Si comme moi vous rechignez à la corvée du lavage des vitres, il y a des robots pour ça. Encore faut-il miser sur un modèle fiable, efficace et pratique. Autant de promesses que tente de tenir Ecovacs avec son Winbot W3 Omni.
- Lavage des vitres efficace même sur les bords
- Écran de contrôle sur la station pratique
- Simplicité d’utilisation
Sommaire
- Ecovacs Winbot W3 Omni : la fiche technique
- Design : encombrant et moins pratique qu’auparavant
- Lavage : efficace mais des finitions manuelles toujours indispensables
- Ergonomie : un robot facile à vivre avec ou sans appli
- Entretien : quelques bons réflexes à adopter
Vous l’avez peut-être remarqué, c’est le printemps ! Enfin, par intermittence pour le moment, d’accord. Mais lorsque le soleil est enfin bien là et qu’il tape fort dans les carreaux, l’enthousiasme retombe assez vite. Pour moi en tout cas, l’automne et l’hiver n’ont pas été très cléments avec les fenêtres et portes-fenêtres de mon appart. D’un côté, le vent d’ouest macule mes vitres de gouttes de pluie et de poussière. De l’autre, le pollen provenant de la foret située non loin, les taches de doigts près des poignées et les traces des pattes du chat à la base de mes portes-fenêtres n’incitent pas non plus à jeter un œil vers l’extérieur. Sans compter que mes chambres sont équipées de fenêtres coulissantes qui se chevauchent lorsqu’on les ouvre. Je suis au deuxième étage. Une intervention par l’extérieur pour les atteindre est inenvisageable (je ne suis pas cascadeur, hein) et je ne peux pas non plus les démonter.
Bref, le retour du printemps n’est pas toujours accueilli avec ferveur. Mais ça, c’était avant que je m’équipe d’un robot laveur de vitres. Je pensais cet attirail un peu gadget jusqu’à l’année dernière ou j’ai opté pour un Ecovacs Winbot W2 Omni. Un robot tout en un, fourni avec une valise (dotée d’une batterie) qui se charge du boulot à ma place. Ecovacs a depuis revu sa formule avec le Winbot W3 Omni. Le but reste le même : nettoyer les vitres intérieures et extérieures. Ce qui change, c’est la station/valise qui l’accompagne. Une véritable petite machine à laver qui s’occupe de nettoyer la lingette du robot pour la garder propre avant d’attaquer une nouvelle vitre. J’étais assez dubitatif sur l’utilité réelle du système pendant la démo faite par la marque. Je profite donc de ce début de printemps pour voir ce que ça donne en conditions réelles.
Ecovacs Winbot W3 Omni : la fiche technique
| Caractéristiques | Détails |
|---|---|
| Aspiration | 8 000 Pa |
| Modes de nettoyage | Rapide, Approfondi, Minutieux, Bords, Intensif, Zones divisées, ciblé |
| Station tout-en-un | Bac d’eau propre de 1,25 L, bac d’eau sale de 1,25 L, autonettoyage, lavage lingettes à eau tempérée |
| Navigation | WIN-SLAM 5.0, TruEdge |
| Batterie | 4500 mAh intégrée + batterie externe 4500 mAh - recharge 3 h |
| Accessoires fournis | 2 lingettes microfibres et leur support, 1 flacon de liquide lave-vitre (230 ml), 1 batterie externe |
| Dimensions robot | 27 x 27 x 7,6 cm |
| Dimensions station | 34,3 x 42,9 x 22,5 cm |
| Poids total | 10,5 kg |
| Prix au lancement | 699 euros |
Design : encombrant et moins pratique qu’auparavant
Pour cette troisième évolution majeure de son robot laveur de vitre Winbot, Ecovacs n’a apporté que peu d’améliorations au robot lui-même. Le gabarit reste identique et les fonctions limitées au strict minimum avec un seul bouton pour démarrer l'engin ou l'arrêter.

C’est surtout sur la station qui l’accompagne que s’est portée son attention. C’est bien simple, elle ressemble à une mini machine à laver avec son hublot en façade est ses lignes anguleuses. Assez lourde (10,5 kg avec le robot qui ne peut s’en dissocier) elle est aussi encombrante avec son gabarit de 34,3 cm de large pour 42,9 cm de haut et 22,5 cm de profondeur. Sans compter qu’il faut ajouter encore 7 cm à cette dernière cote pour loger le robot.

Oui, c’est l’un des principaux inconvénients de cette station : le robot ne se loge plus dedans comme sur les modèles précédents mais s’accroche à l’extérieur, à l’arrière de la station comme un back-pack, à l’aide d’un simple crochet. C’est beaucoup moins pratique que le côté tout-en-un de la mallette que l’on trimballe facilement d’une pièce à l’autre (ou chez les voisins) sans risque de voir le robot se décrocher.

On perd aussi au passage le petit logement pour ranger le flacon de liquide lave-vitre. Dommage. La poignée de transport est, quant à elle, toujours présente, heureusement.

La raison de ce changement de design n’est autre que la nouvelle fonction embarquée dans la station : le lavage de la lingette microfibres. Ecovacs a jugé contraignant cette opération qui consiste à rincer ou nettoyer à la main la lingette plaquée sous le robot à chaque fois qu’on lance l’appareil à l’attaque d’une nouvelle vitre. Une étape vivement conseillée pour éviter d’étaler la saleté auparavant collectée. La station embarque donc tout un dispositif de nettoyage. Comme les aspirateurs robot, elle dispose d’un bac d’eau propre et un bac d’eau sale tous deux d’une capacité de 1,25 L.

En pressant un bouton au sommet, la face s’abaisse comme la porte d’un four. Elle dévoile alors quatre hélices constituées de trois pales chacune et équipées de brossettes à poils durs.

Lorsque la lingette du robot est sale, il suffit de déclipser le support sur lequel elle est fixée sur le ventre de l’appareil puis de l’insérer dans la station. On referme et on lance l’opération de rinçage. Elle dure moins d’une minute pendant laquelle la lingette est activement mouillée et brossée.

Une fois la manœuvre terminée, il suffit de la replacer sur le ventre du robot pour attaquer une nouvelle vitre. Elle est correctement humidifiée et prête à l’emploi. Et pas besoin d’attendre si le temps presse. Ecovacs fournit deux lingettes (montées chacune sur un support) avec l’appareil. Si bien que le rinçage peut s’effectuer pendant que le robot continue de laver les carreaux. Cette solution présente l’avantage de minimiser les interventions. Pas besoin de s’interrompre pour aller dans la cuisine et laver à la main la lingette avant de reprendre une session. Certes. Mais ces quelques minutes de gagnées ne compensent pas l’aspect pratique et compact des modèles précédents. La station, avec le robot accroché à l’arrière, se révèle moins aisée à caser dans un placard lorsqu’on en n’a plus besoin.

Par ailleurs, lors du retrait de la lingette après son rinçage, de l’eau accumulée sur le support de plastique goutte au sol. Si l’on souhaite bien faire les choses, il faut donc l’essuyer avec un chiffon. Le temps gagné au rinçage, je le perds à l’essuyage. Aussi, si le procédé se montre efficace et rapide, je ne suis toujours pas convaincu de sa pertinence.
Lavage : efficace mais des finitions manuelles toujours indispensables
Passons à l’objectif principal du Winbot W3 Omni : le lavage des vitres. Et je reconnais ici l’expertise d’Ecovacs. Après avoir rempli le réservoir de liquide lave-vitre du robot (un flacon de 230 ml est fourni) et humidifié sa lingette, il suffit de le plaquer contre la vitre, pas trop près des bords, et d’appuyer sur le gros bouton su sommet de la poignée pour qu’il démarre automatiquement.

Plusieurs programmes sont disponibles et accessibles directement depuis le petit écran couleur niché au sommet de la station. Les boutons permettent de naviguer choisir les différentes options. Le mode Rapide pour les fenêtres intérieures peu sales, le mode Approfondi pour les faces extérieures très sales, Minutieux pour les surfaces extérieures moins sales, le mode Bords et enfin le mode en zone divisée lorsqu’il s’agit d’une grande baie vitrée par exemple (entre 4 et 8 m de large). Il est également possible d’ordonner au robot le nettoyage d’une zone précise.

Une fois solidement agrippé grâce à une aspiration de 8000 Pa, le Winbot W3 commence son nettoyage. Selon le mode choisi, il emprunte un itinéraire plus ou moins large. Il pulvérise également son liquide lave-vitre via deux trios de buses placés à l’avant et à l’arrière. Le liquide projeté ne s’éparpille pas partout (sauf en extérieur s’il y a peu de vent).

L’efficacité est au rendez-vous. La poussière, les traces de doigts ou de gouttes de pluie séchées disparaissent assez facilement. Les tâches plus tenaces comme des coulures grasses, peuvent nécessiter plusieurs passages (et l’échange de lingette) ou une intervention manuelle. Mais le résultat est très correct.

Les bords et les coins profitent de la technologie TruEdge d’Ecovacs. De petites hélices nichées dans les roulettes sur le côté droit de l’appareil se chargent de tenter de nettoyer ces zones toujours délicates à atteindre. Le résultat n’est pas spectaculaire (de petite traces restent visibles lorsqu’un rayon de soleil passe dessus) mais néanmoins plus satisfaisant qu’avec les autres robots dépourvus d’un tel système.

Cependant, malgré toutes ces technologies embarquées, le Winbot W3 ne m’épargne pas la petite corvée des finitions. Armé d’un chiffon, je dois essuyer les bords et les coins pour parfaire le résultat. Mais c’est surtout une fois que le robot a terminé sa tâche que le chiffon doit rester à portée de main. Lorsqu’on le retire de la vitre, il laisse une belle et large trace.


Elle est due à l’humidité de la lingette. Un coup de chiffon immédiat, avant qu’elle ne sèche, permet de l’éliminer. Le Winbot W3 n’a donc pas corrigé ce phénomène que l’on rencontre avec tous les appareils de ce type. Celui qui trouvera la solution à ce problème marquera pas mal de points !
Ergonomie : un robot facile à vivre avec ou sans appli
Le Winbot W3 conserve le concept inauguré par ses prédécesseurs. La station qui l’accompagne peut être reliée au secteur mais intègre aussi une batterie de 4500 mAh. De quoi travailler un peu plus de deux heures. Une astuce qui lui permet d’opérer si les fenêtres à nettoyer sont situées loin d’une prise électrique ce qui est souvent le cas en extérieur. Et si ça ne suffit pas, Ecovacs fournit dans la boîte une seconde batterie de même capacité à brancher à l’arrière de la station.

C’est très confortable. Quant au câble qui relie le robot à la station, il mesure 5,30m. De quoi atteindre facilement les fenêtres hautes ou même s’occuper des Velux. Côté sécurité, on peut compter sur le poids de la station pour éviter que le robot ne tombe de plusieurs étages en cas de dysfonctionnement. Par ailleurs, sous la station se cache une ventouse. Adossée à une aspiration électrique, elle permet à l’ensemble de ne pas décoller du sol, au cas où.


Enfin, un petit filin terminé par un mousqueton permet aux plus anxieux d’arrimer la station à un meuble pour éviter qu’elle ne bascule. Mais les risques demeurent très faibles. Par ailleurs, une fois son office terminé, le Winbot W3 revient à son emplacement d’origine. Une alerte vocale retentit sur la station pour avertir que la tâche est terminée. Les robots démunis de station émettent eux aussi une alerte mais elle n’est pas toujours audible, notamment lorsqu’ils travaillent à l’extérieur.

Enfin, pour piloter le robot, le recours au smartphone n’est pas indispensable. Même si l’appareil profite d’une connexion Bluetooth pour se connecter à l’appli Ecovacs Home sur iOS et Android et d’une connexion Wi-Fi, il peut entièrement être manipulé depuis le petit panneau de contrôle et l’écran couleur présents sur la station. Tous les menus sont en français et facilement compréhensibles.

Le recours à l’appli est toutefois nécessaire pour maintenir l’appareil à jour. Mais à part cette fonction très spécifique, le Winbot W3 est parfaitement autonome. J’aurai toutefois apprécié recevoir une petite notification sur mon mobile pour m’avertir de la fin d’une tâche ou d’un pépin. Malgré la connexion Wi-Fi de l’appareil, rien ne surgit à l’écran du smartphone. Dommage.
Entretien : quelques bons réflexes à adopter
Le Winbot W3 se révèle assez simple à entretenir. Il se charge lui-même du lavage des lingette comme nous l’avons vu plus haut mais un petit nettoyage à la main à l’eau chaude et au savon de temps en temps est aussi le bienvenu. Par ailleurs, j’ai noté une usure prématurée des lingettes. Après avoir laver les trois pans de ma porte fenêtre et la fenêtre coulissante de ma cuisine à deux pans (intérieur et extérieur), la lingette semblait déjà bien abîmée.

Il faut aussi songer à décrasser régulièrement les roulettes présentes aux quatre coins de l’appareil. En longeant les bords elles ont tendance à accumuler de la poussière et autres petits résidus. Quant aux chenilles, il est possible depuis l’appli de les faire tourner dans le vide afin de les nettoyer en maintenant un chiffon dessus. Bien vu.

Reste la station pour laquelle Ecovacs a bien prévu les choses. Un programme accessible depuis le panneau de contrôle et l’appli ordonne un autonettoyage pour la maintenir propre. En revanche, rien n’est prévu pour le séchage. Il faudra laisser la porte ouverte pour faire disparaître l’humidité avant de la ranger dans le placard.
Conclusion
Points forts
- Lavage des vitres efficace même sur les bords
- Écran de contrôle sur la station pratique
- Excellente autonomie
- Simplicité d’utilisation
Points faibles
- Intérêt discutable du système de lavage des lingettes intégré
- Encombrement et poids de la station
- Transportabilité de l’ensemble moins pratique
- Finitions au chiffon indispensables
- Prix très élevé pour un usage modéré
Note de la rédaction
Pour cette nouvelle version de son Winbot, Ecovacs a concentré l’essentiel de ses efforts sur la refonte de sa station en lui ajoutant une tâche supplémentaire : s’occuper également de l’entretien des lingettes microfibres. Pourquoi pas mais je ne crois pas que c’était si indispensable que ça. Surtout au regard de ce que j’y perds. La portabilité de l’ensemble en prend un sacré coup. Le robot est mollement suspendu à un crochet à l’arrière et demande de redoubler de vigilance lorsqu’on le trimballe d’une pièce à l’autre (une petite pensée également pour ceux qui doivent transporter le tout d’étage en étage). L’emplacement pour le flacon de liquide lave-vitre a disparu. La station est plus haute et moins facile à ranger… tout ça pour qu’elle s’occupe de rincer les lingettes à ma place ? J’aurais préféré continuer à m’en occuper moi-même si le robot avait fait un bond en avant dans l’efficacité de nettoyage, ce qui n’est pas vraiment le cas. Il délivre de bons résultats, certes mais demande toujours de passer derrière lui pour effectuer quelques finitions dont il est incapable. Surtout lorsqu’il a terminé de travailler et qu’il laisse derrière lui une grosse trace bien baveuse. Si les ingénieurs d’Ecovacs trouvent la solution, ils feront une belle avancée. En attendant, il faut essuyer. Et à 700 euros le robot, je préfère m’orienter vers un modèle moins cher, comme le C1 de Dreame (avec ou sans batterie) ou encore le Winbot W2S d’Ecovacs, le modèle précédent.

