Obtenu avec le PC Game Pass.
Config : AMD Ryzen 5 3600, Nvidia RTX 2060 Super, 16Go DDR4 3200CL16, SSD NVMe.
Entre visual novel, dating sim et dungeon crawler, Persona 5 Royal s'étend sur une année scolaire de lycée. Sa structure est frustrante, puisque le nombre d'activités journalières est restreint, mais cette routine s'avère également addictive et propice à de courtes sessions.
Si l'écriture comporte une bonne part d'humour typique du JRPG, les thématiques de fond sont autrement plus matures, abordant le harcèlement, la maltraitance, la perte d'un être cher ou encore le suicide. L'intrigue est bien ficelée, riche en rebondissements, et chaque personnage s'y intègre à merveille. Cependant, l'ensemble est excessivement lent et verbeux.
La mise en scène statique n'aide pas, hormis quelques rares et courtes cinématiques précalculées dignes d'une série animée. Le rythme est inégal, s'effondrant durant la période des vacances et du voyage à Hawaï. Un nouveau trimestre a aussi été ajouté à cette version Royal, et le dernier acte s'éternise.
Parallèlement à cette narration surdéveloppée, certaines mécaniques de jeu restent obscures malgré l'avalanche de didacticiels déferlant sur le joueur durant les premières heures. Par exemple, je ne suis jamais parvenu à parfaitement maitriser la fusion de persona.
Les combats au tour par tour sont plaisants, suffisamment dynamiques et profonds, mais l'ergonomie fait défaut. L'utilisation d'objets est laborieuse, impossible de les classer par catégorie, et l'IU est un peu trop touffue.
Techniquement sommaire (Il s'agit à la base d'un jeu PS3), affublé de textures grossières et tailladé d'aliasing, Persona 5 Royal compense par une direction artistique d'une élégance folle, avec ses sept palais à forte identité visuelle et des menus hyper stylés ayant fait date.
Le choix est laissé entre doublages japonais et anglais, avec cette fois-ci des textes et sous-titres en français, absents du Persona 5 originel. Ils ne sont pas irréprochables, mais la somme de travail abattue est telle qu'il serait malvenu de pinailler.
Ma partie a duré environ 150h, en Normal et avec la bonne fin, en explorant le Mémento de fond en comble. J'en suis sorti avec un sentiment doux-amer, à la fois soulagé d'en finir et déchiré à l'idée de quitter les Voleurs Fantômes, si attachants. Un NG+ est toujours possible, mais je n'y reviendrai pas.
Positif :
+ scénario riche, aux multiples imbrications
+ bon équilibre de ton (thématiques matures, humour et légèreté)
+ personnages de marginaux attachants
+ palais variés, à identité forte
+ interface ultra stylée
+ musiques jazz-rock mémorables
+ textes en français
Négatif :
- structure frustrante
- narration ampoulée, dialogues superflus
- rythme inégal (trou narratif central)
- tire en longueur (nouveau trimestre, fin à tiroir)
- mécaniques de jeu complexes, jeu à wiki
- léger manque d'ergonomie (objets pendant combats)