http://fr.wikipedia.org/wiki/Barton_Fink
"Barton Fink est un auteur de pièces de théâtre tourmenté, depuis peu encensé par la critique à New York. Son agent le pousse à tenter sa chance à Hollywood comme scénariste sous contrat pour un studio. Les épreuves s'accumulent : hôtel miteux, manque d'inspiration, un patron exubérant, une idole alcoolique, un voisin encombrant..."
Le meilleur film des frères Coen pour moi avec The Barber, et peut-être leur moins accessible.
Apparemment la seule oeuvre à avoir reçu à l'unanimité la palme d'or lors du festival de Cannes... ![]()
Ah tiens y'avait pas de topic sur Barton Fink... T'as bien fait de réparé cette faute. Mais pour moi le meilleur des Coen reste de loin Fargo.
Barton Fink vient juste après, et l'ambiance très sombre y est pour beaucoup, avec notamment des séquences dans l'hôtel assez flippantes, et une bonne représentation de l'âge d'or des studios hollywoodien et du métier de scénariste (faut voir la dégaine du producteur!). Et puis Goodman y est aussi good que dans Lebowsky, voire meilleur.
En fait si je devais faire un classement des films des Coen Bros:
1. Fargo
2. Barton Fink
3. The Big Lebowsky
4. Blood Simple
5. The Barber
6. Miller's Crossing
7. O'Brother
8. Intolérable Cruauté
... et hors classement: Le grand saut (que je trouve vraiment nullissime), Raising Arizona et No country for old men (que je n'ai pas encore vus).
Mdr Aphex je suis exactement dans ton cas.Le grand saut est indigne des Coen.Mais mon classement diffère:
-The Big Lebowski
-O'Brother
-The Barber
-Intolérable Cruauté
-Fargo
-Miller's Crossing
-Ladykillers(tu l'as oublié!)
-Barton Fink
-Blood Simple,pas trop aimé non plus.
J'ai analysé une séquence de Barton Fink, c'est vraiment très riche. Il faut bien écouter ce film, même s'il parle plus de littérature si j'ai tout compris.
J'en ai vu très peu et Je ne sais ds quel ordre les classer :
-Ladykillers
-O'brothers
-Intolérable cruauté
-The big Lebowski
Ah oui tiens Ladykillers... Je l'avais bien oublié celui-là:
J'avais d'ailleurs pas tellement aimé. L'original doit être qui plus est bien meilleur (rien que pour Alec Guiness et Peter Cushing)
Ouais, disons que t'as vu la face "gentille" des Coen !
C'est vrai qu'il y a deux pôles. Tu as Blood Simple, The Barber, Fargo, No country, (d'autres que j'ai pas vu) d'un côté et de l'autre Intolérable cruauté, Ladykillers, etc., avec au milieu, en électron libre, Lebowski.
Disons sans simplifier que c'est une de leur facette que j'aime le moins. A noter qu'on peut pas non plus ranger tel film dans les films "gentils" et tel films dans les films plus violents/sombres. O' Brother par exemple est vraiment à mi-chemin, comme Lebowsky d'ailleurs. Après c'est sûr qu'un Fargo ne s'appréhende pas comme un Intolérable Cruauté, pour prendre les deux exemples opposés.
Ladykillers non plus, d'après mes souvenirs, n'est pas un film "gentil": y'a autant d'humour noir que dans les autres, mais c'est fait avec moins de conviction (projet moins personnel?)...
Je pensais à comédie en disant "gentille", parce que les comédies sont généralement gentilles. Sauf certaines des Coen justement et c'est là que s'échappe Lebowski par exemple.
T'as analysé quelle scène?
Parce que moi j'ai analysé celle où Turturro et la fille sont dans la chambre,avec le lavabo et tout.
Celle où le gars est dans la chambre à taper à la machine et il entend son voisin faire des bruits étranges et se déplacer. Je crois qu'on frappe à sa porte, qu'il ouvre et qu'il n'y a personne. Il regarde dans le couloir et on entend une sorte de sifflement.
OH MY GAWD !!!
J'ai regarder ce film deux fois en une semaine, et je pense que c'est bien parti pour une troisième tant je suis un fan inconditionnel (et oui, déjà) de ce film monumental !!
J'ai déjà lu 4 analyses françaises et anglaises (et pas des petites), c'est incroyable le nombre de différents niveaux de lectures, la cohérence absolue des symboles et des mythes qu'il véhicule, la mise en scène et les acteurs parfaits, un impact visuel et psychologique énorme... Enfin bref un chef d'œuvre absolu et mon film culte.
J'adore par ailleurs les Coens, j'avais déjà vu Fargo, No coutry for old men, The big lebowski et Blood simple avant celui la, mais franchement Barton Fink surpasse tout !!
Bref, je suis amoureux.
Aucun détail ou bout de dialogue n'est anodin ou laissé au hasard dans ce film... c'est assez impressionnant. ![]()
Les couleurs sont belles qui plus est.
Un bon film mais rien d'extraordinaire. Le fait que j'étais crevé lors du visionnage de la pelicula est peut-être à prendre en compte. J'ai quand même adoré la prestation de Turturro et Goodman.
Bref faut que je le revois !
Enorme ce film.
Ah tiens j'avais fait un classement, mais j'ai envie de rectifier un peu tout ça, maintenant que j'ai vu tous les films des Coen (ouais c'est super égocentrique hmmm):
1. Fargo 6/6
2. Barton Fink 6/6
3. No Country for old Men 5,5/6
4. The Big Lebowsky 5/6
5. The Barber 5/6
6. Blood Simple 4,5/6
7. Raising Arizona 4/6
8. Miller's Crossing 4/6
(jusque-là j'aime, et beaucoup, après moins)
9. O'Brother 3/6
10. Intolérable Cruauté 3/6
11. Ladykillers 2,5/6
12. Le grand saut. 1/6
Une longue critique que j'avais poster sur un blog il y a quelques temps, mais il a été supprimer donc je m'en va la poster ici:
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ATTENTION MESDAMES ET MESSIEURS : CHEF D'OEUVRE ABSOLU ET DEFINITIF.
Alors avant de me masturber sur ce film comme je le fais dès qu'une personne a la mauvaise idée de me demander mon film préféré, je vais commencer par du pur fait historique :
En 1989, alors que les frères Coen souffrent du syndrome de la page blanche lors de l'écriture de leur troisième film, Miller's Crossing ils décident de commencer un autre scénario pour les aider. Celui-ci narre les mésaventures d'un jeune dramaturge, Barton Fink, au début des années 40 qui doit se rendre à Hollywood pour écrire un scénario. Au fur et à mesure que l'auteur cherche désespérément l'inspiration, il fera face à des personnages, des lieus et des situations tous aussi bizarre les uns que les autres autres.
En 1991 le film est réalisé par les mêmes Frères Coen avec John Turturro et John Goodman dans les rôles-titres.
Au festival de Cannes 91 le film casse tout sur son passage et marque l'histoire du festival en étant le seul film à avoir gagné à l'unanimité les trois prix principaux, c’est-à-dire, palme d'or du meilleur film, meilleur acteur et meilleur (s) réalisateur (s).
Okay?
Alors une fois la fin du générique de ce film, et qu'on a eu le temps de faire remonter la ligne de bave de 30 centimètres qui coule de nos lèvres la première question qui vient à l'esprit est :
"Comment?"
Comment deux jeunes cinéastes peuvent faire un film d'une telle richesse, maîtrise et perfection baignant dans une cohérence absolue alors qu'ils écrivaient un autre film en même temps ?
Car Barton Fink n'est pas un petit film que l'on aime car il est fun, émouvant ou ingénieux (même si il est toutes ces choses bien sur), et que l'on oublie une petite heure après la diffusion, non, Barton Fink est un film qui attaque votre cerveau, qui s'y accroche, et reste la pendant une semaine vous rendant incapable de penser à autre chose, puis il reste dans un coin de votre tête à tout jamais, et au moindre moment ou vous y repensez, même qu'a une seule scène, vous êtes inondé de questions, de réflexions et sens...
Barton Fink est un film cérébral, ou tout, du simple mouvement de caméra, à une phrase de dialogue, à la position d'un personnage ou d'un enchaînement de plans bien étudiés baigne dans un sens, une symbolique d'une cohérence absolue qui paraît être au-dessus de l'entendement de notre petit cortex cérébral. Mais ce sens si abstrait à la force d'être universel, pas dans le sens qu'il s'applique à tous, mais plutôt que tout s'applique à lui, comprenez par là que toutes les interprétations du film sont bonnes.En parcourant le net et en discutant j'ai lu des personnes voyant Barton Fink comme étant une critique de l'industrie hollywoodienne, comme une parodie du mono mythe de Joseph Campbell, comme une définition de l'art d'après les travaux de Nietzsche, comme un trajet psychanalytique, comme une vision de l'humanité, la confrontation de deux diègeses, une allégorie de la montée du nazisme, la place de l’intellectuel dans la société, une recherche sur les bases de la créativité etc...
Dès que l'on pense avoir répondu à l'une des questions que l'on se posait sur un passage, une quinzaine de nouvelles questions se posent grâce à la mise en scène, le jeu des acteurs, les décors ou les dialogues et surtout une symbolique de choses simples (une carte postale, une boîte) qui est fortement présente sans jamais être outrancière comme dans Lemming ou Donnie Darko.
En plus de cet aspect presque métaphysique du film qui m'est, comme vous l'aurez remarquer, fortement difficile de décrire, le film ne tombe pas dans le piège d'autres oeuvres mentales et philosophiques ou les qualités du film ne tournaient que autour de ce sens et de son interprétation tels 2001; L'odyssée De L'espace de Kubrick ou même au théâtre comme En Attendant Godot de Beckett, non, Barton Fink, en plus d'être l'un des films les plus profond, complexe et riche en sens est également une oeuvre divertissante, marrante, touchante et pas chiante pour un sou, grâce à un mélange subtil de cinéma d’auteur.
Tous les personnages sont parfaitement caractérisés et sont vraiment profonds psychologiquement, tel Barton qui doit faire face à ses certitudes et sa vanité intellectuelle lorsqu'il se retrouve au contact du type d'homme sur lequel il croit tout connaitre, ils peuvent aussi être carrément décalés et caricaturaux, entre le célèbre écrivain alcolo qui bat sa femme, le directeur d'une firme hollywoodienne complètement excentrique qui embrasse les pieds de ses auteurs pour montrer son respect alors que tout ce qu'il veut est le profit des films, ou alors mystérieux et impénétrables, comme ce Charlie vendeur d'assurance ou la femme battue mais qui aime son mari plus que tout...
Le scénario pourrait être cru tortueux pour un film de ce genre , et il l'est peut-être à la fin, mais sinon il se tient parfaitement et est largement supérieur à la moyenne. On ne s'ennuie pas une seconde et l’on reste toujours tenu en haleine, la compassion pour le personnage principal étant tellement bien étudié pour que l'on s'attache à lui tout laissant une certaine distance pour qu on puisse quand même le questionner.
L'humour reste omniprésent, surtout grâce aux personnages loufoques qui contrastent tous avec la personnalité réservée et timide de Barton.
Bref, même sans cet aspect cérébral décrit plus haut, le film se suffit à lui-même et permet quand même de passer un bon moment.
Et finalement non content de nous donner un excellent divertissement et un sens d'une richesse et cohérence dingue, les frères Coen nous livrent aussi une pure oeuvre cinématographique.
Techniquement le film est parfait, la mise en scène est pleine de sens, inventive, et parfaitement étudié, les plans sont d'une beauté magnifique et s'accordent parfaitement avec d'excellents mouvements de caméras (cette scène fabuleuse où Barton est presque allongé sur son siège et que par un mouvement de caméra, le personnage donne l'impression de se redresser, de tomber et de voler, le tout en même temps et sans bouger d'un poil)
Les acteurs sont tous excellents, notamment John Turturro qui traduit parfaitement la frustration, les angoisses et le cloisonnement à la fois physique et psychologique de son personnage en un regard.
Les décors correspondent parfaitement à l'univers du film, surtout cette chambre d'hôtel toute bête mais ou toute l'intrigue se développe.
Et bien sûr comme dans tous les films des frères Coen une approche en trois temps qui reste toujours parfaitement recherché pour s'accorder à l'oeuvre. À savoir la réflexion sur le cinéma et ses mythes qui se propagent dans la réalité, les êtres humains qui sont conditionnés par ces codes et ces pressions et qui veulent en sortir sans jamais réussir et enfin un renouvellement des codes du cinéma classique afin d'en montrer un réel post-modernisme.
Le tout qui défie tout classification due à cette même richesse thématique et stylistique.
Bref, un film qui excelle toujours à trois niveaux, en temps que divertissement, que d'oeuvre cinématographique recherché et d'oeuvre mentale portant un sens mystérieux qui n'a aucune interprétation arrêté mais qui en même temps est ouvert à toutes les analyses et permet, même à une personne qui n'y connaît pas grand chose au cinéma de réfléchir au sens de l'oeuvre et par la même se poser des questions existentielles, mais les bonnes questions, choses auxquelles les Coen ne donnent bien évidemment, aucune réponse...