EVÉNEMENT
La légende des OM-Bordeaux 26/05/2005
Une rivalité historique s’enrichit de matchs à enjeux et d’anecdotes croustillantes. Les duels OM-Bordeaux, empreints de Coupe de France, en sont jalonnés avec en point d’orgue la bataille Bez-Tapie dans les années 80. Récit d’un siècle de concurrence entre deux des clubs majeurs du foot français.
1943 : Une finale en deux actes pour premier duel
26ème finale de la glorieuse Coupe de France. Le 9 mai 1943 au Parc des Princes, l’OM et les Girondins n’arrivent pas à se départager à l’issue du temps réglementaire ( 2-2). Le match doit alors être rejoué dans ce cas-là, tradition bien oubliée aujourd’hui. Pourtant, les Bordelais avaient aligné un joueur non-qualifié lors de cette première finale, Marseille devait gagner la Coupe sur tapis vert. Que nenni juge le Général Pascot, ministre des Sports de l’époque : «le résultat final d’une épreuve ne peut être acquis que sur le terrain».
Le match est donc rejoué le 22 mai et les Olympiens sont récompensés de leur fair-play. L’équipe olympienne lamine Bordeaux 4 buts à 0 avec un doublé d’Aznar et des buts de Dard et Pironti. Marseille peut fêter dans la joie et l’allégresse sa sixième coupe nationale.
1969 : Rebelote à Colombes
Les Marseillais envahissent Paris. 26 ans plus tard, l’OM et Bordeaux se retrouvent pour en découdre en finale de Coupe de France et les supporters olympiens gagnent la première bataille par leur présence dans les travées de Colombes. Le capitaine bordelais Calleja allume les premières mèches en émettant des réserves sur la participation au match de trois étrangers de l´OM. Joseph, Fiawoo et Magnusson sont pourtant sur bien le terrain et le match est très disputé face au second du championnat. L’OM est alors septième de D1.
Il faut attendre la 82ème minute pour que la frappe de Novi ne trouve le pied du défenseur girondin dénommé Papin. L’attaquant phocéen Joseph en profite et pousse le cuir au fond, 1-0. Ce dernier double la mise et l’OM empoche sa septième Coupe. 150 000 marseillais célèbrent ce succès en ville et le président Marcel Leclerc finit même par un plongeon dans le Vieux Port !
1986 : Giresse en bourreau
Bernard Tapie a pris en main les destinées de l’OM depuis une quinzaine de jours seulement en mai 1986 et le club va disputer, de nouveau, une finale de Coupe de France contre Bordeaux. Un OM vaillant qui n’a toujours pas assuré son maintien rencontre alors l’armada girondine concoctée par Aimé Jacquet et son président Claude Bez.
Un duel a priori inégal qui sera pourtant chèrement disputé. Marseille tient brillamment le 1-1 dans le temps réglementaire et arrache les prolongations. Il faut pourtant une erreur d’appréciation de l’arbitre M. Quiniou qui oublie une faute sur Bade pour que Giresse crucifie les espoirs olympiens à la 116ème minute de jeu. Bordeaux soulève la Coupe mais l’OM est en passe de renaître.
1987 : Le plan anti-Giresse
Bordeaux était certainement la meilleure formation française du début des années 80. Contrarier cette hégémonie s’avère alors d’autant plus ardu pour Marseille, c’est pourtant le pari de Bernard Tapie. Ce dernier provoque d’emblée l’ire de Claude Bez en débauchant l’étoile de Lescure, Alain Giresse en cette fin juillet 1986. Bez fulmine et annonce : «Giresse n’a pas de parole, on ne le regrettera pas ici, c’est un joueur fini».
En cette saison 1986-87, l’OM et Bordeaux sont enfin à la lutte pour le titre de champion. Et c’est dans une atmosphère électrique que Marseille va en Gironde avec un point d’avance au classement lors de la 31ème journée de D1. Le plan anti-Giresse est clair pour Aimé Jacquet et il a pour nom Gernot Rohr, passé sur le banc de Nice depuis. Le défenseur allemand matraque les chevilles de «Gigi» et Bordeaux corrige l’OM 3-0. Les Girondins seront champions et battront le rival marseillais en finale de Coupe de France ( 2-0), pour la deuxième fois consécutive. Bez 2, Tapie 0.
1990 : La fin d’une époque
Auteurs du doublé en 1988-89, les Marseillais reprennent le duel avec les Girondins pour l’exercice 1989-90. Claude Bez se fend de nouveau de l’une de ses fameuses phrases assassines à la mi-saison : «Nous irons à Marseille avec 7 ou 8 points d’avance». Roi de la provocation, le président bordelais débarque en avril au Vélodrome à bord d’une limousine américaine immatriculée en Gironde escortée comme un chef d’Etat. C’est l’apogée de la " guerre" Bez-Tapie.
Sur le carré vert, la partie est tendue et c’est la dernière «folie» de Bernard Tapie qui éblouit l’assistance, Chris «magic» Waddle. Sur deux coups francs dont il avait le secret, il offre la victoire aux siens. L’Anglais en profite pour glisser un bisou teinté d’ironie à l’entraîneur bordelais Goethals. Le «sorcier belge» avait précédemment remis en cause dans la presse les qualités du dribleur britannique. L’OM sera champion de France et Bordeaux rétrogradé administrativement en D2. C’est la fin d’une époque.
1999 : Le PSG fera la décision
Après des déboires respectifs, Marseillais et Bordelais retrouvent le haut du panier à la fin des années 90 pour une lutte sans autres concurrents dans ce championnat 1998-99. Ces deux formations taillées pour l’Europe ne peuvent se départager à l’aller pour un nul deux buts partout au Vélodrome avec une terrible égalisation bordelaise de Diawara dans les arrêts de jeu. Le match retour fin janvier tourne malheureusement à la correction pour les Olympiens à Lescure. Avec un Lilian Laslandes de gala, les Girondins s’imposent 4-1 mais rien n’est pourtant joué dans la course au sacre final.
A la dernière journée, l’OM a un point de retard sur Bordeaux et joue à Nantes. C’est pourtant sur la pelouse du Parc des Princes que tout va se décider. Alors que Marseille l’emporte à la Beaujoire grâce à Pires, les Girondins piétinent deux buts partout à Paris. Les Marseillais sont en passe de fêter leur premier titre depuis 1993. Hélas, à l’avant-dernière minute, le Bordelais Feindouno donne un avantage définitif aux siens. Bordeaux est champion avec un point d’avance. Le marquage assez lâche de la défense parisienne fera beaucoup parler à Marseille mais la régularité girondine a payé.
2005 : Bordeaux en L2 ? ou l´OM en Uefa ?
Nouvel épisode dans les confrontations marseillo-bordelaise cette année. L’édition 2005 n’a certainement pas la même saveur que les duels d’antan mais l’épilogue pourrait s’avérer dramatique. Marseille joue une place en UEFA à Lescure tandis que les Girondins n’ont toujours pas assuré leur maintien avant cette ultime journée. L’histoire reste donc à écrire…
LA RETRO SUR OMTV
Avant le match de samedi, OMtv vous propose une rétrospective de 27 minutes sur la légende des confrontations entre Marseille et Bordeaux, agrémentée d’interviews de Christophe Dugarry, Jean-Philippe Durand et Bernard Pardo. A ne ratez sous aucun prétexte.
Diffusion : jeudi ( 18h10, 20h10), vendredi ( 17h10, 19h10), et samedi ( 17h).