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Régression (fic)

sorcikator
sorcikator
Niveau 10
11 janvier 2012 à 19:31:54

Est-ce possible? Est-ce un rêve? Une hallucination? Le jet que vous avez pris ce matin? Non, vous ne rêvez pas, il s'agit bel et bien d'une nouvelle fic de Fallout signée sorcikator!

Donc, l'avant-propos de circonstance. Ce récit n'est PAS une suite des héritiers du vagabond. À dire vrai, le récit en lui-même commence avant Fallout 3. Cependant, cette aventure se déroule bel et bien dans mon univers Fallout, celui qui aura vu naître la Démone et toutes les aventures reliées. Ce que je vous propose, c'est une histoire qui s'est déroulée dans un lieu méconnu des Fallout.

Aussi, n'espérez pas une suite nécessairement toutes les semaines. Je n'ai pas l'intention d'arrêter l'écriture de sang des dragons, ma fic de Dragon Age, et en ajoutant mon roman et mes études, j'écris lorsque j'ai le temps. Je ferai de mon mieux pour être régulier.

Enfin, j'espère que vous aurez autant de plaisir avec cette nouvelle fic que vous en avez eut avec les autres. Bonne lecture!

Sorcikator.

sorcikator
sorcikator
Niveau 10
11 janvier 2012 à 19:32:19

Prologue :

Ce sont les appels excités de Jonathan qui me tirèrent d’un sommeil sans rêves. Après ce qui m’était jadis arrivé, c’était plus que ce que je n’avais jamais osé espérer.

Le jeune garçon de onze ans s’engouffra dans notre maison du moment, brandissant entre ses mains un objet cylindrique que mes yeux bouffis de sommeil ne parvenaient pas à identifier. Depuis combien de temps était-il réveillé? La lumière du jour filtrait déjà par les rideaux de la chambre, ce qui prouvait que j’aurais fini par faire la grasse matinée sans l’intervention de mon jeune fils. Enfin bon, il aurait fini par venir nous réveiller. Tôt ou tard…

Jonathan ne perdit pas de temps, et bondit sur le lit, manquant d’atterrir sur le pauvre Quentin, qui grogna de surprise en se réveillant à son tour. Il allait pousser un commentaire acerbe, mais sa mauvaise humeur fondit devant le visage angélique de notre enfant, comme toujours. Loin de se laisser décourager par son arrivée fracassante, l’enfant s’assit sur le lit et nous présenta fièrement sa trouvaille.

Je sursautai en reconnaissant un authentique Pip-boy, encore orné du sceau de la Vault-Tec Corporation. Par réflexe, je regardai mon propre avant-bras, également orné d’un semblable appareil. Seulement, celui ramené par Jonathan était assez usé et portait les traces du passage des intempéries.
-Où as-tu trouvé ça, John? demanda Quentin, lui aussi intrigué par cette découverte.
-Il était dans un coffre en métal, parmi les rochers. Avec plein d’autres babioles.

Pourquoi est-ce que je me prenais la tête comme ça? Si trouver un Pip-boy dans la nature était extrêmement rare de nos jours, cela ne devrait encore rester qu’un événement anodin.

Je refermai ma main sur le terminal personnel et l’enlevai à John pour l’étudier plus attentivement. La rouille avait passablement rongé le revêtement extérieur, conséquence prévisible de son exposition aux rigueurs du temps. Je décelai également de nombreuses bosses, éraflures et autres bris qui paraissaient indiquer un passage assidu au milieu de nombreux combats. Le plus étonnant, cependant, c’était que l’appareil parvenait encore à fonctionner, en dépit de tout! Malgré un écran fortement fissuré, comme s’il avait encaissé une balle, la batterie nucléaire continuait de fournir l’énergie nécessaire à la réactivation. La question était, appartenait-il à un habitant d’abri, ou à un wastelander adepte de la récupération des technologies anciennes? Difficile à dire.
-John, dis-je finalement, tu crois que tu pourrais me montrer où tu l’as trouvé?

***

Le fameux coffre était partiellement enterré et semblait avoir glissé d’une cavité à même la paroi de la ravine devant laquelle nous nous trouvions. Quelqu’un avait enterré ce coffre, autrefois, et un glissement de terrain l’avait finalement mis au jour.

Dans ce coffre, il y avait effectivement un certain nombre d’objets qui avaient dû être les possessions d’un aventurier du Wasteland. Entre autres choses, j’y trouvai quelques vêtements, des armes usées, enfin, le genre de choses qu’un individu transporterait sur lui. Lorsqu’enfin, je mis la main sur un vêtement bleu déchiré, rafistolé et renforcé par de multiples pièces d’armures, je compris une chose : le mystérieux individu était effectivement sorti d’un abri.

Lorsque je dépliai la tenue ornée du chiffre 8, une pile d’holodisques s’en échappa : la dernière mémoire d’un homme disparu? Ma curiosité était maintenant piquée, et c’est pour cela que je remballai tout ce fatras pour le ramener à la maison. Mon Pip-boy pourrait aisément lire ces enregistrements…

sorcikator
sorcikator
Niveau 10
11 janvier 2012 à 19:33:29

CHAPITRE PREMIER :
Scellés vivants.

Mon nom est Isaac Peterson. Après toutes ces années d’errances, alors que ma vie touche à sa fin, je laisse ici, dans cette boîte temporelle, une trace de mon passage dans ce bas monde. Ainsi, mon ennemie n’arrivera pas à effacer complètement mon existence.

Je suis né en l’an 2237, dans l’abri Vault-Tec numéro 8. Selon les vieilles cartes des États-Unis que j’avais l’habitude de consulter dans les archives de l’abri, nous nous trouvions quelque part à proximité de La Nouvelle-Orléans. Les ordres de notre communauté, qui avaient été reçus après que la grande porte eut été scellée, étaient que nous devrions sortir du bunker approximativement cent-cinquante ans après la fermeture originelle et établir une colonie qui ferait renaître la civilisation américaine. Bref, le but supposé du projet Vault. J’appris plus tard que la vérité était un peu plus complexe. Mais enfin, nous avions même reçu un JEK, ce composé de technologies censé être en mesure de former une terre habitable partout, même dans un désert radioactif. C’est dire de l’importance de l’abri 8.

Cependant, quelque chose n’avait pas été prévu par les dirigeants de la Vault-Tec. Un détail qui s’avéra catastrophique lorsque vint le temps d’ouvrir la porte blindée afin d’explorer le monde extérieur. C’était en juin 2227, donc bien avant ma naissance; mais cette catastrophe était encore douloureusement marquée au fer rouge dans la mémoire des citoyens de l’abri.

D’après ce qu’on m’a raconté, il y avait eu beaucoup de gens rassemblés à l’entrée, au point où les gardes policiers durent établir un cordon de sécurité pour éviter que les officiels et le Superviseur ne soient pas submergés. Après un long discours sur les responsabilités de tout un chacun pour accomplir la mission de l’abri, le Superviseur activa l’ouverture.

Ma mère se trouvait sur place durant l’événement, fort heureusement pour elle –et pour moi, par extension- dans les derniers rangs. Elle m’a raconté qu’un grand bruit de métal à l’agonie avait surgi lors de l’activation. Puis, un grondement sourd, suivi par une série de grincements apocalyptiques.

C’est alors que tout a explosé. Littéralement.

Un véritable déluge d’eau en furie a jailli de l’extérieur, avec une puissance telle que la porte d’acier fut arrachée de ses gonds, écrasant de nombreux malheureux, dont le Superviseur. Dans la panique, de nombreuses personnes périrent durant ce déluge, et le bilan final des victimes, après que la zone fut mise en quarantaine, s’élevait à un peu plus de cent morts. Mais ce n’était pas le pire, car à présent, toute la communauté de l’abri 8 se retrouvait dans une situation problématique : il était dorénavant impossible de quitter ce qui pouvait devenir le tombeau de tous.

Les scientifiques de l’abri estimaient que les digues de La Nouvelle-Orléans avaient probablement cédé, soit lors de la Grande guerre, soit par la suite, faute d’entretien. Le résultat restait le même, toutefois : l’abri se retrouvait prisonnier de l’océan, sans possibilité de sortir.

Cela s’avérait inquiétant, surtout à long terme; déjà, lors de l’ouverture avortée, les premiers signes de surpopulation se faisaient entrevoir. L’abri 8 était conçu pour subvenir confortablement à une population de 1100 âmes. Lors de la catastrophe de la porte, il abritait déjà 1500 personnes. Et lorsque je suis né, le cap des 1650 venait d’être dépassé.

Nous nous empilions les uns sur les autres, au sens presque littéral du terme. Les gymnases avaient été reconvertis en quartiers d’habitation communautaires, jusqu’à trois ou quatre familles pouvaient se partager des appartements; la sécurité se faisait plus pressante, car il fallait constamment veiller à ce que des émeutes n’éclatent pas ou que quelqu’un tente de piller les entrepôts. Tout était plus ravitaillé que jamais, notamment l’eau potable. Chaque citoyen était réduit à une douche de dix minutes par semaines et une quantité minimale d’eau à boire, déterminée selon l’âge ou l’état de santé. La régulation des naissances s’avérait insuffisante, car la population déjà en place faisait elle-même déborder tout et n’importe quoi.

J’étais malgré tout heureux. Certes, les restrictions étaient dures, mais au moins, je mangeais à ma faim. Et être le fils du Superviseur m’offrait de légers avantages par rapport au reste de la population.

Hé oui. Mon père fut le successeur du Superviseur qui périt lors de l’ouverture de la porte. À mon âge, je croyais que pouvoir boire quand je voulais et manger trois repas légers par jour constituait le quotidien de tout le monde. J’ignorais que la direction de mon père, que j’adorais plus que tout, était un véritable régime dictatorial. C’était pour le bien de tous, bien sûr; dans nos conditions, il fallait une main d’acier pour s’assurer que l’abri ne sombre pas dans l’anarchie.

L’année de mes huit ans, toutefois, il se passa quelque chose qui ébranla mes croyances. Ce fut l’année de la purge.

Plus âgé, je m’étais fait expliquer que cet acte, ce crime effroyable, était une nécessité. Tout le monde serait mort, par manque de nourriture ou par une révolte généralisée. La colère grondait depuis quelques mois, et mon Superviseur de père, craignant que tout dégénère, décida de frapper le premier.

Il fit diviser la totalité du complexe en secteurs. Ensuite de quoi, il choisit au hasard le tiers de ces secteurs et il y fit un très long tri parmi les citoyens, choisissant ceux qui avaient des compétences vitales. Des médecins, des ingénieurs, des informaticiens et des scientifiques; ils furent identifiés, puis déménagés vers les autres parties de l’abri. Enfin, il ordonna aux gardes policiers d’aller faire le ménage.

Je n’ai jamais demandé comment il s’y était pris pour éliminer tous ces gens, uniquement coupables de s’être retrouvés dans une «zone de la mort» et de n’être que des employés d’entretien ou des cuistots. Quatre-cents personnes furent massacrées lors de la purge, en une seule nuit. Le lendemain, même leurs cadavres avaient disparu sans laisser de traces. Des hommes, des femmes, des enfants et même des vieillards; personne n’y avait échappé.

C’est donc dans cette ambiance sinistre que j’ai grandi. J’étais un jeune garçon curieux qui avait soif d’apprendre. Le seul domaine où mon père n’avait pas besoin d’intervenir, c’était bien dans mes études. Régulièrement premier de classe, j’avais une excellente connaissance de l’Histoire américaine et de la géographie à l’âge de douze ans. J’étais fasciné par le monde extérieur, celui que mes ancêtres avaient laissé derrière eux lors de la chute des bombes. Outre ces connaissances théoriques, j’acquis une habileté presque naturelle avec les machines, et on me voyait déjà devenir ingénieur en chef.

Mais mon GOAT en décida autrement. À l’époque, je ne comprenais pas comment j’avais pu me retrouver affilié à la gestion des ressources alimentaires et hydroponiques. Presque deux ans de travail ennuyeux au possible, je découvris que c’était mon père –encore- qui était intervenu pour que j’accomplisse le métier QU’IL avait choisi.

Que pouvais-je faire contre le Superviseur, même s’il était mon propre père? Je dus donc plier l’échine et faire ce que j’avais à faire. Il s’agissait d’un emploi ingrat qui m’attirait beaucoup de rancune de la part des autres habitants. Les uns savaient très bien comment j’avais obtenu ce poste et étaient jaloux, et les autres me détestaient pour être le premier visage qu’ils voyaient lorsqu’ils recevaient leur maigre ration de la semaine.

Mes compétences en mécanique furent cependant utiles dans la mesure où je parvins à sauver quelques fois des appareils hydroponiques qui, autrement, seraient tombés en ruine, privant l’abri d’une source de nourriture supplémentaire. Les gens qui travaillaient dans le même département que moi me respectaient pour ça, comprenant que je n’avais pas peur de me salir les mains.

sorcikator
sorcikator
Niveau 10
11 janvier 2012 à 19:33:57

Ce rythme de vie morne et uniquement ponctué par quelques attaques de radcafards aurait très bien pu se poursuivre indéfiniment. Mais l’année de mes vingt-deux ans, tout bascula d’une façon plus qu’inattendue.

Ce jour-là, des secousses sismiques régulières agitaient la structure du complexe souterrain. Ce n’était pas vraiment une première, et puisque ces secousses étaient minimes, personne n’y prêtait attention.

Le fait est que l’alerte de couvre-feu fut lancée sans crier gare, annonçant que tous les citoyens devaient se rendre sans attendre dans leurs quartiers respectifs dans la prochaine heure, sous peine d’être abattus sans sommation. Cet avertissement me fit hausser un sourcil de surprise, car mon père, aussi paranoïaque qu’il fût, n’avait jamais recouru à une stratégie aussi radicale auparavant. Se pourrait-il que…

Ça lui pendait au nez depuis des années. Je ne me demandais même plus «si» mais plutôt «quand» cela se produirait. Il y avait un groupe de résistants clandestins au sein de la population, assez malins pour ne pas faire de coups d’éclat susceptibles de se laisser identifier par la sécurité, mais assez importants et organisés pour donner des sueurs froides au Superviseur. Au fond de moi, quelque chose me disait que l’ambiance de l’abri 8 ne tarderait pas à devenir plus que malsaine, et je fis la seule chose qui s’imposait : je partis vers le secteur des serres hydroponiques, mon département.

Si mon père savait ce que j’avais fait. Alors qu’il se concentrait sur les rebelles, moi et quelques autres individus nous étions organisés pour réaliser un objectif tout aussi à l’encontre de la doctrine actuelle, mais avec des ambitions bien moins stériles : nous voulions partir de ce véritable tombeau blindé.

Dans notre équipe, nous avions des ingénieurs compétents et une poignée de scientifiques qui avaient pour tâche de déterminer où il fallait creuser un tunnel pour éviter d’aboutir dans l’océan. L’abri étant creusé dans une montagne, il était peu probable que la totalité du pic soit sous l’eau. En creusant suffisamment loin et au bon endroit, il y aurait moyen de déboucher à l’air libre.

Toutefois, avant que je puisse atteindre les salles hydroponiques, les choses ont dégénéré d’un coup. Des rebelles équipés d’armes dérobées à l’armurerie de l’abri semblèrent jaillir de partout et se jetèrent sur les gardes policiers en hurlant leur colère. Et moi, j’étais pris entre deux feux, comme beaucoup de civils affolés.

J’ignore par quel miracle je suis parvenu à éviter de me faire tuer. Le chaos de l’abri était tel que je sus qu’il ne serait pas bon pour moi de moisir plus longtemps. Il me fallait fuir l’abri. Immédiatement.

Tout ce que j’avais sur moi, c’était ma tenue d’abri équipée d’une ceinture garnie de sacoches dans lesquelles je rangeais mes outils, mon fidèle Pip-boy et un pistolet que je gardais toujours sur moi, pour ma propre sécurité. Qui sait ce que j’allais affronter là-haut, à la surface? Restait-il seulement des êtres vivants dans ce qui devait être pas loin du désert nucléaire? Entre l’inconnu et la mort, je choisis l’inconnu.

***

Notre tunnel était bien camouflé. Dans une salle continuellement désignée comme étant «en réparation à risque», nous avions pu forer notre passage vers la liberté. Le plus dur avait été de percer le lourd blindage d’acier et de béton armé du mur du bunker. Après cela, nous avions abouti sur une roche relativement friable, ce qui nous avait permis de progresser, malgré les secousses sismiques.

Selon les calculs du spécialiste affilié au projet, il ne restait guère plus que quelques mètres avant d’atteindre la surface théorique. Bien sûr, bien des choses pouvaient mal tourner. Une couche de débris pouvait s’être accumulée, ou l’inondation pouvait avoir gagné cet endroit éloigné aussi. Mais qu’avions-nous à perdre? La rébellion actuelle, même si elle finissait par être matée dans le sang, prouvait que la situation de l’abri resterait explosive aussi longtemps que nous serions enterrés vivants. Je ne crèverais pas dans ce trou à rat.

Il n’y avait personne dans le tunnel d’excavation. Les techniciens hydroponiques avaient dû tenter de rejoindre leurs quartiers. En chemin, je saisis le contenu d’une trousse de premiers soins, notamment quelques médicaments contre les radiations, et me dirigeai vers la fin du passage. Des explosifs soigneusement étudiés pour une déflagration contrôlée avaient déjà été placés.

Sans attendre, je me mis à l’abri derrière un recoin du tunnel, pris une grande respiration et activai la bombe.

L’explosion fut plus forte que prévu, et l’onde de choc parvint à me renverser contre la paroi de pierre. Le souffle coupé, j’attendis que les pierres cessent de tomber autour de moi avant d’examiner le résultat. Un trou béant s’était ouvert près du plafond, assez large pour laisser entrer un homme adulte. En approchant mon visage de ce nouveau passage, je sentis quelque chose caresser mon visage. Un courant d’air!

Une voie avait été ouverte vers la surface.

Je n’ai pas eu beaucoup de temps pour me réjouir. D’abord, des échanges de coups de feu venaient de retentir plus proche que ce que j’aurais aimé. Ensuite, des craquements ténus, mais insistants, provenaient de cette sortie que je venais de créer. Merde, me suis-je dit, après tous ces efforts, le passage n’allait quand même pas s’écrouler sur ma tête?

Sans faire plus de manières, je m’élançai d’un bond vers le trou et m’y glissai souplement. Heureusement, les prises ne manquaient pas, et si le passage était plus vertical que le confort l’exigerait, la montée se faisait régulière. Puis, je sentis graduellement le tunnel souterrain se redresser pour revenir à une horizontalité qui me permit de me tenir debout, et même de courir. Le vent sifflait maintenant à mes oreilles, de même que les craquements qui s’intensifiaient. Si je ne me dépêchais pas, j’allais être enterré vivant au sens plus littéral du terme que mes compatriotes de l’abri!

Je courus ventre à terre, tandis que des fissures déchiraient les murs autour de moi et que des nuages de poussière tombaient en pluie autour de moi. L’adrénaline qui affluait dans mes veines me donnait des ailes, et lorsque je constatai que le passage devenait moins obscur, je sentis ma victoire proche.

Mais je n’avais pas prévu ça. En tournant un coin, la lumière du soleil frappa de plein fouet mes yeux habitués à une clarté contrôlée –et même économisée-. Je hurlai de douleur alors que ma vision se réduisait à un voile blanc et sentis le sol se dérober sous mes pieds. À peine le temps de lever mes bras devant mon visage, dans une vaine tentative de protéger mes yeux meurtris, que je me mis à dévaler une pente de façon incontrôlée.

Je rebondissais sur des rochers de toutes tailles, et chaque instant, je redoutais de stupidement périr au fond d’un gouffre. Une mort ridicule, après tout ce que j’avais traversé, non?

Finalement, ma chute s’arrêta sur un sol couvert de gravier, où je restai étendu de longues minutes, le corps recouvert de bleus et de contusions et les yeux mi-clos et larmoyants. Mais au moins, constatai-je, j’étais vivant, et ma vision revenait peu à peu.

Une première véritable inspiration fut comme une extase pour moi. Fini le goût métallique de l’air recyclé. Cet oxygène que j’aspirais à grande goulée, malgré une légère puanteur de décomposition, c’était de l’air pur, du vrai.

Je poussai un hurlement qui exprima toute ma joie et mon soulagement, un cri qui résonna en échos longtemps. Libre, j’étais enfin libre! Terminés, les salles surpeuplées de l’abri 8, les restrictions contraignantes et tyranniques, le climat détestable…

Ce que j’étais naïf, à l’époque.

La réalité me rattrapa rapidement. Toujours étendu contre le sol, une sorte de crissement aigu, répété à un rythme régulier, venait d’attirer mon attention. Intrigué, je tournai la tête et poussai un juron de surprise mêlé de dégoût. D’instinct, mon corps se mit en mode survie.

Une fourmi. Une putain de fourmi, à peine moins longue qu’un mètre, se frayait aisément un chemin au milieu de ce sol jonché de débris naturels et s’avançait vers moi en claquant avidement ses mandibules. Les radcafards que l’on croisait parfois dans l’abri étaient ridiculement inoffensifs; mais cette bestiole-là semblait clairement être un prédateur plus haut dans la chaîne alimentaire.

Avec un cri de colère, je me retournai sur le dos et envoyai mon pied directement dans la sale gueule de l’insecte, qui encaissa le choc avec un crissement qui pourrait presque passer pour une plainte de douleur. La fourmi vola dans les airs et alla s’écraser un peu plus loin, agitant spasmodiquement ses pattes.

Cette action de ma part venait de donner un coup de pied dans la fourmilière. Littéralement.

Jaillissant de partout, les insectes mutants s’extirpèrent de leur terrier et s’élancèrent à l’assaut de l’intrus que j’étais sur leur territoire, bien décidé à me tailler en pièce. Pour ma part, j’étais bien décidé à ne pas me faire buter par des foutus insectes géants, et je sortis donc mon pistolet, soigneusement entretenu par mes soins, et ouvris le feu.

Les fourmis n’étaient pas très résistantes, les balles perforant aisément la chitine qui recouvrait leur carcasse. Malheureusement, il ne me fallut pas longtemps pour comprendre que j’arriverais à court de munitions avant qu’elles arrivent à court d’effectifs.

Comme je réfléchissais désespérément à une solution, ma main heurta quelque chose dans la sacoche qui contenait un de mes chargeurs. Un objet circulaire que je reconnus vite. Et qui me donna une idée pour m’en sortir…

Je saisis le petit extincteur contenant du gaz carbonique sous pression et le lançai au milieu du groupe d’insectes affamés. Ceux-ci ne se soucièrent guère de ce projectile qui ne leur avait fait aucun mal en atterrissant parmi eux…jusqu’à ce qu’un tir précis fasse détoner l’objet.

L’explosion fut à la hauteur de mes espérances, et l’essentiel des fourmis fut balayé d’un seul coup. Les dernières survivantes, salement amochées et confuses, tentèrent battre en retraite, s’attaquant même à leurs congénères dans une mêlée frénétique. Je n’attendis pas de savoir comment cela se terminerait et fuyais.

Dans quel monde hostile venais-je de tomber? Une fois l’humanité éradiquée, était-ce les insectes qui étaient naturellement montés sur notre ancien trône? Mon voyage ne faisait que commencer.

Fin du premier journal.

Greyshark
Greyshark
Niveau 11
11 janvier 2012 à 21:43:50

La fic porte bien son nom, c'est vraiment une régression par rapport à l'autre. :(

Non jdéconne j'ai pas lu, je voulais juste faire la blague. :noel:

sorcikator
sorcikator
Niveau 10
11 janvier 2012 à 23:23:17

Elle était facile, cell-là... :(

Greyshark
Greyshark
Niveau 11
11 janvier 2012 à 23:35:01

Désolé Sorci. :-(

sorcikator
sorcikator
Niveau 10
12 janvier 2012 à 00:57:12

On ne peut pas être parfait. :ok:

Azertiup_Return
Azertiup_Return
Niveau 9
12 janvier 2012 à 02:44:45

j'me suis laisser piegé :-(

continue maintenant :bave:

sorcikator
sorcikator
Niveau 10
13 janvier 2012 à 19:30:15

:up: :(?

Biderais-je tant que cela? :-(

_dexter75_
_dexter75_
Niveau 10
18 janvier 2012 à 13:24:10

Absolument génial ce n'est que le premier chap et je suis déjà rentré dans l'histoire! Continue :-)

_dexter75_
_dexter75_
Niveau 10
19 janvier 2012 à 17:44:32

:up: sweeeet

QuentinLeDieu
QuentinLeDieu
Niveau 8
22 janvier 2012 à 21:35:20

bordel j'avais pas vu que yavait une autre fic, je vais chier et je reviens la commencer!

QuentinLeDieu
QuentinLeDieu
Niveau 8
22 janvier 2012 à 22:45:06

j'adore mon sorci, continue, peu de personne ont lus ta fic car personne n'est au courant, si j'avais pas jeté un coup d'oeil aux héritiers du vagabond je serai passer a coté!

sorcikator
sorcikator
Niveau 10
22 janvier 2012 à 23:42:44

Il faudrait rameuter les autres qui ont suivit les précédentes fics.

FloAdvent
FloAdvent
Niveau 52
23 janvier 2012 à 12:31:04

1ère fic que je lis sur Fallout 3, et j'attends impatiemment la suite :bave:

QuentinLeDieu
QuentinLeDieu
Niveau 8
27 janvier 2012 à 19:23:14

Sweeet

sorcikator
sorcikator
Niveau 10
28 janvier 2012 à 07:00:24

Voilà donc la suite, alors que notre vagabond découvre un nouveau monde...

CHAPITRE SECOND
Les indigènes

Après mon premier contact avec la faune locale, j’ai été faire une reconnaissance du tunnel qui avait permis mon évasion de l’abri. Il n’y avait plus d’espoir de faire marche arrière, comme je m’en étais douté; le passage c’était complètement effondré, et seul, je n’aurais aucun espoir de déblayer le chemin. Quel dommage, au fond : cette sortie aurait pu sauver la population.

Mais ce n’était plus mon problème, pour l’instant. Sans nourriture, ne possédant qu’une gourde comme seule ration d’eau et un simple pistolet comme arme, je ne ferais pas long feu si je tombais sur d’autres fourmis. Ou pire, qui sait?

Je m’aventurai donc vers le bas de cette colline rocailleuse, faisant gaffe à ne pas faire une chute qui m’aurait stupidement envoyé me rompre le cou un peu plus bas. Lorsque le sol redevint à peu près horizontal, il était toujours recouvert de gravier. Sauf une étrange couche presque lisse en dessous, ressortant en gris cendre dans la poussière. Curieux, je dégageai du pied cet espace et dénicher un rebut de peinture jaune sur les restes d’une route clairement artificielle. Une ancienne autoroute. La première preuve que je rencontrais que l’humain avait jadis vécu dans ces lieux.

Je consultai mon Pip-boy, dont la base de données possédait une carte assez détaillée des environs de La Nouvelle-Orléans. Je savais que l’abri 8 se trouvait non loin, alors peut-être s’agissait-il d’un objectif à atteindre?

Comme je l’espérais, la route où je me trouvais était indiquée. La position même de l’abri y figurait, pas très loin sur la route descendante. Je redoutai ce que j’y trouverais, mais je suivis ce chemin, jusqu’à ce que je tombe sur ce que je craignais. Un lac. Une vaste étendue d’eau lisse comme un miroir avait englouti la route à peine quelques dizaines de mètres plus loin, me coupant l’accès vers cette direction. Pire encore, l’analyse du plan d’eau signalait une quantité minime de radiation, vestiges de la bombe qui avait détruit le paysage.

En tournant la tête vers la gauche, j’aperçus alors, de mon point de vue surélevé, ce que j’aurais dû m’attendre à voir depuis longtemps. Le choc n’en fut pas moins grand, et un malaise me saisit les entrailles alors que je contemplai ce spectacle cauchemardesque.

À la lueur d’un soleil partiellement caché derrière de lourds nuages orageux, les ruines d’une vaste cité s’offraient à mon regard dans toute leur morbide beauté. Les immeubles squelettiques et décapités au tiers de leur taille penchaient légèrement sur le côté, et constituaient la majeure part de ce que je pouvais voir. D’énormes piles de débris encombraient ce qui avait dû être les rues, et au centre de cet amalgame de béton fracturé et d’acier tordu, un vaste cratère témoignait silencieusement, telle une cicatrice, de la frappe atomique qui avait rasé la ville.

Des humains pouvaient-ils toujours vivre là? Cela semblait, à première vue, peu probable. Mais je n’avais pas énormément de possibilités, alors je suis dirigé vers cet endroit, m’efforçant d’esquiver au mieux cette mer radioactive. La pente était abrupte, mais ne manquait pas de prises et de corniches, ce qui me facilita la descente sur les trois ou quatre mètres qui me menèrent vers le niveau de la ville.

Une chose que j’avais apprise lors de mes études sur La Nouvelle-Orléans, c’était sa position juste sous le niveau de la mer, d’où la nécessité de ses digues qui maintenaient l’océan à l’extérieur de la cité. À plusieurs moments, le gouvernement local avait frôlé la catastrophe contre le déchaînement des éléments. Aujourd’hui, je pouvais voir de mes propres yeux le résultat de la victoire finale de la nature.

Contrairement à ce que certains de l’abri croyaient, la région n’avait pas complètement été engloutie sous les eaux. Certaines zones, comme les environs de l’abri, avaient subi ce sort inévitable; mais la plus grande partie de la vaste plaine qui me séparait de la cité fantôme avait été transformée en véritable marécage boueux, radioactif…mais étonnement grouillant de vie.

Plus je m’enfonçais dans les terres dévastées de ce «Wasteland», plus je décelai un écosystème incroyablement développé, mais en même temps si différent de ce que j’avais vu dans les banques de données de l’abri. Ici, des champignons fluorescents qui atteignaient mes genoux; là, des arbres tordus qui n’entraient dans aucune classification connue. J’étais fasciné par ce monde presque extraterrestre qui s’était développé dans le sol fertile de la Louisiane après le passage des bombes. Toutes les théories sur l’évolution spontanée provoquée par les radiations se voyaient concrétiser ici, voire même dépasser.

Je n’irais pas jusqu’à dire que c’était une jungle, bien sûr. Même ces plantes mutantes peinaient à prendre racine dans ce sol contaminé, et le décor était très clairsemé entre les mares d'eau stagnante, les bosquets végétaux et les très nombreux débris qui témoignaient encore de la présence de l’homme. Hélas, ces traces de l’existence de l’humanité se faisaient rares; il me fallut presque une demi-heure avant de réaliser que je me déplaçais sur une route fissurée et partiellement recouverte de mousse blafarde.

Presque une heure s’était écoulée depuis que j’avais entrepris de rejoindre La Nouvelle-Orléans. Je commençais à réaliser que j’avais sous-estimé la distance qui me séparait de l’ancienne ville américaine, et lorsque je fixai avec inquiétude le ciel gorgé d’orage, je réalisai aussi que le soir commençait à tomber. La peur instinctive du noir commençait à monter en moi.

Je ne pouvais pas passer la nuit ainsi à découvert, me suis-je dit avec angoisse. Dans l’obscurité, je serais désavantagé si une créature mutante m’attaquait. Mais où trouver un refuge dans ce foutu marécage?

Alors que je commençais à légèrement paniquer, j’aperçus dans le lointain une lueur d’espoir –presque littéralement-. La lumière tremblotante d’un feu parvenait à traverser le brouillard et les ténèbres naissantes. Aussitôt, je me dis que j’avais trouvé une présence humaine, et je sentis mon cœur palpiter de joie et de soulagement, tandis que je me dirigeais vers ce phare vers mon salut.

Le désespoir peut très bien rendre aveugle…et imprudent.

***

Quelques longues minutes de marche me furent nécessaires pour rejoindre ce large bâtiment partiellement écroulé. À vue de nez, il s‘agissait d’un ancien centre commercial dont le stationnement était jonché de carcasses rouillées de voitures. La lumière qui avait guidé mes pas provenait d’un large feu de camp allumé au centre d’une enceinte de fortune construite en déplaçant plusieurs voitures. Simple, mais je reconnus l’utilité d’une telle barricade, surtout après avoir croisé les fourmis. Ces barrières formaient grossièrement un cercle autour des portes vitrées du complexe d’achats, lesquelles avaient été renforcées par des planches de bois. Personne n’était en vue.

Je me glissai dans un passage entre les véhicules empilés et me retrouvai à l’intérieur de l’enceinte de ce camp. Quelques matelas élimés s’entassaient dans un coin, au milieu de boîtes de conserve vides et de bouteilles de bière fracassées contre les murs. À première vue, l’évidence m’indiquait que les habitants du coin se retranchaient à l’intérieur durant la nuit, ce qui était logique, puisque cela les mettait à l’abri des intempéries. Lorsque je me dirigeai vers les portes, toutefois, dans l’intention de frapper pour attirer l’attention, quelque chose arrêta mon geste. Clouées sur le panneau de bois par les cheveux, trois têtes réduites au teint verdâtre semblaient me dévisager d’un regard vide. Ce n’était pas un très bon présage.

Le bon sens aurait dû me crier de foutre le camp d’ici pendant que je le pouvais encore. Des gens qui décoraient leur entrée avec des têtes coupées ne pouvaient pas être très accueillants. Devant, des locaux possiblement hostiles; derrière, la nuit et des créatures inconnues. Croyez-le ou non, mais j’ai choisi l’avant.

La porte s’ouvrit en grinçant, puis claqua sèchement après mon passage. Ma main posée sur la crosse de mon pistolet, je fis quelques pas prudents jusqu’à atteindre la pièce principale du centre commercial. Cette dernière laissait filtrer une faible lumière par l’immense dôme de verre qui faisait office de plafond, et cette lumière retombait sur un monument qui devait être une fontaine jadis, mais qui avait changé d’utilité depuis. J’eus bref mouvement de dégoût.

Une sorte de totem formé d’ossements, dont plusieurs humains, était dressé comme un autel dans le bassin de la fontaine. Quelques flambeaux étaient plantés dans le carrelage, et leurs flammes m’éclairaient une scène plus cauchemardesque sous la forme d’une mare de sang frais qui allait s’écouler dans le bassin que j’avais d’abord cru asséché. Pour finir, des peintures aussi sinistres qu’impossibles à identifier ornaient les murs partout où je posais les yeux.

Je commençais enfin à réaliser que ce n’était pas une bonne idée de moisir ici. Cependant, il était trop tard pour faire demi-tour, car derrière moi, les portes vers l’extérieur commençaient à s’ouvrir. Sans perdre de temps, je me jetai dans les ombres en espérant que les nouveaux venus ne me trouvent pas.

Des cris d’horreurs me parvinrent, juste après que je me sois glissé derrière un banc de pierre. Dans la luminosité moindre dispensée par les torches, je vis les silhouettes de nombreuses personnes –des humains, constatai-je, vaguement déçus; j'espérais presque apprendre que mes semblables n'avaient pas commis ces atrocités-. Deux d’entre eux traînaient un autre individu qui se débattait farouchement. C’était ce malheureux qui poussait les cris que j’entendais depuis l’arrivée du groupe.

sorcikator
sorcikator
Niveau 10
28 janvier 2012 à 07:01:00

Une femme à la tête de la formation s’arrêta devant l’autel d’ossements, ce qui m’offrit le loisir d’examiner son profil. Entre deux âges, la femme aurait pu être séduisante si elle n’avait pas arboré les plus atroces cicatrices faciales qu’il m’ait été donné de voir, ces dernières étant encore enlaidies par divers ornements enfoncés dans la chair gonflée. La femme était vêtue d’un étrange assortiment de pièces d’uniformes, peut-être trouvées dans les réserves du centre de magasinage, et de morceaux de cuir tanné.

Cette étrange femme, qui semblait mener les autres, commença à psalmodier dans une étrange langue. C’est gens avaient-ils vraiment oublié comment parler anglais? Après une courte litanie qui devait être une prière a quelque dieu dégénéré, la femme se tourna vers le malheureux prisonnier, un homme dans la quarantaine aux tempes grisonnantes et aux yeux écarquillés par la terreur. Avec un sourire à faire froid dans le dos, elle s’avança vers lui et dégaina une machette pendue à sa ceinture. L’homme se débattait en hurlant de plus belle, mais les autres sauvages le maintenaient solidement, au point qu’il ne pouvait plus bouger.

Arrivée à la hauteur de sa victime, la femme lui saisit le menton entre des ongles comparables à des griffes et le força à la regarder droit dans les yeux. Un sourire toujours dessiné sur ses lèvres, elle murmura :
-Sippi t’appelle.

Puis elle l’embrassa sauvagement, en même temps qu’elle abattait sa machette. Depuis ma position, je ne pouvais pas voir où le malheureux avait été frappé, mais les cris étouffés qu’il poussait, ponctués de sanglots, empêchaient l'optimisme. Lorsque la femme recula pour ramasser quelque chose, je fus frappé de dégoût et d’horreur en constatant qu’elle venait d’émasculer ce malheureux et brandissait triomphalement le membre viril de sa victime. Celle-ci sanglotait faiblement, déjà affaiblie par la douleur.

Mais ce n’était pas encore la fin. La femme enfonça ses dents dans le fragment de chair et le dévora, sans se soucier du sang qui coulait sur son menton et sa poitrine. Une fois son «repas» terminé, elle jeta un regard à ses subalternes et hocha la tête. Je craignis soudain le pire, et j’eus raison en voyant les tribaux sortir des poignards et entreprendre de découper leur victime vivante afin de la dévorer.

Par l’Enfer, il me sembla que l’homme mettait une éternité avant de mourir et de finalement cesser de hurler. Et même après cela, les bruits de mastications et les exclamations d’appétits de ces sauvages me retournaient l’estomac, même si je m’efforçais de détourner les yeux.

Il me fallait sortir d’ici. Et vite.

***

Malheureusement pour moi, les tribaux ne quittèrent pas le centre commercial après leur cérémonie pour ce «Sippi». Au lieu de cela, j’eus droit en direct à la plus brutale orgie qu’un esprit humain puisse concevoir et dont je n’irai même pas à décrire les détails. Disons seulement qu’il y a eu des victimes, et que les deux sexes y prenaient pour leur douleur.

Au moins, les tribaux étaient suffisamment occupés pour que je puisse m’éloigner plus loin dans le complexe. Il y avait ici des dizaines de boutiques, toutes dédiées à assouvir la soif de consommation d’Américains morts depuis des lustres. Pour ce que je pouvais voir, les tribaux n’avaient colonisé qu’essentiellement le niveau principal, pour des raisons qui m’échappaient. Le second niveau était désert, et c’est donc là que je me rendis, rampant presque le long d’un escalier roulant rouillé et couvert de saleté.

Là-haut, l’obscurité était oppressante, la lumière des torches ne s’y rendant pas et celle de la Lune étant encore cachée derrière des nuages. Je constatai vite que la plupart des boutiques possédaient un grillage métallique qui en barrait l’accès. Pestant contre ma malchance, je fouillai mes sacoches de ceinture et finis par dénicher quelques outils qui feraient l’affaire. Lorsque je m’ennuyai, quand j’étais enfant dans l’abri, je m’étais entraîné à déverrouiller des cadenas que j’avais trouvés dans un entrepôt et dont personne ne se servait avec les objets que j’avais autour de moi. Un tournevis et une épingle à cheveux faisaient des miracles.

Je ne pouvais pas me permettre de faire mon difficile et choisis donc une boutique au hasard, la plus proche de moi, à dire vrai, et enfonçai mes outils de crochetage dans cette serrure. Le verrouillage était une véritable plaisanterie et en moins d’une minute, le cliquètement libérateur résonna à mes oreilles.

La grille ne fit même pas un réel boucan lorsque je l’ouvris, ce qui était surprenant, puisque cela impliquait une corrosion minime. Dans un climat humide comme celui-ci, je ne voyais pas d’explication. Mais ce n’était pas forcément important, alors je me contentai d’aller me réfugier jusque dans l’arrière-boutique de ce magasin, esquivant au possible les étalages vitrés. Dans le noir, il m’était impossible d’identifier le produit vendu ici.

Dans le bureau de l’arrière-boutique, je trouvai essentiellement un pupitre de travail avec un terminal, un vieux canapé mité et quelques classeurs. Rien de bien intéressant, en somme. Je m’étendis dans un coin, le plus loin possible des sauvages à l’extérieur, et tentai de dormir. Ma première nuit à l’extérieur fut ponctuée de cauchemars atroces, ce qui fit que je dormis très mal. Au matin, j’étais courbaturé et avec l’impression d’avoir mâché du carton. Les tribaux ne faisaient plus de bruit, mais je n’osais pas aller immédiatement vérifier s’ils dormaient ou étaient partis chasser une autre proie.

Néanmoins, je m’aventurai dans la boutique en elle-même. Quelle ne fut pas ma surprise de constater que j’avais passé la nuit dans une armurerie! Tout ce temps à craindre des sauvages armés de machettes et de couteaux, et moi je dormais sur des putains de fusils! Encore fallait-il qu’ils fonctionnent.

Les vitres qui des présentateurs étaient intactes. J’enveloppai mon bras dans un des coussins du canapé et m’en servis pour fracasser ces obstacles. Mon expertise mécanique confirma mes espoirs les plus fous : ces armes étaient encore mortellement efficaces! Excité comme un enfant dans une confiserie, je fis rapidement un choix qui s’arrêta sur un fusil d’assaut R-91, arme standard de l’armée américaine, et sur un fusil à pompe principalement usé pour la chasse au gros gibier. Un stock de munitions plus tard, je me sentais prêt pour la guerre. Comme quoi, une arme à la main augmente le courage d’un homme.

Les tribaux n’étaient jamais venus ici; j’ignorais s’ils savaient même comment se servir d’armes à feu. Autrement, ce stock aurait été depuis longtemps pillé. Et maintenant, je comptais bien sortir de ce lieu maudit, quitte à faire couler le sang de ces animaux.

Ceux-ci étaient encore en train de récupérer après leur petite fiesta de la veille. La plupart, ivres ou abrutis par des drogues, ne comprirent pas tout de suite ce qui leur arrivait lorsque j’ouvris le feu avec mon arme d’assaut, arrosant de balles les corps entremêlés. Puis, une agitation désordonnée s’empara du groupe, les moins tentant de comprendre ce qui se passait. Facile à reconnaître, puisqu’ils se mettaient sur leurs pieds plus vite que la moyenne, je les visai en premiers.

J’avais commencé à tirer tout en descendant l’escalier roulant, et je ne lâchai pas la cadence tandis que je descendais. En bas, je tombai sur la femme qui avait mené le sacrifice humain et dévoré les couilles du prisonnier. Bordel, nue, elle était encore plus hideuse. Une cartouche de mon fusil à pompe fit exploser son crâne avant même qu’elle ne sorte de son hébétude.

Les derniers survivants, terrorisés, battirent en en retraite vers les marais à l’extérieur, malgré leur nombre bien supérieur au mien. Je ne me faisais bien sûr pas d’illusions; il suffisait qu’il y en ait un avec plus de cervelle que la moyenne qui prenne conscience de l’absurdité de leur fuite pour qu’ils se regroupent. C’est pourquoi je ne moisis pas davantage ici et ressortis dans le stationnement.

Une cage que je n’avais pas remarquée en arrivant était suspendue sur le mur extérieur. À l’intérieur. À l’intérieur, une jeune femme crasseuse, en m’apercevant, se pressa à travers les barreaux et me supplia de la libérer avant que les tribaux ne reviennent. Je ne pouvais pas décemment l’abandonner à son sort, me suis-je dit, et c’est pourquoi je tâchai de me hisser là-haut. Faisant fi de la subtilité, j’explosai cette fois le verrou avec un tir bien placé, et lorsque la femme s’extirpa de sa prison, elle ne semblait pas croire ma chance.
-Vous m’avez…sauvé, s’exclama-t-elle.
-Pas de quoi, répondis-je en lui tendant mon fusil à pompe. Il ne faut pas traîner, ils vont sans doute revenir.
-Oui, vous avez sans doute raison.

Je n’ai pas vu le coup venir. Alors que je lui tournais le dos, la prisonnière se saisit de sa nouvelle arme et m’asséna un violent coup de crosse à l’arrière de la tête. Le choc fut comme une explosion de douleur, puis je dus tomber inconscient, sans même savoir, sur le moment, ce qui venait de se passer. Cette ingrate m’avait trahi.

à suivre...

Roachsanderson1
Roachsanderson1
Niveau 10
28 janvier 2012 à 08:27:53

Oh god damn sh*t yeahh !!!

Je penser que tu fairais plus de fic et la .... :ouch:

Je te parle pas de la claque que je me suis manger en voyant cette nouvelle fic :oui: :ouch:

Je vais repasser regulierment maintenant et comme toujours faire des commentaires long et constructif :oui:

La vidéo du moment