Autant aller droit au but : je n'ai jamais pleuré devant un film, une série, un livre ou un jeu vidéo. Je n'ai franchement pas la larme facile de manière générale. Devant To the moon, j'ai eu du mal à lire les textes vers la fin tant je ne pouvais m'empêcher de pleurer. De tout ce que j'ai pu expérimenter en matière d'art (car oui, par moments on peut évoquer le jeu vidéo en tant qu'art), To The Moon est probablement l'expérience qui m'ait le plus marqué.
D'une simplicité aberrante, conçu avec de modestes moyens et une équipe de développeurs se comptant sur les doigts de la main, ce jeu illustre avec brio qu'il est possible de créer quelque chose de merveilleux avec un peu de volonté et beaucoup d'imagination.
Adoptant volontairement le style graphique d'un RPG old-school, le jeu s'avère finalement plus proche d'un point 'n click au niveau du gameplay. Le challenge n'est pas bien grand, et même les énigmes pour débloquer la séquence mémoire suivante ne sont pas bien retorses. Cependant, on oublie vite cette facilité qui permet de laisser place à la fluidité du scénario, parfaitement mené, sans aucun bémol. Entre rires et chagrin, les répliques sont d'une excellence rare, nous plongeant dans la peau de ces deux scientifiques qui découvrent pas à pas la vie d'un vieillard mourant dont le rêve ultime est d'aller sur la lune. Le concept de mémento est original et diablement efficace. On s'attache très vite aux différents personnages, qui ne tombent jamais dans la caricature et sont d'une profondeur incroyable pour un simple paquet de pixels. L'ambiance musicale est parfaite, j'en remercie d'ailleurs chaleureusement Laura Shigihara, dont la voix est un diamant à l'état brut. C'est bien simple, la première chose que j'ai faite une fois le jeu terminé, fut de me ruer sur la bande originale, que je dévore encore volontiers comme des Madeleines de Proust. A chaque fois, sans exception, renaissent toutes les émotions apportées par le jeu. On peut donc dire que l'OST et l'expérience vidéoludique sont on ne peut plus habilement liées.
En guise de conclusion, je dirais que To The Moon est l'aboutissement le plus réussi de l'essor du jeu indépendant. Je suis cependant doublement triste. Triste pour son manque de succès, car il mérite largement d'être bien plus connu et apprécié des joueurs, d'entrer dans les mémoires et de s'inscrire comme un incontournable dans le background de l'historique du jeu vidéo. Triste également de voir que certains n'ont pas su l'apprécier à sa juste valeur, car ils ont perdu leur capacité à s'émerveiller devant les choses simples de la vie, qui sont pourtant les plus belles. Je leur souhaite de retrouver cela, car c'est le don le plus précieux de la vie, et la véritable clé du bonheur. C'est pour moi le message qu'a voulu faire passer Freebird en nous offrant ce cadeau d'une valeur inestimable.
Je fais un peu retomber la poésie en évoquant le prix. Certes, pour le prix, la durée de vie est faiblarde, mais l'on y revient avec ravissement, puis c'est une expérience qui reste marquée à tout jamais, et ça pour moi, ça n'a pas de prix. De plus, Steam fait régulièrement des promos très intéressantes sur le jeu, donc à la première occasion, si vous hésitez encore, foncez !