fait pèter
deux extraits du livre de Bernard Werber " Encyclopedie du savoir relatif et absolu"
1. Le principe d´incompetence: Le principe de Peter, la variante de Dilbert et la loi de Parkinson
Laurence J. Peter annonça en 1969 la création d´une nouvelle science : la " hiérarchologie" ou " science de l´incompétence au travail". Fruit d´une analyse empirique, elle repose sur un principe simple : dans toute organisation, si une personne fait correctement son travail, elle obtiendra une promotion. Si à nouveau, elle réussit dans sa fonction, elle sera promue. Ainsi de suite jusqu´à ce que sa fonction dépasse ses compétences. Dès lors elle occupera un poste à responsabilités de manière définitive alors qu´elle est incompétente. Il lui faudra juste veiller à ne pas tomber au niveau de la super-incompétence où elle risquerait de perdre son poste pour faute professionnelle grave. Ce phénomène de promotion vers l´incompétence est accentué par le fait qu´une personne compétente sera perçue comme un danger potentiel par ses supérieurs incompétents. Ceux-ci feront donc en sorte de la promouvoir jusqu´à son niveau d´incompétence où elle ne représentera plus un danger.
Il existe même un corollaire : la variante de Dilbert, du nom d´un personnage de bandes dessinées de Scott Adams. Les entreprises font en sorte que les incompétents occupent des postes à responsabilités pour les éloigner du terrain. L´incompétence de leur décision est alors parasitée par la compétence des exécutants sur le terrain.
2. Les CREQ
L´homme est en permanence conditionné par les autres. Tant qu´il se croit heureux, il ne remet pas en cause ces conditionnements. Il trouve normal que enfant on le force à manger des aliments qu´il déteste, c´est sa famille. Il trouve normal que son chef l´humilie, c´est son travail. Il trouve normal que sa femme lui manque de respect, c´est son épouse ( ou vice versa, pour la femme c´est son mari). Il trouve normal que son le gouvernement lui réduise progressivement son pouvoir d´achat, c´est le gouvernement pour lequel il a voté.
Non seulement il ne s´aperçoit pas qu´on l´étouffe mais en plus il revendique son travail, sa famille, son système politique, et la plupart de ses prisons comme une forme d´expression de sa personnalité.
Beaucoup revendiquent leur statut d´esclave et sont prêts à se battre bec et ongle pour qu´on ne leur enlève pas leurs chaînes.
Aussi pour les réveiller il faut des C.R.E.Q " Crise de Remise En Question". Les CREQ peuvent prendre plusieurs formes : accidents, maladies, rupture familiale ou professionnelle.
Elles terrifient le sujet sur le coup, mais au moins elles le déconditionnent quelques instants. Après une CREQ, très vite l´homme part à la recherche d´une autre prison pour remplacer celle qui vient de se briser. Le divorcé veut immédiatement se remarier. Le licencié accepte de reprendre un travail encore plus pénible.
Mais entre l´instant où survient la CREQ et l´instant où le sujet se restabilise dans une autre prison, surviennent quelques moments de lucidité où il entrevoit ce que peut être la vraie liberté. Cela lui fait d´ailleurs très peur.
c´est mon quotidien ce truc 