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Mon programme pour 6 mois

eussoudore31
eussoudore31
Niveau 9
31 décembre 2021 à 17:30:16

Et j'ajoute à ma liste les théâtres complets de Eschyle / Sophocle / Euripide

eussoudore26
eussoudore26
Niveau 8
07 janvier 2022 à 12:30:36

C''est encore un succès signé par Musset, Lorenzaccio est une pièce belle et moderne. Lorenzo semble jouer sur plusieurs tableaux à la fois, en étant proche des Médicis de part son nom, et du peuple par sa débauche. Pourtant, son unique projet est de tuer son cousin le tyran Alexandre de Médicis.

Ce personnage est parfaitement fascinant. Derrière son apparente désinvolture, son cynisme feint, se cache un romantique qui a sacrifié sa vertu au nom du bien commun.

Le point culminant de la pièce n'est non pas le meurtre, mais la scène 3 de l'acte III, où Lorenzo révèle à Philippe son projet. Philippe est un vieillard pur qui n'a jamais agit, lui-même parle d'une vengeance qui a les cheveux blanc quand il exprime sa haine pour les Médicis. Décidé à commettre des meurtres, Lorenzo l'en dissuade, car il doit préserver sa vertu tandis que lui n'a rien à perdre.

Lorenzo, lui, connait la vie et ses vices, il a plongé la main tout entière dedans. Cette scène hurle Les Mains Sales de Sartre, et ce dernier n'a pas manqué de lire attentivement ce passage. En fait, Musset a carrément fait du Sartre 100 ans avant Sartre et c'est ce qui m'a frappé ! Quelle lucidité dans l'analyse de la vie ! Quelle avance ! On en sent toute la chair de l'existence, son immédiateté presque bestiale, et c'est une intuition formidable qu'a eu là Musset !

Philippe, au fond, n'a jamais vraiment vécu. Il a traversé l'existence, en restant à la surface de la vie, en restant pur, en n'agissant pas, mais il n'a jamais goûté la vie. C'est un homme incapable d'agir. Lorenzo est beaucoup plus vivant que lui, même si les stigmates lui ont serrer le cœur, même si l'habit du vice a fini par lui coller à la peau.

Musset dépeint la plupart des hommes comme des êtres lâches ou indifférents. Ils jasent, jugent, s'adonnent à la débauche quelques fois, mais ils n'agissent pas. Quelle insupportable idée que de passer pour un homme mauvais, ils préfèrent volontiers juger et se cacher. Certains hommes comme Philippe ne connaissent pas du tout le vice, et d'autres comme Lorenzo en endossent la responsabilité, parce qu'il faut bien que quelqu'un le fasse

Le romantisme désenchanté de Musset nous porte jusqu'au seuil de l'existentialisme, mais il faudra attendre un siècle encore pour que cette porte soit enfoncée

__

Lorenzo :
Viens cher moi, je te ferai peindre la Mazzafirra toute nue.

Tebaldeo :
Je ne respecte point mon pinceau, mais je respecte mon art. Je ne puis faire le portrait d'une courtisane.

Lorenzo :
Ton Dieu s'est bien donné la peine de la faire ; tu peux te donner celle de la peindre. Veux-tu me faire une vue de Florence ?

Tebaldeo :
Oui, monseigneur.

Lorenzo :
Comment t'y prendrais-tu ?

Tebaldeo :
Je me placerai à l'orient, sur la rive gauche de l'Arno. C'est de cet endroit que la perspective est la plus large et la plus agréable.

Lorenzo :
Tu peindrais Florence, les places, les maisons et les rives ?

Tebaldeo :
Oui, monseigneur.

Lorenzo :
Pourquoi donc ne peux-tu pas peindre une courtisane, si tu peux peindre un mauvais lieu ?

Tebaldeo :
On ne m'a point encore appris à parler ainsi de ma mère.

Lorenzo :
Qu'appelle tu ta mère ?

Tebaldeo :
Florence, monseigneur.

Lorenzo :
Alors tu n'es qu'un bâtard, car ta mère n'est qu'une catin.

__

Ma jeunesse a été pure comme l'or. Pendant vingt ans de silence, la foudre s'est amoncelée dans ma poitrine ; et il faut que je sois réellement une étincelle du tonnerre, car tout à coup, une certaine nuit que j'allais assis dans les runes du Colisée antique, je ne sais pourquoi je me levai ; je tendis vers le ciel mes bras trempés de rosée, et je jurai qu'un des tyrans de ma patrie mourrait de ma main. J'étais un étudiant paisible, je ne m'occupais alors que des arts et des sciences, et il m'est impossible de dire comment cet étrange serment s'est fait en moi. Peut-être est-ce là ce qu'on éprouve quand on devient amoureux [...] Je ne voulais pas soulever des masses ni conquérir la gloire bavarde d'un paralytique comme Cicéron. Je voulais arriver à l'homme, me prendre corps à corps avec la tyrannie vivante, la tuer, porter mon épée sanglante sur la tribune, et laisser la fumée du sang d'Alexandre monter au nez des harangueurs, pour réchauffer leur cervelle ampoulée.

eussoudore26
eussoudore26
Niveau 8
07 janvier 2022 à 16:50:56

- Les démons
- Aurélien
- Mort à crédits
- Un roi sans divertissement
- Thérèse Desqueyroux
- La gloire de mon père
- L'insoutenable légèreté de l'être
- Martin Eden
- Le nouveau testament
- La divine comédie
- Illusions perdus
- Sur la route
- Lorenzaccio
- Mort à Venise
- L'idiot
- L'énnéide
- La femme de trente ans
- Tendre est la nuit
- Les diaboliques
- Le neveu de Rameau
- A rebours

Et donc je rajoute 20 pièces d'Euripide, 6 pièces de Eschyle, 3 pièces de Racine et 1 de Corneille

eussoudore26
eussoudore26
Niveau 8
07 janvier 2022 à 18:03:39

J'ai terminé Le Cyclope d'Euripide

La pièce retrace l'épisode d'Ulysse et Polyphème dans l'Odyssée, mais à la façon d'un drame satyrique. L'ambiance est légère, les péripéties peu nombreuses, faciles, le drame est réduit au possible. C'est le culte à Dionysos qui occupe le plus de place, et l'humour est davantage présent que le suspens ou la tragédie.

Silène réclame à boire, Polyphème à son tour, le choeur des satyres vantent le dieu du vin et l'alcool en dansant fiévreusement. Tous ces satyres se foutent de la gueule de Polyphème lorsqu'il est aveuglé, sa mutilation n'est absolument pas prise au sérieux. Ce choeur ne prend rien au sérieux et n'est là que pour s'adonner à l'amusement

C'est dans l'ensemble une pièce assez curieuse : elle semble être une version enivrée du passage de l'Odyssée, une épopée ivre au pas branlant. L'attitude d'Ulysse me rend perplexe également : il supplie et pleure, implore les dieux à l'aider s'ils ne sont pas inutiles. Sa ruse est simplifiée, il est presque infantilisé. Euripide n'insiste pas sur le caractère héroïque du héro, mais véritablement sur l'ivresse collective et la gloire à bacchus

eussoudore26
eussoudore26
Niveau 8
07 janvier 2022 à 22:40:26

Après l'assez passable Cyclope, voici le sublime Alceste.

Admète devait mourir : tel était son destin. Mais Appolon vient à son secours et lui permet de rester en vie si quelqu'un se sacrifie pour lui. Ses parents refusent, mais sa femme, Alceste, accepte.

La pièce commence par l'agonie de la femme, suivie du deuil des enfants et du maris, tordus de douleur. Mais elle devient véritablement sublime pour ne plus cesser de l'être à partir du moment où le père d'Admète vient rendre hommage à sa femme.

Admète injure son père, en affirmant qu'il aurait du se sacrifier, parce qu'il est vieux tandis que sa femme était jeune. Il le tient pour responsable de sa douleur et l'en accable. Le père ne se laisse pas faire, et lui rappelle qu'il n'a aucun devoir de mourir et que c'est lui le premier qui a refuser de mourir pour laisser quelqu'un mourir à sa place. La famille se déchire, et les choeurs sont d'une beauté sans nom.

Hercule qu'Admète a abusé en lui faisant croire que la défunte n'était qu'une étrangère, afin que celui-là accepte d'être invité, ne comprend pas la tristesse générale alors que lui s'amuse à table. Quand un servant lui apprend la vérité, un trouble son nom lui monte à la gorge, il est pris de honte et d'émotion, si bien qu'il va défier Thanatos en personne pour récupérer Alceste.

Cette tragédie m'a frappé, et n'a pas vieilli d'un cheveux. Ce dialogue tourmenté entre Admète et son père à propos du dilemme sur qui devait mourir, quelle intensité !

" Après cela, tu parles de ma lâcheté, toi le lâche des lâches, vaincu par une femme qui s'est offerte pour te sauver, le beau garçon ! Pour ne jamais mourir, excellent moyen que le tien : inciter chaque fois l'épouse du moment à se livrer pour toi. Et puis tu viens insulter ceux des tiens qui se dérobent, alors que le lâche c'est toi. Silence ! Sache que si tu tiens à la vie, chacun tient à la sienne. "

___

Le choeur :
Ne reste pas là, entre à l'abri de la maison.

Admète :
Hélas !

Le choeur :
Ton mal mérite des sanglots

Admète :
Hélas !

Le choeur :
Ton coeur se déchire, je le sais, mais...

Admète :
Hélas !

Le choeur :
La morte sous terre n'en est point aidée.

Admète :
Ô infortune !

Le choeur :
Ne plus jamais voir, en face de soi
le visage aimé, quelle douleur !

eussoudore26
eussoudore26
Niveau 8
08 janvier 2022 à 21:50:12

J'ai terminé Medée. Je connaissais le récit pour l'avoir déjà tenu de Corneille. La même émotion me monte aux yeux lorsque le crime de Médée s'approche, qu'elle voit ses enfants en leur disant ses adieux sans qu'ils le sachent.

Mes enfants, donnez votre mains droite, que votre mère l'embrasse. Ô main chérie, bouche chérie, ô beauté, ô noblesse des traits de mes enfants. Soyez heureux. Mais ce sera ailleurs, votre bonheur ici votre père l'a rendu impossible. Contact délicieux, tendre peau, douce respiration de mes enfants... Rentrez, rentrez, je ne puis plus soutenir votre vue.

Principale différence avec la pièce de Corneille : il n'y a pas d'autres issues pour Médée, et l'on sent bien toute cette conception du Destin des grecque. L'héroïne de Corneille affirmait que l'infanticide était le pire pour elle, mais qu'elle rejetait le meilleur volontairement. Rien de tel chez Euripide, il n'y a pas de volonté, ni de choix, ni de dilemme : l'assassinat est d'office le meilleur et le seul avenir possible pour Médée. Elle n'a pas d'autre issue.

Pour jouir de sa vengeance, elle est prête à souffrir, car elle ne peut pas vivre en sachant Jason heureux. Ce crime lave le déshonneur qu'elle a subi, et lorsqu'il est accompli, elle se sent déjà mieux. C'est ce qu'elle devait faire. Elle aurait pu lutter, c'était l'unique issue. Le destin s'abat impitoyablement, et ni les arguments du choeur ni les plaintes des enfants ne l'en dissuade.

Corneille est empreint de l'esprit du christianisme, et c'est pourquoi sa Médée estime qu'elle serait plus heureuse en épargnant ses enfants, car elle aura manqué de faire le mal, sa conscience ne la torturerait pas, elle n'aurait pas perdu des êtres chers, elle aurait pu tendre vers le pardon et la réconciliation.

Mais point de christianisme chez Euripide où la passion folle emporte tout sans alternative, où l'avenir advient comme une immense machine inaltérable, où Médée n'entrevoit aucun autre bien que celui d'expier la douleur par la douleur

Ô Terre, ô rayons brillants du Soleil,
à vous de veiller, de veiller,
avant que la femme funeste
sur ses fils, sur sa propre chair,
n'aille porter sa main sanglante.
De ta ra*e d'or, Soleil, ils sont un rameau.
Je tremble à voir le sang d'un dieu
versé pour un conflit humain.
Ô Lumière née de Zeus, retiens, arrête,
chasse de la maison l'audacieuse, la sanglante Erinys
envoyée ici par les démons du mal !

eussoudore26
eussoudore26
Niveau 8
09 janvier 2022 à 03:10:06

J'ai terminé Hippolyte, une pièce qui pourrait vous plaire à bien des égards. Aphrodite rend Phèdre amoureuse d'Hippolyte, mais Phèdre lutte de toute ses forces car elle ne veut pas céder au déshonneur. Le charme pourtant est trop fort, elle commence par faire l'aveu de son amour à des proches, la nouvelle se répand, atteint les oreilles d'Hippolyte. Ce dernier se targue d'une vertu inviolable, et il maudit Phèdre qu'il méprise car elle est incapable de modérer son amour illégitime.

Pour se venger, elle se suicide en diffamant Hippolyte, en faisant croire à son mari Thésée qu'il est venu coucher avec elle. Je précise qu'Hippolyte est le fils de Thésée, mais Phèdre n'est pas sa mère. Thesée injure son fils et le fait tuer.

Ce qui est le plus intéressant dans cette pièce, c'est le personnage d'Hippolyte. Adorateur d'Artémis, il est vierge et en est vierge. Beaucoup trop fier, au point de sombrer dans l'orgueil et dans l'adoration de sa propre vertu. Hippolyte est un Narcisse de la vertu, voyez vous mêmes :

Ah ! Si je pouvais me trouver en face de moi-même pour pleurer sur ma propre souffrance !

Par ailleurs, il est profondément misogyne et sort une tirade d'une violence inouïe envers les femmes dont voici une partie :

Ô Zeus, qu'a tu mis parmi nous ces êtres frelatés, les femmes, mal qui offense la lumière ? Si tu voulais perpétuer la ra*e humaine, il ne fallait pas la faire naître d'elles. Nous n'avions qu'à déposer dans les temples de l'or, de l'argent ou du bronze pesant pour acheter des semences d'enfants, en proportion du don offert. Ainsi dans les maisons l'on aurait vécu libéré des femmes. Tout au rebours nous en sommes à nous ruiner pour faire entrer chez nous cette disgrâce. Voici qui prouve à quel point la femme est un mal. Le père qui l'a engendrée et nourrie lui adjoint une dot pour l'établir ailleurs et s'en débarrasser. L'époux qui prend dans sa maison ce parasite s'amuse à parer la méchante idole et se ruine en belles toilettes, le malheureux, détruisant peu à peu le bien de sa famille.

Je m'étonne de ce sexisme, et je me demande si la prétendue vertu d'Hippolyte n'est pas une façade qui cache de vielles déceptions amoureuses : ayant été rejeté par certaines, il tire alors une joie extrême à rejeter à son tour une femme et à mépriser ce sexe. Quoi qu'il en soit, la vertu d'Hippolyte est louche et ambigüe. Les grecs le vénéraient, mais moi je le déteste et je rejoins le parti de Phèdre qui a certes diffamer, mais pour lui apprendre la modestie

mologarchie
mologarchie
Niveau 25
09 janvier 2022 à 03:12:26

je up pour le goût de l'effort

eussoudore26
eussoudore26
Niveau 8
09 janvier 2022 à 03:16:12

Le 09 janvier 2022 à 03:12:26 :
je up pour le goût de l'effort

Un visiteur dans ce désert des belles lettres https://image.noelshack.com/fichiers/2017/14/1491572376-img-0024.png

eussoudore26
eussoudore26
Niveau 8
09 janvier 2022 à 19:03:09

J'ai terminé Les Héraclides

Il s'agit d'une pièce ma foi assez quelconque, dont j'oublierai bientôt l'existence. Je note cependant le sacrifice de la sublime Macarie, fille d'Héraclés, qui se sacrifie pour sauver sa fratrie et la cité d'Athènes, parce ce que les oracles exigent le sacrifice d'une jeune vierge pour que l'armée athénienne puisse vaincre les argiens.

A part ça, nous sommes situé toute la pièce durant du point de vue des victimes. Iolaos ayant sous son aile les enfants d'Héraclés persécutés Eurysthée et son peuple, va demander asile au fils de Thésée, Démophon, alors roi d'Athènes. Mais Iolaos ne fait rien par lui-même que prier, excepté au dernier acte où il prend les armes et capture Eurysthée. Mais cette gloire tient en une page, elle est marginale

C'est une pièce de suppliant qui n'est ponctué que par le sacrifice de Macarie, en toute noblesse, sans un flot d'émotions trop faciles.

Enfin, je remarque qu'Euripide est un excellent auteur, parce qu'il use partout du même procédé pour maintenir une tension dans ses dialogues : il propose un dilemme moral, un problème.

Dans Alceste, le dilemme suivant oppose deux personnages : un vieillard a-t-il le devoir de sa sacrifier pour sauver une jeune vie ?

Dans Médée : Est-il justifié de trahir sa femme pour assurer à ses enfants un meilleur avenir ?

Dans Hippolyte : Faut-il sacrifier sa gloire pour sauver sa vie ?

Et ici dans les Héraclides : Peut-on saisir des individus réfugiés à l'étranger qui ont été condamnés dans notre cité ?

Ces débats qui animent les antagonistes rendent les pièces d'Euripide très intenses à lire. Chaque personnage est motivé par des intentions crédibles, plus ou moins défendables, et les conflits surgissent autour d'un véritable problème. Chacun pense sincèrement avoir raison et aspirer au bien, et c'est pourquoi ils agissent tel qu'ils agissent. Les oppositions sont ainsi très profondes, elles mordent l'âme humaine

Eussoudore28
Eussoudore28
Niveau 8
10 janvier 2022 à 05:44:32

J'ai terminé Andromaque. C'est une pièce compliquée où les conflits sont pluriels. Andromaque, veuve d'Hector et remariée de force avec le fils d'Achille partage le lit de Néoptolème avec Hermione, la fille de Ménélas. Il est curieux de constater l'extrême indulgence d'Andromaque qui s'accommode tout-à-fait de la polygamie. Elle nourrissait les bâtards de son mari défunt, et n'éprouve aucune peine à partager la couche de Néoptolème avec Hermione

Celle-ci au contraire, nourrit une jalousie maladive, au point de faire venir Ménélas son père afin d'assassiner Andromaque et son fils en l'absence de Néoptolème. Ménélas et sa filles sont d'une cruauté inouïe, impitoyable, insensibles aux pleurs de l'enfant, et s'apprêtent à commettre le crime.

Mais le vieux Pélée, père d'Achille et roi des lieux intervient à temps pour interdire à Ménélas de toucher à la femme de son petit fils. S'ensuit un deuxième conflit, beaucoup plus viril, où deux volontés terribles s'affrontent pour dominer l'autre. Les deux hommes en prennent pour leur grade, mais Pelée lance ce trait majestueux :

Qui pense à toi quand on compte les braves ? :ouch:

Ménélas s'en va, abandonne sa fille qui sombre dans la crainte des représailles après son crime manqué. Elle ne souhaite plus qu'attenter à ses jours, déchire ses vêtements, se met dans un état lamentable. C'est Oreste qui vient la ravir, lui à qui Ménélas avait promit jadis Hermione qui tombe finalement dans les bras de Néoptolème. Pour se venger, Oreste ravit donc Hermione, et fait assassiner Néoptolème, au désarroi de son grand père Pélée

La pièce est belle, les chocs sont brutaux, les passions se déchaînent. Mais comme vous pouvez le voir, c'est une pièce assez fastidieuse et trop peu limpide pour être un chef d'œuvre. Elle n'est pas brouillon comme le début de Lorenzaccio, ni trop inconsistante comme Les Héraclides, mais simplement trop complexe. Elle n'a pas la féroce simplicité de Médée ou de Alceste qui savaient se combiner à la profondeur

28Black
28Black
Niveau 10
10 janvier 2022 à 05:48:15

Je ne peux que saluer ce type d'initiative. Je sauvegarde pour revenir plus tard trouver des idées de lecture et en discuter. :ok:

Tu peux ajouter Sapiens au niveau lecture et culture, il est excellent.

mihardelumiere
mihardelumiere
Niveau 9
10 janvier 2022 à 05:54:58

J’ai lu q’un bouquin c’etais du chouffin nietzche j’ai ensuite entamer ethique , et voyage auboit de la nuit

Pseudo supprimé
Pseudo supprimé 10 janvier 2022 à 05:56:28

J'ai le bouquin de Proust si tu veux comme ça t'auras pas besoin de le chercher :rire:

CarISagan
CarISagan
Niveau 63
10 janvier 2022 à 05:59:01

On peut savoir pourquoi tu fais tout ça l'auteur ? https://image.noelshack.com/fichiers/2021/51/1/1639992756-2.png

Eussoudore28
Eussoudore28
Niveau 8
10 janvier 2022 à 16:11:42

Le 10 janvier 2022 à 05:48:15 :
Je ne peux que saluer ce type d'initiative. Je sauvegarde pour revenir plus tard trouver des idées de lecture et en discuter. :ok:

Tu peux ajouter Sapiens au niveau lecture et culture, il est excellent.

Déjà lu :ok:

Le 10 janvier 2022 à 05:54:58 :
J’ai lu q’un bouquin c’etais du chouffin nietzche j’ai ensuite entamer ethique , et voyage auboit de la nuit

Le lecture de Nietzsche nécessite un guide ou l'appui d'un cours

Le 10 janvier 2022 à 05:56:28 :
J'ai le bouquin de Proust si tu veux comme ça t'auras pas besoin de le chercher :rire:

Trop tard, il est devant moi

Le 10 janvier 2022 à 05:59:01 :
On peut savoir pourquoi tu fais tout ça l'auteur ? https://image.noelshack.com/fichiers/2021/51/1/1639992756-2.png

Pourquoi les gens jouent aux jeux vidéos, postent sur le forum, travaillent, voyagent font des soirées ?

Eussoudore28
Eussoudore28
Niveau 8
10 janvier 2022 à 22:26:45

J'ai terminé Hécube. Je n'ai pas beaucoup aimé cette pièce, excepté le moment où la fille d'Hécube, Polyxène, accepte d'être sacrifiée par l'armée grecque d'une façon encore plus superbe que Macarie dans les Héraclides. Ces deux pièces se ressemblent beaucoup, mais tandis que dans cette dernière, Euripide n'en faisait pas assez, ici, il en fait trop.

Ici, Hécube n'a presque pas le temps de pleurer tant les malheurs l'accablent : d'abord, elle perd son mari Priam avant le début de la pièce, ainsi que ses enfants Pâris et Hector. Elle subit le sacrifice de sa fille donnée aux grecs, et enfin, une messagère lui apprend la mort d'un quatrième enfant par l'hôte chez qui elle 'lavait envoyé pour le protéger de la guerre de Troie.

Comme dans les Héraclides, la pièce se termine par une vengeance, mais autrement plus violente : Hécube masse les survivantes troyennes et piège la famille Polymestor. Elle égorge ses deux fils et lui crève les yeux. C'est beaucoup trop de malheur et trop d'émotion pour que l'on ait le temps de compatir envers qui que ce soit.

En revanche, les interventions d'Ulysse et d'Agamemnon sont superbes, car tous les deux éprouvent le même malaise : ils veulent compatir au malheur d'Hécube, et l'aider à en sortir. Mais aucun des deux hommes ne le peut, car leur devoir envers l'armée grec les oblige à accomplir ce qu'il font : emporter la fille d'Hécube pour Ulysse, refuser de punir Polymestor pour Agamemnon. Ils veulent le faire, mais ils ne le peuvent pas, car cela compromettrait l'unité de l'armée grec et la vie de ceux qui la composent. Ils agissent donc à contre cœur, nourrissant envers la femme une empathie sincère mais n'y pouvant rien, comme poussés par le destin.

Voici pour vous l'image sublime du sacrifice de Polyxène :

Tandis que nos gens l'acclamaient, le roi Agamemnon dit aux jeunes gens de lâcher la vierge. Dès le dernier mot ils avaient obéi à l'ordre de celui dont le pouvoir est souverain. Ayant entendu la parole du maître, elle déchira sa robe de l'épaule au nombril, révélant ses seins et sa poitrine de statue, parfaitement belle ; puis, se mettant à genoux, elle dit, avec une fermeté inouïe : " Voici ma poitrine, jeune roi. Si tu dois la frapper, frappe. Si c'est au cou, voici ma gorge prête. " Lui hésitait, tant il avait de regrets pour cette enfant, puis il trancha de son couteau le passage du souffle et une source en jaillit.

Eussoudore28
Eussoudore28
Niveau 8
11 janvier 2022 à 16:47:20

Grande pièce que La folie d'Héraclès, j'y ai pensé toute la nuit ! Pour la faire rapide Lycos met à mort la femme et les enfants d'Hérclès, croyant que ce dernier est mort. Mais il revient justement de son dernier travail juste à temps pour sauver sa famille et abattre Lycos. La déesse Héra détèste Héraclès, et elle le rend fou pour l'obliger à tuer sa femme et ses enfants. Il se réveille dans un désespoir absolu, et seul Thesée qui a été sauvé des enfers par Héraclès parvient à l'empêcher de mourir

Immense pièce signée là par Euripide, elle aborde plusieurs thèmes très profond. Le premier est celui de l'espoir et la résignation. Le père d'Héraclès n'est pas prêt à mourir, et attend à tout instant le retour de son fils, il a foi en lui. La femme d'Héraclès a une pensée beaucoup plus classique pour son époque : elle se résigne ce quoi doit advenir comme étant le fruit d'un destin inaltérable. Les deux personnages se confrontent à ce sujet, sans être ennemis

Mais c'est Amphytrion qui avait raison, et Mégara qui avait tort, car effectivement, Héraclès revient à temps et sauve sa famille. Une grande joie s'empare de tous les personnages, c'est l'euphorie qui tire à Euripide cette phrase splendide : C'était l'espoir qui disait vrai.

Héraclès est presque la figure du Christ pour les grecs, c'est un Dieu parmi les hommes, c'est celui en qui l'on peut croire, c'est celui, rendez-vous en bien compte, qui donne tort au destin, qui ouvre une possibilité d'agir, c'est le triomphe du possible sur le nécessaire. Sans lui, l'espoir est vain, la fatalité est une trop grande machine, et sa seule existence introduit de l'espoir contre cette machine du temps.

Or, Euripide a beau être moderne, il reste un grec. Voici donc qu'Héraclès accomplit ce qu'il avait empêcher Lycos d'accomplir. Dans sa folie, il détruit sa famille. C'est le retour du destin qui écrase l'espoir et la liberté entrouverts un instant par la plus forte des figures grecs. Mais il est encore trop tôt, une figure christique ne peut pas s'épanouir dans un monde faits de dieux aux desseins variés. L'action des dieux qui s'affronte éteint la liberté, tue l'espoir, empêche le bien de triompher.

La scène est sublime, Hérclés croit combattre ses ennemis tandis qu'il tue sa famille, puis, il s'endort et nul n'ose le réveiller de peur d'être abattu, de peur qu'une souffrance immense lui monte au cœur. Et c'est ce qui arrive pourtant, Héraclès, le plus grand des héros, est humilié, broyé, réduit à l'état pathétique et larmoyant d'un enfant qui cache son visage, de honte d'être vu.

Et s'ensuit alors une autre scène splendide, où Thésée vient secourir son ami, en lui disant qu'il peut être triste, mais qu'il n'a pas à avoir honte, car il faut se résigner au destin que les dieux ont choisi ! Quel tour de force ! C'est un retour brutal à la condition grec qui ne possède pas de héro assez fort pour devenir maître de son existence. Dépourvu du Christ, de la liberté et de l'espoir, l'homme grec en est réduit à la résignation, à l'acceptation, afin de moins souffrir du destin qu'aucun homme ne contrôle. C'est pourquoi l'homme grec n'est pas responsable de ce qui lui arrive, voire parfois de ce qu'il fait, et c'est pourquoi il n'a pas à en avoir honte !

Héraclès n'était pas loin de devenir le Christ, il faut voir l'euphorie du troisième épisode et du troisième stasimon, c'est inouï ! Si les dieux et leurs desseins n'avaient pas existé, Héraclès aurait prouvé qu'il faut avoir espoir, et croire jusqu'à la fin au triomphe du bien, même quand la situation est déplorable. Telle est la porte entrebâillée que n'a pas franchi le héro. Il n'était pas assez fort, pas assez bon, dépendant de dieux anthropomorphiques, donc imparfaits, et supérieurs à lui.

La folie d'Héraclès questionne également l'amitié. La famille d'Héraclès ne reçoit aucun secours quand elle est dans la détresse, malgré tous les bienfaits du père envers de nombreux hommes. Mégara en vient à se demander : Quels amis garde-t-on quand on est malheureux ?

Mais Thésée après sa mort lui donnera tort. Car, même accablé d'un malheur immense, Héraclès ne peut que constater la fidélité de cet homme qu'il a sauvé du royaume d'Hadès. A défaut d'ouvrir l'espoir et la liberté contre le destin, Euripide ouvre la possibilité d'une solidarité pour le supporter à plusieurs

Eussoudore28
Eussoudore28
Niveau 8
11 janvier 2022 à 20:37:50

J'ai terminé Les Suppliantes. Je n'ai pas grand chose à en dire, Euripide n'y est pas très original. On y trouve les oppositions classiques entre tyrannie et démocratie avec les mêmes arguments que dans la République de Platon. On y trouve également la bonté de Thésée, la sagesse de sa mère et l'apitoiement des femmes d'Argos.

Le récit est situé du côté de Thésée, et il est donc difficile d'être empathique envers les femmes d'Argos. Leur plainte prend pourtant beaucoup de place. Aucun passage n'est particulièrement beau, excepté le récit de la guerre contre Thèbe qui est une réussite. Il s'agit de la plus mauvaise tragédie du recueil, je n'en tire vraiment rien

KheyNewYorker
KheyNewYorker
Niveau 7
11 janvier 2022 à 20:39:19

courage khey

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