Cela fait dix ans que je vole sur DCS World avec un HOTAS Warthog de Thrustmaster, et je ne pensais jamais en changer. Mais je passe désormais l'essentiel de mon temps sur le F/A-18C Hornet, et le Warthog n'a jamais été conçu pour cette cellule. WINCTRL m'a fait parvenir son bundle Orion2 CarrierAce, articulé autour de son nouveau grip CarrierAce R.Metal 2.0, une réplique full metal du manche du Hornet. Après une semaine intensive sur DCS en VR, voici mon retour terrain complet.
Voir le Orion2 HOTAS CarrierAce chez WinCTRL
WINCTRL, c'est la nouvelle identité de WinWing, fabricant chinois de matériel de simulation aéronautique né en 2019. Le changement de nom a été annoncé fin décembre 2025, présenté côté officiel comme une évolution autour d'une nouvelle promesse de "contrôle précis en vol", motivé en coulisses par des litiges de propriété intellectuelle aux États-Unis selon plusieurs médias spécialisés. Effective au début 2026, la transition a aussi généré quelques sueurs froides chez les utilisateurs DCS, dont les bindings ont disparu après une mise à jour des pilotes qui renommait les périphériques. Anecdote agaçante, mais révélatrice de la fragilité logicielle de cet univers.

Sur le fond, la marque n'a pas changé de cap. WinWing s'était fait un nom auprès des pilotes combat de DCS World avec des HOTAS full metal pensés comme des répliques de cockpits réels, à des tarifs nettement plus accessibles que les références du marché. WINCTRL prolonge cette logique et l'élargit, comme nous le détaillions dans notre couverture de la FSWeekend 2026, avec une offensive sur le sim civil (Airbus, Boeing) et une nouvelle gamme Cyber Taurus à retour de force pour le segment haut. Le bundle Orion2 CarrierAce, lui, reste dans la branche militaire d'origine. Le grip CarrierAce R.Metal 2.0 mis en avant par WINCTRL justifie-t-il l'investissement quand on a déjà un HOTAS premium qui fonctionne ? La promesse du plug-and-fly via SimAppPro résiste-t-elle à un usage intensif ? Et le bundle complet vaut-il son prix, même en promotion ? Réponses après une semaine intensive sur F/A-18C, en VR avec un HTC Vive Pro, du pont du USS Theodore Roosevelt aux missions de combat tournoyant.
Sommaire
- Spécifications techniques
- Pourquoi changer un HOTAS Warthog qui m'accompagne depuis dix ans ?
- Que contient ce bundle CarrierAce et qu'est-ce qui justifie réellement son prix ?
- Le déballage tient-il les promesses d'un HOTAS premium à 500 euros ?
- Que vaut la fabrication WINCTRL face aux références Thrustmaster ?
- Que change vraiment le grip CarrierAce R.Metal 2.0 face au grip Hornet de Thrustmaster ?
- La manette des gaz Orion2 et le finger lift sont-ils à la hauteur du cockpit Hornet ?
- SimAppPro, l'app qui mappe les touches pour vous et rend DCS plus plaisant ?
- Comment se comporte le bundle dans une vraie sortie d'appontage sur DCS ?
- Faut-il craquer pour ce bundle quand on a déjà du matos sim ?
Spécifications techniques
| Modèle | WINCTRL Orion2 Joystick Base (J2-2) | WINCTRL CarrierAce Joystick Grip R.Metal 2.0 | WINCTRL Orion2 Throttle Base (T2) + NavyAce Throttle Grip |
| Type de produit | Base de joystick HOTAS | Manche full metal F/A-18C | Manette des gaz HOTAS double axe |
| Construction | Aluminium moulé sous pression, structure métallique, extérieur plastique | Corps métal usiné | Aluminium moulé sous pression, axes chromés magnétiques |
| Capteurs | Capteurs Hall sans contact (specs WINCTRL) | Trigger pinky à axe Hall + switch fin de course (specs WINCTRL) | Capteurs Hall haute résolution 16 bits sur axe principal, thumbwheels Hi-Res Hall (specs WINCTRL) |
| Débattement | Pitch et roll ±17° | – | Course principale 80°, thumbwheels 80° |
| Mécanisme | Roulements industriels, bague de friction biaxiale | Repose-paume réglable détachable (course 21 mm, 20°), trigger 2 crans | Double axe synchronisable, friction réglable indépendamment, détentes interchangeables (idle/cutoff, mid-position, afterburner) |
| Switches et boutons | – | Trigger principal 2 crans, two five-way switches, one nine-way switch (china hat), molette pouce, axe analogique avec switch en bout | 4 dual-stage, 4 trois-positions, 3 press switches, 1 trois-positions avec press, 4 encodeurs press/axis, 2 thumbwheels Hi-Res |
| Rétroéclairage | Rétroéclairage networké et ajustable | – | Rétroéclairage networké et ajustable |
| Module de vibration | – | Module de vibration dynamique intégré | – |
| Compatibilité grip | Grip CarrierAce R.Metal 2.0 uniquement, non compatible avec base Orion 1, Super Libra ou Orion2 MFSSB | Compatible base Orion2 et extension rod uniquement | Compatible NavyAce, StrikeAce E, StrikeAce EX, ViperAce, Ka-50 |
| Connectique | USB Type-B vers PC, connecteur PS2 6 broches vers grip | Connecteur PS2 6 broches vers base | USB Type-B vers PC, connecteur dédié vers grip |
| Logiciel | SimAppPro (mapping plug-and-fly par module, profils par avion) | SimAppPro (mapping plug-and-fly par module, profils par avion) | SimAppPro (mapping plug-and-fly par module, profils par avion) |
| Montage | Ventouses fournies ou fixation 4 vis M4 sous platine | Sur base Orion2 ou extension rod | Ventouses fournies ou fixation 4 vis M4 |
| Dimensions | 213 × 213 × 120 mm | 105 × 135 × 200 mm | 325 × 210 × 125 mm |
| Poids | 1,5 kg | 0,55 kg | 2,2 kg |
| Prix bundle | 504,07 € (au lieu de 903,51 €) | ||
Pourquoi changer un HOTAS Warthog qui m'accompagne depuis dix ans ?
Mon Thrustmaster HOTAS Warthog, je l'ai depuis 2015. Dix ans à voler avec lui sur DCS World, des centaines d'heures à travers tous les modules que j'ai pu acheter au fil des sorties. C'est un excellent contrôleur, fabrication béton, fiabilité jamais prise en défaut. Je ne suis pas du genre à taper sur Thrustmaster, ce serait malhonnête, et tous ceux qui ont posé la main sur un Warthog savent de quoi je parle.
Grip F/A-18 de Thrustmaster

Le souci, c'est que le Warthog est avant tout un HOTAS pensé pour l'A-10C Thunderbolt II. Son layout, son ergonomie, la position de ses switches, tout est calqué sur le cockpit du Warthog réel de l'US Air Force. Et c'est tant mieux quand on vole sur A-10C dans DCS, parce que le mapping par défaut est immédiat et que chaque commande est exactement à sa place. Mais dès qu'on sort de cette cellule pour aller voler autre chose, on commence à composer avec un matériel qui n'a pas été dessiné pour l'appareil qu'on pilote.
Grip CarrierAce Joystick Grip R.Metal 2.0




J'ai aussi le throttle F-16C de Thrustmaster, qui est tout aussi excellent dans sa catégorie. Mais c'est exactement la même logique : c'est un throttle Viper, fait pour un Viper, US Air Force toujours. Deux excellentes références, chacune taillée pour son appareil, et c'est bien là le problème quand on bascule sur une cellule de l'US Navy.
HOTAS Warthog vs HOTAS Orion2 CarrierAce

Or depuis quelque temps, je passe l'essentiel de mon temps DCS sur le F/A-18C Hornet. Les opérations sur porte-avions, l'addon Supercarrier, les départs cold and dark depuis le pont du porte-avions, tout cela m'occupe quasi exclusivement.
Et avec mon Warthog, je me retrouvais à mapper à la main des fonctions critiques sur des switches qui n'ont pas la bonne forme, ni la bonne position, ni la bonne sémantique. Ça fonctionne, mais ça casse l'immersion et ça force du muscle memory parasite.
DCS Supercarrier et le F/A-18, terrain de jeu de cet HOTAS

J'avais déjà essayé de regarder ailleurs par le passé. WINCTRL était sur mon radar depuis un moment, comme Virpil ou VKB d'ailleurs. Mais à chaque fois, je me heurtais au même mur : la galère du mapping manuel. Configurer un HOTAS de A à Z dans DCS, c'est plusieurs heures de travail, des dizaines de bindings à associer un par un, et le risque permanent de tout perdre quand une mise à jour du jeu casse les profils, ou quand on change de PC. Avec le Warthog, le mapping par défaut était déjà correct, donc je restais. Avec d'autres marques, l'idée même de tout reconfigurer me décourageait, et j'abandonnais avant d'avoir vraiment essayé.
Un bloc conséquent mais avec un peu plus de plastique

WINCTRL m'a finalement fait parvenir son bundle Orion2 CarrierAce, articulé autour de son nouveau grip CarrierAce R.Metal 2.0, une réplique full metal du manche du F/A-18C. La promesse est simple, avec un HOTAS pensé pour piloter le Hornet, avec un layout calqué sur le cockpit réel du chasseur de l'US Navy. Et surtout, un écosystème logiciel qui prétend résoudre le problème historique du mapping. L'occasion de vérifier sur le terrain si le HOTAS spécialisé par cellule change vraiment l'expérience DCS, après dix ans passés à m'adapter à un matériel pensé pour un autre avion.
Que contient ce bundle CarrierAce et qu'est-ce qui justifie réellement son prix ?
Le bundle Orion2 CarrierAce est ce que WINCTRL appelle un HOTAS complet, c'est-à-dire un ensemble manche plus manette des gaz pensé pour fonctionner ensemble dès la sortie de la boîte. Concrètement, on reçoit cinq éléments principaux :
- La base joystick Orion2
- Le nouveau grip CarrierAce R.Metal 2.0
- La base de manette des gaz Orion2
- Le grip throttle NavyAce
- Le module Finger Lift indispensable pour simuler les détentes idle/cutoff du F/A-18C

C'est cette dernière pièce, le Finger Lift, qui transforme un throttle générique en throttle spécifiquement Hornet. Sur un vrai F/A-18C, le pilote doit lever physiquement deux petits leviers pour passer les manettes en position cutoff, et c'est exactement ce que reproduit ce module. La base Orion2 et le throttle, eux, sont des produits éprouvés dans la gamme WINCTRL depuis 2023, mais le grip CarrierAce R.Metal 2.0 est lui tout récent. C'est cette nouveauté que WINCTRL met aujourd'hui en avant, et c'est elle qui justifie le repositionnement marketing de tout le bundle.
Le déballage tient-il les promesses d'un HOTAS premium à 500 euros ?
Premier contact avec le bundle, je m'attendais à mieux. Là où un HOTAS Thrustmaster sort du carton prêt à voler, le CarrierAce arrive dans plusieurs boîtes, avec un grip et un throttle entièrement à monter, et même les poignées en plusieurs pièces. Aucun manuel imprimé, tout passe par les PDF disponibles en ligne. À ce niveau de prix, on s'attend à un peu plus de soin sur la présentation et l'expérience utilisateur d'arrivée. Le bloc de la manette des gaz est en plastique dur, loin du full metal d'un Warthog, et j'ai eu le sentiment d'avoir largement moins bien. Mais ce sentiment a vite évolué vers du très positif.


Le montage en lui-même n'est pas particulièrement complexe, mais il prend son temps. Comptez entre trente minutes et une heure pour assembler l'ensemble base, grip, throttle, poignée et finger lift. La documentation est bien traduite et le contenu est juste, ce n'est pas un souci de langue. Le problème vient des schémas qui semblent clairs au premier coup d'oeil mais qui, dans la pratique, manquent souvent de précision sur le sens de montage. Pour le finger lift en particulier, la pièce qu'on lève devant les doigts pour passer en idle/cutoff, j'ai mis un certain temps à comprendre dans quel sens monter les éléments, alors que j'avais la doc sous les yeux.
Les schémas de la documentation manquent de clarté

Rien de bloquant, et un bricoleur s'en sortira sans difficulté. Mais sur ce segment de prix, on est en droit d'attendre un déballage qui en jette davantage et une documentation visuelle plus aboutie. C'est typiquement le genre de détail sur lequel un industriel comme Thrustmaster fait encore la différence côté expérience client.
Comptez 30 minutes pour le montage

Que vaut la fabrication WINCTRL face aux références Thrustmaster ?
Et c'est là que la bascule se fait. Une fois le bundle assemblé sur le bureau, le ressenti change radicalement par rapport au déballage. L'objet est lourd, dense, et donne immédiatement l'impression d'un matériel pensé pour durer. La base joystick Orion2 affiche 1,5 kg sur la balance, le throttle T2 grimpe à 2,2 kg avec son grip NavyAce monté, et le grip CarrierAce R.Metal 2.0 pèse 550 grammes à lui seul. Soyons honnêtes, ces chiffres restent en deçà de ceux d'un Warthog, dont la base joystick dépasse les 2,5 kg et où chaque pièce respire le métal brut. WINCTRL fournit d'ailleurs des ventouses pour compenser cette différence de stabilité, indispensables si vous comptez utiliser le bundle sur un bureau standard. De mon côté, j'ai opté pour un montage sur Desk Mount en full métal, ce qui règle définitivement la question. Le Warthog, lui, n'a pas vraiment besoin de Desk Mount, son poids seul suffit à le clouer au bureau.



WINCTRL annonce un noyau interne en aluminium moulé sous pression pour les bases joystick et throttle, avec des roulements industriels et une bague de friction biaxiale sur la base Orion2. La marque est d'ailleurs honnête sur ce point, l'extérieur des bases est en plastique dur, seul le mécanisme central est en métal. La rigidité de l'ensemble est au rendez-vous dès que la base est correctement fixée. Pas de jeu mécanique notable, pas de bruit parasite à l'utilisation, pas de flexion suspecte sur les axes principaux. Le grip CarrierAce, lui, est annoncé en métal usiné, ce que confirme la sensation au toucher, plus froide et plus dense qu'un grip plastique Thrustmaster.



Sur les capteurs, WINCTRL met en avant une électronique sérieuse, avec des capteurs Hall sans contact sur la base joystick, un trigger pinky à axe Hall sur le grip CarrierAce et des capteurs Hall haute résolution annoncés en 16 bits sur l'axe principal du throttle. À l'usage, la précision ne décroche jamais sur les manœuvres fines, que ce soit en ravitaillement en vol via un S-3 Viking ou en formation rapprochée. Le comportement est constant, sans dérive perceptible après plusieurs heures de session.

Le finger lift mérite un mot à part. WINCTRL a fait le choix d'une pièce en POM, un polymère technique connu pour sa résistance à l'usure et son glissement naturel. C'est un détail qui peut sembler anecdotique, mais la pièce qu'on lève des dizaines de fois par mission doit pouvoir encaisser des années d'usage sans se déformer, et le POM est un choix industriel cohérent. Le mécanisme produit ce petit click sec qu'on attend d'un détent idle/cutoff bien fichu, sans fragilité apparente.


La comparaison franche avec un Warthog ou un throttle F-16 de Thrustmaster est éclairante. Côté Thrustmaster, on a un matériel qui mise sur un mariage acier/plastique, avec une électronique éprouvée depuis plus de dix ans et une fiabilité qui fait référence sur le segment. Côté WINCTRL, on a un matériel plus jeune, qui mise sur le full metal et sur des capteurs Hall partout, mais dont on n'a pas encore le recul d'une décennie d'utilisation intensive. À la sortie de la boîte, la sensation est au minimum équivalente, peut-être même légèrement supérieure côté densité brute. Pour la fiabilité long terme, il faudra attendre quelques années avant de pouvoir trancher honnêtement.
Que change vraiment le grip CarrierAce R.Metal 2.0 face au grip Hornet de Thrustmaster ?
C'est lui la vraie nouveauté de ce bundle. Le grip CarrierAce R.Metal 2.0 est la dernière itération de la gamme, et c'est précisément autour de lui que WINCTRL articule le repositionnement de tout l'ensemble. L'idée centrale est simple, reproduire le manche du F/A-18C Hornet de l'US Navy, dans une version full metal de seconde génération. Manipulé seul avant montage, le grip pèse 550 grammes pour des dimensions compactes, avec un toucher froid et dense qui ne laisse aucun doute sur la nature des matériaux.

Le layout suit fidèlement la disposition du Hornet réel, avec un panel complet de commandes accessibles au pouce et à l'index :
- Un trigger principal à deux crans pour la mitrailleuse et le canon
- Deux switches five-way bien différenciés
- Un nine-way switch en position pouce qui sert de china hat
- Une molette rotative au pouce
- Un repose-paume détachable réglable sur 21 mm en hauteur et 20 degrés en angle


En pratique, ce repose-paume se fait totalement oublier en vol, ce qui est probablement le meilleur compliment qu'on puisse faire à ce genre de pièce. Une fois la position trouvée, on n'y pense plus, et la main reste détendue même sur des sessions longues.

Le trigger pinky est l'une des innovations notables de cette seconde génération. Là où la plupart des grips utilisent un simple bouton digital pour la fonction pinky, WINCTRL a opté pour un axe analogique progressif, complété par un switch en fin de course. Concrètement, le levier renvoie une valeur graduelle selon la pression appliquée, avec un déclenchement franc en butée. Sur le Hornet réel, ce pinky paddle correspond à la fonction Paddle Switch qui sert principalement à désengager l'autopilot et à couper temporairement le FCS pour gagner en manœuvrabilité lors d'engagements BFM serrés. Dans DCS, l'apport de la progressivité analogique reste théorique puisque la fonction reste binaire dans le code du module, mais l'axe peut être remappé librement sur d'autres fonctions via SimAppPro pour exploiter cette finesse.
Le trigger pinky a un axe analogique progressif + bouton

Autre nouveauté importante de cette version 2.0 est l'intégration d'un module de vibration dynamique dans le grip. C'est une promesse forte sur le papier, qui doit théoriquement remonter des informations tactiles au pilote selon les phases de vol. En usage réel sur DCS Hornet, c'est là, ça bouge un peu, ça donne un feeling supplémentaire, mais soyons clairs, on n'est pas non plus sur un module qui va vous défoncer le poignet. Les vibrations se font sentir lors des décrochages, des passages en alpha élevé ou des tirs canon, et ça ajoute une petite couche d'immersion sans bouleverser l'expérience. C'est loin de la force feedback active qu'on attend sur les bases Cyber Taurus annoncées par WINCTRL pour 2026, mais ça fait le job, surtout en VR où l'on perd les repères visuels du cockpit physique.


C'est précisément en VR que ce grip déploie son vrai potentiel. Quand on vole avec un casque VR sur la tête, on ne voit absolument rien de son HOTAS physique, et la qualité du layout devient critique. Tous les switches doivent être identifiables au toucher, sans ambiguïté, parce que la moindre hésitation casse le rythme du vol. Après quelques séances d'adaptation, le grip CarrierAce passe ce test sans difficulté. Le master arm tombe sous le pouce, le chapeau chinois se distingue immédiatement du five-way, le master mode A/A et A/G se sélectionne sans regarder. Exactement ce qu'on attend d'un grip pensé pour une cellule précise, et c'est sans doute l'atout le plus fort pour le pilote VR sérieux.
La manette des gaz Orion2 et le finger lift sont-ils à la hauteur du cockpit Hornet ?
La manette des gaz Orion2 est le composant le plus dense en commandes du bundle. 4 switches dual-stage, 4 trois-positions, 3 press switches, 4 encodeurs press/axis et 2 thumbwheels haute résolution couvrent la majorité des fonctions critiques d'un pilote de chasse moderne, avec un rétroéclairage networké qui s'ajuste finement.

Le cœur repose sur un double axe synchronisable, calqué sur le F/A-18C qui dispose de deux moteurs indépendants. WINCTRL annonce des capteurs Hall 16 bits sur les axes principaux. En jeu, la course de 80 degrés est très progressive, avec une friction réglable indépendamment sur chaque axe via une vis Allen accessible sur le côté. Une fois la friction calibrée, la sensation est équivalente à ce qu'on trouve sur un throttle Warthog, juste plus dense en raison du métal partout.
Sur le double axe synchronisable, soyons honnêtes. C'est techniquement fidèle au vrai Hornet, mais en pratique sur DCS, on n'utilise une asymétrie moteur que dans des cas très particuliers comme une panne moteur. La majorité du temps, les deux axes restent verrouillés ensemble. Une fonction agréable à savoir présente, qui ne change pas radicalement l'expérience au quotidien.

Le finger lift transforme un throttle générique en throttle spécifiquement Hornet. Sur le Warthog de Thrustmaster, le passage en cutoff se fait aussi en levant les manettes, fidèle au vrai A-10. WINCTRL a appliqué la même logique de réplique fidèle, mais pour le F/A-18C, où ce sont deux petits leviers à lever physiquement qui passent les manettes en idle ou cutoff.

La cinématique est plausible, le click est franc, et le geste de lever le levier devant les doigts ajoute une vraie couche d'immersion au démarrage moteur. Seul bémol, le montage initial : la doc PDF ne brille pas par la clarté de ses schémas et il faut tâtonner pour comprendre dans quel sens monter les pièces.
Reste un manque qui surprend pour un throttle aussi orienté Hornet. Aucun switch dédié à la sortie de la perche de ravitaillement, alors que sur le vrai F/A-18C cette commande se trouve sur le panel FUEL côté pilote gauche, donc dans la zone naturelle de la manette des gaz. Il faut donc mapper cette fonction sur un autre bouton du throttle, ce qui marche techniquement mais casse le geste naturel quand on s'approche du tanker. WINCTRL propose bien une solution avec son PTO 2 Panel of Take Off à 114 euros, un panneau additionnel qui réplique fidèlement les fonctions du F/A-18C, perche de ravitaillement comprise.
La manette des gaz dispose de boutons dédiés aux fonctions du F/A-18C

Le revers de la médaille, c'est que ce panneau fait inévitablement doublon avec les boutons déjà présents sur la manette des gaz, comme le landing gear, le wing fold ou le parking brake. À chacun de voir si l'immersion complète vaut le surcoût et le compromis sur les doublons.
SimAppPro, l'app qui mappe les touches pour vous et rend DCS plus plaisant ?
Et puisqu'on parle de SimAppPro, c'est probablement la vraie surprise de cette semaine de test, et ça pèsera lourd dans ma décision finale. SimAppPro mappe automatiquement votre HOTAS pour le module DCS que vous lancez. Vous sélectionnez votre simulateur (DCS, MSFS 2020 ou 2024, X-Plane, P3D, Star Citizen), vous choisissez votre avion dans le catalogue, vous importez le profil constructeur ou un preset communautaire, et c'est mappé. J'ai eu deux ou trois bindings à ajuster sur le Hornet, et j'étais en vol.

Donc clairement, on a ici un logiciel qui, même s'il ne paye pas de mine avec un look un peu ancien, il faut avouer qu'il est clairement super efficace. L'interface est datée, ça ne paie pas de mine côté esthétique, mais on est en réalité face à un outil bien plus simple et lisible qu'un TARGET de Thrustmaster. Peu de menus, une logique claire, on trouve vite ce qu'on cherche. Mais dans l'univers du sim flight, aucun logiciel constructeur n'a jamais été beau. TARGET non plus, et c'est même pire à utiliser. Donc on s'en fiche, ce qui compte, c'est ce que ça fait, pas à quoi ça ressemble.

Ce qui compte, c'est que ça résout enfin le frein historique du mapping manuel. Avec un HOTAS générique, configurer un module DCS à zéro, c'est des heures de travail et le risque de tout perdre à la prochaine MAJ. SimAppPro stocke les profils dans son écosystème et les ré-applique après chaque mise à jour, même quand on change de PC. Mieux encore, la marque héberge une bibliothèque cloud de profils créés par la communauté, téléchargeables en un clic. Pour le Hornet, j'ai trouvé un preset à 1500+ téléchargements qui m'a évité de partir d'une page blanche. Pour un vétéran qui a passé dix ans à craindre les MAJ DCS, le changement est de taille.

Une seule vraie limite, et elle ne concerne pas DCS. Pour DCS, aucun souci, les chemins sont trouvés en deux clics. Pareil pour MSFS version Steam. En revanche, si vous comptez utiliser ces périphériques via un MSFS acheté sur le Microsoft Store, prévoyez de fouiller un peu. Les chemins d'installation sont moins évidents à localiser dans cette version, j'ai dû y consacrer un peu de temps avant de trouver. Rien de bloquant pour qui sait naviguer dans Windows, mais c'est typiquement le détail qui peut décourager un utilisateur moins à l'aise avec son OS.
WINCTRL a conscience que son logiciel est perfectible. Durant la FSWeekend 2026, l'équipe chinoise sur place a annoncé une refonte totale du logiciel. Aucune date n'a été communiquée, mais c'est une question de semaines ou de mois après la rédaction de cette review. On ignore encore ce qu'on y trouvera et si les défauts mentionnés ici seront corrigés, mais c'est bon signe de voir que les développeurs ne laissent rien passer et que l'écosystème continue d'évoluer.
Comment se comporte le bundle dans une vraie sortie d'appontage sur DCS ?
Logiciel et matériel, c'est bien, mais rien ne vaut le terrain pour juger un HOTAS. J'ai enchaîné cette semaine plusieurs CASE 1 Recovery, la procédure d'appontage standard de l'US Navy par beau temps, sur différentes cartes de DCS avec l'addon Supercarrier et le USS Theodore Roosevelt (CVN-71) comme bateau de référence. À chaque étape, du catapultage au trap final, le grip CarrierAce et le panel dense de la manette Orion2 répondent présents. Les commandes sont à leur place, les switches s'enchaînent sans hésitation, et le catapultage devient un vrai moment de plaisir quand les manettes claquent contre la butée afterburner pile au moment où la catapulte libère l'avion. Petite mention pour la VR avec mon HTC Vive Pro, qui même s'il n'est plus tout jeune fait encore très bien le job. Le layout différencié du grip permet de retrouver chaque commande au toucher après quelques séances d'adaptation. Exactement ce qu'on attend d'un HOTAS pensé pour cette cellule.
L'exercice le plus révélateur reste le ravitaillement en vol avec le S-3B Viking. C'est l'épreuve de précision pure par excellence, tenir une assiette stable à un mètre derrière le panier à 300 nœuds, sans dévier de plus de quelques centimètres. Le grip CarrierAce s'est montré aussi précis que ce que je connais sur Thrustmaster, et le module de vibration intégré apporte une lecture supplémentaire quand on dérive de la trajectoire. On sent un peu mieux la dynamique de l'avion, et ça aide à corriger plus rapidement. Sur cet exercice critique, le bundle WINCTRL fait jeu égal avec les références établies, et c'est déjà une vraie performance pour un constructeur plus jeune sur le segment. Après plusieurs heures cumulées de sessions, aucun jeu mécanique, aucun bruit parasite, aucun switch capricieux. Du sérieux.
Faut-il craquer pour ce bundle quand on a déjà du matos sim ?
C'est la question que tout pilote DCS, Falcon BMS voire Flight Simulator un peu équipé va se poser en lisant ce test. La réponse honnête dépend autant du portefeuille que de l'usage réel qu'on fait du sim aujourd'hui.
Trois profils se dégagent. Le pilote qui vole majoritairement sur F/A-18C Hornet et qui plafonne sur un HOTAS pensé pour une autre cellule trouvera dans le bundle CarrierAce un gain immédiat sur la cohérence du layout, sur l'immersion en VR et sur le temps économisé grâce à SimAppPro. Le rapport qualité-prix est difficile à battre sur le segment full metal. Le pilote multi-modules qui jongle entre plusieurs appareils devra accepter le compromis : un HOTAS spécialisé par cellule n'a de sens que si l'on privilégie une cellule en particulier. La modularité de la base Orion2, qui accepte plusieurs grips, ouvre cependant la porte à un investissement progressif. Le pilote qui découvre DCS sérieusement a probablement là l'une des meilleures portes d'entrée actuelles sur le segment full metal, à condition que le Hornet soit l'avion principal.

WINCTRL anticipe d'ailleurs le cas du pilote qui veut basculer entre Hornet et Viper avec un kit de conversion F-16C. J'en ai d'ailleurs reçu un avec son kit EX, que je détaillerai dans une review séparée. Le simple fait que la marque propose ce kit dédié plutôt qu'un grip universel mou en dit long sur sa philosophie de spécialisation par cellule.
Un dernier point, et c'est probablement le plus important. Un HOTAS premium ne vous fera pas progresser sur DCS si vous ne pratiquez pas régulièrement. Ce qu'un bon HOTAS débloque, c'est ce que votre matériel précédent vous coûtait en frottement cognitif, en mapping bricolé, en immersion cassée. Si vous êtes au plafond de votre setup actuel et que vous savez précisément pourquoi, le bundle CarrierAce vous apportera quelque chose. Sinon, aucun HOTAS ne fera la différence, et celui-là pas plus qu'un autre.

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Faut-il craquer pour le bundle WINCTRL Orion2 CarrierAce ?
Points forts
- Grip CarrierAce R.Metal 2.0 : layout F/A-18C calqué sur le cockpit réel
- Grip CarrierAce R.Metal 2.0 : trigger pinky analogique avec switch de fin de course
- Grip CarrierAce R.Metal 2.0 : module de vibration dynamique intégré
- Grip CarrierAce R.Metal 2.0 : repose-paume détachable et réglable qu'on oublie en vol
- Construction full metal sur l'ensemble du bundle
- Manette des gaz T2 : finger lift idle/cutoff à la cinématique plausible et bien fichue
- Manette des gaz T2 : double axe synchronisable, friction réglable indépendamment
- Manette des gaz T2 : un panel de switches dense et bien pensé pour le combat
- Précision au niveau d'un Thrustmaster Warthog
- Switches du grip identifiables au toucher, un vrai atout en VR
- SimAppPro : import de profil par module, mapping plug-and-fly immédiat
- SimAppPro : portabilité multi-PC sans risque de perdre ses bindings sur une MAJ DCS
Points faibles
- SimAppPro : interface vieillissante, mais une refonte est annoncée
- Stabilité moindre qu'un Warthog sur bureau, Desk Mount recommandé
- Bloc throttle extérieur en plastique dur
- Pas de switch pour la perche de ravitaillement sur la manette, un panel additionnel comme un PTO sera nécessaire
Note de la rédaction
Avec son bundle Orion2 CarrierAce, WINCTRL livre un HOTAS pensé de bout en bout pour le pilote de F/A-18C sur DCS World, et c'est précisément ce qui fait sa force. Le grip CarrierAce R.Metal 2.0, vraie nouveauté de cet ensemble, est une réplique fidèle du manche Hornet, avec un layout naturel, un trigger pinky analogique original, un module de vibration intégré et un repose-paume qui se fait oublier en vol. La manette Orion2 reste pertinente avec son double axe synchronisable, sa friction réglable et son finger lift idle/cutoff bien fichu. SimAppPro est l'autre révélation du test, avec un import de profil immédiat par module qui résout enfin le frein historique du mapping manuel sous DCS. L'expérience client n'est en revanche pas au niveau du tarif, avec un déballage qui ressemble plus à un kit de bricolage qu'à un produit fini. Mais une fois cet obstacle franchi, le bundle à 504 € représente un rapport qualité-prix difficile à ignorer pour tout pilote sérieux de Hornet sur DCS.







