Cette version Game Gear de Sonic The Hedgehog 2 est l'incarnation à juste titre de l'expérience Sonic cauchemardesque. Ce jeu est à la limite de l'injouabilité complète. Dans cette version catastrophique, Sonic a remplacé ses chaussures par des savons 100% artisanales en provenance de Marseille, afin de glisser le plus loin et le plus vite possible sans pouvoir s'arrêter au moindre déplacement, c'est juste incontrôlable on glisse de tout bord. Le jeu, à la base un portage de la version Master System, a été bâclée et réalisé à l'arrache, avec une caméra qui zoom beaucoup trop sur Sonic, ce qui fait qu'on ne voit rien du tout du niveau, et donc qu'on avance à l'aveuglette totale. Sachant que cette version a une obsession morbide pour les pièges à piques et les précipices, étant donné qu'on ne voit rien, on avance au hasard et on tombe comme une pierre au moindre piège. Et je ne vous parle même pas des phases où l'on se trouve propulsé dans des tuyaux à pleine vitesse sans jamais voir vers où on pars pour choisir sa direction, c'est du foutage de gueule à grand niveau là ! Le level design de cette version de Sonic The Hedgehog 2 n'a, à aucun moment, fait preuve d'aucune forme d'adaptation aux caractéristiques de la Game Gear, alors qu'elle n'était pas du tout prévu pour !
La difficulté de ce jeu, quelle horreur, quelle purge. Rien que le premier boss, il est presque impossible à battre tellement il est difficile ! Il est l'un des passages les plus hardcore de tout le jeu, c'est dire le niveau abyssal de l'équilibrage de la difficulté. Déjà que le jeu est mal équilibré et très difficile, alors avec cette maniabilité complètement claqué au sol et le fait qu'on ne voit constamment rien, je ne vous dit pas le cauchemar qu'est de jouer à ce jeu. S'ajoute à ça le système des Chaos Emeralds, qui est le plus pourris de tous les Sonic: dans cette daube, il n'y a aucun Special Stage, les Chaos Emeralds sont éparpillés dans les niveaux qu'il faut réussir à trouver. Alors déjà que rien que survivre au niveau est déjà un exploit de combattant en soi, si en plus il faut se permettre le luxe délirant de chercher les Chaos Emeralds, on est partis pour devenir chauve rapidement à force de s'arracher les cheveux. Pour enfoncer le clou encore plus loin, il n'y a aucun checkpoint dans tout le jeu, les ennemis respawnent systématiquement, la pancarte à la fin ne sert à rien du tout (on a tout le temps Robotnik...) et le maniement des véhicules est chaotique.
La seule raison pour laquelle je ne met pas à ce jeu une note plus sévère, amplement mérité compte tenu du désastre, c'est que la réalisation est impeccable. En 1992, avoir un jeu avec des couleurs et des décors pareils, une telle rapidité et de tels animations dans une console portable, c'était quelque chose. Pareil pour les musiques, un bonheur d'écouter ses mélodies, surtout pour celle de Green Hills Zone. En dehors de ça, le jeu est un pure calvaire. On a l'impression que les développeurs voulaient par tous les moyens faire rentrer l'encombrante version Master System sur la Game Gear coûte que coûte, en dehors de tout travail en amont d'adaptation. Oubliez cette version jetable, et concentrez-vous sur la version Master System ou, beaucoup mieux, sur la brilliantissime version MegaDrive qui elle, mérite amplement toute votre attention.