Un try & die bienveillant, comme quoi tout est possible en jeu vidéo. Cela se traduit par des messages d'aides, d'encouragements et même des options "d'assistance" que le joueur est libre d'utiliser comme bon lui semble (dash infini, invulnérabilité...). Rien à voir avec le sadisme absurde d'un Super Meat Boy. D'ailleurs Celeste offre une jouabilité bien meilleure, beaucoup plus précise (peut-être même trop).
Comme tous les jeux du genre ce titre possède son lot de passages à la difficulté intense. Le seul vrai problème, c'est la précision. Il faut jouer avec une manette permettant des contrôles très précis, car le jeu est intransigeant là-dessus. Je joue avec une manette de 360 en excellent état, et pourtant je ne compte plus le nombre de morts que je me suis payé pour toutes les fois où j'ai voulu aller à gauche ou à droite et je suis parti en diagonale faute d'avoir été assez précis. Le problème ne vient donc pas du jeu en lui-même, mais je tenais à témoigner de mon expérience sur ce point.
Le jeu propose un réel contenu: venir à bout de chaque écran, chaque level et de chaque niveau de difficulté demandera énormément de temps et de persévérance. Certains items sont également extrêmement bien cachés, bon courage pour tout trouver! On peut dénicher dans chaque level un item nommé "Face B" permettant de redécouvrir les niveaux avec un level design complétement différent...et 10 fois plus hardcore! Et si ça ne suffit pas, il y a également les Face C...
Le level design est de grande qualité, mais ce n'est pas ça qui impressionne le plus. Là où Celeste est incroyable, c'est dans la gestion de la difficulté. Le jeu est évidemment très dur, mais ne propose jamais de séquences ayant un goût "d'impossible", ou même de "centaines de morts avant que ça passe". C'est très dur à décrire car il faut y jouer pour le ressentir, mais c'est comme si le level-design lui-même nous encourageait à aller toujours plus de l'avant malgré le challenge. Ce titre se renouvelle sans arrêt et tout ce qu'il fait il le maitrise à la perfection. A chaque section réussie, le skill du joueur s'améliore de façon significative. Cette séquence qui semblait tellement dure la 1ère fois parait d'une facilité déconcertante à présent. Et venir à bout de cette ascension offre un immense sentiment de satisfaction, d'apaisement et d'agréable stupéfaction. Ça c'est du vrai jeu vidéo.
Ce titre ne manque pas de charme, avec son pixel-art bien maitrisé. On traverse des niveaux qui à première vue ne payent pas de mine, mais qui en réalité ont tous une personnalité (mention spéciale au 3ème, l'hôtel hanté). Ce soft se paye même le luxe d'un petit scénar vraiment intéressant traitant de la dépression engendrant la colère et le dégoût de soi-même ainsi que nombreuses autres émotions viles qui en découle. On contrôle une jeune fille nommée Madeline qui, au fur et à mesure de son ascension, va comprendre le mal qui la ronge et réussir à aller de l'avant. Là encore Celeste maitrise son sujet car le scénario évite intelligemment tous les écueils qu'un tel thème aurait pu amener, il reste libre d'interprétation et les quelques personnages qu'on croise et les dialogues qui en découlent sont tous intéressants. Le plus fort, c'est que level-design, narration et musique sont intimement liés dans Celeste: chaque séquence de jeu a du sens.
Allez, un mot pour parler de l'OST du jeu que je trouve exceptionnelle et c'est rien de le dire. Composée de petites musiques évolutives, au début on n'y fait pas vraiment attention. Mais plus on joue au jeu et plus les mélodies nous accrochent, jusqu'à s'imprégner en nous. Les musiques se fondent si bien avec ce qu'il y a à l'écran qu'elles transcendent le jeu. Souvent très calme en début de stage, la musique va peu à peu s'emballer et emporter le joueur dans un tourbillon. Citons la musique du fantasmagorique second niveau, "Revelations", celle du 3ème level, "Scattered and Lost", qui nous envoute peu à peu, ou "Reach for the summit" qui vous donne des ailes lors de l’ascension finale du sommet, tout simplement génial. Ou encore cette putain de musique épique de génie à la fin du niveau 6, "Confronting Myself ", ou comme l'indique le titre Madeline se confronte à elle-même dans une séquence mémorable.
Sous ces aspects de petit jeu indépendant pixelisé se cache un titre d'une qualité rare ou tout est maitrisé et parfaitement réalisé. Il ne faut pas avoir peur du challenge, car plus on joue à Celeste et plus le jeu nous récompense: outre de nombreux moments inoubliables, ce soft offre ce sentiment trop rare de fierté lorsqu'on réussit un passage hardcore avec la sensation d'être devenu un bien meilleur joueur, et où on réalise que tous nos précédents échecs sont étroitement liés au plaisir vidéo-ludique que l'on a ressenti, et celui à venir lors de notre réussite finale. Celeste est un jeu hors-du-commun.