Le sim racing vit un vrai moment de gloire. Toujours plus de marques, toujours plus de passionnés, un marché clairement porteur. Au point que les écuries de F1 s'y mettent, en déclinant des variantes badgées à leurs couleurs. C'est le cas ici. Logitech G, partenaire officiel de McLaren Racing depuis 2017, signe une édition du cockpit Formula Instinct de Playseat dans le cadre d'une collection sim racing maison. Résultat, un baquet orange papaye frappé des logos officiels de l'écurie de Norris et Piastri. Je le teste depuis un mois, et je pense qu'il va rester là un bon moment...
Pendant des années, Logitech G a régné sur le simracing grand public avec ses volants G29 et G920, des best-sellers devenus la porte d'entrée de toute une génération de pilotes virtuels. À une époque où le direct drive restait réservé aux portefeuilles fortunés, le G29 était la référence accessible, celle par qui beaucoup ont découvert le volant.

Le tournant arrive en 2022, quand la marque entre à son tour dans la cour du direct drive avec la G PRO Racing, sa première base haut de gamme. Depuis, elle a bâti une gamme complète et signe partenariat sur partenariat pour s'imposer sur un marché où de jeunes acteurs bousculent les géants historiques. Cette édition McLaren s'inscrit pile dans cette logique. Elle scelle le lien avec une écurie au sommet, championne du monde des constructeurs 2025 et portée par Lando Norris, champion du monde des pilotes la même année.
- Vraie position monoplace
- Châssis rigide, encaisse 25 Nm sans broncher
- Tout se règle et se retire au scratch
Sommaire
- Spécifications techniques
- Installation et montage : faut-il convoquer votre gendre ingénieur à la NASA ?
- Une position calée comme dans une vraie monoplace ?
- Le châssis tubulaire encaisse-t-il un Direct Drive puissant ?
- Le baquet tient-il sur les longues sessions ?
- La papaye McLaren change-t-elle quelque chose ?
- Fanatec et Trak Racer font-ils mieux à ce prix ?
Spécifications techniques
| Modèle | Playseat Formula Instinct McLaren Racing Edition |
| Type de produit | Cockpit sim racing position monoplace, licence officielle McLaren Racing |
| Châssis | Acier qualité carbone et aluminium Flowformed |
| Dimensions (H x L x P) | 60 x 87 x 150 cm |
| Poids | 23 kg |
| Taille pilote recommandée | 120 à 220 cm |
| Poids pilote maxi | 163 kg |
| Support volant | Compatible bases Direct Drive, perçage standard |
| Support pédalier | Plaque multi-percée, inclinaison réglable |
| Réglages | Volant, pédalier et siège, sans outil |
| Coussins | Amovibles au scratch |
| Shifter / frein à main | Aucun perçage prévu |
| Garantie | 2 ans |
| Référence Papaya | 943-001860 |
| Prix | 649,99 € |
Installation et montage : faut-il convoquer votre gendre ingénieur à la NASA ?
Alors, ce montage, calvaire ou formalité ? Plutôt formalité. Rangez le numéro du gendre ingénieur, une bonne heure et un minimum de débrouille suffisent à venir à bout de l'ensemble. Le carton arrive compact, presque rien n'est pré-assemblé, et il faut enchaîner quinze étapes. Tous les outils sont dans la boîte, inutile de sortir sa propre caisse. Côté emballage, rien à redire, calage en mousse propre et pièces bien protégées, du sérieux. Une fois étalées, elles s'assemblent dans un ordre logique.


Là où ça coince, c'est la visserie. Le kit mélange des vis de 6 et de 8, dans plusieurs longueurs, et le plan les identifie mal. Plutôt qu'une cote claire, on a droit à un dessin de la vis en perspective, à vous de deviner la bonne taille. J'ai donc vissé puis tout repris, dix à quinze minutes perdues à corriger des erreurs que le plan aurait dû m'épargner. Des sachets étiquetés par taille m'auraient fait gagner ce temps.
Pire, le plan se trompe. À une étape, il réclame une clé Allen qui n'est pas la bonne taille. La notice est pourtant imprimée proprement et reste claire à l'oeil, mais cette imprécision sur la visserie et cette erreur franche n'ont rien à faire sur un produit vendu à ce prix.


Pour le reste, rien à signaler. Aucune pièce lourde, le montage se fait seul sans forcer, une seconde paire de bras ne sert qu'à déplacer l'ensemble une fois assemblé. Debout, le cockpit est rigide, et il ne reste que les réglages de siège et de pédalier à ajuster à sa morphologie. Si un déménagement se profile, le baquet et le mât du volant se replient, pas besoin de tout démonter.



Une position calée comme dans une vraie monoplace ?
C'est le coeur du sujet, et la raison d'être de ce cockpit. Le lien avec la F1 ne se limite pas au logo, McLaren décrit lui-même ce baquet comme inspiré de la position de pilotage de sa monoplace. Et dès qu'on s'y glisse, la promesse se vérifie dans le corps. On est assis très bas, presque au ras du sol, les jambes remontées vers le pédalier et le dos fortement incliné vers l'arrière.

Justement, je venais d'un cockpit GT signé Fanatec, et le changement est radical. On quitte une assise droite, façon voiture de tourisme, pour une position de pilote couché qui rebat toutes les sensations. Le dos bascule en arrière, les jambes remontent face au volant, et le corps se retrouve calé au ras du sol, hanches et buste tenus par le maintien latéral de la coque. On ne conduit plus pareil, on s'enfonce dans la voiture.
Soyons honnête sur un point. Vous n'êtes pas couché à l'horizontale comme un pilote de F1 réel, qui pilote quasiment allongé sur le dos. Playseat propose une interprétation grand public de cette posture, plus accessible, mais l'esprit y est et le dépaysement reste total face à un rig classique.

Cette position a un revers que je n'avais pas anticipé. S'installer demande désormais un peu de souplesse. On ne s'assoit plus, on se glisse dans le baquet jambes en avant, et il faut accepter de plonger dedans. La contrepartie d'une vraie posture formule.
Reste la question du gabarit. Avec mon 1,77 m pour 70 kg, je suis parfaitement calé dans la coque, sans le moindre flottement, et Playseat annonce une compatibilité de 120 à 220 cm. Sur de la GT ou du rallye, plus droites par nature, le gain reste discutable. Mais sur une F1 ou une hypercar, cette posture couchée fait totalement mouche, l'accord entre le corps et la machine devient évident.
Le châssis tubulaire encaisse-t-il un Direct Drive puissant ?
Sur le papier, un tubulaire rassure moins qu'un profilé alu. Je voulais en avoir le coeur net. La RS50 et ses 8 Nm, le support volant ne bouge pas. Mais 8 Nm, c'est léger. J'ai sorti ma Podium DD, calée à 25 Nm. Et là, rien. Le bras volant ne plie pas, même en plein appui, c'est du roc. Le baquet ne vrille pas en virage chargé, le pédalier reste collé au sol au freinage. Pas un bruit, pas un craquement. Aussi rigide que mon ancien cockpit CSL Fanatec. Pour du tubulaire, je ne m'y attendais pas.

Un truc m'a surpris. Sous Direct Drive, tout vibre. Le bras volant, le support pédalier, tout. Sauf le siège. Et non, les pédales ne sont pas à retour de force. C'est la structure acier qui transporte les vibrations TRUEFORCE de la base dans tout le châssis. Pas voulu sans doute, mais on sent les vibreurs et les bosses jusque dans les pieds. J'aime bien.

Un point m'a agacé au montage de la base, et ça dépend de la vôtre. Avec la RS50, rien à dire, ça se visse direct. Mais avec ma Podium, les trous du plateau tombent pile derrière la poutre horizontale. Impossible de passer une clé Allen droite, pas assez de place. Une branche coudée plus courte passerait, je n'en avais pas. Donc j'ai retiré le plateau entier, vissé la base dessus, puis tout remonté. Une Podium, ça pèse un âne mort. Une fois en place, plus rien ne bouge, même à fond.
Le châssis encaisse sans broncher les 25 Nm de couple de la Podium DD

Le baquet tient-il sur les longues sessions ?
Des heures dedans, sans rien sentir passer. Le dossier est top. Le rembourrage fait le job, jamais la coque qui rentre dans le dos. Le Modufoam censé évacuer la chaleur, correct, sans plus, pas de miracle de ce côté. Mais sur la longueur, aucun point dur.

Tout se règle au scratch, et c'est malin. Les mousses du dossier se déplacent où on veut, les coussins se retirent en deux secondes. Chez moi, avec des chats qui squattent le moindre coin moelleux, les enlever d'un geste évite de récupérer le baquet plein de poils. Bête, mais au quotidien ça change tout.

Le truc que j'attendais au tournant, c'est la VR. Mon gros doute avant de recevoir le siège. L'appui-tête se fixe lui aussi au scratch, et avec le casque il faut le baisser un peu pour laisser passer l'arceau. Rien de méchant. Et si ça gêne, on le retire complètement. Bilan, ce baquet est VR friendly, et venant d'un type qui pilote casque sur les yeux, c'est un sacré soulagement.

Côté coussins, c'est plus mince que chez Fanatec. Leurs sièges, comme mon CSL, misent sur une mousse épaisse et bien moelleuse. Ici, Playseat répartit plusieurs petits coussins le long de la colonne, un peu façon maillons de bracelet, plutôt qu'une grosse couche pleine. Résultat, c'est plus ferme. Je suis léger et fin, donc pour moi ça passe sans broncher, aucune douleur de dos après un mois de longues sessions. Un gabarit plus lourd préférera peut-être le moelleux d'un Fanatec, mais le maintien, lui, est meilleur ici.
La papaye McLaren change-t-elle quelque chose ?
Autant être clair sur ce que vous achetez, la licence McLaren, c'est la couleur. Même châssis, mêmes matériaux, même baquet que le Formula Instinct standard, avec en plus la robe orange papaye et quelques logos à l'arrière. Et cette robe, justement, elle fait tout. Le baquet prend une vraie gueule de McLaren, un look premium qui change complètement la perception qu'on a du produit une fois posé dans une pièce.

Oui, ça se paie. Le standard badgé F1 tourne autour de 594 euros, cette édition McLaren est à 649,99 euros. Une cinquantaine d'euros de plus pour la livrée et l'écusson. Et franchement, c'est la même logique qu'un iPhone dans un coloris spécial, on ne paie pas plus de performances, on paie l'objet qu'on a envie de regarder tous les jours. Si le papaye fait envie, il les vaut. Si la couleur importe peu, le standard fait exactement le même job pour moins cher.
Fanatec et Trak Racer font-ils mieux à ce prix ?
À 649,99 euros, ce cockpit arrive avec son baquet. Tout est là. Chez les autres, le prix affiché, c'est le châssis nu, le siège tu le rajoutes. Le Fanatec ClubSport GT Cockpit, c'est 914,95 euros le châssis, plus 339,95 euros le siège. Plus de 1250 euros une fois assis. Et en position GT, pas formule.



Le Trak Racer Alpine Racing TRX fait de la formule, développé avec Alpine F1, et bascule même en GT sans outil. Plus polyvalent, taillé pour encaisser de gros Direct Drive. Mais le châssis part seul, autour de 759 euros en promo, souvent plus, siège en supplément. Configuré, tu dépasses vite le millier d'euros.
Logitech G propose aussi un volant Add-On McLaren


Et la vraie monoplace haut de gamme de Playseat, le Formula Intelligence, c'est plus de 2000 euros. Donc à 650 euros siège compris, personne ne te met dans une position formule sérieuse pour moins cher. Il existe bien moins cher, un Next Level Racing F-GT par exemple, mais avec un baquet de base qu'on remplace vite. Et le Trak Racer reste plus polyvalent si tu roules aussi en GT. Pour une place F1 solide sans te ruiner, le Playseat coche la case.
Conclusion : la vraie position F1 sans le prix de la vraie
Points forts
- Une vraie position de monoplace, immersive et rare à ce tarif
- Châssis tubulaire qui ne bronche pas, éprouvé jusqu'à 25 Nm
- Baquet inclus, quand la concurrence vend le châssis nu
- Mousses et coussins amovibles au scratch, pratique avec des animaux
- VR friendly, l'appui-tête se baisse ou se retire pour l'arceau du casque
- Réglages du siège et du pédalier sans outil
- L'orange papaye, du plus bel effet
Points faibles
- Notice imprécise
- Aucun perçage pour un shifter ou un frein à main
- Monter une grosse base Direct Drive relève du casse-tête selon le modèle
- Moins polyvalent
Note de la rédaction
Un mois que ce baquet trône dans mon bureau, et je ne suis pas près de l'en déloger. La position monoplace, c'est un autre monde, dès qu'on s'y glisse on ne pilote plus pareil, surtout en F1 ou en hypercar. Le châssis tubulaire encaisse tout, même ma Podium à 25 Nm, et le siège est livré avec, là où la concurrence te vend le cadre tout nu à plus de mille euros. Un seul vrai bémol, une notice à revoir sur la partie visserie, mais rien qui gâche le plaisir une fois installé. Pour qui rêve de la position F1 sans lâcher le prix d'une vraie, c'est la porte d'entrée la plus maligne du moment. Il reste dans mon bureau, et il va y rester.




