Assez mitigé sur ce GTA V, qui bénéficie pourtant de toutes les forces de la série. Mais aussi de grosses lourdeurs.
Commençons par les points positifs, et en premier lieu l'ambiance du jeu. On retrouve une Los Santos qui a bien évoluée depuis la PS2, beaucoup plus grande et dense (on s'y perd facilement) tout en gardant pas mal de lieux iconiques. Ce n'est pas tout à fait la même qu'avant, on s'en aperçoit via les gangs (seuls les Ballas y jouent un petit rôle) mais on prend plaisir à le redécouvrir sous un autre jour. Le reste de la map se retrouve amputé de Las Venturas et San Fierro, mais avec les grandes étendues désertiques, les quelques bleds paumés et les massifs il y a largement de quoi faire.
Les réactions des piétons et autres pnj sont toujours plus soignées, tout comme la bande son -avec un bémol cependant, les radios de ce GTA V sont un peu en dessous des précédentes à mon goût.
Question jouabilité, pas grand chose à redire. Si les persos et véhicules sont parfois lourds à déplacer et qu'on se retrouve parfois bloqué, ou qu'on se cogne dans un mur sans raison apparente, l'ergonomie ne souffre par contre d'aucun gros point faible. Contrairement aux précédents opus, on n'est jamais à court de munitions et d'armes, ce qui fait beaucoup pour le plaisir de jeu (par contre pour le réalisme on repassera). Mais globalement la conduite est un plaisir, les gunfights pas trop frustrants pour la plupart et c'est le principal.
Là où je suis moins fan, c'est au niveau du casting. Choisir de faire cohabiter 3 personnages, pourquoi pas, et c'est plutôt bien fait, mais encore faut-il qu'ils soient placés sur un plan d'égalité. Et si Michael et Trévor ont été vraiment soignés, ce n'est pas le cas de Franklin.
Dans le cas du premier, on contrôle un chef de famille qui se débat entre sa famille justement, dont les représentants sont tous caricaturaux de l’Amérique d'aujourd'hui (dans le sens caricature grasse si chère à la série) mais avec des dialogues et situations savoureux; et d'autre part son lourd passé de truand qui le rattrape et l'oblige à consulter un psy avec là encore sa part de lol.
Le second, Trévor, est un gros Redneck représentant les envies du joueur: colérique, n'hésite pas à tuer quelqu'un dont la tête ne lui revient pas, c'est ici les réactions du personnage qui sont soignées plus que son background. Comme les autres persos, on peut régulièrement le voir dans des situations loufoques très marrantes.
En revanche, quand on regarde Franklin, on ne peut qu'y voir un sous-Carl Johnson. Il a sensiblement le même profil que le précédent héros (allant jusqu'à vivre quasiment dans le même quartier), à ceci près que CJ avait, lui, de véritable raisons de faire ce qu'il faisait. Alors que Franklin passe directement de petit délinquant voleur de voiture à tueur de masse, qui fait exploser un hélico d'une multinationale avec un bazooka. Pour quoi finalement, gagner de l'argent et... Ben rien, il répète à longueur de temps qu'il veut changer de vie mais s'obsitine à se mettre dans la merde juste pour le pognon. Et pourtant c'est un perso sensé attirer l'empathie du joueur. Mais son background est inexistant, on ne voit que sa tante dans les premières heures de jeu et parfois son "pote" qui le met dans la merde, mais ça ne justifie pas sa participation au jeu. Dommage, il aurait pu être mieux fait. Sa "technique spéciale" est en revanche la meilleure et plus utile du jeu, et facilite vraiment les poursuites en bagnole.
Au final, j'ai passé quelques bonnes heures sur ce GTA V sympa qui ne révolutionne pas la série, mais aussi d'autres qui tirent trop sur la corde pour être appréciées (à tel point que je l'ai mis en stand-by plusieurs mois). J'aurais encore beaucoup à faire si j'y reviens un jour, notamment le mode online et la recherche de tous les gadgets inutiles disséminés ça et là, mais je n'en vois pas vraiment l'utilité. Ou alors juste pour conduire une voiture rapide vers le soleil couchant en écoutant un bon rock, avec les "flics" au cul.