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Liste des sujets

Mon programme pour 6 mois

eussoudore30
eussoudore30
Niveau 10
14 octobre 2021 à 00:26:18

Repost 410

Je fais ce topic principalement pour moi seul, afin de m'organiser pour les 6 prochains mois, mais vous pouvez vous y glisser.

:d) Pour commencer, je prévois les lectures suivantes :

- La recherche de Proust, complète (à acheter seulement)
- Guerre et paix (à acheter seulement)
- Anna Karénine
- Les carnets du sous-sol
- Les démons
- Aurélien
- Mort à crédits
- Un roi sans divertissement
- Thérèse Desqueyroux
- La gloire de mon père
- L'insoutenable légèreté de l'être
- Martin Eden
- Le nouveau testament
- La divine comédie
- Illusions perdus
- Sur la route
- Lorenzaccio
- Mort à Venise
- L'idiot
- L'énnéide
- La femme de trente ans
- Tendre est la nuit
- Les diaboliques
- Le neveu de Rameau
- A rebours

Je n'ai pas spécialement d'ordre, et quand tout cela sera lu, j'enchaîne dans cet ordre :

- Être et temps
- Apports à la philosophie : de l'avenance
- Les méditations cartésiennes
- Idées directrices pour une phénoménologie et une philosophie phénoménologique pures
- Phénoménologie de la Perception
- L'essence de la manifestation
- Philosophie et phénoménologie du corps
- Totalité et Infini

:d) Les livres à acheter :

- La recherche de Proust, complète
- Guerre et paix
- Anna Karénine
- Les carnets du sous-sol
- Les démons
- Le journal d'un séducteur
- Aurélien
- Mort à crédits
-Un roi sans divertissement
- La gloire de mon père
- L'insoutenable légèreté de l'être
- Martin Eden

:d) Anglais - oral

https://www.youtube.com/watch?v=ZKTJhBtImnA

:d) Espagnol - les bases

https://www.mosalingua.com/blog/2018/12/09/vocabulaire-espagnol-par-theme/

:d) Achats :

- Bâtons de marche
- Sac à viande (sol bivy escape)
- Polaire légère

:d) Divers

- Demande de passeport
- Réactualisation de la carte d'identité
- Rattraper tous les vaccins
- Réécrire mon recueil de poèmes
- Réécrire mes notes du GR10

Je commence à lire La mort à Venise demain, et je vais écouter les premiers épisodes en anglais

eussoudore30
eussoudore30
Niveau 10
14 octobre 2021 à 00:26:33

J'ai terminé La mort à Venise de Thomas Mann

Ce roman est en tout point opposé à L'amour au temps du choléra de Marquez, malgré le contexte identique :

- Le roman de Marquez est très long, il relate toute une vie. Celui de Mann est très court, et expédie une tranche de vie en moins de deux mois
- L'amour dans le roman de Marquez est profond, tenace, c'est une force tranquille. Chez Mann, c'est une pulsion fulgurante, c'est la jouissance de la beauté immédiate.
- L'amour chez Marquez est conventionnel, noble, chez Mann, il est déviant, honteux, puisqu'il s'agit qu'un cinquantenaire amoureux d'un adolescent.

Contrairement à Lolita de Nabokov, le roman de Mann ne s'attarde pas particulièrement sur la relation déviante. D'ailleurs, le héro et son amant n'échangerons aucunes paroles, le pas n'est jamais franchi. Au sommet de sa fougue, le vieux personnage prend son jeune amant en filature, l'observe de loin, mais l'interdit n'est violé qu'en pensée. Oui, il est amoureux d'un adolescent, mais il ne matérialisera pas cet amour, il se contentera d'en jouir honteusement en pensée.

Mann propose plutôt une réflexion sur la beauté. La beauté de l'adolescent commence par être exceptionnel, puis, étant toujours croissante, elle s'approche du divin, l'amant étant comparé à des figures mythologiques puis à Dieu lui-même. Or, en voulant jouir de cette beauté, le personnage écrivain abaisse son esprit, diminue sa noblesse, se laisse emporter dans le tourbillon de ses désirs qui l'ensauvagent, lui, l'académicien modèle, fier et respecté.

Cet amour est honteux, la filature est honteuse, les regards persistants le sont tout autant, il ira jusqu'à se maquiller pour ressembler à cette jeunesse qu'il désir ardemment. La beauté est le pont sensible entre le monde terrestre et le divin, disait Platon. Or, celui qui veut la posséder se rend hideux en produisant des actes laids pour y parvenir : telle est la fatalité du poète dont la quête du beau mène à cette forme de dégénérescence

Je suis en profond désaccord philosophique avec Thomas Mann, qui est manifestement inspiré par Platon. C'est pourquoi cette lecture a été assez pénible, l'œuvre ne m'a pas particulièrement touché. J'ai recensé toutefois quelques paragraphes où le style de Mann culminait, et mon attention devenait alors plus intense. Passages trop rares, hélas.

J'ai noté quelques nouveaux mots :

Bastingage : La barrière de protection sur le pont d'un navire
Folâtre : Ce qui est follement gai et plaisantin, à la manière d'un enfant
Chevroter : Parler d'une voix tremblante
Gargote : Restaurant bas de gamme

eussoudore30
eussoudore30
Niveau 10
14 octobre 2021 à 00:26:50

J'ai terminé Thérèse Desqueyroux de Mauriac

Tout simplement prodigieux ! C'est la première fois que je lis Mauriac, et il ne me déçoit pas !

Comment ne pas penser à Maupassant et à Flaubert en lisant Thérèse Desqueyroux ? Cette campagnarde, en effet, subit un mariage arrangé avec un mari médiocre, qui ne l'aime pas, ou mal.

Mais tout le génie de Mauriac réside dans cette différence subtile : à aucun moment Thérèse n'a été innocente. Elle est une femme d'esprit, garçonne, qui ne croit rien de ce que racontent les romans d'amour, contrairement à Emma Bovary et Jeanne qui sont des femmes ordinaires, abreuvées de fantasmes et de mauvaise littérature.

Lorsqu'elle est enceinte, Thérèse n'est pas illuminée d'espoir, de joie et d'illusion : elle est un fardeau et voudrait que la chiard ne naisse jamais. De même, lorsqu'elle devient mère, elle délaisse son enfant, qui ne l'intéresse pas le moins du monde. Son mariage n'est pas particulièrement heureux non plus, mais elle semble résignée, prend la situation avec un flegme inouï, malgré sa souffrance liée à la solitude d'un esprit que personne n'aime et ne comprend.

Une interrogation me taraudait alors : comment une femme d'esprit comme elle a-t-elle pu se laisser prendre dans cette vie dont elle ne voulait vraisemblablement pas ? C'est très simple : elle l'a fait par devoir envers sa famille. Mais bientôt, elle ne pouvait plus supporter cette situation, et elle devait en sortir : plutôt que de se laisser aller à la mélancolie durant des années, elle a entreprit d'empoisonner son mari en mettant ça sur le dos de sa maladie au cœur. De cette façon, elle préserve les valeurs de sa famille tout en évitant une existence morne auprès d'un homme rustre et égoïste.

La tentative échoue, ça se sait, et elle devient une honte pour la famille, dont elle se fera exclure progressivement.

Il y a des passages tout-à-fait ingénieux qui mettent en relief la personnalité de Thérèse : elle rencontre un jeune homme du village qui étudie à Paris. Elle s'éprend vaguement de lui, parce que malgré sa laideur, il est le seul individu ayant de l'esprit dans le coin. Mais un fossé les sépare : le jeune homme appartient à l'élite parisienne, tandis qu'elle n'est qu'une campagnarde. Sa pensée est plus complexe, il domine Thérèse qui n'a pas le bagage pour penser aussi bien que lui. Elle fait parvenir quelques livres dont il lui parle, mais elle est incapable de les lire à cause de leur complexité. Thérèse a effectivement un bel esprit, mais sa classe sociale la rattrape : elle n'égale pas en savoir et en profondeur la bourgeoisie parisienne.

De la même façon, elle domine son mari, qui est intellectuellement incapable de soutenir une conversation avec elle. Pourtant, elle mène une existence par conventionnalisme, car c'est ce que sa famille attend d'elle. Il ne lui est pas venu l'idée de refuser la mariage, de répudier cette campagne, de gagner la ville pour s'élever. Mais d'un autre côté, elle transgresse les mœurs du village en se comportant à bien des égards comme un garçon.

Une impression me vient alors : Thérèse ne peut pas s'empêcher d'être elle-même, une femme intelligente qui a quelques idées ; mais elle est incapable de se dépasser, d'accroître sa connaissance, d'inventer son avenir. Ni tout-à-fait moderne, ni tout-à-fait conventionnelle, est elle isolée entre deux monde qui lui sont étrangers : la campagne conservatrice qui est trop basse pour elle, et la ville intellectuelle qui lui est inaccessible en pratique et en théorie, jusqu'à la fin où s'ouvre le roman.

Thérèse m'a fasciné, par ses ambiguïtés, ses ambivalences, son originalité : c'est un personnage unique, réaliste et complexe ; elle est une femme que l'on ne peut pas enfermé dans une catégorie, et c'est pourquoi elle méritait un traitement littéraire

Nouveaux mots :

Caqueter : Jaqueter
Rétif : Récalcitrant
La brande : Ensemble de buisson dominés par la bruyère, présents dans le sud-ouest

eussoudore30
eussoudore30
Niveau 10
14 octobre 2021 à 00:27:17

Je rajoute un livre :

:d) Melmoth

Ainsi des que des films :

:d) Happy Together
:d) Made In Hong Kong
:d) Zatoïchi
:d) L'intendant Sansho
:d) Chantons sous la pluie
:d) Boulevard du crépuscule
:d) M le maudit
:d) La nuit du chasseur
:d) Les 7 samouraïs
:d) Barberousse (65)
:d) Entre le ciel et l'enfer
:d) Drive my car
:d) Dune
:d) Onoda
:d) Cowboy bebop l'anime à finir aussi

eussoudore30
eussoudore30
Niveau 10
14 octobre 2021 à 00:27:40

Je viens de finir Le neveu de Rameau, de Diderot.

C'est une œuvre immensément riche, dont je ne pourrais pas tout dire, à mi chemin entre le dialogue philosophique et le théâtre comique. Diderot se met en scène, dialoguant avec un bouffon. Ce sont les deux uniques personnages.

Le personnage de Diderot est sans ambiguïté, c'est un philosophe digne, qui aime la vertu et haït le vice. Le bouffon en revanche, est hautement intéressant, parce qu'il est ambivalent. D'un côté, il soutien une. éthique crasse, et s'enorgueillit d'être vil, d'accomplir des méfaits, de trahir Il est à la fois hédoniste et cynique. Contrairement à Diogène, il ne rejette pas les normes : il en joue pour en tirer profit, en trompant ses bienfaiteurs. De plus, contrairement au philosophe grec, le neveu de Rameau souffre continuellement de manquer de biens qu'il ne possède pas. Ainsi, il n'est ni bon, ni sage. Il le sait, le déclare et en est fier.

Mais d'un autre côté, ce bouffon est capable de la plus grande sagesse, en portant sur certains sujet une vérité profonde. Mieux encore, il est un esthète dont le goût musical est beaucoup plus élevé que celui de Diderot. Il n'est pourtant pas contradictoire, parce qu'il perçoit de la beauté dans le crime : il admire les scélérats les plus ingénieux, qu'il trouve sublime.

Par l'intermédiaire du personnage du bouffon, Diderot présente sa théorie esthétique. Elle est la même tout au long de sa vie : l'art doit prendre pour modèle ce qui est pleinement vivant et non ce qui est faux, joué. Et cette vie, on ne la trouve qu'en observant des gens ordinaires, qui s'adonnent à des passions quotidiennes et non contrôlées. Tout ce qui est sophistiqué, faux, imité, plonge l'art dans l'ennui, dans la morte immobilité, dans la fadeur. Seule la vie insuffle à l'art cette énergie, ce mouvement passionné qui provoque des émotions vraies. C'est pourquoi Diderot ne cesse d'appeler à briser les codes académiques, qui tendent à endormir la vie en l'enfermant dans un cadre figé et ennuyeux.

" Rien de si plat qu'une suite d'accords parfaits " affirme le neveu de Rameau, et il a raison ! C'est trop scolaire, trop prévisible, ceux qui répètent des accords classiques à la guitare produisent une musique convenue, sans âme. C'est en tordant ces accords, en insérant des notes disharmonieuses mais inattendues que la passion s'exprime.

De l'autre côté, Diderot présente sommairement une éthique en passant par son personnage. Face au bouffon qui utilise autrui, qui manque de tout, qui fantasme sur ce qu'il n'a pas, qui est prêt à toutes les vilénies pour le posséder, Diderot propose une morale ma foi très classique qui consiste à prendre plaisir à faire le bien, à jouir des plaisirs sensibles avec modération, à ne rien désirer de ce qu'il n'a pas déjà, de ne pas s'abaisser à la vilénie, sous aucun prétexte.

Mais n'est-ce pas précisément une perfection ennuyeuse, qui manque de vie, qui n'est pas naturelle ? C'est du moins ce rétorque le bouffon, et non sans raison, puisqu'il se raccorde à sa théorie de l'art. Les dignes gens ne font il que mimer la vertu qu'ils prétendent posséder ? C'est du moins le cas si les actes et les valeurs ne coïncident pas, répond Diderot. Y a t-il une perfection morale qui ne serait pas simplement un jeu sans vie, y a t-il une éthique honnête et vivante à la fois ? Cette question ne sera pas résolue dans cet ouvrage.

Quoi qu'il en soit, le bouffon impose en retour sa propre éthique, dans lequel le vice est légitime et assumé. Mais la morale du bouffon ne triomphe jamais, car il est éternellement malheureux, ce qui laisse penser qu'il est impossible pour l'éthique de se calquer sur l'esthétique. Et c'est là, je pense, la deuxième thèse majeur et innovante de l'ouvrage.

Nouveaux mots :

Grabat : Un lit misérable
Métacarpe : l'ensemble osseux de la main
Cossu : adjectif pour ce qui dénote la richesse
Avanies : traitements humiliants
Fureter : fouiner

eussoudore30
eussoudore30
Niveau 10
14 octobre 2021 à 00:28:25

[Contexte : Muichkine évoque les paroles d'un condamné à mort qui a été gracié à la dernière minute]

- " Si je pouvais ne pas mourir ! Si la vie m'était rendue, quelle éternité ! Tout cela serait à moi ; je transformerais chaque minute en siècle, sans en perdre aucune, je les compterait toute pour n'en rien gaspiller ! " Il disait que cette pensée avait fini par se transformé en une telle fureur qu'il ne désirait plus qu'être fusillé au plus vite.
[...]
- Eh bien comment par la suite a-t-il employé cette richesse ? A-t-il vécu en comptant toutes les minutes ?
- Oh non, il me l'a dit lui-même, je l'ai questionné à ce sujet ; il ne vécut pas du tout de cette façon et gaspilla de très nombreuses minutes.
- Donc, voilà une expérience concluante : on ne peut pas vraiment vivre en comptant. Il doit y avoir une raison à cela.
- Certainement, il doit y avoir une raison à cela, répéta le Prince. Il me semblait aussi... Et pourtant, je n'arrive pas à le croire...
- Cela veut-il dire que vous pensez pouvoir vivre plus intelligemment que les autres ? demanda Aglaë
- Oui, à cela aussi, j'ai déjà songé.
- Et vous le pensez ?
- Et... Je le pense

J'éprouve une profonde fascination à la lecture de ce roman, chaque chapitre me touche, chacun d'entre eux démontre une qualité d'écriture de virtuose, et il y a un potentiel infini dans le personnage de Muichkine

eussoudore30
eussoudore30
Niveau 10
14 octobre 2021 à 00:29:07

DONC, disais-je, je poursuis la lecture de l'Idiot, pour le moment

Will_1407
Will_1407
Niveau 27
14 octobre 2021 à 00:52:28

Sacré programme

eussoudore30
eussoudore30
Niveau 10
15 octobre 2021 à 18:31:25

J'ai peu lu, ces deux derniers jours. D'autres problèmes me préoccupent.

Lundi, j'aurais plusieurs choses à faire, j'en ai marre de les repousser :
:d) Prendre RDV chez le généraliste pour lui parler du larynx qui me fait mal et de ma difficulté à parler
:d) Prendre RDV chez le dentiste pour lui parler de ma molaire qui me fait mal quand je croque
:d) Prendre RDV pour le deuxième vaccin du Covid
:d) Prendre RDV avec l'université pour récupérer les diplômes

Broulalalazare
Broulalalazare
Niveau 35
15 octobre 2021 à 19:21:40

RSA l'auteur ?

eussoudore30
eussoudore30
Niveau 10
16 octobre 2021 à 03:00:36

Le 15 octobre 2021 à 19:21:40 :
RSA l'auteur ?

Période transitoire entre la fin de mes études et le début de mes grands voyages. Je suis bloqué encore quelques mois pour terminer un traitement de santé

eussoudore30
eussoudore30
Niveau 10
16 octobre 2021 à 03:02:20

Dostoïevski dépeint avec une terrible précision les nihilistes russes, dans un passage tout-à-fait saisissant de l'Idiot.

Un groupe de nihilistes publient un article diffamatoire et injuriant envers le prince, qui est un homme authentiquement honnête, dans le but que celui-ci cède une partie de son héritage à son frère caché (ce qu'il comptait faire quoi qu'il en soit). Puis ces nihilistes débarquent chez lui en clamant " Nous avons le droit de ci, nous avons le droit de ça " " Nous ne quémandons pas, nous exigeons " " Vous n'avez aucun droit "

Le prince reste calme, et ne s'agace pas de toutes ces injures. Il reste profondément courtois, et leur explique la chose : il soupçonne l'avocat de vouloir les escroquer, lui autant qu'eux, et c'est pourquoi il a émit quelque réserves. A la suite de quoi toute la bande de nihilistes s'indigne " de quel droit osez vous ! " " vous nous prenez pour des simplets, c'est outrageant ! " " Vous diffamez, c'est offensant ! " alors qu'ils ne s'étaient pas gênés pour raconter les saloperies les plus viles sur le prince

A la lecture de ce comportement, je n'ai pas pu m'empêcher de faire le lien avec une conversation que j'ai tenté de tenir avec une woke. Elle, semblait certaine de détenir la vérité, elle m'injuriait, me parodiait et déformait le sens de tous mes arguments. Et plus j'étais poli envers elle, plus elle était grossière. Aurais-je eu l'audace de lui faire remarquer, elle s'en serait scandalisée

Il y a quelque chose de profondément semblable entre ces nihilistes et les wokes que nous connaissons. Ce sont les mêmes sans-gênes qui tentent de renverser l'ordre établi en agissant avec insolence et suffisance, en ne croyant qu'à eux-mêmes, sans questionner leur absence de rationalité. Une question évidente s'ouvre alors : les wokes sont-ils nihilistes ?

PucixSnif
PucixSnif
Niveau 6
16 octobre 2021 à 03:08:50

J’ai DDB en sah ce serait drôle de voir tout ça s’envoler :rire:

eussoudore30
eussoudore30
Niveau 10
16 octobre 2021 à 03:09:01

Le 16 octobre 2021 à 03:05:52 :
Bordel, dire qu’en lisant 1 livre par mois (dont je me souviendrai plus du contenu d’ici quelques mois) je suis content :rire:

C'est déjà bien, surtout si tu étudies ou bosse à côté. Moi, je n'ai que ça à faire

eussoudore30
eussoudore30
Niveau 10
17 octobre 2021 à 18:54:24

Je suis à 500 pages de l'Idiot, il m'en reste 400, ça avance et je voudrais que ce roman ne s'achève jamais :bave:

Bagabund
Bagabund
Niveau 13
17 octobre 2021 à 22:02:32

Le 17 octobre 2021 à 18:54:24 :
Je suis à 500 pages de l'Idiot, il m'en reste 400, ça avance et je voudrais que ce roman ne s'achève jamais :bave:

Tu aimes tant que ça ? :bave: Tu as aimé quoi d'autre de Dostoïevski ?

Perso je suis à 300 pages de Le comte de Monte Cristo : Style simple mais efficace, quelques moments ou l'écriture atteint les hauts sommets. Narration et dialogues aux ptis ognons, c'est prenant, palpitant, il se passe toujours quelques choses ça se lit très bien !

eussoudore30
eussoudore30
Niveau 10
18 octobre 2021 à 16:45:13

Le 17 octobre 2021 à 22:02:32 :

Le 17 octobre 2021 à 18:54:24 :
Je suis à 500 pages de l'Idiot, il m'en reste 400, ça avance et je voudrais que ce roman ne s'achève jamais :bave:

Tu aimes tant que ça ? :bave: Tu as aimé quoi d'autre de Dostoïevski ?

Perso je suis à 300 pages de Le comte de Monte Cristo : Style simple mais efficace, quelques moments ou l'écriture atteint les hauts sommets. Narration et dialogues aux ptis ognons, c'est prenant, palpitant, il se passe toujours quelques choses ça se lit très bien !

Muichkine est déjà devenu mon père spirituel ! Il me ressemble beaucoup, mais il est meilleur encore, beaucoup plus pur et plus aimable. Le roman est si complexe, si vivant, toujours aux antipodes de la carricature, de l'archétype, ça laisse sans mots ! Je ne pourrais pas citer tous les endroits où Muichkine m'impose le respect, tellement ils sont nombreux et profonds.

J'ai beaucoup aimé Crime et châtiment, un peu moins Les frères Kamarazov et Le Joueur

Il me semble avoir un Dumas chez moi, je le lirai !

Eussoudore29
Eussoudore29
Niveau 10
19 octobre 2021 à 02:53:15

J'ai terminé la saison 1 de Peppa Pig :

I Guess = Je devine / Je suppose
Could = pourrait / pouvait
Well done = Bien joué
I wonder = je me demande
Elsewhere / somewhere else = ailleurs
Pretty : joli
Curtain : rideau
Shape : forme
Teasing : taquiner
Looking for : rechercher
How -> Hhhaw
These --> Disse
This --> Daisse
Special --> Spaichiaule
There --> Vairw

Je me suis entraîné à prononcer la phrase suivante : " Do you know where can i find water here ? "

Maintenant que j'y arrive bien, je passe à : " What would you like to x " ?

Eussoudore29
Eussoudore29
Niveau 10
20 octobre 2021 à 15:42:50

Les 1.000 mots les plus utilisés en anglais https://drive.google.com/file/d/1il0O0r3AoOV1WKB5es1uNciRzLjaGxJ-/view

Eussoudore29
Eussoudore29
Niveau 10
20 octobre 2021 à 18:27:03

Voici un passage de l'Idiot qui mérite un traitement à part

" Il est des gens dont il est difficile de dire quelque chose qui les dépeigne entièrement d'un coup dans ce qu'ils ont de typique ; ce sont ceux que l'on appelle communément les gens ordinaires, la majorité, et qui, en effet, composent l'énorme majorité de notre société. Les écrivains, pour leurs romans ou leurs récits, choisissent de préférences des personnages types d'un milieu et les représentent d'une façon imagée et artistique, personnage que l'on rencontre fort rarement dans leur intégralité et qui, néanmoins, sont presque plus réels que dans la réalité même. "

Le constat est devenu parfaitement classique, et nous le connaissons tous : la plupart des gens se ressemblent tous, ne présentent aucun trait caractéristique, et il est beaucoup plus intéressant de traiter des originaux. Seulement, Dostoïevski pose un problème littéraire :

" Que doit faire le romancier avec les gens ordinaires, de l'espèce la plus commune, et comment les présenter au lecteur de façon un peu soit tant intéressant ? Il est impossible de les esquiver complètement dans un récit, parce que les gens ordinaires représentent, à chaque instant et pour la plupart, le maillon indispensable dans l'enchaînement des évènements quotidien ; en les laissant de côté, on détruirait donc la vraisemblance. "

En effet, nous ne pouvons pas nier l'existence de ces gens sans fantaisie. Mais comment les rendre intéressant, ceux qui le sont si peu, et qui ne s'entretiennent jamais avec nous des sujets passionnants ? Même sans être écrivain, la question se pose de savoir comment s'intéresser à ces gens ordinaires ? Cela semble être une nécessité pour Dostoïevski, par souci de réalisme, parce qu'ils font partie intégrante du réel. C'est appauvrir la réalité que d'évincer ces messieurs tout le monde, c'est se créer une bulle fantasque et hors-sol. Alors : comment rendre le banal intéressant ?

" A notre avis, l'auteur doit s'efforcer de trouver des nuances intéressantes et instructives même chez les gens ordinaires. "

Trouver la variation de nuance sur le thème de la routine, l'idée est louable. Mais poursuivons, parce que Dostoïevski en vient au cœur de son propos

" Lorsqu'il arrive, par exemple, que l'essence même de certaines personnes ordinaires consiste précisément en ce qu'elles ont d'invariablement et de constamment ordinaire ou, encore mieux, lorsque malgré tous leurs efforts pour sortir à n'importe quel prix de l'ornière de la routine et de la banalité, elles finissent tout de même par ne rester qu'une routine éternelle et immuable, alors ces personnages acquiert en un sens la qualité de types, en tant qu'être ordinaires qui ne veulent à aucun prix demeurer tels qu'ils sont, et qui cherchent coûte que coûte à devenir originaux et indépendants sans avoir la moindre disposition à l'indépendance. "

Donc, parmi tous les gens ordinaires, il s'en trouve certains qui se démarquent en ceci que, tout en se sachant quelconque, ils jouent les originaux, ils font semblant, tentent de se persuader qu'ils le sont. Ils userons de tout un tas de stratagème pour devenir originaux, ce qui n'adviendra jamais puisqu'ils ont une personnalité parfaitement quelconque.

Au sein de la masse banale, ce type de personne est légèrement plus intelligent que les autres. Ils savent, au fond, qu'ils sont quelconque, car autrement, ils ne s'efforceraient pas à se démarquer. Mais par la suite, croyant s'être démarqués par des actes joués et parfaitement insignifiants, ils se prendront pour des originaux, tout en doutant de leur originalité. C'est en ceci qu'ils sont ambigües. Les débunkers de complotistes, les backpackers, les filles très scolaires, les vulgarisateurs qui ne font que ça et les hipsters font partie des ces gens ordinaires-là, par exemple.

Ces personnes ont une instruction raisonnable, ils ont souvent fait des études, allant parfois jusqu'au master, ce ne sont pas des imbéciles. Seulement, ce ne sont pas des gens brillants : ils sont demi-habiles. Corrects mais sans éclat, doués mais sans talent, dotés d'une personnalité agréable mais sans fantaisie.

Mais il existe au moins un autre type de gens ordinaires : ceux qui sont moins intelligents, plus bornés. Ceux que prendront pour référence les premiers pour se croire originaux. Dostoïevski les dépeint de cette façon :

" Rien n'est plus facile à l'homme ordinaire borné que, par exemple, de se considérer comme un homme extraordinaire et original, et de s'en délecter sans aucune hésitation. Ainsi, il a suffi à quelques unes de nos demoiselles de se faire couper les cheveux, de se mettre des lunettes bleues et de se baptiser nihilistes pour se convaincre aussitôt qu'ayant chaussé des lunettes, elles ont sur-le-champ acquis des convictions personnelles. Il a suffi à d'aucuns d'éprouver tant soit peu au fond de leur cœur un sentiment universel et bon, pour être convaincus, séance tenante, que personne ne sentait comme eux et qu'ils se trouvaient à l'avant-garde de l'évolution universelle. D'autres encore, se contentent d'accepter de confiance quelque idée ou de lire une page d'une texte sans queue ni tète pour croire aussitôt que ce sont là leurs idées personnelles, issues de leur propres cerveau. "

Pour synthétiser, l'homme ordinaire borné un est imbécile, celui qui subit continuellement le biais de Dunning-Kruger
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en restant bloqué au seuil minimal de la connaissance, et jouissant ainsi d'une confiance immense. Contrairement à l'ordinaire intelligence, le borné n'a aucune espèce d'instruction, et il va plonger au hasard dans des théories qui lui plaisent

A ce titre, nous pouvons citer :
- Les kheys qui, sans lire quoi que ce soit, écrivent des topics avec suffisance dans lesquels ils nous exposent leurs idées confuses en étant persuadés d'être à la pointe de l'avancée théorique, alors qu'ils sont seulement sur le point de comprendre le déterminisme le plus vulgaire.
- Les femmes qui partagent des citations qu'elles ne comprennent pas, celles qui commentent sans comprendre davantage, car cela semble joli.
- Tout ce qui est relatif au new-age, aux sectes, aux développements personnels bas de gamme, qui ne consiste qu'à écouter, imiter.
- Les complotistes passifs

Bref, la liste n'est pas exhaustive, les gens ordinaires représentent beaucoup de monde. Quiconque a rencontré de pareilles personnes a du comprendre qu'il ne pouvait que les ignorer, car ils ne sont pas en état de douter d'eux-mêmes, ils sont parfaitement illuminés et inconscients de leur médiocrité.

Enfin, Dostoïevski présente un troisième type de gens quelconques, qui est celui des gens ordinaires, qui, tout en se sachant ordinaires, le savent et l'acceptent. Ce sont à mon sens les plus humbles et les plus intéressants. Ils ont conscience de leur condition, ils portent un regard réaliste sur eux-mêmes, et il faut là une force d'esprit que n'ont pas les aux autres types sus-cités.

A ce titre, il me vient l'image d'un chaudronnier m'ayant un jour pris en stop. Il se proclamait parfaitement ordinaire, il savait que sa vie était sans fantaisie, que sa personnalité ne se démarquait en rien, et c'était vrai, je n'allais pas le démentir. Mais pour cette clairvoyance, pour cette authenticité et cette humilité, j'ai immédiatement éprouvé un grand respect pour cet homme. Il fait partie de cette dernier type de gens ordinaire, le meilleur des trois.

Apprendre à différencier les gens quelconques, à trouver leurs petites particularités insignifiantes, ça donne de l'épaisseur au réel. Ces gens ne sont pas réductibles à une masse : chacun à son individualité propre, et c'est même pour cette raison qu'un si grand nombre de gens sans talent se croient extraordinaires : ils se comparent à plus médiocres qu'eux.

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