Expeditions: Samurai veut révolutionner le RPG tactique avec une aventure entièrement jouable en coop
Film thaïlandais d'Apichatpong Weerasethakul ( 2002 )
De quoi ça parle
Peu importe.
L'ivre de la jungle.
La fascination émerveillée qu'éprouve le spectateur devant Blissfully Yours est la même que celle qu'il ressent devant Tropical Malady. La différence réside sûrement dans le fait que le Prix du Jury cannois en 2004 est un film beaucoup plus intrigant et mystique, alors que Blissfully Yours joue plus sur une approche physique, et moins sur un aspect cérébral ou mental. Les autres points communs, c'est la segmentation des deux films en parties distinctes, et le fait que dans les deux cas, la dernière partie se situe dans la jungle. Deux chapitres, mais toujours la même approche formelle, rien qui dans la plastique du film et le traitement esthétique ne différencie réellement les parties en question.
Blissfully Yours, dès son ouverture, présente un corps malade. Mais il est inactif, passif plutôt qu'agissant sur le reste. La puissance du film se trouve dans cette manière qu'il a de maintenir un rythme extrêmement lent, d'installer une certaine langueur, pour peu à peu marquer totalement le spectateur, et lui faire ressentir des sensations proches de celles des personnages. Quand les corps s'agitent ( enfin ), que la sensualité s'exprime à l'écran, le spectateur expérimente une sensation rare au cinéma, l'impression d'être en osmose avec les personnages et d'être avec eux dans leur environnement. Pour cela, il aura fallu toute une première partie que certains qualifieront d'ennuyeuse ( on peut les comprendre ) et que d'autres verront les yeux écarquillés et la bouche bée ( on les comprend, et on les applaudit ). C'est qu'il y a une chose d'incroyable qui se joue dans les premières quarante minutes de Blissfully, une audace cinématographique qui donne tout simplement du plaisir au spectateur. Weerasethakul filme ce que très peu de réalisateurs pourraient filmer, soit la quotidienneté, le geste qu'on ne montre pas au cinéma parce qu'il n'est pas " cinégénique ". Le thaïlandais multiplie les plans-séquences pour imprimer ce rythme si particulier au film, fait le choix de montrer des faits et événements qui n'ont rien de particulier puisque dans la vie il y a aussi des faits et des événements qui n'ont rien de particulier. Le cinéma de Weerasethakul, entre autres, c'est un peu comme si le montage en était exclu. En gros, on ne coupe pas les potentielles séquences moins " intéressantes ", on laisse tourner, inlassablement. Plus qu'une direction vers un type de cinéma, ce que fait Weerasethakul ressemble à une redéfinition même du septième art. Le réalisateur thaïlandais réinvente tout, y compris le cinéma du sexe. Les séquences de forêt où les différents couples couchent ensemble seraient pornographiques ailleurs. Ici, il y a une beauté qui émane des scènes de sexe, en même temps qu'une sensualité et une délicatesse éloignées du cinéma X. Et si cette approche inédite est possible, c'est bien sûr parce que toute la première partie a pris son temps, celui d'installer une ambiance posée et d'instaurer un rythme proprement naturaliste.
En une heure de film ( la seconde partie donc ), Blissfully Yours nous plonge dans un état de plénitude absolue. Une heure, aussi peu que ça. Mais on le sait bien, dans la jungle ou ailleurs, il en faut peu pour être heureux...
9/10
40 premières minutes très lourdes. La suite au prochain épisode. ![]()
Dommage, autant faire comme Reokal avec Love Exposure et pas le mater jusqu'au bout quoi ![]()
Non, je pense préférer la deuxième partie (en même temps difficile de faire pire que la première). Et puis même si je n'accroche pas, je l'aurai au moins vu en entier.
Mais ce qui m'étonne le plus c'est que j'étais persuadé que j'allais aimé. Et je me trompe très rarement franchement.
Ce que je veux dire, c'est que pour moi la première partie est importante dans ce qu'elle prépare, en relation à la seconde. Et que la mater, arrêter, puis reprendre un ou deux mois après n'est pas l'idéal.
Sinon je pense que tu devrais quand même aimer ( du moins préférer ) Tropical Malady ![]()
Ah bah c'est même certain que ce n'est pas l'idéal, comme pour tous les films je pense (beaucoup en tout cas).
Mais je serais incapable de la revoir, sauf peut (et ça serait la seule condition) en DVD sur mon canapé. Mais sinon je ne tiendrai pas.
Dit comme ça on croirait que c'état de la torture
Même moi je suis peut-être plus prêt à revoir L'homme de Londres, c'est dire
Ouais en fait non, c'était trop horrible ![]()
C'était une torture.
J'ai tellement hésité pendant de longues minutes à arrêter. D'un côté je voulais aimer le film, mais de l'autre la dure réalité de la vision. Et c'est cette partie qui a eu le dernier mot. ![]()
Bienvenue dans le Club des gens qui ont adoré ce film :bonjour:
Je colle l'avis que j'avais émis lors du festival :
Autant le dire tout de suite, j'hésite entre le très bon film et le chef d'oeuvre, mais ce qui est certain c'est que ce film est exceptionnel.
Je n’ai pu m’empêcher, d’abord, de faire la comparaison avec les autres Weerasethakul que j’ai vus, tant les ressemblances sont frappantes (la forêt de Tropical Malady, l’hôpital de Syndrome and a century…). Ensuite, je viens seulement de remarquer à quel point le cinéma Thaïlandais est contemplatif. J’ai quelques fois pensé à Pen-ek Ratanaruang et au Wonderful town d’Aditya Asarrat.
Si j’ai du mal à noter ce film, c’est parceque pour la première fois, il me semble, mon admiration cinématographique n’a pas été véhiculée par des réussites des techniques, mais par la capacité du film à retranscrire le réel, à être fidèle à la réalité. Quoi de plus évidement pour illustrer cela que les scènes de sexe ? Elles sont réalistes, sans tabou ni voyeurisme, bref, d’une justesse absolument rarissime. Cette capacité à film sans détour, je l’apprécie toujours énormément (du gore sanguinolent d’un Miike à l’immoralité sublime d’un Lars von Trier). Mais elle est cette fois si, je me répète, entièrement encrée dans la réalité, semblant distincte de toute création scénaristique, incroyablement pertinentes.
Voilà ce qui m’a époustouflé dans ce film, mais la technique n’est pas en reste. Je dois commencer par dire que je trouve Syndrome and a century plus impressionnant techniquement. La photographie est plus belle, la lumière plus éblouissante, tranchante, les mouvements de caméra plus nombreux. Ici, on oscille entre caméra fixe (j’y reviendrai) et portée à l’épaule (de la meilleure manière qui soit, dans ce genre). Je regrette qu’il n’y ait pas plus de travellings et de zoom (comme celui sur la voiture, splendide). La fixité est digne d’une Tsai Ming-liang. Mais là où Tsaï excelle dans sa mise en scène figée, encrée dans un cadre, un tableau où s’harmonisent les différents éléments nécessaires à la composition de l’image, Weerasethakul parvient à trouver une justesse hors du commun à la durée de ses plans grâce à l’utilisation des dialogues (presque inexistant chez Tsaï). En ce sens, je trouve cela plus noble car moins travaillé, plus naturel, presque inné, vrai (mais un peu moins beau, avouons-le). Il est rare que l’absence de musique ne me gène, mais cela n’a pas été le cas ici. La seule musique (si ma mémoire est bonne) est celle que l’on entend dans le générique, lequel apparait au bout de 45 minutes. J’ai trouvé ce procédé génial.
Bref, j’ai beaucoup aimé ce film, même s’il lui manque une pointe de maîtrise pour atteindre mon top 10. Je pondère aussi un peu en précisant l’inégalité du scénario. Je me suis évidemment attardé sur les plans qui m’ont vraiment profondément saisi, mais il y a aussi certains moments où je me suis ennuyé. En tout cas si Weerasethakul nous pond un Blissfully yours avec un petit peu moins de baisses de rythme et une technique proche de celle de Syndrome and a century, je connais un Hongrois qui pourrait commencer à s’inquiéter. En attendant, j’ai bien envie de me revoir Tropical malady et syndrome and a century.
J'aurais pu relire et corriger les fautes avant quand même ![]()
Je pensais aussi à Tarr justement, en me disant que la différence - entre autres - entre Api et lui, c'était que Weerasethakul n'en faisait pas des tonnes pour rien. Pas de fioritures chez lui, et c'est tant mieux.
Et les dessins sur l'écran, j'adore l'idée.
J'allais discuter tranquillement mais en fait je vais vous laisser régler le futur clash à venir et je reviens juste après. ![]()
Non mais j'ai raison, comme d'hab'
![]()
-Monsieur Tarr, là on va filmer la scène où le mec va prendre un verre d'eau posée sur la table.
-Ok alors tu me fais un travelling qui s'arrête sur le verre d'eau pour qu'on voie à travers, ensuite un pano vers le frigo, re-pano vers le verre, travelling qui fait le tour du verre, tout en inclinant la caméra à 62 degrés. C'est bon ?
Cool je gagne plein des points pour les paris ![]()
En tout cas le film est très bon, que ce soit techniquement comme au niveau de la direction d'acteurs (pour ce que j'ai vu évidemment). Mais la première heure ne m'a simplement pas parlé du tout, malgré tous les efforts du monde, toute ma bonne volonté. Mais c'est un film que je recommanderais de voir malgré tout. ![]()
Sinon je pense que tu devrais quand même aimer ( du moins préférer ) Tropical Malady ![]()
non mais tropical malady j'ai fais autre chose pendant le film
contrairement à blissfully yours, tellement j'en pouvais plus… Je serai surpris que DTL l'aime plus.
Bah c'est malickien là.
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Nan mais pour une fois qu'on est d'accord on va pas parler d'un film sur lequel on n'est pas d'accord
Le naturel qui se dégage de ce film est de toute façon propre à Joe (son vrai surnom c'est Joe, pas Api
) et on ne le retrouve nulle part ailleurs (même si, comme je l'ai écrit, il y a des similitudes avec Tsai Ming-liang).
PS : je crois que c'est l'austérité des films de Tarr qui te donne l'impression que c'est aussi "lourd".
PS2 : Dans Into the wild aussi il y a des dessins à l'écran, enfin des écritues ![]()