Une semaine après le bide de Melbourne, Ferrari va disputer le Grand Prix de Malaisie avec la ferme intention de ne pas passer au travers une nouvelle fois, et éviter ainsi de se laisser davantage distancer au classement constructeurs dès l'entame de la saison. Mais les conditions annoncées, avec orage et pluies, pourraient compromettre les plans de la Scuderia. La course devrait être indécise.
Un point reste toujours bon à prendre, mais peut avoir un goût amer. Ce fut le cas à Melbourne pour Ferrari, qui avait pris un "point raccroc" par le biais de Kimi Raïkkönen. «Le week-end dernier a été très frustrant pour nous, personne dans l'équipe ne s'attendait à un tel résultat, raconte Felipe Massa (Photo L'Equipe, à Melbourne). Aujourd'hui on a compris les problèmes qu'on avait rencontrés et j'espère qu'on va cette fois connaître un bon week-end. C'est comme si on ne commençait le championnat qu'à partir de maintenant». La Scuderia ne pourra pas se permettre un nouveau raté. Parce qu'elle a un titre à défendre, et parce que son ambition le lui interdit. Sauf que ses plans, comme ceux des autres écuries, devraient être perturbés par un invité capricieux : la météo.
Des orages sont en effet annoncés tous les après-midi en cette fin de semaine, dimanche inclus. Une donnée d'autant plus gênante que l'hécatombe de Melbourne, premier GP avec les nouvelles règles sur les assistances électroniques, a montré combien il était difficile de rester sur la piste sans antipatinage ni frein-moteur. Kimi Raïkkönen, l'autre pilote Ferrari, résume la situation : «Sur le mouillé les choses sont très différentes d'une piste à l'autre. Certaines conservent un bon grip, d'autres non. Mais c'est vrai que s'il pleut, spécialement avec les grosses pluies qu'on voit ici, ce sera un problème», estime le champion du monde. Il n'est bien sûr pas le seul de cet avis. Sébastien Bourdais, qui a empoché ses deux premiers points en F1, ne doit pas forcément se réjouir de ce bâptème du "feu".
Des conditions extrêmes?
Vainqueur l'an dernier sur une piste sèche, Fernando Alonso (Renault), même s'il estime ne pas pouvoir lutter pour la tête de course, «espère qu'il ne va pas pleuvoir». «J'aime ce circuit, affirme l'Espagnol, mais s'il pleut ce sera très difficile avec les nouvelles règles. Sans antipatinage il y a beaucoup d'aquaplaning. Dans ce cas là on essaiera de garder la voiture sur la piste et on verra ce qui se passera». Tout pourrait alors arriver et, pourquoi pas, profiter à Nick Heidfeld (BMW Sauber), qui se verrait bien jouer encore les trouble-fête après son podium (2e) à Melbourne. «C'est vrai que cet hiver pendant les essais sur le mouillé on a vu plus d'erreurs que d'habitude, raconte l'Allemand. Moi j'aimerais beaucoup une course sur le mouillé, à condition que ça ne devienne pas une course folle comme on le voit parfois».
Une course folle, crainte qui rend Heidfeld un tout petit peu indécis, quand même : «Notre voiture est bonne sur le sec et on peut ramener de gros points. Et puis les trois dernières courses que j'ai disputées sous la pluie ont été décevantes pour moi...». Lewis Hamilton ne se pose pas autant de questions. Fidèle à lui-même, le Britannique se méfie de Ferrari mais avance serein. Deuxième à Sepang en 2007 et vainqueur en Australie, il veut réaliser «un autre bon résultat. On ne peut rien faire sur les voitures entre l'Australie et la Malaisie, il y a trop peu de temps entre ces deux courses, mais on va encore pousser pour être devant». (