XIII se veut à la fois une adaptation réussie, mais aussi un vibrant hommage au monde de la BD. Ce qui frappe en premier en jouant au jeu, c'est le grand travail artistique au niveau de la réalisation graphique, qui utilise avec succès le cel-shading pour reproduire une esthétique et une ambiance de bande-dessiné. Le rendu est agréable et immersif, ça donne vraiment l'impression d'évoluer au sein d'une aventure racontée dans une BD, sentiment très renforcé par les éléments de narration sous forme de cases BD narrant une action importante ou des onomatopées pour illustrer des bruitages comme les bruits de pas. L'ingéniosité de ces éléments immersifs est que, en plus d'accentuer l'immersion, s'avèrent être des éléments utiles au gameplay, comme les bruits de pas qui indiquent la position de nos adversaires. L'ambiance néo-noir est accentué avec la bonne qualité des doublages, la narration de l'intrigue, et les musiques de fond jazzys sombres et lentes au piano qui accompagnent tout au long de l'aventure. En dehors de l'aspect esthétique, XIII propose aussi un solide gameplay FPS avec une prise en main très facile et efficace, tout se contrôle agréablement sans aucun soucis, je n'ai rien à lui reprocher sur ce point.
Pour l'intrigue solo, le jeu alterne constamment entre les phases de tirs bourrin et les phases d'infiltrations, et XIII réussi l'exploit de rendre les deux tout aussi intéressantes et jouissives l'une que l'autre. Les phases bourrins sont intenses, et impliquent d'utiliser convenablement les différents types d'armes selon la situation et de bien se couvrir, de grands moments de gunfights très plaisants à jouer. Les phases d'infiltrations ne cassent en aucun cas le rythme du jeu, au contraire elles servent de répit après tant d'action, et incite à réfléchir autrement en utilisant convenablement les recoins du décor, et l'arbalète ou autre objet à main pour étourdir les gardes. Ce que j'ai aimé c'est que si jamais un garde nous voit, on a souvent le temps de réagir et de l'empêcher d'utiliser l'alarme, là où d'autres jeux d'infiltration ne tolèrent aucune erreur. Il y a aussi différents gadgets que l'on sera amené à utiliser pour progresser, dont le plaisant grappin, et le jeu récompense l'exploration des lieux loin d'être de simples couloirs en cachant divers médikits, armes et autre munitions. Toute cette aventure se déroule dans une variété de décors exploitant bien la direction artistique, d'une ville new-yorkaise on fini par des décors de jungle mexicaine en passant par des montagnes neigeuses, entre autres. Une campagne solo en grande pompe pour un FPS console.
En parallèle à la campagne solo, le jeu propose un mode multijoueurs bien complet avec divers modes de jeu et une large panoplie de maps, contenu non négligeable du jeu. Et là vient ma seule grande déception du jeu, si le contenu multi est conséquent et intéressant, cette version PS2 n'est limité qu'à seulement deux joueurs en simultané, il n'y a aucune compatibilité avec le multitap et ça c'est vraiment très regrettable. Certes, on peut toujours jouer avec plusieurs bots en même temps que l'on peut configurer comme on veut, mais je pense que ce mode passe à côté de son plus grand intérêt, celui de pouvoir faire des parties de deathmatch ou de capture the flag à quatre joueurs, ce qui je n'en doute pas aurait donné des heures de rigolade.
XIII est l'un des plus grands FPS sur PS2 et de cette génération de consoles en général, sa direction artistique aboutie est un vibrant hommage à l'univers BD, sa prise en main est solide et accessible, son contenu conséquent avec un superbe campagne solo mêlant habilement action frénétique et infiltration, et un mode multijoueurs généreux. Il ne lui manque qu'une compatibilité avec le multitap pour le multi, et peut-être un gameplay un peu plus créatif et moins classique.