GANDALF EST A LA RECHERCHE DU TRESOR DE L´ARCHE D´ALLIANCE.
L´Arche d´Alliance symbolise la promesse irrévocable et indestructible de Dieu faite au peuple juif, son peuple élu, de ne jamais l´abandonner.
Tout le monde sait qu´elle est censée contenir les tables de la Loi, reçues par Moïse au mont Sinaï après avoir écouté les Dix Commandements qui ont été gravés dans les Tables de la Loi.
Mais on dit que cette arche contiendrait également un bâton, celui d´Aaron, frère de Moïse, ce bâton représente l´unité de mesure de longueur.
L´Arche enfin devrait renfermer un pot en terre cuite contenant de la manne (une galette avec de la farine et du miel), ce pot représentant l´unité de poids.
L´Arche est connue pour ses pouvoirs mystérieux. Promenée autour de Jéricho, n´a-t-elle pas fait tomber ses gigantesques remparts? Ne dit-on pas que le simple fait de la regarder peut pétrifier un païen?
Quoi qu´il en soit, Gandalf s´est mis en tête de retrouver cette arche.
Refaisant le chemin de l´exode en sens inverse, retournant en Egypte puis en Ethiopie, il finit par retrouver des vestiges témoignant de l´amour fou entre le roi Salomon et sa dernière concubine, la reine de Saba.
Gandalf examine attentivement de vieux papyrus. Il est le seul encore à pouvoir déchiffrer cette écriture cabalistique.
Tout d´un coup, tout s´éclaire. Arborant un sourire de contentement, Gandalf reprend son bâton de pèlerin en direction de la Terre Sainte.
Marchant durant de longues journées, franchissant des cols vertigineux avec des à-pic profonds, traversant des marais, refusant d´écouter les grincements de ses articulations, Gandalf finit par s´enfoncer dans une grotte mystérieuse sous le mont Nébo dominant la vallée du Jourdain.
L´inquiétante caverne est gardée par un terrifiant dragon aux yeux de braise appelé Balrog.
Gandalf n´est nullement impressionné. Dans un sabir incompréhensible pour les hommes peuplant la Terre du Milieu, il interroge l´effroyable cerbère.
Le Balrog de sa voix rauque, finit par se faire comprendre.
Voici la traduction en langage des hommes de ces mugissements:
"Je suis le gardien de douze entrées menant chacune vers un mystérieux sanctuaire. Une seule entrée te permettra d´aller vers le saint des saints, toutes les autres te mèneront vers une mort abjecte et cruelle."
"Oh toi le Balrog, arrête de me faire des yeux comme ça. Je n´ai pas fait tout ce chemin pour écouter tes palabres. Ma journée était longue, je n´ai même pas pris le temps de m´arrêter à un estaminet pour humidifier mes muqueuses, j´ai envie de finir tôt ce soir, j´ai une Gandalfette qui m´attend pour réchauffer ma bouillie vespérale (elle en a toujours d’avance), alors dis-moi ce que tu as à me dire."
Le Balrog s’empourpre et rugit : "Mesure tes paroles, Gandalf le Gris. Tu ne réussiras pas à me mettre sur des charbons ardents. Sache que tu n´es pas le premier à arriver jusqu´ici. Pour preuve, regarde les ossements de tous les vagabonds qui se sont aventurés jusqu´à mon antre. Ils étaient tous bien plus jeunes que toi, et étaient persuadés d’être les plus valeureux chevaliers."
En effet, Gandalf ne peut que constater que la grotte est jonchée de vestiges humains.
Le Balrog reprend: "Prend ces deux dés et examine-les attentivement."
Gandalf s´empare des 2 dés, les étudie avec circonspection, rien à dire, ce sont des dés normaux, à 6 faces, avec les chiffres de 1 à 6.
"Maintenant, tu sais ce qu´il te reste à faire" reprend le Balrog. "Tu n´as droit qu´à un essai. Tu ne vas pas me faire rôtir à petit feu. Ces dés te montreront la voie. Sache trouver le bon passage, mais souviens-toi que jusqu´à présent tous les aventuriers ont échoué lamentablement."
Le Balrog aux naseaux fumants s´efface, mais ne peut contenir un gloussement sardonique.
Gandalf se retrouve devant les 12 entrées, les deux dés à la main.
Devant lui, un nombre incalculable de squelettes.
Mais Gandalf sourit, il pense qu´il a déjà deviné quelle était la bonne entrée.
Sauriez-vous faire preuve de la même perspicacité?