Bien, mefci de m´inciter
Il y a quelques années, au sortir de l´armée, j´avais tout pour plaire et réussir ma vie. Une petite fiancée admirable, avec laquelle je parlais mariage et enfants, et surtout avec qui je partageais mon appartement. Un petit boulot qui me plaisait beaucoup, qui se passait surtout sur la route et à hotaires libres. Un chat adorablement câli... Le bonheur, quoi.
Et puis, le 17 novembre 1998 ( comment oublier la date), six heures du matin, j´ai été retrouvé avec mon véhicule utilitaire et son chargement SOUS un 33 tonnes. Je délirais, la conscience partie.
J´ai retrouvé mes esprits dix-huit jours plus tard, attaché sur un brancard, entre deux types en blanc qui plaisantaient entre eux. Je me rappelle que ma première phrase a été :"Est-ce que quelqu´un peut m´expliquer ce que je fais là ? ?"
Aujourd´hui, j´ai tout perdu. Ma si jolie fiancée est partie de chez moi enceinte d´un autre. Mon appartement et mon boulot se sont envolés avant que je réalise quoi que ce soit. Mais surtout, je suis handicapé des yeux à vie. Je suis obligé de me déplacer avec un bandeau sur l´oeil gauche, ce qui me vaut bien des regards curieux, souvent pires.
Dix secondes ont suffi pour que j´apprenne à mes dépends que rien, rien dans la vie n´est acquis, et qu´il faut se battre pour obtenir, mais surtout pour garder. Et je donnerais cher pour oublier les horreurs de l´hôpital.