J'avoue, il me reste beaucoup à voir sur ce street. Mais je souhaitais malgré tout faire un premier retour sur cet épisode qui se trimballe quand même un joli paquet de casseroles. Des casseroles que tout le monde fait semblant de ne pas voir, au point que je vais finir par trouver cela étrange...
Pour commencer, mettons de côté la DA immonde qui a le mérite de nous laisser tout le loisir d'imaginer ce qu'aurait pu être un street fait par ArcSys. La comparaison avec n'importe quel Guilty est très douloureuse. Et si le style anime ne vous plait pas, vous avez le choix : Mortal Kombat, Tekken, Soulcalibur, Samurai Shodown, les exemples ne manquent pas pour trouver des DA plus inspirées et/ou simplement moins craignos. Mention spéciale à Didier « JP » Raoult, le personnage le plus ringard que street ait produit.
Attaquons-nous au gros morceau de ce nouveau street : ce mode solo dont tout le monde parle. Et à ce niveau, laissez-moi vous dire qu'il a dû y avoir une amnésie collective depuis sa sortie, un trou noir ou une intervention divine car je ne vois aucune autre explication au fait que l'on ne cite pas les dizaines (oui, les dizaines) de mode solo de bien meilleure qualité existants dans d'autres jeux de baston. MK9, MK10, MK11, SoulCalibur 2, SoulCalibur 3, Guilty Gear Xrev2, Grand Blue, Blazblue, Persona Arena... même le solo débile de DBZ Fighterz est de meilleure qualité. Certains journalistes ont parlé d'un "Yakuza du pauvre qui aurait ingurgité Fortnite" mais c'est bien pire que cela car il faut aussi ajouter les combats aléatoires qui vous donne l'impression d'être sur une map SquareEnix, les items débiles, les costumes qui vous demandent de farmer sans relâche, les dialogues mal construits, les bugs d'affichages, les dimensions ridicules d'un soi-disant openworld, les missions secondaires sans la moindre once d'originalité, l’alternance jour/nuit inutile, le système de combat devenu complétement bancale à cause de toutes ces surcouches au système de base. Et l’on pourrait continuer pendant des plombes. Ce solo, c'est Capcom qui nous dit "Ah vous avez chouiné à la sortie du 5 et ben en voilà du solo, j'ai mangé bien gras à midi, je vais vous en tartiner plein les murs du solo". Et bien il suffit dans ce cas de ne pas y jouer vous me direz... Oui mais si l'on veut retrouver les costumes historiques des persos il faut en passer par là. Ou bien passer par la case microtransaction.
Voilà l'autre point noir du jeu : des microtransactions ici et là, des petites, des grandes, des comme s'il en pleuvait. Capcom nous avait habitué à ce genre de choses depuis longtemps mais j'en reviens à regretter les bons vieux DLC qui avaient au moins le mérite d'être clairs. Ici, c'est un tel bazar que je ne saurais toujours pas vous expliquer correctement l’économie du jeu.
Vous trouvez que je suis un peu dur avec SF6 ? Qui aime bien, châtie bien. Et puis j'en ai encore un peu. On a évoqué la DA desigual du jeu mais on peut aussi parler du manque total de charisme d'une bonne partie du nouveau casting. Mettons de côté Manon et Marisa qui sont presque les meilleures choses dans ce Street et citons : Luke (le "héros" de cet épisode) qui aurait toute sa place sur Tiktok, Jamie qui réussit l'exploit de rendre un drunken master inintéressant et même politiquement correct puisqu'il boit officiellement une boisson énergisante (les sodas à base d'hormones de taureaux, c'est bien plus clean que l'alcool nous dit Capcom), Kimberly qui aurait pu faire un très beau couple avec Luke, et vivre à Dubaï sans doute, Lily qui agace dès les premières minutes ou JP qui donne l'impression qu'on a profité d'un vieux monsieur pour se moquer de lui en le fringuant n'importe comment.
Après ça, si vous m'avez lu jusqu’ici, vous vous dites sans doute "sauf que le système de combat, le cœur de ce genre de jeu, il est réussi". Moui.... Bouarf. Ok il y a le système "moderne" qui amène un peu de nouveauté. Mais pour rappel, tous les autres jeux de bastons fonctionnent déjà comme ça depuis des années. C'est plutôt Street qui faisait office d'antiquité à maintenir son vieux système à 6 boutons. Quant au Drive impact, rappelons que la barre d’énergie à tout faire, cela existait déjà dans les derniers MK. Donc non, il n'est décidément pas honnête de s'extasier même si l'on peut dire que cela fonctionne bien manette en main.
Voilà donc mon petit avis très perso. Est-ce que c'est un mauvais jeu ? Non, c'est un Street après tout. Est-ce que c'est un bon Street ? Pas vraiment. Je lui préfère le 3, le 4 et le 2. Mais surtout, c'est le sentiment de passer à côté de "ce qu'aurait pu être SF6" que je ressens le plus. A chaque fois que je regarde ce Blanka en salopette à smiley se jeter dans un déluge de peinture devant un décor presque vide, je ne peux pas m'empêcher de m'imaginer à quel point ça aurait pu être fou avec une meilleure DA, de meilleurs persos, un meilleur système de dlc, un meilleur solo, un meilleur...