Je suis d'accord, j'aurai souhaité que L'idiot ne se termine jamais ![]()
Je viens de terminer la lecture de l'Idiot ! Quel monument ! Il entre directement dans mon top 5 et pourtant je peux vous dire que j'en ai lu, des romans ![]()
Dostoïevski est le plus grand romancier que l'humanité a eu l'honneur de compter parmi ses membres ![]()
L’idiot est un chef d’œuvre. La première partie à elle seule constitue un chef d’œuvre dans le chef d’œuvre. Le prince Muichkine est considéré comme un idiot parce qu’il est trop authentique pour maîtriser les normes sociales. Pourtant, il a de l’esprit, de l’instruction, de la répartie. La société russe n’est pas aveugle, et après des premières approches délicates, le prince se lie avec les individus et les élèvent.
Par l’exemple, par ses actes et son immense capacité à pardonner, il rend les autres meilleurs et plus humbles, il s’attire la sympathie des grands. Mais le roman est précis, ambigüe, et le prince n’est jamais totalement intégré, tout le monde le prend encore pour un idiot, tout le monde semble hésiter entre l’admiration, le respect et l’humiliation.
Ces complexités, ces comportements doubles et les dialogues spontanés rendent le roman très vivant. Prenez le plus haut sommet de Mme Bovary, la scène des comices agricoles, étendez là sur une intrigue complète tenant en 250 pages, et vous obtenez cette symphonie sublime qu’est la première partie de l’Idiot, où les dialogues et les personnes s’entremêlent dans un théâtre humain et vivant.
Dostoïevski est à ce point éloigné de la caricature que ces personnages sont continuellement étonnants. Ils sont imprévisibles, et pourtant cohérent, tout simplement parce qu’ils sont vivants. L’auteur aime les hommes et parlent de leur âme. Qui aurait pu se douter qu’un homme aussi trivial et orgueilleux que Gania allait se repentir après la gifle infligée au prince ? Qui aurait pu se douter que Rogojine allait, dans un accès de fureur, considérer quelqu’un comme son frère, lui qui est si seul et tant incapable de morale ?
La trame du roman est axée sur un triangle amoureux qui se révèle progressivement, mais ce triangle n’est qu’un prétexte pour peindre la société russe confrontée à un homme proche du Christ. Nous aurons affaire à une famille de bourgeois, à un criminel, à une famille de classe populaire, à une femme atteinte de démence, à la jeunesse nihiliste, à l’élite de la haute société, à des fonctionnaires, et Dostoïevski va brasser tous ces gens pour obtenir un tableau assez complexe de la société.
Ce tableau aurait été neutre sans la figure du prince, qui est l’homme d’exception. Le prince est comme un nouveau né à l’âge adulte qui découvre le monde, un être pur, encore tout fait d’argile, et qui a tout à apprendre. Du même coup, nous découvrons la société avec un regard qui lui est extérieur, mais la société va se mettre à changer en présence de ce regard, le prince agit sur elle, il ne s’agit pas d’un tableau figé.
Bien que la comparaison entre le prince et le Christ soit évidente, elle est toutefois limitée. Muichkine n’est qu’un homme, il n’accomplit aucun miracle, ses facultés mentales sont limitées. Bien qu’il puisse tout pardonner, il ne peut pas tout accepter, son esprit refoule certaines idées, la démence l’emporte parfois quand l’acceptation est trop rude. De même, il n’est pas vénéré avec la même intensité. Toute une cours gravite autour de lui, parce qu’il fait germer en autrui des idées d’amour et de simplicité, mais sans la même intensité que le Christ : autrui gravite autour de sa personnalité admirable mais ne se donne pas pour mission de diffuser ses idées. Enfin, le prince fait parfois des erreurs en croyant faire le bien, il engendre ces catastrophes. Surtout vers la fin, où il semble de plus en plus dépassé par ce qu’il se trame.
Puisqu’il m’est impossible de commenter entièrement ce roman, je me bornerais à évoquer les plus beaux passages :
- Le chapitre 6 de la première partie, qui relate l’épisode que Muichkine a passé dans un village en Suisse, quelque temps plus tôt. C’est un véritable conte, quasiment un passage légendaire et biblique, dans lequel le prince raconte comment il a unit tous les enfants du village pour leur apprendre à aimer Marie, non pas la vierge mais une jeune femme du village qui a été haïs et harcelée après un mariage raté. Au départ, les enfants lui jetaient des pierres. Puis, sous l’impulsion du prince, ils ont commencé à aimer cette femme qui dormait dans la rue. Ce sont devenu ces seuls alliés, et elle recevait pour la première fois un amour réconfortant. Elle est tombée malade à cause de son hygiène, et en meurt quelque temps plus tard, mais l’amour du prince et des enfants lui rend l’évènement plus doux et plus tendre.
- La scène de la liasse brûlée, durant laquelle nous découvrons la démence de Nastassia Philippovna. Depuis le matin, Gania et Rogojine se disputent férocement sa main, car c’est une beauté mondaine reconnue. Il y a d’abord la première scène d’une intensité remarquable chez les Ivolguine, où Nastassia fiche un bordel monstre, Rogojine débarque à son tour en s’improvisant avec sa bande comme s’il était chez lui, et c’est au milieu de cette pétaudière que le prince se prend une gifle par Gania. La situation s’essouffle, et voilà que Rogojine reparaît le soir même dans une soirée donnée chez Nastassia, où sont présents les principaux protagonistes. Rogojine vient apporter une liasse de 100.000 roubles pour la main de Nastassia, ce qui est considérable, et bien supérieur à la somme proposée par Gania. Mais soudainement, Nastassia, prise d’une crise d’hystérie, jette la liasse au feu sous les regards éberlués. Il s’ensuite un passage d’extrême tension durant lequel elle commande à Gania d’aller chercher la liasse qui brûle, et elle sera à lui. Tout le monde hurle, tout le monde l’encourage, ou tente de décourager Nastassia, mais ni l’un ni l’autre ne cède. C’est finalement Nastassia qui récupère la liasse et qui s’échappe avec Rogojine après une déclaration d’amour étonnante du prince envers elle.
- Toute la « confession » d’Hyppolyte, qui constituent les dernières pensées d’un phtisique mourant. Il y décrit son rapport à la mort, aux autres, ses haines, ses angoisses. Nous en tirons une idée phare du roman : les hommes n’apprennent à vivre que lorsqu’ils sont condamnés, mais alors il est trop tard, et ils jalousent les vivants, ceux qui ont du temps et qui le gâchent à ne rien faire. C’est tout un pamphlet existentialiste qui se dessine là, mais confusément, fiévreusement, dans l’intensité redécouverte d’une vie arrivant à son terme. Les notions de liberté, de responsabilité et de cause de soi y apparaissent en tout cas déjà, et bien avant les philosophies du XXe siècle. Hyppolyte pressent les grandes pensées heideggérienne qui arriveront 60 plus tard. Mais le plus beau passage de la confession est sans aucun doute l’analyse du tableau de Holbien. Hyppolite flatte le réalisme de Holbien qui peint un Christ descendu de la croix avec la souffrance au visage. Si même le Christ n’a pas vaincu la souffrance et la mort, que reste-t-il à l’homme pour affronter des phénomènes aussi terribles, sinon la terreur ? Grâce à la tirade du prince sur la peine de mort 500 pages plus tôt, nous le savons : l’espoir. Mais Hyppolite ne le sait pas, parce qu’il n’y a plus d’espoir pour lui, il est condamné à mourir à une date quasiment fixe, et c’est là la plus lourde des peines. Hyppolite ne peut plus que vivre intensément, mais dans la terreur, et c’est pourquoi il éprouve une intense terreur.
- Enfin, le passage où Eugène Pavlovitch – homme à la morale et à l’intellect supérieurs – exprime son désaccord au prince qui a fait un mauvais choix causant le malheur de nombreuses personnes. Selon lui, le prince aurait du abandonné son amour envers Nastassia Philippovna, qu’il estime infondé. Pour le prouver, il va dresser le profil psychologique complet du prince. Le prince affirme qu’il aime deux femmes à la fois, et qu’Agläé n’aurait pas du se sentir humiliée. Eugène va tenter de lui prouver que son amour envers Nastassia est une illusion de son esprit, créée dans des circonstances favorables, tandis que son amour envers Agläé est abstrait : il aime Agläé comme le Christ aime l’humanité, ce qui amène à cette situation paradoxale où, tout en réservant à Agläé un sort spécial, le prince l’aime comme il aime n’importe qui. Eugène ne crois pas que Muichkine soit amoureux d’Agläé, et Eugène a raison : le prince aime cette femme parce que celle-ci l’aime, il lui renvoi son propre amour, en l’aimant indistinctement de tous les autres. C’est un amour abstrait, spirituel, loin de l’amour passionnel et vivant auquel aspire Agläé. Quant à Nastassia, c’est vrai encore : le prince l’aime comme une première impression, comme un coup de foudre sans épaisseur
Le roman culmine à de nombreux autres passages. En fait, il s’essouffle rarement. Et je ne parle pas de rythme mais d. Et je ne parle pas de rythme mais d’intensité, de beauté, de profondeur. Rarement un roman a été autant maîtrisé, surtout quand il s’agit de cette longueur
Tu lis pas de littérature américaine ?
Le 28 octobre 2021 à 15:34:09 :
Tu lis pas de littérature américaine ?
Bah si, j'ai du Kerouac / London / Fitzgerald dans la liste
Je pars demain traverser les Vosges à pied. La traversée durera 10 jours. J'en profite pour passer voir des gens autour du massif. Je reviendrai alimenter le topic dans 3 semaines environ
D'ici là, j'aurais commencé et bien entamé le Nouveau Testament, ma prochaine lecture
Bon voyage khey.
Tu lis la bible car religieux ou simplement curieux ?
Le 31 octobre 2021 à 22:23:34 :
Bon voyage khey.Tu lis la bible car religieux ou simplement curieux ?
Pour la culture et pour comprendre la parole du Christ
Je suis de retour des Vosges, et j'ai terminé la nouveau testament. Il m'est difficile d'en parler car ce n'est pas une œuvre littéraire, et je pense que le livre sacré m'a été accessible grâce à ma formation philosophique. J'ai pu comprendre plus facilement la parole du Christ, beaucoup moins celle de St Paul qui est probablement le premier exégète auquel je m'oppose souvent. J'ai aimé le Christ mais non ses apôtres qui imposent des règles et une manière de croire.
J'ai également découvert des passages incontournables de la mythologie biblique, j'ignorais parfaitement l'existence de St Paul et l'épisode de sa révélation par exemple. Je ne connaissais pas non plus Jean le Baptiste, j'ignorais qu'il avait baptisé Jésus et ouvert la voie. J'ai été étonné de ne lire aucune trace de l'assomption
Je ne vais pas vous faire un exposé sur la manière dont j'interprète les paroles de Jésus, ça serait trop long et mes pensées ne sont pas fixées. N'en déplaise à Pierre, je n'écoute pas aveuglément un dogme en laissant l'Eglise interpréter à ma place, il y a tout une théologie et tout une philosophie sur lesquelles je peux m'appuyer
Cette lecture me sera utile au bout du compte, pour comprendre les références bibliques dans la littérature
Ok le matrixé
Pour la première fois, je n’apprécie pas un roman de Balzac. Nous avons affaire à un énième roman qui traite du bovarysme, et, quoiqu’il ait été précurseur du genre, il me semble dépassé par les romans de Flaubert et de Maupassant.
Balzac pointe donc la médiocrité des maris, la supériorité des femmes qui s’ennuient et qui se donnent le droit de tromper leurs maris médiocres avec des hommes meilleurs. Seulement, ces femmes ne sont pas non plus à plaindre puisqu’elles sont les autrices de leur propre malheur.
De cette façon, les femmes ne s’humilient plus lorsqu’elles trompent, Balzac ne considère pas que c’est une faute de leur part, leur seul tort ayant été de tomber dans les mains d’un mari médiocre.
Mais contrairement à Thérèse Deysqueroux, Julie va se contenter de subir sa vie, d’accepter sa situation conjugale par crainte de se compromettre, et verra l’histoire se répéter avec sa fille.
Mais je n’ai pas aimé ce roman, parce que j’ai lu Une Vie et Mme Bovary qui avait le même thème mais qui étaient mieux écris, et car le roman de Balzac est complètement décousu. Ses fins de chapitres sont bâclés, il fait des sauts de 10 ans dans le temps à chacun d’entre eux, certains chapitres sont carrément inutiles. Bref, c’est un roman très bouillon à qui il manque une structure cohérente, un sentiment de continuité. J’ai eu l’impression de lire plusieurs œuvres différentes sur la vie d’une même femme, avec en toile de fond son caractère mélancolique. Balzac m’a habitué à mieux.
J'ai terminé Les trois mousquetaires, de Dumas.
Ce roman défie décidément toutes mes attentes : moi qui prévoyais un roman épique parsemé d'actions héroïques, je me suis trompé. De nombreuses intrigues de cœur viennent se loger dans le récit, et les personnages sont faillibles. Même d'Artagnan manque à ses devoirs envers son amante en se laissant séduire par Milady, jusqu'à oublier la première.
Je constate également l'inutilité de ces intrigues. Les mousquetaires du roi sont en rivalité avec les gardes du cardinal, et des rixes meurtrières éclatent parfois en plein Paris. Il n'y a pas au 17e siècle de pouvoir centralisé, l'Etat n'a pas de police unifiée pour faire respecter les lois de la nation.
Il s'ensuit que lorsque le cardinal agit au nom des intérêts de la France, les mousquetaires vont s'interposer et lutter contre le cardinal au nom des intérêts du roi et de la reine. D'Artagnan n'est pas un héros, ce n'est qu'un bagarreur qui se met au service d'une armée plutôt qu'une autre, et qui est prêt à obéir au roi même si ses désirs mettent en péril l'avenir du pays.
Prenons l'exemple du duc de Duc de Buckingham, qui détient le pouvoir exécutif en Angleterre. Il est fou amoureux de la reine de France, et décide de partir en campagne pour attirer son attention. Le cardinal lève une armée contre La Rochelle, alors aux mains des anglais. En réponse, le duc menace de liguer toute l'Europe contre la France. Le cardinal est un fin politicien, et il commandite un assassinat envers le duc. D'Artagnan est devenu par hasard détenteur du secret du projet, et fera tout pour empêcher cet assassinat, sous prétexte que le duc est l'ami de la reine.
Les mousquetaires sont animés par leur passion, au détriment du bien commun et parfois même de la morale. Nous sommes avec Dumas loin des romans médiévaux ou de Homère, les combats occupent une partie dérisoire du roman. L'auteur se concentre davantage sur les intrigues de cœur de ces hommes d'épée.
Quant aux personnages, ils sont caricaturaux, mais bien écrits. Cela convient au genre, ça ne m'a pas dérangé. Le cardinal me laisse une bonne impression, car il est moins archétypal que les autres, nous devinons son ambiguïté.
Bien que les dialogues et les actions s'enchaînent, le style est particulièrement soigné, c'est donc agréable à lire, même si ce n'est pas extrêmement profond. Il y a quand même des passages marquants, qui témoignent d'une écriture prodigieuse. J'entends par exemple l'épisode où Milady séduit Felton jusqu'à lui apparaître comme sainte envoyé de Dieu. J'entends aussi le chapitre de la thèse d'Aramis et celui du conseil des mousquetaires, qui volent très haut en terme de dialogue. Le conseil des mousquetaires prouve que Dumas sait construire intelligemment un dialogue qui aurait pu être chiant en le mêlant à une action qui aurait pu être banale, et il en ressort une telle désinvolture des personnages que je me rappelle pas en avoir connu une pareille ailleurs.
J'ai noté de nouveaux mots :
Séide : sbire fanatique
Une traverse : Un petit chemin raccourci
S'épancher : se répandre
Louvoyer : Prendre des détours en vue d'un but
Inique / Iniquité : injuste / injustice
Esquif : Petite embarcation
Le 01 décembre 2021 à 12:17:28 :
Je suis de retour des Vosges, et j'ai terminé la nouveau testament. Il m'est difficile d'en parler car ce n'est pas une œuvre littéraire, et je pense que le livre sacré m'a été accessible grâce à ma formation philosophique. J'ai pu comprendre plus facilement la parole du Christ, beaucoup moins celle de St Paul qui est probablement le premier exégète auquel je m'oppose souvent. J'ai aimé le Christ mais non ses apôtres qui imposent des règles et une manière de croire.J'ai également découvert des passages incontournables de la mythologie biblique, j'ignorais parfaitement l'existence de St Paul et l'épisode de sa révélation par exemple. Je ne connaissais pas non plus Jean le Baptiste, j'ignorais qu'il avait baptisé Jésus et ouvert la voie. J'ai été étonné de ne lire aucune trace de l'assomption
Je ne vais pas vous faire un exposé sur la manière dont j'interprète les paroles de Jésus, ça serait trop long et mes pensées ne sont pas fixées. N'en déplaise à Pierre, je n'écoute pas aveuglément un dogme en laissant l'Eglise interpréter à ma place, il y a tout une théologie et tout une philosophie sur lesquelles je peux m'appuyer
Cette lecture me sera utile au bout du compte, pour comprendre les références bibliques dans la littérature
Quelle version as tu lu ? J'ai prévu de le lire moi aussi
"Un roi sans divertissement" c'est vraiment chiant je te conseille de le supprimer de ta liste
tu en es où de ton apprentissage de l'espagnol khey ?
Seulement lu Anna Karénine, Martin Eden, l'idiot et la divine comédie dans la liste (+ les 3 mousquetaires et sa suite que je n'avais pas vu) (sur les 6 derniers mois), mais je trouve que les classiques ça va deux secondes, pourquoi pas un peu d'histoire/géopolitique ? J'ai commencé a attaquer ce genre de bouquin c'est tout aussi passionnant et bien plus concret ![]()
Le 27 décembre 2021 à 17:58:53 :
Le 01 décembre 2021 à 12:17:28 :
Je suis de retour des Vosges, et j'ai terminé la nouveau testament. Il m'est difficile d'en parler car ce n'est pas une œuvre littéraire, et je pense que le livre sacré m'a été accessible grâce à ma formation philosophique. J'ai pu comprendre plus facilement la parole du Christ, beaucoup moins celle de St Paul qui est probablement le premier exégète auquel je m'oppose souvent. J'ai aimé le Christ mais non ses apôtres qui imposent des règles et une manière de croire.J'ai également découvert des passages incontournables de la mythologie biblique, j'ignorais parfaitement l'existence de St Paul et l'épisode de sa révélation par exemple. Je ne connaissais pas non plus Jean le Baptiste, j'ignorais qu'il avait baptisé Jésus et ouvert la voie. J'ai été étonné de ne lire aucune trace de l'assomption
Je ne vais pas vous faire un exposé sur la manière dont j'interprète les paroles de Jésus, ça serait trop long et mes pensées ne sont pas fixées. N'en déplaise à Pierre, je n'écoute pas aveuglément un dogme en laissant l'Eglise interpréter à ma place, il y a tout une théologie et tout une philosophie sur lesquelles je peux m'appuyer
Cette lecture me sera utile au bout du compte, pour comprendre les références bibliques dans la littérature
Quelle version as tu lu ? J'ai prévu de le lire moi aussi
La Segond 21, c'est la plus accessible pour les athées
Le 27 décembre 2021 à 18:04:44 :
tu en es où de ton apprentissage de l'espagnol khey ?
Honnêtement, je le laisse un peu de côté. J'apprends quelques mots de temps en temps. Je me consacre surtout à l'anglais, encouragé par ma progression fulgurante.
J'ai lâché Peppa pig pour aller sur Duolingo et maintenant, j'apprends à distinguer les mots à l'oral, j'y arrive de mieux en mieux. J'arrive enfin à faire ce que l'école a toujours échoué : comprendre l'anglais
Le 27 décembre 2021 à 18:09:58 :
Seulement lu Anna Karénine, Martin Eden, l'idiot et la divine comédie dans la liste (+ les 3 mousquetaires et sa suite que je n'avais pas vu) (sur les 6 derniers mois), mais je trouve que les classiques ça va deux secondes, pourquoi pas un peu d'histoire/géopolitique ? J'ai commencé a attaquer ce genre de bouquin c'est tout aussi passionnant et bien plus concret
Car je suis un littéraire et un philosophe. Je ne cherche que la beauté. Pour l'histoire et la géo, je regarde des docus, de la vulgarisation car ça m'intéresse moi, ça va deux minutes. Mais la beauté des lettres est inépuisable, j'aspire à écrire mes propres romans un jour.
Quant à la philosophie, c'est car j'en ai reçu une formation universitaire. Je m'y sens à l'aise, chez moi. Après avoir écrit 250 pages de recherche, j'aimerais un jour pousser plus loin en me spécialisant tout seul dans la phénoménologie
Hier, j'ai terminé l'Enéide de Virgile. C'est une lecture pénible qui m'a occupé un peu plus de 10 jours. Elle prend la suite directe de l'Illiade mais côté Troyen cette fois, en racontant la débâcle d'Enée dans les océans, puis sa montée en puissance en Italie. J'ai été très surpris d'apprendre que les troyens sont les ancêtres des romains, et qu'Enée a fondé le peuple romain en mêlant ce qu'il restait des troyens avec les latins déjà présents en Italie.
A part ça, l'écriture de Virgile est belle, mais lourde, davantage que celle de Homère, ce n'est pas aussi lisible. De même, le récit de Virgile ne m'a inspiré que la nostalgie de ceux d'Homère. Je repensais à ces héros formidables, à Achille, Patrocle, Diomède qui tous rivalisaient en puissance dans une guerre intense.
Les héros de Virgile sont moins forts : Turnus est moins fort qu'Enée qui n'a aucune peine à battre son principal ennemi. Mais Enée n'a pas le niveau d'Hector, il se fait exterminé par Achille et Diomède dans l'Illiade. Bien qu'il soit du niveau de Ménélas, à mon avis, reste qu'on à affaire à des héros secondaires, à la force relative. La guerre de Virgile est courte, presque dérisoire, nous n'éprouvons aucune intensité.
Même la partie odysséenne de l'Enéide est fade. Ulysse connaîtra les épreuves autrement plus rudes que celles d'Enée qui est aidé par Poséidon. En fait, il ne lui arrive strictement rien, c'est à peine si Héra manipule les femmes pour mettre le feu à quelque bateaux, beau prétexte à Virgile pour laisser les femmes et les enfants dans une île alliée avant la guerre.
Il y a tout de même des beaux passages, très inspirés. Je pense au récit de la dernière nuit à Troie, à l'aventure de Didon fondatrice de Carthage avec Enée qui conduira à la mort tragique de celle-là, je pense encore à la descente aux enfers d'Enée, l'un des rares mortels à y parvenir, pour revoir une dernière fois son père qui lui l'immensité de l'Empire Romain que ses descendants fonderont, un peu à la manière dont Dieu s'adresse à Abraham
Ce n'est pas une mauvaise épopée, et certains vers sont rudement bien écrits. Seulement, ce n'est pas une épopée homérique, et, malgré tous les efforts de Virgile pour copier certains épisodes de l'Illiade et de l'Odyssée, j'ai eu l'impression de lire une pâle copie de Homère, qui se remémore une gloire passée sans parvenir à l'égaler
Nouveaux mots :
Vaticiner : prophétiser
Brandon : Débris enflammé
Imprécation : malédiction
A l'envi : En s'encourageant mutuellement
Barder : Couvrir d'une armure
Halliers : Buissons touffus