Les smartphones compacts actuellement disponibles se comptent sur les doigts d’une main. Parmi eux, le Xiaomi 17 compte bien se hisser au sommet en misant sur des composants haut de gamme… mais le mieux est parfois l’ennemi du bien.
- Écran superbe et très lumineux
- Très bonne autonomie
- Photos grand-angle très plaisantes
Sommaire
- Xiaomi 17 : la fiche technique
- Design : dans les pas de l’iPhone, encore
- Écran : de la lumière plein les mirettes
- Performances : un smartphone à utiliser en hiver
- Interface : un HyperOS avec un petit goût d’iOS
- Photo : le partenariat avec Leica bénéfique sur presque tous les tableaux
- Batterie et recharge : trois jours d’autonomie, sans forcer
J’ai toujours aimé les grands smartphones. Il y a une dizaine d’années, j’avais dû abandonner, à regret, mon Windows Phone 950 XL et son écran géant de 5,7 pouces. Aujourd’hui, cet appareil serait considéré comme un format compact. Une grande majorité de mobiles flirtent dorénavant avec la barre des 7 pouces et atteignent même 8 pouces pour les modèles pliants comme le Galaxy Z Fold7 de Samsung que j’utilise au quotidien. Je suis ravi. C’est donc avec une certaine appréhension que j’ai accepté d’effectuer le test du Xiaomi 17. Pensez donc ! Ce smartphone ne dispose d’un écran « que » de 6,3 pouces. Un véritable bond en arrière pour moi. Outre ce format compact, j’étais surtout curieux de voir comment Xiaomi s’était débrouillé pour faire tenir un monstre de puissance dans un corps aussi étroit. Le processeur Snapdragon 8 Elite Gen 5 de Qualcomm qui l’anime et que j’ai pu croiser dans d’autres smartphones (Honor Magic8 Pro, Xiaomi 17 Ultra, OnePlus 15 ou encore Samsung Galaxy S26 Ultra) n’est pas vraiment connu pour rester frais pendant l’effort. Enfin, le volet photo, nerf de la guerre pour Xiaomi m’a paru séduisant. Toujours conçu en partenariat avec l’Allemand Leica, il promet, sur le papier, des clichés réussis et sans compromis. Bref, j’ai dit oui au rédac-chef pour mener le test de ce haut de gamme 2026 du catalogue Xiaomi. Voyons si j’ai eu raison.
Xiaomi 17 : la fiche technique
| Caractéristiques | Détails |
|---|---|
| Taille d’écran | 6,3 pouces |
| Type d’écran | OLED LTPO, 1-120 Hz, 3500 nits (HDR) |
| Définition | 2656 x 1220 pixels (460 ppp) |
| Processeur | Qualcomm Snapdragon 8 Elite Gen 5 |
| Mémoire vive | 12 Go |
| Stockage disponible | 256 Go/ 512 Go |
| Batterie | 6330 mAh, charge 100W filaire/50W sans fil |
| Connectivité | 5G, Wi-Fi 7, Bluetooth 6, USB-C 3.2 |
| Capteur photo dorsal | 50 Mpx (f/1,67), 50 Mpx (f/2,4), 5 Mpx (f/2,0) |
| Capteur Selfie | 50 Mpx (f/2,2) |
| Étanchéité | Oui (IP68) |
| Dimensions | 151,1 x 71,8 x 8,1 mm |
| Poids | 191 g |
| Prix de lancement | 853 euros (12-256 Go) / 983 euros (12-512 Go) |
Design : dans les pas de l’iPhone, encore
Le design élaboré par la firme de Cupertino reste, une fois encore, source d’inspiration pour Xiaomi. Évidemment, ce n’est pas déplaisant. Le Xiaomi 17 arbore un cadre en aluminium très propre et très bien fini. Tranches bien plates, bords arrondis, comme de coutume, et dos en verre trempé dans le même ton vert sur mon modèle de test. Je ne peux lui reprocher ce mimétisme avec le design des iPhone qui fonctionne toujours aussi bien.

Pour ceux qui n’apprécient guère ce coloris, Xiaomi décline son smartphone en bleu ciel, rose pâle ou encore noir pour un look plus classique. La marque n’a pas poussé le bouchon jusqu’à proposer le coloris orange pourtant très tendance depuis l’iPhone 17 Pro.


La ressemblance avec les mobiles d’Apple s’arrête ici. Le dos se pare d’un îlot photo carré, comme sur le Xiaomi 15, ou repose trois objectifs et un flash LED. Au centre, figure le nom du partenaire Leica. Il reste assez discret.

Visuellement très réussi, le Xiaomi 17 étonne surtout par son aspect compact. Je l’ai dit dans l’introduction, ce type de smartphone de me sied habituellement pas plus que ça. Mais je dois le reconnaître, au quotidien, c’est plutôt confortable. Le gabarit de 151,1 x 71,8 x 8,1 mm me donne l’impression d’avoir en réalité de grandes paluches (il n’en est rien). C’est juste que je n’ai pas besoin de tenir le smartphone à deux mains pour taper un SMS par exemple ou pour atteindre le volet des notifications. Ce n’est pas si mal que ça finalement. C’est surtout pour trimballer le smartphone toute la journée que ce gabarit devient pratique. Il se glisse aisément dans une poche de jeans, même serrée, et ne déforme pas les poches de veste même si son poids, comme les grands, atteint 191 g tout de même. Petit mais costaud, le Xiaomi 17 est estampillé comme tous les smartphones haut de gamme d’un indice IP68 pour résister à la poussière et à l’immersion dans l’eau par 1,5 m de fond pendant 30 mn. Enfin, son écran est protégé par un verre maison Shield Glass pour éviter les rayures. Ceinture + bretelles : un film de plastique est appliqué par-dessus en usine. On n’est jamais trop prudent.
Écran : de la lumière plein les mirettes
Il a beau être plus petit que sur la majorité des terminaux actuels avec ses 6,3 pouces de diagonale, l’écran du Xiaomi 17 envoie du lourd. Le Chinois a opté pour une dalle OLED bien sûr, offrant une définition de 2656 x 1220 pour une résolution de 460 ppp. Classique tout autant que le rafraîchissement adaptatif de 1 à 120 Hz puisqu’il s’agit d’une dalle LTPO, technique répandue à ce niveau de prix. Moins classique en revanche est le niveau de luminosité de cet écran. Xiaomi promet au maximum 3500 nits, rien que ça. Et la réalité n’est pas si éloignée puisque, armé de ma sonde Calibrite, j’ai pu mesurer un pic à 3241 nits en mode luminosité adaptative. C’est tout simplement excellent. Lire n’importe quel contenu en plein soleil ne pose pas la moindre difficulté.

Quant à la gestion des couleurs, c’est là aussi tout bon. Le Xiaomi 17 propose deux modes colorimétriques : Original Pro et Vif. Peu importe lequel je choisis, le Delta E reste au-dessous de 3 soit 1,28 pour le premier et 2,43 pour le second. Un calibrage excellent par défaut.
Performances : un smartphone à utiliser en hiver
Xiaomi a souhaité faire de ce smartphone un modèle haut de gamme. Et pour cocher toutes les cases, la figure imposée veut que l’on intègre le processeur le plus performant en date. Ici, c’est le Snapdragon 8 Elite Gen 5 qui occupe le trône associé à 12 Go de RAM. Mais le dernier né de Qualcomm a besoin d’espace et d’air pour s’exprimer correctement. Et c’est là que le bât blesse sur le Xiaomi 17. Son petit gabarit très compact ne semble pas du tout adapté à la fougue du SoC comme je le craignais. Lors de ma session de benchmarks habituels, la température au dos du boîtier a tout de même grimpé à plus de 51°C près de l’îlot photo. C’est énorme. Alors, certes, le Snapdragon 8 Elite Gen 5 est une vraie Formule 1. Plus de 3 millions de points dans Antutu, 9271 points en multicœurs dans Geekbench, et j’en passe. Mais à quel prix !

Il n’y a qu’à voir le résultat dans le test de throttling. Le processeur tourne en moyenne à 50 % de ses capacités avec des chutes régulières à 30 % pour éviter la surchauffe et la coupure générale (ce que j’ai déjà constater avec un smartphone Realme). Le Xiaomi 17 aurait été bien plus à l’aise avec un Snapdragon 8 Gen 5 (sans viser l’Elite) sans pour autant plomber les performances.


Qu’on se rassure tout de même. Le smartphone ne se transforme en chaufferette (pratique pour l’hiver donc) que dans des cas extrêmes. La plupart du temps, l’appareil reste tiède. Mais il lui suffit d’une séance de shooting photo ou vidéo ou d’une session de jeu prolongée avec tous les curseurs au taquet pour que la température grimpe et que les performances dégringolent. Avec Genshin Impact par exemple, jouer à 60 images par seconde avec le meilleur niveau de qualité graphique est un jeu d’enfant… pendant une trentaine de minutes. Au-delà, je sens bien que le processeur ralentit de lui-même la cadence.

Bref, Xiaomi a eu les yeux un peu plus gros que le ventre pour ce smartphone. La démonstration de force se retourne contre lui.
Interface : un HyperOS avec un petit goût d’iOS
Le mimétisme avec Apple ne s’arrête pas au seul design du boîtier. Le look d’HyperOS, la surcouche logicielle de Xiaomi ici en version 3.0 appliquée par-dessus Android 16, semble, elle aussi, très inspirée des appareils à la pomme. À commencer par l’HyperIsland, cette petite astuce logicielle qui, comme la Dynamic Island sur iPhone, vient encercler le poinçon masquant la caméra selfie au sommet de l’écran pour afficher des informations en direct (lecture audio, enregistrement, chronomètre, etc.).

Les graphismes restent aussi en général très proches de ceux d’Apple. HyperOS n’est pas un mauvais système mais il demeure assez confus pour ceux qui n’ont jamais exploré l’univers Xiaomi. Je remarque aussi l’installation par défaut de quelques applis tierces (bloatwares) dont je me serai bien passé. Sur un smartphone à ce tarif, c’est abusé. D’autres applis maison font aussi doublon avec celles de Google déjà à bord. Enfin, côté intelligence artificielle, Xiaomi reste en retrait de la concurrence. Certes des fonctions IA, regroupées sous la bannière HyperAI, sont là comme la transcription vocale, l’aide à la rédaction, les fonds d’écran dynamiques, etc. Mais d’autres outils, notamment pour la retouche générative d’image demandent quelques améliorations pour se montrer efficace. Les tentatives pour agrandir le cadre d’un cliché ou supprimer un élément de la scène ne sont pas toujours très soignées.

Dernier point sur lequel la marque pourrait faire un effort : le suivi logiciel. Le Xiaomi 17 fait partie des modèles haut de gamme et pourtant, il ne profitera que de 5 ans de mises à jour système et 6 ans de correctifs de sécurité. En face, la concurrence est plus souple avec 7 ans tout compris pour Samsung, Google et Apple même si la firme de Cupertino n’évoque jamais le sujet.
Photo : le partenariat avec Leica bénéfique sur presque tous les tableaux
Trois modules photo occupe le dos du Xiaomi 17. Tous sont logés à la même enseigne quant à la densité de pixels du capteur soit 50 Mégapixels. Le module principal grand-angle ouvre à 1,67. Le second, ultra grand-angle, offre un champ de vision à 102° et ouvre à f/2,4. Enfin, le troisième larron n’est autre qu’un téléobjectif optique x2,6 avec une ouverture f/2,0. En façade, le poinçon dans l’écran héberge une caméra selfie de 50 Mégapixels elle aussi et ouverture f/2,2. Et, partenariat avec Leica oblige, en plus des optiques Summilux fournies par l’Allemand, deux styles photographiques sont proposés pour les prises de vie : Vibrant et Authentic. Pour ce test, je me suis laissé convaincre par le mode Vibrant, plus agréable à l’œil. Et le constat est sans appel : le duo se montre très efficace.

De jour, le grand-angle (eq 23 mm) délivre des clichés de toute beauté. Le piqué est remarquable. Les images fourmillent de détails tant au centre que sur les bords. Les couleurs resplendissent sans chercher à trop en faire. Difficile de prendre le Xiaomi 17 en défaut.


L’ultra grand-angle, point faible chez la plupart des smartphones, même haut de gamme, ne fait pas d’étincelle ici non plus. Le piqué de l’image prend un sacré coup dans l’aile. Les détails se perdent plus on s’éloigne du centre de l’image. Point appréciable toutefois : les déformations sur les bords se révèlent plutôt bien maîtrisées. C’est moins le cas des couleurs qui subissent un traitement différent du grand-angle.


Le téléobjectif optique autorise un zoom jusqu’au x2,6 (eq 60 mm). C’est un peu court face à la concurrence qui propose du x3 voire x5 en zoom optique. Néanmoins, j’apprécie de pouvoir conserver une image très propre et bien détaillée.




Au-delà de ce grossissement, les paliers permettent de zoomer jusqu’au x60. Jusqu’au x10, les images demeurent très exploitables avec encore pas mal de détails. Au-delà, l’intervention du traitement logiciel et de l’intelligence artificielle devient perceptible. Avec les bâtiments, ça passe. Les lignes sont plus facilement compréhensibles et plus sujettes à une petite touche d’imagination de l’IA. Avec les paysages en revanche, la confusion s’installe autant que le lissage pour masquer les trous. Néanmoins, les résultats sont parfois surprenants.
Restent les portraits pour lesquels le Xiaomi 17 se montre un très bon compagnon. Le détourage est propre, le bokeh appliqué avec délicatesse. Une réussite.

De nuit, les choses se compliquent un peu. Pas pour le grand-angle qui reste dans les clous. Les clichés conservent un très bon niveau de détail. Le traitement logiciel n’a pas non plus la main trop lourde pour éclairer artificiellement des zones sombres (le ciel par exemple). Seules les couleurs pâtissent parfois de l’obscurité avec une petite tendance à virer vers l’orange. Rien de grave cependant.


L’ultra grand-angle s’en sort de son côté beaucoup moins bien. Le lissage est ici bien plus prononcé avec quantité de détails qui disparaissent. D’autant que ce module ne peut s’appuyer sur un autofocus. La plupart du temps, le flou est maître de l’image. Dommage.


Quant au téléobjectif optique x2,6, il continue de délivrer des images très acceptables. Quelques points disgracieux peuvent apparaître ici et là, des couleurs qui bavent un peu parfois mais, dans l’ensemble, le résultat est appréciable.

La caméra selfie, armée de son capteur de 50 Mégapixels, fournit, elle aussi, de bons résultats. Le mode portrait propose un détourage moins propre qu’avec le grand-angle dorsal mais c’est suffisant dans la plupart des situations.
Batterie et recharge : trois jours d’autonomie, sans forcer
C’est à se demander comment Xiaomi procède pour tout faire tenir dans ce « petit » smartphone. Le Xiaomi 17 embarque en effet une batterie de 6330 mAh. C’est 1090 mAh de plus que son prédécesseur le Xiaomi 15 et même 330 mAh de plus que son grand frère, le Xiaomi 17 Ultra pourtant beaucoup plus grand que lui. Bon, pas de mystère, la marque s’appuie sur la technologie Silicium-Carbone qui permet d’emmagasiner plus d’énergie qu’un simple accu Lithium-Ion dans le même espace. Mais tout de même, je salue la performance. Ainsi équipé, et malgré les pics de température que peut atteindre le Snapdragon 8 Elite Gen 5, le Xiaomi 17 tient bien la longueur. Avec mon test de lecture vidéo 4K en streaming, il a jeté l’éponge après 31 heures. Pas mal ! Avec le test de PC Mark, c’est 22h58 d’autonomie mesurée en conservant encore 20 % de batterie sous le coude. Dans la vraie vie, avec un usage mixte raisonnable, il peut ainsi enquiller trois jours d’utilisation sans refaire le plein.

Et quand vient le moment de passer par la case recharge, ce n’est qu’une affaire de dizaines de minutes… si l’on possède un chargeur maison. C’est mon cas avec un chargeur 120W, le Xiaomi 17 qui accepte la charge jusqu’à 100 W n’a mis que 48 minutes pour passer de 0 à 100 %. Avec un chargeur Anker nano de 45W, il m’a fallu patienter 110 minutes, ce qui n’est pas si mal pour une batterie aussi généreuse.
Conclusion
Points forts
- Finitions soignées
- Écran superbe et très lumineux
- Très bonne autonomie
- Recharge rapide
- Photos grand-angle très plaisantes
Points faibles
- Chauffe mal maîtrisée
- Processeur bridé par la chauffe
- Ultra grand-angle pas au niveau
- Suivi logiciel trop juste pour le niveau de gamme
Note de la rédaction
Le Xiaomi 17 coche toutes les cases du smartphone haut de gamme. Un design soigné et qui plus est très compact pour ceux qui apprécie ce type de gabarit. Il sait se faire oublier dans une poche et se montre remarquablement facile à manipuler d’une seule main. J’ai bien apprécié aussi son volet photo, notamment le grand-angle et le téléobjectif qui, avec un petit coup de pouce de l’IA peut procurer des résultats étonnant. Seul le module ultra grand-angle est à la traîne mais ce constat est assez courant sur la plupart des smartphones, même les modèles haut de gamme. L’autonomie est aussi au rendez-vous et permet de ne pas plonger dans une crise d’angoisse lorsqu’on oublie de recharger le smartphone le soir. Enfin, l’écran est sublime avec une luminosité parée pour toutes les situations. Ce portrait idyllique est toutefois plombé par un élément : le processeur. Il n’était vraiment pas nécessaire de se tourner vers le SoC le plus performant du moment pour ce smartphone compact. Alors, je comprends que cette puce haut de gamme fasse son petit effet sur la fiche technique. Mais le Xiaomi 17 n’est pas du tout taillé pour elle. Son corps est trop exigu pour lui permettre de s’exprimer sereinement. Du coup, chauffe excessive et bridage des performances sont au rendez-vous. Dommage pour un smartphone qui cherche la polyvalence.

