ChienAlpha
J'ai mis un certain temps avant de me mettre au rap et à me rendre compte des perles qu'on pouvait y trouver, et les trois personnes dont je t'ai parlées n'en sont pas particulièrement fans de ce que je connais d'elles. Donc tu ne peux vraiment pas dire "tu baignes dans une génération qui "connait" B2O et qui a oublié ce qu'était la chanson folk/country au point d'avoir du mal à entendre du Leonard Cohen" par rapport à moi ou à mes potes. C'est à la fois une facilité de langage et faux.
Quand tu parles ensuite de désuétude, tu donnes l'impression que je suis le type de personnes à avoir du mal avec tout ce qui date de plus de 20 à 30 ans. Sauf que je m'en fiche complètement de la date, que je n'ai aucun mal à écouter du Robert Johnson et que j'ai dans ma liste tout un tas de noms que certains qualifieraient sans difficulté de "vieilleries" (à mon grand désarroi), tels que Jacqueline François, Mathé Altéry, Louis Amade, Pierre Delanoë, Les Compagnons de la chanson, Jacques Datin, Maurice Vidalin, Michèle Arnaud, Marie-José Neuville, Nicole Louvier ou même Georgius pour ne parler que de la France. À côté de Leonard et à peu près de la même époque, voire un tout petit peu plus vieux, il y a bien Simon & Garfunkel ainsi que Joan Baez qui font dans le même genre musical tout en étant beaucoup plus accessibles. Donc ton argument sur l'âge des musiques qui m'empêcherait de considérer Cohen accessible ne tient doublement pas.
Pour Consume Red, t'inquiète, je savais que ce n'était pas du Zorn. Pour les autres Naked City, je les écouterai en temps voulu. Pour Beefheart, je parle simplement du fait que tu sembles bander devant un album qui est clairement de la merde (qu'importe si elle est volontaire). Et je ne vois pas comment on peut l'apprécier autrement qu'en l'intellectualisant à outrance. J'm'en fiche du genre musical, ce n'est pas la question. Tu peux appeler ça comme tu veux, si c'est de la merde, c'est de la merde. Faut arrêter de vouloir la jouer "mais c'est un artiste incompris
; et les gars qui sont contre le progrès, c'est rien que des réacs de merde qui parlent d'art dégénéré !". L'originalité pour l'originalité, ça pue. L'expérimental sans but, c'est bien sympa mais c'est vite chiant et répétitif (ironiquement). L'expérimental doit être au service de l'efficacité pour être vraiment génial. Si c'est expérimental et efficace, ça amène à de nouvelles expériences et de nouveaux codes. C'est ça qu'est fort, pas simplement faire du "free" parce que la totale liberté, ce serait forcément le bien.