Lancé en arcade le 20 février 1987 par Konami (déjà connu à l’époque pour de grands classique comme Track’n Field, Gradius, Castlevania puis Metal Gear à venir), Contra est le premier épisode d’une saga d’anthologie ayant popularisé le genre du run'n gun en side scrolling. Jouable à deux simultanément, il met en scène Lance et Bill, des mercenaires directement inspirés de Stallone et Schwarzenegger (notamment pour les films Rambo et Predator), devant en découdre avec une invasion alien à travers cinq niveaux, dont deux en fausse 3D où il faut détruire des éléments en visant le fond de l’écran, et un à la verticale parmi ceux en vue de côté. Censuré en Europe suite à une loi allemande alors qu’on n’y trouve pas la moindre goutte de sang, le jeu a été porté sous le nom de Gryzor sur micro-ordinateurs, et Probotector sur NES, remplaçant ainsi l'ensemble des mercenaires par des robots de combat afin d’amoindrir les rapports de violence. Mis à part deux niveaux dans la jungle et le repaire de l'alien, l'action se déroule dans un environnement essentiellement robotique.
Le level design a l’ingéniosité de proposer des plates-formes à différentes hauteurs, avec des tourelles qui peuvent nous viser de loin, de l’eau nous empêchant de sauter, pas mal de trous ainsi que de nombreux pièges comme de longues flammes sortant des murs, des pointes venant du plafond ainsi que des murs piqués qui apparaissent au dernier moment. La jouabilité est irréprochable et permet au joueur du tirer dans huit directions différentes ainsi qu’en s'allongeant sur le sol. En plus du tir de base, on a l’occasion de tomber sur des upgrades en détruisant des tourelles ou des capsules volantes qui traversent l'écran : un triple tir, un tir à cadence plus rapide où maintenir la touche suffit, un lance-flammes et un laser, plus lent mais très puissant. Avec seulement trois vies et trois continues, le jeu est très difficile tellement il y a d'impacts à éviter (même si on récupère d'autres vies de temps à autre avec des points), il demande une parfaite maîtrise du gameplay pour qui veut le terminer dans ces conditions. Une difficulté plus abordable existe cependant grâce au code légendaire de Konami (haut haut bas bas gauche droite gauche droite B A start à la sélection du menu principal), qui permet d'obtenir trente vies, sachant que même avec ça, c’est loin d’être gagné d’avance pour le termine sans utiliser de continue. Les niveaux en fausse 3D sont intéressants dans leur variation du gameplay et sont globalement plus difficiles que les autres car il faut être très précis dans la visée et dans l’esquive.
Comme dans tout bon run'n gun, chaque niveau se termine par un boss plus ou moins impressionnant, qui demande bien souvent d'être détruit à plusieurs endroits, qu’il s'agisse d'une machine géante ou d’une créature. Le boss final s’avère être un alien dont on détruit d'abord la tête avant d'avancer exterminer son cœur protégé par de petites bestioles à pattes, la référence au film de Ridley Scott devenant ainsi une évidence. La version NES a été recomposée en huit niveaux, les quatre derniers représentant les différentes partie de dernier de l'arcade, bien plus longs, plus difficiles car davantage axés plateforme et avec quelques modifications, notamment au niveau de boss. Le troisième comporte par exemple deux tentacules à la place des tourelles et la ligne de défense du milieu a été remplacée par des boules de feu crachées par l'alien et les tentacules, on affronte un petit vaisseau qui envoie des disques à la place du mastodonte au cinquième, et des tourelles au sol se trouvent au septième pour nous empêcher de détruire le haut de la porte menant à l'alien.
Graphiquement, le jeu fait honneur à la NES et ses superbes musiques renforcent son identité, notamment celle du premier niveau qui propose une véritable effervescence guerrière, sans oublier le petit jingle de satisfaction quand on termine un niveau, ou encore le bruitage du menu de pause, récurrent dans les jeux Konami comme le futur Tortues Ninja. Avec un tel dynamisme dans le gameplay et un level design ingénieux, Contra est vite devenue une série phare de la firme légendaire et un grand classique du run’n gun !