voici un petit résume du weekend rouge cas passer ferrari dans le rouge
F1 - GP d'Australie - Ferrari dans le rouge
Arrivée à Melbourne d'un pas décidé, la Scuderia en est repartie sur la pointe des pieds. A défaut de trophée, elle s'est envolée pour Sepang avec un minuscule point et beaucoup d'incompréhension. Fragilité du moteur et de son environnement, pilotes étonnamment fébriles, mauvaise appréhension des nouvelles règles, monoplace sans relief en mode qualifs... Tout s'est lié pour donner l'impression que Ferrari «devra de nouveau tenter de démarrer la saison en Malaisie» dès dimanche prochain, comme le dit Felipe Massa. Retour sur trois jours imprévisibles.
VENDREDI
La première séance d'essais libres confirme ce que tout le monde pressentait ou espérait : une Ferrari (Räikkönen) devance une McLaren (Hamilton), une Ferrari (Massa) et encore une McLaren (Kovalainen). L'avantage est côté italien mais avec moins de sept dixièmes entre les quatre monoplaces. Retournement de situation l'après-midi : Lewis Hamilton gagne près de quatre dixièmes sur son meilleur temps quand Räikkönen, sixième, perd 1"747, avec juste le prestige de garder le chrono n°1 du jour en 1'26"461. Leurs coéquipiers se regroupent dans l'intervalle, séparés par trois millièmes en 1'27"64. L'idée bruisse que les Ferrari ne sont pas capables de pousser leur avantage sur un tour lancé. «Je n'étais pas très content quand que la (deuxième) séance a débuté, lâche alors Räikkönen. Ce matin, nous avons trouvé les bons réglages mais dans l'après-midi, nous avons souffert et nos temps l'ont reflété. Nous devons regarder attentivement les données pour trouver comment améliorer la voiture.»
SAMEDI
L'usage intensif de la télémétrie ne remédie pas au problème. Alors que les BMW sont les premières à descendre en dessous de 1'26" lors de la troisième séance d'essais libres, Kimi Räikkönen ne signe que le 14e temps. Comme Massa, il est désormais incapable de descendre en dessous de 1'27". Mais comme Hamilton et Kovalainen ne font pas mieux, la raison peut sembler tactique. Patatras : Räikkönen est stoppé par un problème de pompe à essence au bout de trois tours lors de la première des trois phases de qualification (Q1). Un simple ravitaillement peut résoudre la défaillance, estiment les ingénieurs, mais poussé par les commissaires, le champion du monde ne peut prendre part à Q2. «Je suis clairement déçu, soupire-t-il. Ce genre de choses arrivent mais ce n'est assurément pas le meilleur moyen de débuter la saison.» Dans ce contexte, la quatrième place de Massa à moins de cinq dixièmes d'Hamilton, poleman en 1'26"714, ressembe à un pis-aller. «Quand j'ai voulu faire mon dernier essai, je suis tombé dans le trafic, avec beaucoup de voitures très lentes, sans pouvoir mettre les pneus à température. C'est une honte parce que je pense que sans ça, j'aurais pu jouer la pole», regrette le Brésilien. Le changement de format de Q3 (10 minutes au lieu de 15) ne semble pas avoir été digéré par le staff.
DIMANCHE
Partir de la 15e position est un sacré handicap pour Räikkönen puisque le nouveau réglement technique, avec la suppression de l'antipatinage, fait du coeur de la grille un panier de crabes. Pourtant, le Finlandais évite les chocs (cinq abandons dans le premier tour), mais pas Massa, qui part en glissade et se retrouve englué. En repoussant son premier ravitaillement, Räikkönen se hisse bien à la troisième place mais il rate bêtement un dépassement. La fin de l'aide au freinage n'y serait pour rien, signe d'une fébrilité. «J'ai été un peu optimiste», concède-t-il. Une erreur de débutant pour un champion du monde ! «Un problème de moteur qui doit encore être analysé» provoque ensuite son abandon, alors que Massa a déjà quitté la course, après avoir, entre autres, percuté Coulthard, là encore sur un dépassement un peu naïf. «C'est un début de saison horrible, déclare le Brésilien. On a eu des problèmes de moteurs qui sont inhabituels pour une équipe comme nous. Nous savons que nous avons une bonne voiture, nous devons travailler pour être capable de l'utiliser comme prévu.» Le point de la huitième place gagné sur tapis vert (Barrichello disqualifié) par Raïkkönen devient un «mieux que rien» pathétique, sachant que le Finlandais estime que Ferrari est «capable de remonter des situations pires que celles-ci.» X.C.