Chaque année, les géants chinois TCL et Hisense prouvent un peu plus au reste du monde que le marché des téléviseurs est en train de changer. J'avais donc vraiment hâte de tester le C89K, modèle star de TCL en 2025. Vous allez le voir, je n'ai pas été déçu.
Sommaire
- Présentation et caractéristiques
- Design et construction : un télé chinois à bon prix peut avoir l’air premium, la preuve
- Qualité d’image : on croirait presque de l’OLED... pour deux fois moins cher
- Jeu vidéo : une dalle 144 Hz native, mais…
- Son et système d’exploitation : une surprise de taille
- Conclusion : le C89K est un très bon TV 4K qui pue le best seller
Présentation et caractéristiques
Avant d'entrer dans l'analyse, il faut évacuer un premier sujet : le nom du produit. Ce nouveau téléviseur est le successeur du très populaire TCL C89B. En toute logique, on s'attend donc à ce que le géant asiatique reprennent le naming de l'année dernière. Et bien non, pas tout à fait. Lorsque la marque m'a présenté sa nouvelle gamme au printemps 2025, ce produit m'a été introduit en tant que TCL C8K. Bon... pourquoi pas. Quelques temps plus tard, le téléviseur sort. Là, je constate que, tandis que TCL me parle toujours de C8K, presque l'intégralité des sites marchands évoquent un TCL C89K. Certains parlent même de Q8C, avec des documents officiels du constructeur qui portent ce nom. Tout ça, c'est évidemment sans compter sur les noms propres aux autres pays (QM8K aux États-Unis par exemple).
Il est très fréquent de voir les constructeurs de télés proposer le même modèle avec des noms différents. La raison officielle donnée par ces derniers est de proposer des versions alternatives exclusives à certains distributeurs. Par exemple, un Samsung S90F peut s'appeler S93F chez Boulanger car le pied sera légèrement différent. La raison officieuse, c'est que tout ce petit monde cherche à éviter les comparateurs de prix en ligne. Alors voilà, je vous le dis : rien ne change entre un C8K, un C89K ou un Q8C. J'ai fouillé dans des documents officiels, interrogé pas mal de monde en interne chez TCL, et, a priori, ce sont exactement les mêmes modèles. C'est étrange, mais voilà, ce téléviseur possède plusieurs noms. Dans ce test, j'ai choisi de l'appeler C89K afin d'une part de marquer la filiation avec le C89B de l'année dernière et d'autre part de suivre la tendance majoritaire chez les distributeurs.
Ceci étant dit, voici les caractéristiques de la bête : vous allez voir, rien que sur le papier, c'est du lourd !
| Caractéristique | Détail |
|---|---|
| Technologie d’affichage | QD Mini-LED (7e génération) |
| Résolution | 4K Ultra HD (3840 x 2160 pixels) |
| Processeur | Quad Core AiPQ Pro |
| Taux de rafraîchissement | 144 Hz natif |
| Normes HDR | Dolby Vision IQ, HDR10+, HDR10, HLG |
| Connectique | 4 HDMI (dont 2 HDMI 2.1), USB, Ethernet, Optique, CI+ |
| Système son | Bang & Olufsen 4.2.2 Dolby Atmos, DTS Virtual:X |
| Système d'exploitation | Google TV |
| Connectivité sans fil | Wi-Fi 6, Bluetooth 5.4, Chromecast, AirPlay 2 |
| Fonctionnalités Gaming | VRR, ALLM, AMD FreeSync Premium Pro, Dolby Vision Gaming |
| Prix de lancement | 1000€ pour du 55 pouces et 1500€ en 65 pouces (prix réellement pratiqués plus faibles). |
Sur un marché du haut du haut de gamme très disputé, avec notamment les excellents modèles des coréens LG / Samsung et des japonais Sony / Panasonic, TCL a encore tout à prouver en Europe. D'année en année, le constructeur prouve qu'il a sa place dans la cour des grands. On le voit dès cette première présentation générale : le C89K concentre le meilleur des technologies actuelles, à commencer par une dalle QD Mini-LED de septième génération, pilotée par un processeur Quad Core AiPQ Pro. Ok, tout ça c'est bien beau mais qu’en est-il réellement, une fois la bête sortie de sa boîte ? J'ai pu longuement tester ce modèle, et voici ce que j'en pense.
Design et construction : un télé chinois à bon prix peut avoir l’air premium, la preuve
Honnêtement, au déballage, je dois avouer que mes premières impressions ont été mitigées. J’ai d’abord cru à un produit un peu trop épais et un peu trop plastique. Pire encore, côté mise en route, l'expérience ne fut pas extraordinaire. L'assemblage du produit est un peu plus pénible que chez les concurrents (sortez le tournevis), la mise en route de Google TV prend du temps... bref, j'ai eu un peu peur. Rassurez-vous, cette peur s'est très vite dissipée. Après la petite demie heure de mise en route, j'ai commencé à changer d'avis.
Quand on le regarde de face, le C89K respire la qualité et la robustesse. Le pied central en métal brossé, réglable en hauteur pour caler une éventuelle barre de son, est du plus bel effet et les bordures extra-fines font plaisir à voir. Une fois qu'on s'installe devant le télé, ce TCL C89K devient élégant, presque aérien malgré ses dimensions imposantes.
Design, pied ajustable et connectique



La grande innovation design de ce produit réside dans l'intégration du fameux Zero Border ou 100% image, une prouesse technologique qui élimine quasiment toute marge intérieure autour de l'écran (on appelle cela la matrice). Résultat ? Pour la même taille d’écran qu’un modèle concurrent, on gagne de fait un peu de taille d'affichage. Supprimer la matrice, ça augmente l'immersion, ça renforce l'aspect premium, ça fait gagner de l'affichage... bref, c'est génial.
Vu de dos, le téléviseur a l'air un brin trop plastique. Pour autant, il impressionne quand même grâce à son système son signé Bang & Olufsen, fièrement apparent. Mine de rien, le simple nom du constructeur audio ultra premium donne un vrai cachet au produit. Même visuellement, ce système son en impose. Toujours à l'arrière, on voit aussi les différents guides fils, simples et efficaces.
Qualité d’image : on croirait presque de l’OLED... pour deux fois moins cher
Si TCL peut se permettre de jouer les gros bras en matière d’innovation d’affichage, c’est avant tout grâce à sa filiale TCL CSOT, aujourd'hui numéro un mondial des fabricants de dalles LCD. TCL garde ainsi jalousement ses meilleures innovations pour ses propres modèles. Le résultat des dernières avancées de CSOT est immédiatement visible à l’œil nu sur cette nouvelle dalle QD Mini-LED de 7è génération. Je vous passe les détails techniques : retenez simplement que, chaque année, le géant chinois en fait toujours plus côté luminosité, nombre de zones de local dimming (ici, plus de 3800 en 65 pouces), gestion des couleurs etc. En 2025, avec cette dalle sans matrice ultra lumineuse et ultra précise, on arrive à des niveaux de qualité vraiment dingues. Pendant mes journées de test, certains de mes collègues ont même cru que TCL s'était mis à l'OLED, c'est dire.
Un niveau de contraste et des pics lumineux dingues !

Côté chiffres, mes mesures sont assez éloquentes. Voici mes chiffres : 3281 cd/m² de pic lumineux sur une fenêtre de 10%, une couverture quasi parfaite du DCI-P3 (97 %) et delta E moyen inférieur à 2 en mode Filmmaker. Au passage, il est agréable de voir que TCL a entendu les retours de la presse en intégrant enfin ce fameux mode Filmmaker !
Nous sommes sur l'un des modèles les plus lumineux du marché, écrasant les mesures du très bon C89B de l'année dernière. Sur certains contenus HDR, j'ai pris une belle claque. Ce qui est fou, c'est que cette luminosité est soutenue par un niveau de contraste très élevé (on l'a dit, on peut presque faire une comparaison avec de l'OLED). Quand on se place sur le côté, on voit encore un brin de blooming (effet de halo sur les zones très lumineuses), mais franchement, il faut le chercher pour le voir.
Vu sa patate, le télé peut-être utilisé dans un environnement lumineux sans trop de problème, mais méfiez vous tout de même. Chez TCL, il y a un point noir récurrent d'année en années : l'anti-reflet. Quand le télé est éteint, on peut prendre un selfie dedans et ça, ça refroidit un peu. En fait, le filtre posé sur le téléviseur est là pour améliorer le rendu de l'image, sur les noirs notamment, mais il ne s'occupe pas du tout des reflets. C'est dommage.
Côté couleurs, mes chiffres parlent encore d'eux mêmes. Le C89K peut afficher un gros volume de couleurs et les restituer avec une très grande précision lorsqu'on utilise le mode Filmmaker, toujours aussi précis. Ce produit offre une sublime vibrance sans jamais donner dans le criard saturé. C'est du solide.
Image de test par Jacob et Katie Schwartz

Le processeur du téléviseur fait plutôt un bon travail côté upscalling. Mes tests réalisés à l'aveugle sur mes collègues sont formels : la plupart n'arrivent pas à distinguer le Full HD upscallée 4K de la 4K native.
Enfin, il semble toujours important de rappeler que, depuis des années les constructeurs chinois Hisense et TCL sont compatibles à la fois HDR10+ et Dolby Vision. Les coréens devraient s'en inspirer.
Jeu vidéo : une dalle 144 Hz native, mais…
Autre grosse particularité du C89K : sa dalle à 144 Hz natifs, ce qui est rarissime sur le marché. TCL propose ce taux de rafraîchissement élevé depuis plusieurs années maintenant, bien avant que la concurrence ne commence même à y penser. La fluidité en jeu vidéo est remarquable, notamment sur les titres d’action ultra-rapides à la Valorant ou les jeux de course nerveux comme Forza Horizon.
Le bémol ? TCL n'a prévu que deux ports HDMI 2.1. Pour les joueurs équipés de plusieurs consoles nouvelle génération, c’est problématique, car il faudra régulièrement permuter les branchements. Personnellement, je possède un Apple TV, une barre de son qui doit être branchée à un port 2.1 eARC, une Nintendo Switch 2 vendue avec un câble 2.1 (même s'il sera peu utile dans le réel), une PS5, une Xbox Series X et un PC gamer qu'il m'arrive de connecter au télé. Je suis déjà limité lorsque j'ai 4 ports HDMI 2.1 comme peuvent le proposer LG ou Samsung, alors 2... Je sais que cette limitation technique est due au processeur mais tout de même, en 2025, c'est pénible.
Un Forza hyper fluide !

Heureusement, le mode jeu est performant : faible input lag, relativement bonne gestion des couleurs sans excès de saturation (même si le delta E s'envole toujours un brin en mode Jeu), et compatibilité complète VRR et ALLM. On note toutefois un léger ghosting, discret mais réel, qui pourrait gêner les gamers très sensibles. Mais bon, c'est de la Mini-LED, c'est normal, TCL ne peut pas faire de magie non plus.
Son et système d’exploitation : une surprise de taille
Dans mes tests de télés haut de gamme, je réunis les parties sur le son et sur le système d'exploitation car ces derniers sont souvent remplacés. Lorsqu'on achète un télé pour une somme à 4 chiffres, on a tendance à l'accompagner d'une barre de son et d'un produit comme l'Apple TV ou le Nvidia Shield. Mais est-ce utile ici ? Pas forcément.
Concernant l’audio, c’est un coup de maître. Pour ce C89K, TCL et Bang & Olufsen, proposent l'un des meilleurs systèmes sonores jamais entendus sur un téléviseur. Les gros haut-parleurs signés B&O bien visibles à l'arrière de la bête ne sont pas là pour l'esbrouffe : ce système en 4.2.2, envoie vraiment du lourd.
- On peut pousser le volume assez haut sans distorsion ;
- Bonne restitution de l'ensemble du spectre avec notamment des dialogues très clairs et une belle rondeur des graves (ce qui est extrêmement rare sur les TV modernes) ;
- Spatialisation très correcte.
Un système son signé B&O

Attention : notez bien que la version 55 pouces du produit embarque un système moins performant !
Côté système d’exploitation, Google TV est toujours aussi intuitif et complet. J'ai finalement assez peu de choses à en dire. La navigation est fluide, toutes les applications que vous cherchez sont de la partie, les réglages sont fournis et bien organisé... ça fait le job ! Bon, le hub principal n'est toujours pas en 4K, c'est assez moche, mais que voulez vous, à peu près tous les téléviseurs du marché sont logés à la même enseigne.
Mention spéciale à la nouvelle télécommande de TCL. Bien qu'elle ne soit que très légèrement rétroéclairée et qu'elle fonctionne toujours sur piles, elle fait partie de mes préférées du marché. Pour moi, TCL a trouvé le bon équilibre sur le nombre de boutons, et la prise en main s'avère fort agréable. La petite finition métallique qui rappel le pied du télé me semble plutôt élégante.
Google TV et télécommande


Conclusion : le C89K est un très bon TV 4K qui pue le best seller
Sur JVTECH, nous ne notons pas le rapport qualité prix des produits testés afin de ne pas juger une caractéristique trop fluctuante et de ne pas rendre notre barème confus en donnant la même note à deux produits alors que l'un est intrinsèquement meilleur que l'autre. Ceci étant dit, nous savons bien que les tests sont consultés avant tout par des personnes qui cherchent à se renseigner avant un achat, nous trouvons donc assez important d'évoquer le rapport qualité prix en fin de papier. Surtout avec un produit comme le C89K. Un mois après sa sortie, ce téléviseur est déjà trouvable aux alentours de 1100€ en 65 pouces. C'est à mon sens le meilleur rapport qualité prix haut de gamme qu'on puisse trouver, peu importe votre usage. Peut-être qu'au Black Friday je ne dirai pas la même chose, mais, à date et avec les tarifs de lancement, c'est juste dingue de voir une telle machine à un tel tarif. Les géants chinois de la tech prouvent une fois de plus qu'ils peuvent produire du haut de gamme et nous le vendre à des prix impensables pour la concurrence.
Bravo TCL
Points forts
- Design élégant avec un écran parfaitement bord-à-bord.
- Très forte luminosité accompagnée de couleurs nombreuses et fidèles.
- Fiche technique complète et sans concession (compatibilité Dolby Vision et HDR10+ notamment.)
- Bon téléviseur gaming avec une dalle 144 Hz native.
- L'un des meilleurs système son embarqué du marché.
Points faibles
- Anti-reflet moyen
- Seulement deux ports HDMI 2.1
Note de la rédaction
Le TCL C89K s’impose clairement comme une des meilleures surprises de l'année 2025. À la fois puissant et accessible, il impressionne par une image parfaitement bord-à-bord à la qualité quasi-OLED, un son dingue et un prix très compétitif. Tout simplement l’une des références incontournables du marché, que je risque fort de recommander pendant de nombreux mois.

