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Il faut une révolution, il faut qu’une nouvelle ère commence.
_Révoltons nous camarades!
Je me tenais debout au milieu du salon qui était composé d’un fauteuil en piteux état, de deux canapés trois places se délabrant , une tapisserie à fleur tâchée de saleté et d’un col recouvert par des canettes de bières vides.
_Camarades? Tu as sombré dans le marxisme?
Ça, c’est Loran, un vieux pote que je dois connaître depuis mon adolescence. On a pratiquement tout fait ensemble.
_T’inquiète pas mec, je suis toujours partisan du drapeau noir.
_Tu nous rassures.
Viviane dit ceci tout en me lançant une nouvelle canette de bière. Viviane était ma compagne depuis seulement trois jours. Mais, nous nous connaissons depuis plusieurs mois et avions fait l’amour à de nombreuses reprises aussi. Mais il faut dire que tout le monde couche avec tout le monde dans la mesure où la drogue et l’alcool nous font faire des trucs pas possible. J’ai même pratiqué la fellation sur un mec pour vous dire…
Les autres personnes présentes dans le squat sont au nombre de sept, mais leurs noms a bien peu d’importance. Loran qui se pavanait avec une jolie crête verte s’approcha de moi. Son haleine empestait la bière, il avait dû en ingurgiter pas mal, mais certainement pas assez pour le bourrer complètement.
_Alors, quels sont nos projets?
_On va pas changer d’habitude, de la propagande, je présume.
Viviane prend les devants pour répondre, mais cette fois, elle a tort. Je vidai ma bière et la balançai avec les autres au sol.
_Ecoutez, autant être franc et direct, je n’ai pas mis au point un nouveau projet car je m’en vais.
La surprise se peignit sur les visages, et après un lourd silence, des exclamations fusèrent dans la pièce.
_J’ai des soucis avec ma famille, je dois absolument la rejoindre.
Viviane qui était alors assise dans le fauteuil, se leva.
_Et tu ne peux pas les envoyer chier comme tout le reste!
Je ne pris pas la peine de lui répondre. Je sortis hors du squat, les autres me suivant du regard jusqu’à la sortie. Dehors, une main se posa sur mon épaule. Loran m’avait suivi.
_Attends vieux, tu vas pas nous laisser en plan comme ça?
Il était inquiet, cela se comprend, je suis un père spirituel à ses yeux.
_Si.
Autant lui dire ce qui est. Loran n’opposa pas de résistance, sachant pertinemment que cela ne servirait à rien.
_Whitness…
C’était rare qu’il m’appelle par mon prénom.
_Merci pour tout. Je ne sais pas ce que je serai devenu sans toi.
C’est vrai que je lui avais appris pas mal de choses. Fabriquer de la nitroglycérine, voler des bagnoles, intimider quelqu’un avec une arme à feu qui n’est pas chargée, voler sans se faire remarquer… Il avait acquis toute mes connaissances. Un parfait soldat comme j’aime l’appeler. Je me retournai vers lui et j’aperçus des larmes qui coulaient sur son visage rugueux. Je l’étreignis.
_Je te promets de revenir.
Puis je partis, sans me retourner, la page était tournée. Enfin, pas tout à fait, car, alors que j’allais à ma vieille guimbarde, Sarah m’arrêta. Sarah était une fille magnifique, mais malheureusement intouchable. Impossible d’avoir des relations autre que de longues conversations avec elle.
_Je viens avec toi.
Avant même que je ne puisse répondre par la négative, elle était déjà installé dans la vieille voiture assisse à la place du passager. « La place du mort » comme on dit. Je m’assis à côté d’elle, je savais que je ne pourrais la convaincre de changer d’avis. Elle avait décidé de venir, rien ne pourra l’en empêcher.
Nous partîmes donc, tout deux. En route, je dus lui expliquer ce que je voulais faire.
_J’en ai un peu marre de toujours rester cloîtré dans le squat, arpenter les mêmes lieux, voir les mêmes têtes. J’avais besoin de changement, tu me comprends?
Sarah hocha la tête. Elle mec comprenait.
_J’ai envie de tout recommencer à zéro.
Elle m’écouta parler durant tout le trajet, ne se lassant pas de mes paroles. Finalement, nous arrivâmes là où j’avais projeté de m’installer. C’était une chambre funéraire. Le patron, un nommé Bob était mon ami. Je l’avais averti que j’allais venir dans cette ville et qu’il me fallait un logement. Il m’a répondu que le grenier qui avait été installé « par erreur » dans la chambre funéraire qui lui appartenait était libre. J’avais profité de cette occasion. En échange, je travaillai pour lui en tant qu’embaumeur. C’était pas vraiment mon point fort ce travail.
Je m’entretins un instant avec Bob, puis je repartis, laissant Sarah s’installer dans le grenier. Maintenant que j’étais seul, il était temps d’accomplir ce qui avait provoqué mon déplacement. J’avais menti aux autres, ma famille n’avait pas besoin de moi, et je n’avais pas envie de changer de décor non plus. Il me fallait accomplir les vraies raisons de mon acte. Direction Rhode Island, à Providence.