ARTHUR A DECIDE DE CHANGER DE METIER (MAIS PAS DE QUOI EN FAIRE UN FROMAGE)
Arthur n´en peut plus de devoir faire le pitre sur une grande chaîne généraliste.
Il avait d’abord envie d’ouvrir une fromagerie dans le Cantal, mais Estelle ne s’est pas laissé convaincre, elle était mi-chèvre mi-chou à l’idée d’un élevage de caprins.
Le problème avec Arthur, c’est qu’il est souvent bonne pâte, mais a des idées trop gratinées. C´est le genre de type qui a le chic pour te porter l´époisses et te mettre dans le crottin un jour ou l´autre.
En plus, il aime bien comté fleurette à Marguerite, son assistante, sans se rendre compte d’étorki faits. Il faut qu’il apprenne à mieux se tenir devant l’Edam. Il devrait mieux affiner son approche et lui servir quelques répliques de son cru sur un plateau.
Marguerite de toute façon ne s’en est pas laissé comté. Elle s’est dite : « Salers suspect. C’est encore Arthur qui veut s´en payer une bonne tranche ?" Du coup, Marguerite a Faisselle qui ne comprenait pas et a laissé couler. Elle n’arrêtait pas d’ironiser : "Eh, je ne suis panée de la dernière pluie. T´as beau jouer les Beaufort, tu passes surtout pour un Gros-lait. Ras le bol de tes caprices, tu te prends trop pour un dieu ! Parmesan autour de toi : tu as une vraie réputation de porc, Salut."
Depuis, à Causses de sa maladresse, c´est râpé avec Marguerite et il va falloir qu’Arthur change de crèmerie : quand il arrive, elle se met à la Brie ou prend des airs pressés. Quelle cloche ! Il n’y a aucune chance pour qu´elle Lait cru. Avec elle, Arthur n’arrête pas de se prendre des Raclettes, il ne peut plus faire le Maroilles.
Du coup, Arthur a cherché une autre profession, croûte que croûte. Evidemment, grâce à ses nombreuses relations, Arthur n’a pas eu trop de mal à digérer sa mutation professionnelle. Tout le monde s’était mobilisé pour l’aider : peoples, relations dans la politique, gratin du show-biz, sans oublier les hautes sphères du clergé. Jusqu’à l’archidiacre de Notre Dame qui s’est sacrifié. Il est même monté sur le pont, l’évêque.
Changement de décor.
Arthur à son nouveau travail. Confortablement installé dans un bureau douillet, bien tranquillement.
Quelque part dans une région paisible, où fleure bon la France profonde.
Son nouveau job : pépère, pas trop bien payé, (Arthur toujours aussi rapiat se dit que c’est pas l´Abondance), mais avec la sécurité de l’emploi. Carrément pénard, il passe souvent les pieds sous la table à tailler la bavette avec ses collègues. De nombreuses pauses pour entrecouper sa journée, un chef qui ne l’asticote pas trop même s’il déguste un munster bien fait, pas trop d’exercices physiques, pas de boîtes à ouvrir, quant à la boîte à camembert, il peut la garder bien fermée, il n’a même pas besoin de faire étalage de son barattin. Arthur a appris à être coulant. Il a même le temps de regarder la télévision durant son travail.
Vache, rin qu´à y penser, c’est trop cool pour lui.
Un jour pourtant Arthur va perdre sa vie.
Pour une bien étrange incongruité : il regardait la télé. Ce qui ne soi, n’est pas grave. Mais il regardait la mauvaise chaîne. S’il avait zappé, il ferait encore partie du monde des vivants à l’heure qu’il est. Alors que là, il est étendu sur le carreau, bien à plat, sans plus pouvoir remuer le petit doigt, déjà un peu Bleu, comme si quelqu’un lui avait Valençay une bûche dans le nez. Fini de faire la fêta ! Son seul tort, c’est d’avoir préféré regarder un match de foot. Et pourtant, il ne s’est rien passé de dramatique ce jour-là à la télé, et la météo était au beaufort fixe.
Et Arthur est bien mort violemment, il n’est pas victime d’un excès de matières grasses.
Tenez-vous une bonne fourme pour trouver une explication à cette mort si étrange ?
La réponse n´est pas un jeu de mots style "Cheese, ne bougeons plus", c´est une vraie énigme.