Un plan d´action à l´étude 24/05/2005
Louis Acariès et Pape Diouf se sont rencontrés lundi. Ils ont ensemble discuté du projet sportif olympien pour la saison 2005-06. Un plan où José Anigo pourrait jouer un rôle important. Le président du Directoire y est disposé, à la condition de conserver ses prérogatives actuelles.
Vous avez rencontré récemment Louis Acariès. Que ressort-il de votre discussion ?
Louis Acariès a la volonté manifeste de trouver une solution pour pacifier la situation. Je réponds toujours présent à la bonne volonté et quand il est question des intérêts du club.
Il a mené des réflexions, notamment avec moi en me proposant un plan d’action qui intègre José Anigo. Cette idée ne date pas d’aujourd’hui. Cela ressemble à ce que nous voulions faire. José peut en témoigner. J’y pense depuis longtemps, mais simplement nous avons vécu une année mouvementée et il était raisonnable d’attendre la fin de la saison pour resserrer les boulons. Entre temps, il est vrai que des choses ont été dites, ce qui a pu vicier l’atmosphère et les relations.
Quel est le préalable à ce plan d’action ?
Je suis venu à l’OM avec des attributions très précises. Mes prérogatives comprennent la responsabilité des entraîneurs ( y compris leur nomination), la responsabilité des joueurs, du recrutement, du staff médical et des intendances. Rien n’y sera soustrait. Une analyse se partage, mais jamais la décision. Quelque soit la configuration mise en place, si je suis là, la décision finale sera toujours forcément de mon ressort. Mes prérogatives sont contractuelles. A mes yeux, tout est négociable à cette exception.
Le projet sportif de la saison prochaine sera donc conduit par vous et José Anigo ?
Comme je l’ai déjà dit, nous avons fait un long cheminement ensemble. Durant ces neuf derniers mois, nous avons plus cheminé que divergé. Il a pu me trouver quand il en avait besoin, et le contraire est vrai aussi. Je ne peux pas avoir subitement d’animosité à son encontre, et je ne peux pas le considérer comme un rival ou un ennemi. Je rappelle aussi que quand il a quitté ses fonctions d’entraîneur, il devait retourner à la formation. Et j’ai alors insisté pour qu’il reste à mes côtés, au titre de «conseiller technique du manager général». Après, il peut effectivement y avoir des malentendus, des incompréhensions. Je n’exclus rien. Mais je répète que le préalable est que mes attributions demeurent ce qu’elles sont aujourd’hui.
Avez-vous déjà discuté avec José d’une future répartition des rôles dans le staff sportif ?
Lui et moi avons entamé une très longue discussion. Nous nous sommes déjà dits beaucoup de choses. Mais nous ne sommes encore que dans une phase de réflexion. Nous n’avons pas défini de poste.
Avez-vous tranché la question de l’entraîneur ?
Déjà, permettez-moi de rendre hommage à Philippe Troussier. Il est arrivé dans des conditions difficiles, et il a tenu son poste jusqu’au bout. Nous avions fait ensemble un pari de six mois, dont le terme arrive avec ce match très important à Bordeaux. Nous aurons l’occasion de discuter lui et moi. Vous comprendrez que si une décision le concernant doit être prise, la courtoisie veut de lui en faire d’abord part à lui.
Ces incertitudes ne compromettent-elles pas le recrutement de la saison prochaine ?
J’ai beaucoup de défauts et d’insuffisances, mais pas l’imprévoyance. Je ne saurai être pris de court. La saison à venir est déjà intégrée dans ma réflexion. Maintenant, il ne faut pas nier qu’il y a des problèmes d’ordres financier et économique. Si nous avions aujourd’hui une latitude totale pour prendre qui nous souhaitons, je pourrais dès le match de Bordeaux vous annoncer les trois ou quatre joueurs dont nous avons besoin.
Mais il y a des contraintes économiques dont il faut tenir compte. Cela nous ralentit, voire abrège certains contacts. Il y a des joueurs qui signent actuellement ailleurs et que nous avions repérés depuis longtemps. Je ne citerai qu’un nom, celui de Bouma dont mes scouts m’avaient parlé en tout début de saison. Nous savions qu’il serait libre et c’est un garçon sur lequel nous pouvions nous placer.
La question n’est donc pas de donner un organigramme sportif. Avant toute chose, il y a ce point financier à réaliser pour déterminer ce que nous pourrons faire ou non.
Vous déclariez récemment ne pas avoir de comptes à rendre à Louis Acariès. Cette position a-t-elle évolué ?
J’ai fait cette déclaration en réponse à une question très précise. Il faut la remettre dans son contexte. Ce que j’avais voulu dire c’est qu’on ne m’impose rien. Les choses peuvent se passer en toute sympathie, comme c’est le cas en ce moment. Par ailleurs, Louis Acariès représente l’actionnaire, et il a eu une démarche très sympathique à mon égard. J’ai senti chez lui beaucoup de sincérité. Alors quand je sens qu’une démarche va dans l’intérêt du club, il est de mon devoir que de l’écouter. D’autant que c’est une personne qui dit toujours ce qu’elle pense. Je n’ai pas peur quand je lui tourne le dos.