Mon premier film du réalisateur, et ce fut pas mal.
Dès le départ AW surprend le spectateur en laissant planer le doute autour des personnages et de leurs relations. Le jeune homme que l'on voit au début, par exemple, est-il un peu attardé ? Muet ? Fait-il semblant de l'être ? Pourquoi ? Le film va donner des informations au spectateur petit à petit, sans en avoir l'air. On est donc scotché à l'image, à l'affût de n'importe quel indice pouvant nous expliquer de quoi il en retourne. Et donc, malgré le rythme très lent, on est attentif aux moindres gestes qui ont lieu dans le cadre et on peut s'imprègner complètement de l'atmosphère chaude et moite de la Thaïlande.
Une fois ce mystère (plus ou moins) résolu, le générique d'ouverture peut se lancer, après 45 minutes de film, avec une musique légère qui contraste complètement avec l'austérité de la mise en scène. On entre alors dans la jungle, le royaume d'AW, qui est montrée de manière merveilleuse (pas seulement au niveau de l'image, mais aussi et peut-être surtout, au niveau du son), une jungle imposante mais accueillante. Blissfuly Yours abandonne alors toute forme de narration, devient assez contemplatif, très charnel, d'un érotisme singulier, troublant et cru mais jamais vulgaire, et hanté par la peur de la maladie et donc de la mort.
Apichatpong Weerasethakul, un cinéaste prometteur 