l’heure, soit 75% de plus qu’aux États-Unis. En juillet dernier, le gouvernement l’a augmenté de 4%, ce qui est exagéré. Le salaire minimum français est l’un des plus hauts du monde et cause des dégâts considérables.
Les travailleurs dont la productivité est inférieure à ce minimum quittent le marché du travail : ils ne peuvent pas trouver d’emploi. Ce sont généralement des jeunes gens, des immigrés, des employés peu qualifiés, ou les femmes revenant sur le marché du travail après une absence.
Mais si le salaire minimum n’avait pas existé, les salariés ne gagneraient-ils pas deux ou trois fois moins ?
Si vous supprimez le salaire minimum, vous fournissez de nouveaux emplois. Ceci est particulièrement vrai en France où la fraction de la population concernée est plus importante qu’aux États-Unis.
Les personnes qui sont aujourd’hui payées au salaire minimum continueraient à être payées à un niveau sensiblement équivalent car elles auraient toujours la même productivité marginale. En revanche, plus de gens pourraient être employés.
La machine tue-t-elle l’emploi ?
Non, certainement pas. Au contraire, la machine accroît la productivité des travailleurs et permet de payer des salaires toujours plus hauts. C’est une erreur courante. Nous utilisions déjà la machine il y a cent ans : l’accroissement du chômage est un phénomène bien plus récent que celui des gains de productivité.
Dans certaines industries, il peut y avoir une baisse de l’emploi due à son introduction. Mais sûrement pas à l’échelle d’une économie : les emplois perdus sont précisément dus à la demande de travail dans d’autres domaines. Même à l’échelle d’un secteur, la réponse n’est pas évidente : si la mécanisation permet de diminuer les prix, la demande peut s’accroître suffisamment pour permettre la création d’emplois.
Bien sûr, ceci n’est vrai que si le marché du travail fonctionne. Si le gouvernement ou les syndicats empêchent les ajustements de se produire, alors l’introduction de la machine donne l’illusion statistique de détruire l’emploi mais la cause réelle est la réglementation. Ce phénomène est probablement à l’œuvre en Europe et en France depuis le début des années 1980.
Le développement des marchés financiers n’est-il pas cause de chômage ?
Il n’y a aucun lien entre la montée du chômage et la dérèglementation des marchés. Les exemples américains et anglais le prouvent.
Au contraire, la France n’est pas allée assez loin : il est crucial de dérèglementer si vous voulez être compétitifs dans une économie mondialisée et éviter une fuite des capitaux flottants. Dans votre pays, il reste trop de banques et de compagnies d’assurances publiques et déficitaires. Le programme de privatisation devrait reprendre.
Quel est l’impact des aides sociales ?
On constate en Europe, en Suède et en France en particulier, mais aussi aux États-Unis que, s’il n’est pas profitable de travailler, certaines personnes, notamment celles qui font des travaux peu gratifiants, travaillent au noir pour bénéficier des aides. C’est un principe économique de base.
Le niveau du taux marginal d’imposition crée-t-il du chômage ?
La question est mal posée. En fait, les hauts taux n’accroissent pas directement le chômage, mais ils réduisent l’emploi et rendent l’économie moins prospère. Le niveau de vos impôts m’inquiète : il décourage l’offre de travail.
Mais ne confondez pas augmentation de l’emploi et baisse du chômage. Une baisse d’impôt peut pousser les gens à rentrer sur le marché du travail, augmentant de ce fait l’emploi, mais ne réduisant pas d’autant le chômage : les effectifs employés augmentent mais le nombre de personnes souhaitant travailler également.
Que pensez-vous de notre politique monétaire actuelle ? [En 1996, la banque centrale sous la houlette de Jean-Claude Trichet faisait la politique du « franc fort » essayant coûte que coûte de s’arrimer au mark pour préparer l’euro.]
Tout dépend de l’évolution du mark. Mais comme ce dernier est fort, le soutien du franc coûte cher à vos entreprises : les produits français sont renchéris et les exportations freinées. Vos surplus commerciaux ne sont pas forcément un bon signe : ils ne peuvent pas s’analyser indépendamment de la balance des capitaux.
Cela me rappelle l’époque où, au début des années 1980, le Chili a arrimé le peso au dollar. Quand le dollar est monté, le peso a suivi et beaucoup d’entreprises ont fait faillite. Cela a stoppé net la libéralisation qui n’a pu reprendre que trois ans plus tard.
De ce point de vue, les changes flexibles sont une bonne politique. Je crois en l’Europe, mais si j’étais vous, je ne poursuivrais pas la construction de l’union monétaire. J’instaurerais une forme de concurrence entre les monnaies en dotant chacune du cours légal dans chaque pays. On pourrait alors les utiliser pour toute transaction, faire sa comptabilité et même payer ses impôts. Ainsi, la demande de monnaie serait plus élastique, empêchant le recours à l’impôt d’inflation.
Vos positions ne seront pas populaires auprès des responsables français.
Peut-être, mais elles le seront auprès des Français eux-mêmes. Les peuples ne veulent pas de l’euro : les sondages montrent qu’en Allemagne un référendum déboucherait sur un rejet de la monnaie unique.
Après cette analyse des vraies et fausses causes du chômage, pourriez-vous évoquer ses solutions traditionnelles, et en particulier la réduction des déficits ?
Nous avons trop tendance à nous concentrer sur la réduction des déficits. Tout dépend de la façon dont on atteint cet objectif : si c’est par une augmentation de l’impôt, je suis contre, c’est une erreur ; si c’est par une réduction du secteur public, c’est une bonne chose.
Que pensez-vous de la taxation de l’épargne ?
C’est dramatique. Taxer le capital réduit son accumulation et, par conséquent, la croissance, la prospérité et les salaires des travailleurs. C’est une politique perverse qui conduit à l’opposé de l’effet escompté.
Mais ne pensez-vous pas que l’on doive augmenter la consommation ?
Non. On devrait plutôt encourager l’investissement en supprimant la double taxation de l’épargne.
Pourrait-on baisser le chômage en réduisant l’immigration ?
L’immigration ne met pas les Français au chômage : dans un marché de l’emploi flexible, elle n’aurait presque pas d’impact. Simplement, elle affecterait les salaires des travailleurs les moins qualifiés et accroîtrait celui des plus qualifiés.
Dans un marché très réglementé, on a l’impression statistique que l’immigration crée du chômage parce que les immigrés ne trouvent pas d’emploi à leur arrivée.
Les États-Unis sont là pour prouver qu’il est possible d’atteindre le plein emploi et d’absorber une forte immigration. Cette question a été très étudiée, mais personne n’a jamais prouvé que l’immigration accroissait le chômage.
Que pensez-vous du partage du travail ? [En 1996, la France était en plein débat sur les « 35 heures »... Un an plus tard, c’était la loi avec les conséquences prédites par Gary Becker.]
Je pense que c’est une manière coûteuse et inefficace d’en organiser le marché. L’économie fonctionnera encore moins bien. Beaucoup de gens souhaiteront faire des heures supplémentaires, cumulant des emplois, parfois au noir.
En particulier, il est impossible de diminuer le temps de travail de, disons, 40 à 30 heures et de maintenir les salaires. Cela conduirait à une hausse du salaire horaire de 33%, donc à une baisse de la demande de travail. Cela entraînerait une hausse et non une baisse du chômage.
Quels seraient les effets d’une bonne politique de l’emploi ?
Beaucoup de problèmes sont liés au chômage, la criminalité par exemple. L’augmentation des chances d’embauche résoudrait en partie ce problème en donnant un avenir aux jeunes gens en difficulté. De même, la perte d’un emploi est souvent à l’origine de drames familiaux : la baisse du chômage est une bonne politique familiale. Le ressentiment envers les immigrés s’estomperait aussi probablement en partie.
En un sens, parce qu’ils touchent les pauvres, ces problèmes sont plus importants que la seule croissance du revenu monétaire.
Quelle est la politique économique idéale ?
Si votre question se rapporte au marché de l’emploi, je pense qu’il faut le déréglementer rapidement et diminuer fortement le SMIC.
Plus généralement, je pense qu’il faudrait réduire le secteur public par un programme de privatisation massif, incluant la Sécurité Sociale à laquelle il faudrait substituer des fonds de pensions, de façon à accroître l’accumulation de capital.
Une baisse massive des cotisations sociales et de l’impôt serait aussi très bénéfique pour l’économie.
Enfin, il est très important de maintenir une croissance stable de la masse monétaire. Cela rend les anticipations plus précises : il faut que les gens sachent ce que fait la banque centrale.
Et le déficit budgétaire ? [En 1996, le niveau de la dette publique augmentait rapidement vers la barre des 60% du PIB.]
Le problème du déficit budgétaire se résoudra de lui-même si vous avez une bonne politique de réduction de la dépense et de l’impôt.
Est-il possible de revenir au plein emploi dans les pays industrialisés ?
Bien sûr. La complexité de nos économies n’explique nullement le chômage, comme le prouve l’exemple des États-Unis, de Hongkong, du Chili ou de Singapour.
Réecoutons ce vieux sage qui en 1996 déja nous disait quoi faire pour relancer notre économie et revenir au plein emploi
La source est ici http://www.contrepoints.org/2014/05/07/165365-interview-choc-gary-becker-analyse-leconomie-francaise
Moi au lieu de m'arreter j'aurais avancer des arguments ![]()
Si on pense pas comme toi alors on ne défends pas l'intérêt commun ? Réveille toi, la majorité de la population n'a pas les même intérêts que toi et n'a même pas la même idéologie que toi.
ad hominem et toujours pas d'arguments
http://theoremedubienetre.files.wordpress.com/2013/01/protection11.png
La "protection" de l'emploi augmente le chomage
http://theoremedubienetre.files.wordpress.com/2013/01/protection31.png?w=580
De même que la précarité d'une part de la population on asssite en france notamment à un marché du travail à deux vitesse
http://theoremedubienetre.files.wordpress.com/2013/01/protection41.png?w=580
D'ailleurs plus les emplois permanents sotn protégés moisn les jeunes y ont accès, donc diminuons la rigidité du marché du travail si on est social gardons la si on défend le système français à deux vitesses qui pénalise les plus pauvres et les moins qualifiés
Je suis liberal car social j'attends des arguments prouve moi que tes reglementations aident les gens...
@paulop, c'est bien connu la gauche à le monopole des coeurs et de l'interet commun
Ca fait des décénnies que les gens comme toi attendent le grand soir et a chaque fois ils nous disent que si ça arrive pas c'est la faute a la propagande. ![]()
Argument d'autorité...
Que des sophismes pas d'argument, qu'il y ait une pensée dominante dans les médias sans doute, mais la première propagande c'est celle des politiques je te rappelle or on a aussi de la propagande de ton camp (même largement)
ad hominem et toujours pas d'arguments
http://theoremedubienetre.files.wordpress.com/2013/01/protection11.png
Tu sors un truc avec un R^2 (coefficient de corrélation) de 0, 41. Paie moi ce fucking troll. Encore à te branler sur tes chiffres qui ne veulent objectivement strictement rien dire....
http://theoremedubienetre.files.wordpress.com/2013/01/protection31.png?w=580
Un coeff de 0,2.... OMG dat corrélation. Allons tirer des conclusions!
http://theoremedubienetre.files.wordpress.com/2013/01/protection41.png?w=580
Corrélation à 0,34....
Remarque bien comme l'auteur ne note que les points qui servent son analyse, et pas ceux qui la contredisent.... Un truc de dingue, cette malhonnêteté intellectuelle....
Work hunter, tous le monde fait de la propagande, tous le monde prétend défendre l'intérêt général, ce que tu dis est vide de sens.
"Cum hoc ergo propter hoc" ce topic...
Encore... Avec des corrélations aussi faibles ![]()
Même si le coef est bas ça ne veut pas dire qu'il n'y a pas de causalité, l'inverse est vrai aussi.
Ca parait évident qu'avec moins de règles il y a plus d'embauche.
La mauvaise fois de kotaro... le sophisme dont tu parles n'a aucun rapport de près ou de loin avec le sujet auquel il est corréllé ,alors que la il existe
bref ta mauvaise foi est affligeante et pathétique , comme quand tu refusais de reconnaitre qu'il fallait baissé le smic alors que tu nous parlais d'atteindre l'equilibre optimal plus bas que ce même smic nous empeche d'atteindre ![]()
Bref mauvaise fois et refus de corrélation koataro un sophiste qui accuse les autres de sophisme marrant ...
La gauche n'a pas le monopole du coeur, pas plus que la droite n'a celui du sérieux.
Des imposteurs y'en a partout, essaye pas de faire croire qu'il sont juste chez ceux avec qui tu es pas d'accord.
Tu as une autre idéologie, soit, dans ce cas argumente.
La gauche n'a pas le monopole du coeur, pas plus que la droite n'a celui du sérieux.
Certes je n'ai jamais dis ca , la gauche se montre d'ailleurs sérieuse aux affaires plus que la droite même
Tout le monde prétend défendre l'intérêt général, mais il y a des gens qui défendent vraiment l'intérêt général et des imposteurs qui font juste semblant parce que c'est toujours plus facile de faire accepter un sacrifice à quelqu'un quand il croit que c'est pour son bien.
Et pourquoi ne serait ce pas vous les imposteurs?
Peut être même que Hollande sera un grand réformateur au final ![]()
Bon, pour le texte en lui-même, c'est de la bouillie éditocratique de base, ce discours on l'entend n'importe où, inutile de nous trouver un américain.
Intéressant néanmoins quand il parle du franc fort.
C'est pas moi qui tire des conclusions avec des corrélations en dessous de 0,5
(pour certains tellement en dessous que j'aurais honte de les poster
). la mauvaise foi c'est pas chez moi qui faut la chercher mon gars.
CUM HOC ERGO PROPTER HOC.