Après le (très) décevant "The Cartel", la série des Call of Juarez revient avec un opus à nouveau centré sur le far west authentique. Ce "Gunslinger" n'arrive pas à détrôner son ainé "Bound in Blood", mais était-ce vraiment son intention ? Je ne pense pas. Il faut plutôt prendre "Gunslinger" comme un cadeau d'excuses après la gifle monumentale que les joueurs ont reçue avec "The Cartel". Nous avons ainsi dans ce jeu la preuve que l'ambiance far west est toujours aussi plaisante. (Doit-on d'ailleurs rappeler que le western est l'un des genres les plus sous-exploités parmi les jeux vidéo ?)
Tout d'abord, l'aspect graphique. Le Cell Shading donne ici un très beau rendu. (Avec ses qualités et ses défauts)
On aime ou on n'aimera pas. Personnellement, j'adhère. Ce choix est également un atout pour la narration, sur laquelle je reviendrai plus loin. Au final, quelques rares petits bugs (Cadavre ennemi à moitié coincé dans un mur à deux mètres de hauteur) et des textures parfois un peu baveuses, mais qui n'entachent en rien la qualité du jeu. (Graphique et générale)
Second point, la maniabilité. Le jeu se prend tout de suite en main, le tout est très typé arcade (Les ennemis ne sont finalement que des "cibles" sur lesquelles il faut tirer), mais le jeu est donc très nerveux et jouissif. Nous sommes tout de suite dans l'action, on défouraille, et c'est ça qui plait. Et que c'est bon de pouvoir manier des armes "à l'ancienne". Les fusillades au Colt, ou à la carabine, quel bonheur !
Le scénario, maintenant. Même si celui-ci reste très classique pour le genre, c'est d'abord la NARRATION qui fait mouche. Je n'ai quasiment jamais été autant dedans ! Nous avons affaire à notre héros qui raconte son histoire autour d'une table. Nous jouons donc ce que le personnage raconte, avec son lot de mécaniques très intéressantes : Décor qui change suite à une rectification du héros, action qui se met en pause lorsque l'un des personnage dans le saloon prend la parole, etc... Et le style graphique apporte quelque chose à tout ça. On a vraiment l'impression de lire une bande dessinée. Je vous entends penser "Lucky Luke" ? Et bien justement ! Nous avons d'ailleurs la chance de rencontrer au cours de l'histoire tout un tas de personnages intéressants, tels que les frères Dalton, Billy the Kid, et j'en passe.
J'en viens à aborder mon dernier point : La durée de vie. Alors oui, c'est ici que ça se gâte. (Bah oui, un jeu parfait, ça n'existe pas...) Comptez environ 5 ou 6 heures de jeu pour voir le bout du récit (Un peu moins si vous foncez comme un dératé). Le jeu comporte 3 niveaux de difficulté (Dont un, le mode "Authentique" qui ne se débloque qu'après avoir fini une première fois le jeu) et un New Game + (Qui permet de refaire le jeu en conservant les compétences obtenues lors de votre première partie, dispensable mais sympathique, le jeu étant vite répétitif.)
La rejouabilité se trouve surtout dans ces petites choses que vous trouverez çà et là au fil de chapitres, les "pépites de vérité". Ces objets à collectionner sont en fait des cartes qu'il est possible de consulter via le menu et qui vous en apprennent un peu plus sur les personnages ou les lieux tels qu'ils ont réellement existé dans le monde de la réalité véritable. Certains n'y porteront aucune attention (Ce qui serait dommage), d'autres referont les chapitres un à un afin de tous les trouver.
Vous pouvez enfin ajouter à tout cela un mode Arcade, qui propose des niveaux reprenant des morceaux du mode histoire, qu'il vous faudra compléter en une seule vie, avec un personnage de votre choix (3 à disposition, selon les armes que vous préférez), tout en faisant le plus de points possible. Enfin, vous trouverez un mode Duel qui vous mettra au défi de réussir à la suite toute une série de Duels avec un nombre de vie limité. Mode sympathique, mais qui ne vous retiendra pas très longtemps devant votre écran.
Pour conclure, je dirais que nous avons là un jeu de très bonne qualité et qui même si sa durée de vie n'est pas si longue que ça, reste un très bon investissement puisqu'il n'est vendu qu'une quinzaine d'euros. Quel dommage que l'éditeur n'ait pas osé miser plus sur ce jeu !