Le genre du FPS, aujourd'hui gage de popularité auprès de nombre de joueurs lorsque la qualité est au rendez-vous, peut se décliner en sous-types assez hétéroclites. Parmi eux, on trouve une déclinaison assez violente, nerveuse, qui se veut old-school dans son gameplay comme un doom le faisait (on strafe, on shoot, on récolte, mais on ne s'arrête jamais).
Shadow Warrior a été développé par les papas du (regretté) Duke Nukem 3D, et force est d'emblée de constater que le gameplay s'en ressent : nerveux, dynamique, vous alternerez des séquences de combat à la difficulté croissante avec des séquences plus tranquilles ou vous pourrez vous adonner à la chasse aux secrets en tout genre. En effet, ces derniers, en plus des points de karma que vous récolterez en fonction de vos performances en combat ainsi qu'auprès de sources disséminées dans les niveaux, vous permettront d'augmenter petit à petit vos compétences, ces dernières s'avérant nécessaires pour faire face à des ennemis de plus en plus belliqueux.
Une mention spéciale de gameplay est à faire concernant l'utilisation du katana. En effet, le jeu se veut (et on aime ça) très old school dans ses phases de shoot (préparez vous à mettre à mal vos touches ZSQD). Cependant, le CàC devient un élément indispensable à maitriser si l'on souhaite obtenir des scores de fins de séquences de combat tout à fait honorables (mieux, si on veut tout simplement survivre dans certains niveaux). A ce titre, le katana se manie de manière ultra jouissive et, surprise agréable, dispose de combos relativement nombreuses pour peu qu'on prenne un peu de temps à les maitriser et à débloquer les compétences mises à notre disposition.
En outre, Shadow Warrior est un jeu dont la technique n'est pas en reste : les niveaux épousent un design très intéressant (se balader dans le japon pour frager du démon, c'est sympa ouais). On pourrait peut être reprocher un level design moins riche que dans certains ténors du genre (mention spéciale à DK3D, ou encore à Painkiller). Toutefois, le jeu tourne sur des configurations tout à fait modestes, et deviendra très agréable à regarder si vous disposez d'une machine plus puissante. Il en est de même en matière de bande-son, l'alternance des sonorités rock et nippones se voulant de bon alloi.
Enfin, pendant votre aventure se calculant en à peu près 20h, ce qui est tout à fait honorable et qui tranche avec un moyenne assez pauvre en matière de durée de vie actuelle des FPS, vous découvrirez souvent avec un sourire en coin un nombre de références à la culture geek assez hallucinante : je ne citerais qu'en exemple la roue de feu sortant d'un camion calciné (Terminator 2), voire le "dark lapinou" qui pourrait être une petite mention au lapin de WoW qui était un vrai sac à pv.
Au final, quid? Et bien Shadow Warrior est une bonne surprise sur pas mal de points. Le héros, même si beaucoup plus sérieux qu'un Duke ou que "Serious Sam", restera assez déjanté pour vous décocher un sourire de temps en temps. S'il est assez inutile d'évoquer le scénario, ce dernier permet toutefois de bien amener les différentes séquences de gameplay que vous devrez affronter. Bien sûr, Shadow Warrior n'est pas exempt de défauts : les afficionados des graphismes pourront peut être trouver un peu d'aliasing par ci par là, et le gameplay ultra nerveux de ce dernier ne satisfera peut être pas tout le monde. Cependant, face au fiasco de DK Forever, face à une licence Painkiller qui tend à sombrer petit à petit dans l'oubli, on est content de voir que le genre n'est pas mort et que 3D Realms reste un développeur maitre dans le genre de FPS bourrin et bourré d'adrénaline.