- MatchouPitchou Voir le profil de MatchouPitchou
- Posté le 01 février 2009 à 12:07:14 Avertir un modérateur
- Tiens j'ai cru à un topic sur Tinto Brass. Pas beaucoup d'érotisme sur ce forum ^^ tant pis.
HS à venir.
Je me disais justement tout à l'heure, avant de regarder Une vraie jeune fille de Catherine Breillat, que la France (et globalement l'Europe) a un gros retard sur les USA et le Japon en ce qui concerne le cinéma érotique.
Chez nous, le cinéma érotique est rattaché aux nanards qui passent après minuit et qui sont interdits aux moins de 16 ans. Des films que l'on regarde quand on n'a pas la possibilité de mater du X, quoi. Bref, un film sans qualités. Après, on connait quelques exceptions, mais qui sont toujours contestés : Catherine Breillat (nan mais une femme qui montre du sexe...), Pier Paolo Pasolini (c'est bien connu, Salo n'est qu'un film de cul), Luis Bunuel (Luis qui ? Et encore faut-il admettre que ses films ont bien une charge érotique immense) etc. Les films érotiques sont rattachés à la médiocrité. Sinon, se sont des films de qualité, mais qui ont un côté racoleur, exhibitionniste, qui cherchent à choquer.
Aux USA, même si leur puritanisme est sans commune mesure avec la notre, certains courants d'exploitation/érotisme ne sont pas décriés. Des Doris Wishman et autres Joseph Sarno possèdent bien leur mouvement de Sexploitation (comme la Blaxploitation, mais pour le sexe). Je ne dis pas qu'on va voir leurs films comme n'importe quel autre, mais de tout même, ils ont un courant à eux, une étiquette par si négative que cela. Une œuvre, quoi, ce qu'on ne dirait jamais ici pour des films érotiques.
Et puis le Japon, évidemment, inégalable. On connait relativement bien L'empire des sens et L'empire de la passion de Nagisa Oshima dans nos contrées. Mais le cinéma érotique Japonais est d'une richesse sans commune mesure, découpé en plusieurs genres (pinku-eiga, roman porno, eroguro etc...) que l'on peut qualifier, à mon avis, de majeurs. Il y en a vraiment pour tous les goûts, à toutes les sauces (d'ailleurs croyez-moi, parfois...). Je trouve que, globalement, le cinéma Japonais à une capacité à intégrer l'érotisme, même le sexe, bien supérieure à la notre. Capacité probablement héritée des autres Arts (quand L'origine du monde de Courbet reste quelque chose de très délicat chez nous, Utamaro connait un grand succès grâce à ses estampes pornographiques depuis des siècles). Je ne parle même pas d'un maître comme Koji Wakamatsu qui s'est construit une renommée internationale en plaçant, depuis des décennies, le sexe et la violence au cœur des ses films, comme processus de dénonciation de la société. Et je ne commencerai pas la longue liste des réalisateurs qui ont pu percer dans le métier, emmagasiner de l'expérience grâce à des débuts dans le cinéma érotique (citons tout de même Kyoshi Kurosawa).
Sinon, je pense que je le regarderai ce film, Paprika, un jour...